L’art de l’exploration nautique : Naviguer sur la rivière le Lay et ses environs

La Vendée du Sud offre un terrain de jeu exceptionnel pour les amoureux de nature souhaitant s’échapper du quotidien. Si l’idée de parcourir les cours d’eau en canoë ou en kayak peut sembler être une entreprise réservée aux experts, la réalité est bien plus accessible. L’aventure et des paysages sauvages se trouvent bien souvent à deux pas de chez soi. L'eau est partout en Vendée du Sud… Et si nous sortions des sentiers battus pour découvrir le territoire à bord d’un canoë ? C’est parti !

Préparer son expédition en canoë sur le Lay

Nous nous décidons à l’improviste de partir, canoë dans le coffre, ou sur le toit pour certains, pour une journée détente au fil du Lay. Quoi de mieux que le bruit du clapotis de l’eau ? Un léger souffle et un ciel ensoleillé contribuent à mieux profiter des magnifiques paysages de la Vendée du Sud. Mais d’où partir ? Un choix difficile s’impose ! Partirons-nous de l’écluse de Mortevieille pour remonter en direction de Mareuil-sur-Lay-Dissais et ainsi passer sous le pont Eiffel à Lavaud ?

Au fil de l’eau, le temps semble s’arrêter. Nous profitons de cette tranquillité pour observer les paysages, les animaux et les plantes. Héron cendré, Iris des marais, grenouilles… tout un petit monde nous accompagne à chaque coup de pagaie. Plus loin, des pêcheurs attendent patiemment que leurs lignes s’agitent ! Après 2 km, nous voilà arrivés au vieux pont en pierre datant du 18ᵉ siècle. Cet ouvrage est tellement magnifique que nous ne nous lassons pas de l’admirer et de le photographier en toute saison.

Après 5 km, nous nous trouvons à la croisée des chemins, vers la Porte du Lay, alimentant le Chenal Vieux, ancien bras du Lay. Cela fait maintenant 7 km et 3h30 de pagaie que nous sommes partis. C’est donc ici que nous poserons pied à terre et étalerons notre nappe à carreaux. Ici, pas de descente à bateau bétonnée, mais une berge facilement accessible qui demande néanmoins un peu d’équilibre pour quitter l’embarcation. Maintenant, il faut penser au retour… Si vous avez des amis très sympas, vous pouvez continuer la descente jusqu’à l’océan Atlantique et la Baie de l’Aiguillon, où ils pourront vous récupérer. Vous en profiterez pour flâner sur le littoral.

Découvertes et points de vue singuliers

Sur le chemin du retour, nous décidons de nous arrêter à la porte du Fossé Neuf entre Curzon et Lairoux. Situé après le pont Désiré, cet ouvrage hydraulique relie les deux parties du communal de Curzon. D’ici, vous aurez un point de vue inédit sur le communal de Lairoux et de Curzon. Un sentiment de petitesse qui fait du bien !

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Pour votre première sortie, la grandeur du Lay vous fait peur ? Privilégiez dans ce cas le côté intimiste des canaux du Marais… Vous n’avez pas de canoë ? Des prestataires vous en loueront et vous donneront des plans pour ne pas vous perdre dans le dédale des canaux. Vous souhaitez explorer le Marais poitevin de façon autonome et en toute sérénité ? Le tout premier guide touristique dédié aux balades en canoë-kayak dans le Marais poitevin, rédigé par le blogueur vendéen Romain Gaillard, est disponible à l’Office de Tourisme. Le Marais poitevin en canoë-kayak vous propose 17 itinéraires inédits pour découvrir des coins insoupçonnés de la Venise verte. Exclusivement préparée pour l’Office de Tourisme par Romain Gaillard, cette boucle vous offre une balade accessible et dépaysante. Partez du Gué-de-Velluire et laissez-vous porter par les courants paisibles, tout en découvrant la faune et la flore locales dans un cadre enchanteur.

Enseignements tirés de l’exploration des rivières vendéennes

Les retours d’expérience sur les rivières voisines, comme la Vendée, enrichissent notre compréhension de la navigation en milieu naturel. En août 2017, une descente de la rivière Vendée, de St-Paul-en-Gâtine jusqu’à Fontenay-le-Comte, a permis de parcourir plus de 45 km en kayak sur 3 jours en autonomie complète. Le parcours n’a pas été simple en raison du manque d’eau dans la rivière en cette période estivale. Comme lors de précédentes expéditions en kayak, le parcours est sous-exploité du point de vue touristique et laisse place à l’inconnu et à l’excitation de vivre dans la peau d’un aventurier explorateur.

Période conseillée : Mai à Septembre. Où dormir ? : Tout comme l’amont de la Sèvre Niortaise, la rivière Vendée en amont de Fontenay-le-Comte n’est pas aménagée pour la navigation touristique. Les campings sont situés à plusieurs kilomètres des berges. Il vous faudra camper par vos propres moyens sur des parcelles privées avec l’accord du propriétaire. À défaut, veillez à respecter les règles de bonne conduite citoyenne à savoir, ne pas déranger les animaux domestiques, emmener ses déchets avec soi et laisser les lieux dans le même état de propreté que lors de votre arrivée.

