La vallée de la Vilaine, au sud de Rennes, se révèle comme un véritable paradis pour les amoureux de tourisme vert, offrant une palette d'activités pour une découverte approfondie de ses richesses. Des sites archéologiques fascinants aux randonnées pittoresques, en passant par les expéditions en kayak, il existe plusieurs façons d'embrasser la diversité de cette région. Si le kayak et le canoë sur la Vilaine constituent une immersion privilégiée au cœur de paysages fluviaux d'une rare beauté, d'autres explorations terrestres, ancrées dans le patrimoine local, viennent compléter l'expérience, notamment autour de la commune de Langon. Cette approche polyvalente permet de saisir toute l'essence d'un territoire qui allie nature préservée, histoire et authenticité.
L'Aventure Nautique sur la Vilaine : Une Odyssée en Kayak, de Redon à Arzal
Parmi les manières les plus singulières de découvrir la vallée de la Vilaine, une navigation en kayak offre une perspective unique, permettant une connexion intime avec la rivière et ses rives. Une expérience récente, initialement dictée par les caprices de la météo, a transformé une contrainte en une exploration mémorable, depuis Redon jusqu'aux portes d'Arzal, à bord d'un kayak biplace.
Préparation Inattendue : Quand la Météo Redessine l'Itinéraire
L'idée initiale de profiter d'un week-end prolongé pour s'évader vers les îles Glénan s'est vue contrecarrée par une météo défavorable, avec des vents établis de 25 à 30 nœuds de secteur Sud. Cette situation a conduit à envisager d'autres options, telles qu'une navigation en Bretagne Nord. Cependant, même dans le Goulet de Brest, la météo s'annonçait ingrate, rendant les conditions de navigation délicates, sans compter une période de vives eaux générant de forts courants de marée. Le secteur de Bréhat offrait une petite possibilité, mais sans grande chance de pouvoir réaliser un tour complet de l'île en raison de la houle persistante. C'est ainsi, avec une météo qui s'annonçait exécrable et par une décision dictée par la sagesse, que le choix s'est porté sur une navigation en K2, un kayak deux places, sur la Vilaine. Si, initialement, l'idée de naviguer depuis Redon sur la Vilaine ne suscitait guère l'enthousiasme, la nécessité de tester le Grand Narak de chez Nautiraid, chargé et motivé à sortir malgré la mauvaise météo, a transformé cette contrainte en un véritable plaisir. Le kayak fut alors chargé avec soin au niveau de la cale du club d'avirons de la charmante ville de Redon, marquant le début de cette aventure fluviale. L'itinéraire prévu était un aller-retour totalisant 50 milles (environ 93 km).
Le Grand Narak : Un Test Essentiel pour l'Expédition Groenland
Cette expédition sur la Vilaine n'était pas seulement une simple balade ; elle s'inscrivait dans un objectif plus vaste : effectuer un premier test pour une future expédition au Groenland. Le Grand Narak de Nautiraid, un kayak biplace, était donc mis à l'épreuve. Cette navigation en kayak biplace représentait une expérience assez novatrice. Si le concept avait déjà été testé en mer auparavant, il n'avait jamais été étendu sur plus d'une journée. Les kayakistes ont eu le plaisir de coordonner leurs mouvements afin que le kayak maintienne une bonne vitesse de route. L'un des préjugés initiaux concernant la navigation en K2 était la limitation de la sécurité, avec la perspective de deux kayakistes à l'eau en cas de chavirage. Cependant, il s'est avéré assez vite que le Grand Narak était réellement très stable, rendant le chavirage peu probable, bien que jamais impossible. Cette navigation en duo a présenté un avantage certain, car elle permettait de diminuer les efforts de temps en temps sans pour autant perdre trop de vitesse de navigation. De plus, bien que le kayak soit souvent perçu comme une pratique sportive individuelle, l'effort partagé en duo s'est révélé particulièrement agréable, renforçant la cohésion de l'équipage.
Jour 1 : L'Apaisante Descente de Redon à Foleux
Le premier jour de navigation, un samedi 29 avril, a débuté à 14h00, pour un trajet de Redon à Foleux, couvrant 15 milles (28 km) en 3h30 de navigation. Le départ s'est déroulé dans une atmosphère tout à fait paisible, les averses n'étant prévues que pour la fin de la journée. Grâce au barrage d'Arzal, le courant était négligeable, ce qui laissait le vent comme unique élément à considérer pour cette navigation en eau douce. Malgré une douleur récurrente au niveau de l'articulation du poignet, présente depuis deux jours, celle-ci a miraculeusement disparu après quarante minutes de pagaie. Cette observation a permis de prendre conscience que la première heure de pagaie constitue un véritable échauffement pour le corps, indispensable avant de pouvoir pleinement profiter de la navigation. Une leçon précieuse : sortir pour moins d'une heure de pagaie n'est pas un plaisir, mais la passion l'emporte. Après 3h30 de navigation, l'équipage a atteint le port de Foleux, où la décision a été prise de s'installer à proximité du chantier naval. Un terrain propice à l'accueil de la tente, offrant une vue directe sur la Vilaine, a été trouvé. C'était alors le moment tant attendu de simplement profiter d'être dehors, savourant la quiétude de l'environnement après l'effort.
