L’Innovation de la Réadaptation Oncologique : Le Modèle Cardiocéan à Puilboreau et les Bienfaits de l’Activité Aquatique

Une nouvelle approche thérapeutique en Nouvelle-Aquitaine

Depuis près d’un an, la clinique Cardiocéan à Puilboreau, du groupe Orpea-Clinea, a mis en place un type de réadaptation destiné aux patientes d’un nouveau genre, inédit même en Nouvelle-Aquitaine, une prise en charge qui allie, en un lieu unique, un suivi médical, un réentraînement à l’effort, de la diététique ou encore un suivi psychologique. "C’est une démarche qui est encore embryonnaire. Il n’existe pour l’instant que deux unités comme celle-là à Paris, une à Toulouse ou encore une à Lyon, mais il n’y en a pas dans la région", assure le directeur Thibaut Guiraud, qui a soutenu l’initiative portée par deux médecins de Cardiocéan, Laura Serrano, cardiologue, et Betty Magnou, angiologue.

Toutes les deux sont, par ailleurs, très impliquées dans le programme Gaïa, une association - que préside Laura Serrano - qui vise à améliorer la qualité de vie des patientes par des activités physiques. L’idée a donc été de proposer une prise en charge globale, en s’inspirant du savoir-faire de la clinique dans le domaine cardiaque, même si les publics concernés ne sont pas tout à fait les mêmes. Le cancer du sein concerne des femmes de plus en plus jeunes. La moyenne d’âge est d’environ 44 ans. Les deux médecins, qui ont reçu le feu vert de l’Agence régionale de santé (ARS) en 2018, après trois années d’étude de faisabilité, pour créer une nouvelle « filière », ont vu leurs efforts couronnés de succès.

En septembre 2018, l’hôpital de jour dédié à l’onco-cardio réhabilitation a ouvert à Cardiocéan. Fait remarquable, ce projet a bénéficié d’une collaboration entre le privé et le public, entre l’établissement de Puilboreau et les équipes du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, en particulier les oncologues Claire Jamet et Mathilde Small, les chirurgiens gynécologues Yannick Thirouard et Jean-Sébastien Aucouturier, ainsi que le service de radiothérapie.

Le protocole de soins et l'intégration des habitudes de vie

Chaque jour, la clinique accueille un groupe de cinq patientes, qui vivent dans un rayon d’environ 50 km autour de La Rochelle. Elles ont rendez-vous à midi pour partager un déjeuner équilibré basé sur le régime crétois. S’ensuivent les séances d’activités physiques (marche, vélo, rameur, aquagym, Pilates, stretching), entrecoupées de séances de consultations (suivi médical, nutritionnel, psychologique) et d’informations dans des ateliers consacrés à l’alimentation équilibrée, la gestion du stress, la relaxation, les facteurs de risques de récidive (diabète, tabac, hypertension, sédentarité…) ou aux activités physiques par le biais de clubs.

Le séjour dure un mois pour chaque groupe et peut être adapté en fonction de cas spécifiques, avec un renforcement musculaire plus spécifique ou un plus grand soutien psychologique. Ce mois de « réhabilitation » est précédé d’une évaluation globale, d’un test d’effort, et est ponctué de dépistages (lymphoedème, cardiopathie). Au final, il doit permettre à la patiente « de se projeter positivement dans sa vie professionnelle et de maintenir une motivation suffisante à la poursuite des règles d’hygiène de vie acquises au cours du séjour. »

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Résultats cliniques et réduction des risques de récidive

Les données sont éloquentes : le programme Gaïa a été lancé en octobre 2015. Les patientes étaient dépourvues d’un lieu pour se remettre à la fois moralement et physiquement. Or, il est établi que l’activité physique, associé à une bonne hygiène de vie, entraîne une réduction d’environ 30 à 50 % des risques de récidive. "Depuis un an, nous avons eu beaucoup de retours positifs de la part des patientes. Elles ressentent moins de fatigue, moins de douleurs articulaires. Il y a même une perte de poids pour celles qui étaient en surpoids. Sur un plan psychologique, les effets sont là aussi, le moral est meilleur", relèvent les docteurs Serrano et Magnou.

Ces professionnelles ajoutent que ce nouveau type de réadaptation devrait s’inscrire dans la normalité. « En fait, on trouvait injuste de voir quelque chose qui existe pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques mais pas pour les femmes atteintes d’un cancer du sein, alors qu’il y a la possibilité de réduire les risques de récidive. Du reste, les traitements par chimiothérapie sont cardiotoxiques. C’est pourquoi on explique aux dames qu’elles devraient être suivies par un cardiologue. » Dernier détail, non négligeable : la réadaptation proposée à Cardiocéan est intégralement prise en charge par l’assurance maladie.

L’engagement associatif et le rôle de l'aquagym

Le programme Gaïa, en plus de la clinique, propose un suivi prolongé. Quand on pense à un sport idéal pour se refaire une santé, le bowling ne vient pas forcément en premier à l’esprit. C’est pourtant une des activités phares du programme bénévole Gaïa, permettant aux patientes de travailler l’équilibre, la concentration… et de partager un bon moment en groupe. L’association est ainsi soutenue par le Comité départemental de bowling de Charente-Maritime, avec le soutien financier de l’Agence régionale de santé, de la région Poitou-Charentes, du Centre national pour le développement du sport (CNDS) et du Conseil départemental de la Charente-Maritime.

Porté par le docteur Laura Serrano, cardiologue, Janet Trouniac, infirmière et Vincent Parachaud, kinésithérapeute à la clinique Cardiocéan, en collaboration avec l’équipe médico-chirurgicale oncologique du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, le programme propose aussi de l’aquagym, de la marche nordique, des séances de sophrologie et de relaxation, ainsi qu’un atelier de maquillage artistique. Il poursuit le suivi des patientes sur la durée, par des entretiens téléphoniques.

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