Sécurité et vigilance en milieu aquatique

Le canoë et le kayak sont des activités nautiques à risques. Prévoyez donc votre gilet de sauvetage pour maximiser votre sécurité en cas de chute à l’eau. Certains secteurs sont également très découverts et de ce fait vous serez fortement exposé au soleil (qui plus est sur l’eau). Il faut prévoir une bonne crème solaire, de quoi vous couvrir la tête et vous hydrater fréquemment.

Prudence à proximité des barrages et des ouvrages industriels : Il faut adopter un comportement de vigilance en amont et en aval d’un barrage. Certes, le risque est modéré en période estivale avec un niveau d’eau à la normale ou très bas. Cependant, il existe toujours un risque de changement important et soudain du débit d’eau. Par exemple, le barrage peut être amené à lâcher un fort volume d’eau en cas d’orage et modifier ainsi le volume d’eau et la force du courant de la rivière. De même, le passage via des zones privées ou industrielles peut s’avérer dangereux. Non seulement celles-ci se situent à proximité d’ouvrages, mais de plus vous êtes sur un site privé avec des risques potentiels.

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Le passage des chaussées : Quelques précautions sont à prendre au moment de franchir les chaussées, ces barrages artificiels qui permettaient de dévier l’eau vers un moulin à eau autrefois. Dans la partie amont des chaussées, l’eau est calme mais souvent vous n’aurez pas pied. Débarquez donc avec prudence sur la chaussée en maintenant votre kayak le plus stablement possible. En aval des chaussées, le faible niveau d’eau vous permettra d’avoir pied et facilitera la mise à l’eau de votre kayak.

L’évolution des paysages fluviaux

Lors de l’exploration de la Vendée, le constat est clair sur la topographie des cours d’eau. La rivière est étroite, en moyenne 3 à 4 mètres de large et peu profonde. En ce mois d’août, on constate le manque d’eau flagrant dans la rivière. On aperçoit sur les berges les marques que l’eau a laissé durant la période hivernale à son niveau le plus haut. Il manque parfois 1,5 à 2 mètres d’eau par rapport à l’hiver. Le coin est vraiment sauvage et les berges sont très peu entretenues. Des guirlandes de ronces, d’herbes et d’arbres non entretenus maintiennent les berges et laissent très peu d’endroits accessibles à l’homme. Par endroit, c’est un enchevêtrement de troncs d’arbres et de branches qui bouche complètement le passage. La force du courant lors des crues hivernales a agglutiné des paquets de végétations et de bois morts. L’ensemble forme un barrage naturel ne laissant que peu de places pour faire passer le kayak.

Parvenu à certains lieux-dits, la rivière prend un tout autre visage. Elle s’élargit et devient plus profonde au fur et à mesure que l’on avance. L’omniprésente végétation des berges ne fait désormais plus d’ombre. On se retrouve en plein soleil au milieu de cette large rivière. Il est temps de sortir la casquette et la crème solaire. Les barrages que l’on croise permettent de maintenir un gigantesque réservoir d’eau douce. La rivière devient un lac, un immense marécage avec ses herbes hautes, ses troncs d’arbres morts émergent à la surface de l’eau et nous montrent l’emplacement des anciennes berges de la rivière, désormais sous l’eau depuis la construction des barrages. Les oiseaux s’épanouissent dans ce territoire.

Immersion dans la nature sauvage

Le paysage est sublime. Les forêts sont posées sur un paysage cabossé, avec du relief. Le village de Mervent, que l’on aperçoit au loin, est lui-même perché sur une butte, et culmine à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de l’eau. En fin d’après-midi, on décide finalement de bivouaquer, sur une pente herbeuse à environ 50 mètres de la rivière. En plein milieu de la forêt, avec ces hautes cimes d’arbres qui entourent, les animaux nocturnes commencent à s’éveiller. Les cris de chouette portent au loin et on entend parfois du remue-ménage dans l’eau plus bas. Une attaque de brochet ? Un ragondin qui plonge ? Cette ambiance nocturne est propice à l’imagination et il faut rationaliser en permanence les bruits entendus pour ne pas céder à l’inquiétude.

Le lendemain matin, quel bonheur de sortir la tête de la tente pour profiter du réveil de la nature. Les oiseaux chantent au milieu de cette rosée matinale. Plus loin en bas, on entend le murmure de la rivière qui s’écoule paisiblement à travers la forêt. Une fois tout le matériel remballé et accroché sur le kayak, on se remet à l’eau et commence à se laisser glisser en douceur sur la rivière, aidé par le faible courant. On surprend quelques hérons cendrés occupés à pêcher de bon matin. Leur envol à l’approche est toujours une merveille à observer. On aimerait pouvoir passer près d’eux sans les apeurer, ni les déranger. Mais leur instinct de survie les pousse à s’envoler quoi qu’il arrive pour échapper à d’éventuels dangers.

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