La Carabine Mosin Nagant et l'Ingénieuse Baïonnette Pliante : Une Évolution Militaire

Le fusil Mosin Nagant, initialement introduit en 1891 puis modernisé en 1930, représente une véritable galaxie d'armes. Il incarne une histoire exemplaire, tant par sa conception que par son rôle mondial, devenant ainsi un mythe incontournable. L'histoire de son concepteur, Serguei Mosin, est également exemplaire. Le "Mosin" est un thème de collection infini pour une arme et une munition qui ont traversé l'Histoire de 1891 jusqu'à des conflits plus récents. Au fil des décennies, des versions plus courtes de cette arme ont été développées pour répondre à des besoins spécifiques, culminant avec l'introduction de la carabine à baïonnette pliante.

Les Prémices des Armes Courtes : Adaptations pour le Combat et le Transport

Très tôt dans son développement, Serguei Mosin a conçu des armes raccourcies, conscientes que le soldat pouvait être rapidement encombré par un fusil de 130 cm, la taille du Mosin Nagant 1891 non modifié. Ces adaptations étaient destinées aux troupes techniques telles que l'artillerie, les transmissions, l'aviation, et les troupes ferroviaires, et surtout la cavalerie, où la maniabilité était primordiale. Les premiers fusils courts sont apparus, mesurant 6,5 cm de moins que le fusil d'infanterie standard. Deux modèles distincts furent créés : un pour les dragons et un pour les cosaques. La principale différence résidait dans le fait que le modèle Dragon acceptait une baïonnette, tandis que l'arme destinée au fier cosaque, qui privilégiait l'usage de sa shashka, en était dépourvue.

Parallèlement, une carabine courte fut introduite en 1907, mesurant 29 cm de moins que le modèle d'infanterie de 1891. Cette carabine modèle 1907 était également sans baïonnette, et elle était excellente pour la cavalerie, les sapeurs et les artilleurs. Il ne pouvait pas recevoir de baïonnette et fut produit en nombre restreint au moins jusqu’en 1917. Le fusil de Dragon, plus court de 64 mm et 0,4 kg plus léger que le M1891, était destiné à l'infanterie à cheval et était équipé d’une baïonnette. Le fusil Cosack, à peu près le même que le modèle cavalerie, était spécifiquement conçu pour être utilisé sans baïonnette, reconnaissable au signe KU sur le tonnerre pour les modèles rares.

La Modernisation et la Question de la Baïonnette : Le Mosin Nagant 91/30 et la M38

Après l'adoption du fusil Mosin Nagant 1891 modifié, que l'on pourrait plutôt qualifier de simplifié, en 1930, l'Union Soviétique entreprit de créer une arme courte pour les troupes techniques, une carabine conforme au nouveau standard simplifié. C'est ainsi que naquit la célèbre carabine 1938, ou M38. Ce modèle, plus commode d’utilisation que le 91/30 grâce à son encombrement réduit, fut produit à plusieurs millions d'exemplaires. Il était de faible coût et facile à produire, et se distinguait par sa robustesse. La hausse tangentielle à curseur était graduée jusqu'à 1000 mètres.

Cependant, une tradition vivace, ou plutôt le signe de l'intensité implacable des combats sur le front de l'Est, fit que toutes les troupes équipées de la carabine modèle 1938 réclamèrent ardemment le retour… de la baïonnette ! En effet, la carabine M38 était de plus en plus utilisée par les corps de troupes classiques, y compris la cavalerie de reconnaissance, les transmissions et les unités blindées. Ces troupes se retrouvaient souvent en première ligne et devaient occasionnellement faire usage de la baïonnette lors de féroces combats de rencontre, une réalité très fréquente sur ce front immense, caractérisé par des marais, des routes forestières et des villages transformés en points d'appui. Le manque de baïonnette sur la M38, conçue pour des troupes "peu appelées à combattre", est rapidement apparu comme une lacune.

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Le Mosin Nagant M 91/30, modernisé en 1924, a servi de base à de nombreuses évolutions. La révolution russe ayant éliminé les anciennes mesures, le calibre de ce fusil fut standardisé à 7,62 mm, et la nouvelle hausse tangentielle fut graduée de 100 à 2 000 mètres. Pour simplifier la fabrication, le boîtier de culasse devint cylindrique, et la plaque de couche ainsi que les faces latérales du magasin furent réalisées en tôle emboutie. Une nouvelle baïonnette, assez similaire à celle du 1891 et interchangeable, fut conçue. Il s'agissait d'une baïonnette à douille, dotée d'une longue lame de section cruciforme, coudée à la manière de celles utilisées au XIIIe siècle, avec un verrouillage par poussoir à ressort. Le fusil 91/30 fut spécifiquement étudié pour tirer avec la baïonnette au canon, cette configuration étant censée augmenter la précision grâce aux vibrations harmoniques générées lors du tir. L'équipement de l'Armée rouge ne comportait pas de fourreau réglementaire pour cette baïonnette, et les soldats la portaient continuellement fixée au bout de leur fusil, une pratique qui, bien que dépassée lors des conflits ultérieurs, reflétait la doctrine d'époque.

L'Avènement de la Baïonnette Pliante : La Carabine M1944

Le besoin de la baïonnette, conjugué aux contraintes de transport et de maniabilité, posait un dilemme. Une baïonnette ajoutait du poids et pouvait s'avérer encombrante au ceinturon, y compris à l'intérieur d'un véhicule. La solution qui satisfit toutes les parties fut trouvée avec la carabine Mosin Nagant modèle 1944, dite M44. Cette arme était équipée à l'extrémité du canon d'une baïonnette pliante, qui se déployait en un instant et reposait sur un système de fixation très solide et ingénieux.

Il est important de noter que ce n'était pas un coup d'essai. En 1943, l'arsenal d'Ijevsk avait déjà produit 45 000 fusils Mosin Nagant 91/30 "classiques" qui étaient déjà dotés de ce curieux dispositif de baïonnette pliante, permettant d'éviter le port de la baïonnette au ceinturon. Ce modèle est parfois décrit comme le "Mosin 43L" ou "prototype 1943", mais il s'agissait plutôt d'une production de test. Le concept s'était révélé viable, pratique et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, sans incidence négative sur la qualité du tir, même si certains retours d'expérience de tireurs ont pu indiquer le contraire. Pour un modèle de fabrication polonaise tardive de M44 par exemple, il a été noté qu'il fallait "DÉMONTER LA BAYONNETTE, sans quoi : important décalage des tirs sur la droite" pour obtenir un groupement potable. Le concept de baïonnette pliante était juste un peu plus complexe à produire.

Complète avec sa baïonnette, pratique de transport et d'utilisation, puissante et très précise, la carabine 1944, comme la carabine M38 son aînée, fut également produite à plusieurs millions d'exemplaires. Cependant, elle fut quasiment exclusivement fabriquée par un seul arsenal : Ijevsk. On ne trouve que de rares carabines M44 issues de "Tula", avec environ 100 000 exemplaires produits uniquement en l'année 1944.

Caractéristiques et Attraits de la Carabine M44

La carabine M44 partageait de nombreuses spécificités avec le M1938. Sa longueur était de 1,19 m, avec un canon de 51 cm, et une masse à vide de 3,5 kg, tirant la cartouche 7,62x54R à 5 coups. Nos amis américains, fans inconditionnels des armes Mosin Nagant, au point d'avoir raflé une grande partie de ce qui est sorti des réserves de l'ex-Union Soviétique à partir de 1990, distinguent plusieurs modèles de ces armes M44. Les M44 fabriquées à partir de 1946 et jusqu'à l'arrêt définitif de la production en 1948, notamment celles d'Ijevsk comme un splendide exemplaire de 1946, sont dites "blonde stock" en raison de leur bois très clair tirant sur le blond.

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À partir de 1944, Ijevsk modifia également la production des crosses en les réalisant en deux parties, avec un bec de crosse (Toe) assemblé et collé ("splice") au reste de la crosse. Ce montage avait pour but de rendre les crosses plus résistantes aux fractures longues et plus facilement réparables, avec un sens de fil du bois fatalement différent. On en connaît d'ailleurs trois types : bois/bois, lamellé collé/lamellé collé et bois/lamellé collé. C'est pourquoi ces carabines, mieux finies et produites après-guerre (1946, 1947, 1948), sont particulièrement recherchées aux USA.

Les exemplaires en excellent état, comme certaines pièces de collection, présentent des bois splendides dans leur belle couleur blonde d'origine, avec encore quelques tampons de crosse devinables. Les parties métalliques ont conservé leur bronzage d'origine, souvent supérieur aux bronzages de guerre, sans oxydation ni "peau d'orange" même "rafistolée". Les marquages sont nets et lisibles. La présence d'un poinçon d'épreuve allemand, par exemple, confirme qu'une arme est toujours dans son calibre d'origine 7,62 x 54R. La hausse et le guidon sont parfaitement fonctionnels. Un canon plus que miroir, avec de splendides rayures, peut être une caractéristique d'une arme en état quasi neuf. Le mécanisme est souvent décrit comme souple, sans comparaison avec les productions de guerre, et la détente excellente. Le mécanisme de dépliage/repliage de la baïonnette fonctionne parfaitement. Au tir, la M44 est plus maniable et agréable que le fusil 91/30, idéale pour des distances entre 50 et 400 mètres.

Certains tireurs ont rapporté une "virilité" de l'arme au tir et une poussée notable sur l'épaule, notamment en position debout sans appui. La précision peut être bonne, bien qu'il faille parfois une contre-visée pour atteindre le centre à 50 mètres. Les essais peuvent se révéler concluants avec des groupements potables une fois les particularités de l'arme comprises et maîtrisées. L'état de l'arme, parfois sale à la réception, ne doit pas masquer son charme intrinsèque, qui se révèle après un nettoyage complet.

Le Mosin Nagant 91/30 : Le Fusil de la Seconde Guerre Mondiale

Le Mosin Nagant modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle de cavalerie simplifié, fut le fusil russe emblématique de la Seconde Guerre mondiale et fut utilisé jusque dans les années 1960. Il était réputé pour sa résistance, sa précision et sa facilité d'entretien. Dans les années d'après-guerre, l'Union Soviétique cessa la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer par les AK et SKS.

Une version "sniper" du 91/30 fut créée vers 1932, dotée d'un canon long et d'une lunette (PE x 4 ou PU x 3,5). Ces fusils se distinguaient par un boîtier renforcé et un levier d'armement coudé pour ne pas heurter la lunette. Ils s'utilisaient sans baïonnette et leur finition était généralement meilleure que l'arme de base. Les lunettes PU, PE et PEM ont équipé ces modèles. L'URSS a produit environ 380 000 Mosin Nagant 91/30 PU entre 1942 et 1944. L'expérience de tir avec le PU est similaire au 91/30 standard, avec des manipulations de culasse "viriles" mais fiables. Le recul est modeste grâce au poids de l'arme (4 kg). La prise de visée est confortable malgré la hauteur de la lunette et l'absence d'appui-joue. La lunette, avec un grossissement de 3,5 fois, facilitait les tirs à plusieurs centaines de mètres. L'insertion des cartouches doit se faire manuellement, la lunette empêchant l'utilisation de lames-chargeurs.

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Description Générale des Composants du Mosin Nagant

La monture des fusils Mosin Nagant est généralement en une seule pièce à crosse anglaise, longue et effilée, fabriquée en bouleau, hêtre ou noyer. Elle comporte une plaque de couche en tôle emboutie et est fixée au boîtier de culasse par une vis arrière. Deux capucines en tôle emboutie solidarisent le fût et le garde-main. Un embouchoir, parfois en laiton, parachève le tout. Les fusils ne possèdent pas d'anneau grenadière classique, mais deux lumières découpées dans la crosse et le fût sont destinées au passage de lanières de cuir de la bretelle.

Le boîtier de culasse est souvent arrondi pour faciliter la fabrication. Sur le dessus sont frappés les poinçons de réception, l'année de fabrication, le numéro de l'arme et le monogramme de l'usine. Il est bronzé. Le canon, de section ronde et bronzé, porte les instruments de visée : une hausse tangentielle graduée et un guidon cylindrique monté sur queue d'aronde, souvent protégé par un tunnel percé sur le dessus.

La culasse mobile à verrou est formée d'un corps cylindrique portant le levier d'armement droit fixé sur une embase. Un chien porte-percuteur terminé par une rondelle moletée, une tête mobile avec les tenons de verrouillage et une plaquette de liaison complètent le mécanisme, généralement en acier poli. Le verrouillage s'effectue par deux tenons en tête et l'appui de l'embase du levier d'armement dans une encoche. L'extracteur est rotatif à griffe. La rotation de 45° du verrou vers la gauche, et donc de la tête du chien, interdit la percussion et bloque le verrou de culasse. Le chien peut être désarmé en appuyant sur la queue de détente tout en ramenant la culasse vers l'avant, et réarmé en tirant sur la rondelle moletée.

Le magasin contient cinq cartouches en pile unique, formant un boîtier en tôle emboutie saillant devant le pontet. Un ressort à lame actionne la planchette élévatrice, et une portière s'ouvre en dessous. Il est alimenté par une lame-chargeur. La baguette de nettoyage en acier bronzé s'encastre sous le canon et se visse pour éviter sa perte. Sa tête, sur laquelle se positionnera un protège-bouche pour le nettoyage, comporte un trou pour le chasse-goupille, facilitant sa manœuvre.

La Baïonnette Mosin Nagant et son Évolution

La baïonnette Mosin-Nagant 1891/30 est une lame quadrangulaire de 43 cm de long, se terminant par une pointe plate, pour une longueur totale de 50 cm. L'armée russe n'a jamais fourni de fourreau pour cette baïonnette, qui n'était pas censée être démontée une fois montée. Il s'agit d'une baïonnette à douille, coudée, de forme archaïque, qui se verrouille au bout du canon par une virole rotative munie d'un poussoir à ressort.

Les armes russes, et leurs accessoires, n'ont jamais été particulièrement réputés pour la qualité de leur finition, surtout pendant la Seconde Guerre mondiale. Les fabrications pré-Seconde Guerre mondiale du 91/30 se reconnaissent à leurs œillets de renfort sur les passants de bretelle et à leur qualité d'exécution généralement meilleure. À partir de 1942, la nécessité d'une production de masse face aux pertes énormes entraîna une baisse de la qualité : bois plus souvent blanc, ajustages grossiers, traces d'usinage apparentes.

La M44 a apporté la solution d'une baïonnette intégrée et pliante, résolvant le problème de l'encombrement tout en conservant la capacité de combat à la baïonnette tant réclamée.

Le Mosin Nagant à Travers le Monde : Utilisateurs et Modifications

Le Mosin Nagant a connu une diffusion mondiale et de nombreuses modifications au fil de son histoire.

L'Europe de l'Est et l'Héritage Soviétique

L'Empire austro-hongrois a capturé une grande quantité de Mosin Nagant pendant la Première Guerre mondiale, les redistribuant immédiatement. Certains furent même modifiés pour tirer la cartouche autrichienne 8x50 R. Les pays d'Europe de l'Est sous influence russe, comme la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Serbie, ont tous utilisé le Mosin-Nagant, avec ou sans modification, à diverses périodes du XXe siècle, parfois jusqu'aux années 2000 comme arme d'exercice. La Hongrie a produit des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et des 91-30 avec lunettes PU. La Tchécoslovaquie, quant à elle, a fabriqué le fusil de sniper VZ54, basé sur le 91-30 mais avec l'apparence d'une arme de sport très moderne.

En Pologne, dans les années 1920, environ 77 000 Mosin-Nagant furent recalibrés en 8 mm Mauser (8x57S). Les canons furent rechambrés et raccourcis à 23 pouces. Des modifications furent également apportées aux culasses et aux chargeurs pour permettre l'utilisation de lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct. La hausse fut modifiée pour s'adapter à la trajectoire de la balle de 8x57S. La crosse fut raccourcie et un support pour baïonnette de type Mauser fut ajouté pour accueillir les lames produites par Perkun. Ces fusils furent nommés Karabinek wz. 91/98/23 ou wz. 91/98/25 et équipèrent des unités de cavalerie et d'artillerie à cheval. Après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne produisit une grande quantité de carabines M-44 (Kb. wz M48) à l'arsenal de Radom, reconnaissables par un "11" inscrit dans un cercle frappé sur le magasin du fusil, identifiant leur pays de fabrication.

La Chine et l'Asie

Durant les années 1920 et 1930, pendant la guerre civile, les forces communistes de Chine reçurent des Mosin Nagant de l'URSS pour contrer les forces nationalistes. La Chine commença ensuite à fabriquer des M1944 sous l'appellation de Carabine Type 53, grâce à des machines fournies par l'Union soviétique au début des années 1950. Ces modèles chinois diffèrent un peu des modèles soviétiques ; la Carabine Type 53 est notamment équipée d'un manchon lance-grenade amovible. Elles furent remplacées dans l'armée principale chinoise vers 1957, mais restèrent en service dans les milices provinciales jusqu'après 1970.

L'Union soviétique et la République populaire de Chine ont également fourni un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée. Cependant, la politique d'autarcie nord-coréenne a conduit le pays à produire ses propres fusils. Des M-1944 russes et des Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7, et des fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent également aperçus.

La Finlande : Une Histoire d'Adaptation et de Précision

Avant 1917, la Finlande faisait partie de l'Empire russe, et ses unités militaires étaient naturellement équipées de divers modèles du M1891 russe. Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l'étranger, principalement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils furent souvent rénovés, avec des modifications allant de la simple apposition de poinçons de l'armée finlandaise (SA) et d'une nouvelle bretelle, à une refonte totale avec de nouveaux montages, bois, détentes et des canons plus précis en diamètre .308 et non .311.

L'armée finlandaise et la Garde Civile conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant (M/91-M24 "fusil de Lotta", M27, M28, M28-30 "Pystykorva", M39 "Ukko-Pekka"), utilisant des chargeurs français, russes et américains, la Finlande ne produisant pas elle-même de chargeurs. Pendant la Guerre d'Hiver (1939-1940) et jusqu'en 1944, la Finlande captura des quantités gigantesques de Mosin à l'ennemi, et acheta également des fusils à l'Espagne et des stocks de l'Allemagne nazie. Beaucoup de ces fusils furent simplement redistribués sans modification. L'armée finlandaise continua à rénover et distribuer les Mosin Nagant bien après la guerre, avec des M-39 équipés de canons datant du début des années 1970, utilisés comme fusils d'entraînement. La Finlande a aussi distribué le 7.62 TaK85, un fusil de sniper moderne modifié à partir du Mosin Nagant. Les Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et leur fiabilité. Le modèle M39 est considéré comme le plus abouti, tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa finition et sa précision, avec des organes de visée équivalents aux meilleurs fusils de l'époque.

L'Allemagne et l'Empire Ottoman

L'Empire allemand captura une grande quantité de Mosin Nagant durant la Première Guerre mondiale. Ceux-ci reçurent des modifications variées, notamment un recalibrage en 8 mm pour la cartouche du Mauser (8x57S). Beaucoup furent équipés d'un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande et furent distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine. Les versions de tireur d'élite furent utilisées avec succès par les Allemands car elles étaient très fiables et plus précises.

Comme l'Allemagne et l'Autro-Hongrie, l'Empire ottoman captura beaucoup de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Un grand nombre fut également acquis grâce à des aides allemandes ou lorsque l'armée blanche cherchait refuge après la guerre civile russe.

Les États-Unis et d'Autres Théâtres de Conflit

Lorsque le tsar fut détrôné en 1917, le gouvernement américain annula le contrat originalement signé par la New England Westinghouse et par la Remington Arms. Plutôt que de livrer le restant aux bolcheviks, tous les fusils en transit furent achetés par l'armée américaine. Les fusils restés en Grande-Bretagne équipèrent les forces expéditionnaires américaines et britanniques envoyées en Russie du Nord en 1918-1920. Ceux restés en Amérique furent principalement utilisés pour l'entraînement au tir de l'US Army et dans certains endroits pour équiper les unités de la garde nationale. Après la Première Guerre mondiale, les fusils restants furent déclarés surplus et vendus aux membres de la National Rifle Association of America pour seulement 3,34 $ chacun.

Pratiquement tous les pays qui reçurent une aide militaire de l'ancienne Union soviétique utilisèrent le Mosin-Nagant à un moment ou un autre. Les Républicains espagnols achetèrent des dizaines de milliers de Mosin de tous types pendant la guerre civile espagnole. Le Mosin-Nagant a également été vu en action dans les mains des moudjahidines en Afghanistan durant l'occupation soviétique dans les années 1970-80, et servit aux forces de l'Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle.

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