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Jour 2 : Entre Pluie, Vent et Merveilles Naturelles, de Foleux à Arzal
Le dimanche 30 avril a marqué le deuxième jour de cette odyssée fluviale. Le départ fut donné à 11h00, pour un parcours de Foleux à Arzal, puis un retour à un kilomètre au sud de Foleux, couvrant 16 milles (30 km) en 4h30 de navigation. Le petit matin fut malheureusement assez pluvieux, ce qui n'a guère motivé les troupes à lever le camp. Une douleur avait également envahi le poignet gauche pendant la nuit, nécessitant plus de temps pour réaliser les mouvements. Heureusement, les averses se sont estompées, laissant le temps de prendre le premier repas de la journée. Pendant le chargement du kayak, des pêcheurs bien équipés préparaient leurs bateaux, ignorant encore que la pêche au carnassier allait ouvrir le lendemain. Une fois à bord, et alors que la douleur articulaire s'estompait, la première averse de la journée s'est présentée. Malgré cela, il fut possible de profiter pleinement du paysage, où la rive droite laissait glisser d'imposants blocs de roche. La découverte de ces eaux intérieures, abritant des hérons cendrés et de nombreux cygnes, fut un véritable plaisir. Les bovins, habitués au passage des navires, paissaient tranquillement, sans avoir à être jaloux de leurs cousins qui observent le passage des trains. L'équipage ne cachait pas sa joie d'être simplement sur l'eau. Rapidement, ils sont arrivés au joli port de La Roche Bernard, mais ont préféré poursuivre leur chemin en direction d'Arzal, en dépit des averses qui s'amplifiaient. Cette étape a demandé plus d'efforts en raison du vent et des précipitations. En observant le mouvement des arbres et en ressentant la force du vent sur les pales de la pagaie, il fut rapidement évident que le vent avait atteint plus de 25 nœuds au moment d'approcher du port d'Arzal, séparant la rivière de la mer. Il était certain qu'une navigation en mer avec une telle météo serait totalement impossible. À Arzal, les kayakistes ont profité d'une cale faisant face à la capitainerie pour poser pied à terre. Hors du kayak et sans tenue spécifique - l'hiver étant supposé terminé - le froid s'est vite fait sentir. Un compagnon de voyage a encouragé à jeter un œil de l'autre côté du barrage pour apercevoir la mer, qui, à marée basse, révélait surtout l'envasement de la Vilaine. Profitant d'un abri du vent pour grignoter, ils sont repartis sans tarder, cette fois avec le vent comme allié, aidant à l'avancée. Grâce à l'activité physique, la chaleur est revenue rapidement, et le plaisir de progresser s'est ravivé, surtout dans ce sens. De retour à La Roche Bernard, une hésitation à sortir du kayak pour prendre un verre au remarquable café le Sarah B, situé tout au fond du port (avec la possibilité de laisser le kayak juste devant), fut rapidement dissipée par une nouvelle averse, les convainquant de poursuivre leur chemin. C'est ainsi qu'en milieu d'après-midi, ils sont arrivés sur un petit terrain repéré lors de la descente, situé à un kilomètre au sud de Foleux. Ce lieu était remarquable par ses diverses installations : barbecue, herbes coupées et sièges. Un petit coin parfait pour se ressourcer le temps d'une nuitée. Les averses alternant avec le soleil ont permis de contempler de magnifiques arcs-en-ciel et de réussir à faire sécher les affaires. Après un déjeuner décalé, un petit apéritif s'est imposé, rappelant la joie d'être là. La soirée fut également l'occasion d'échanger sur le futur voyage en K2 en totale autonomie, vers une destination rêvée depuis sept ans, là où naissent les plus grands icebergs de l'Atlantique Nord : le Groenland.
Jour 3 : Le Retour Éclairé par le Vent, de Foleux à Redon
Le troisième jour, un lundi 1er mai, le départ a eu lieu à 9h40, pour un parcours de un kilomètre au sud de Foleux à Redon, couvrant 15 milles (28 km) en 4 heures de navigation. La nuit avait permis de se reposer malgré une certaine fraîcheur. Le réveil fut assez surprenant, survenant dès 6h30 avec l'arrivée de voitures à proximité de la tente. Il fut rapidement compris que des pêcheurs s'installaient, et au moment de prendre le thé, la nouvelle de l'ouverture de la pêche au carnassier fut apprise. Les pêcheurs rencontrés la veille auraient dû alerter de cet événement. Une fois la tente séchée par le soleil, l'embarcation a été reprise, cette fois sans aucune douleur articulaire. Cette partie de la navigation fut un véritable plaisir. Le vent étant au portant et le soleil présent, la décision a été prise d'utiliser une petite aile de cerf-volant. L'équipage s'est amusé à mettre en place les lignes et à voir le kayak être tracté par cette petite aile. Même si le cerf-volant a fait office d'ancre flottante à une reprise, c'était une expérience sympa de mêler deux passions : le kayak et le kite. Une vitesse de traction avoisinant les 5 nœuds fut estimée. Il va sans dire que les nombreux pêcheurs croisés sur le trajet furent surpris par l'utilisation d'une telle propulsion. Une petite pause fut observée au niveau du pont mobile de Cran, avant de poursuivre la navigation toujours au portant, agrémentée de quelques grains remarquables. L'arrivée à Rieux s'est faite assez rapidement, permettant d'imaginer une arrivée à Redon pour 14h. L'horaire fut respecté, et une vitesse moyenne sur la dernière partie de 4,4 nœuds fut calculée, en partie grâce au vent. Si, initialement, peu de motivation était présente pour ce trajet, un grand plaisir a été ressenti à réaliser cette navigation en eau douce. Ainsi, il ne faut surtout pas hésiter à profiter de la mauvaise météo, qui reste l'un des rares éléments non maîtrisables par la main de l'homme, pour découvrir ces petits coins de paradis. Après tout, le voyage n'a pas besoin d'être une aventure pour être plaisant, il suffit qu'il soit vécu.
Au Fil de l'Eau : Autres Points d'Accès et Circuits pour le Canoë et le Kayak sur la Vilaine
Au-delà des explorations plus aventureuses, la vallée de la Vilaine offre de nombreuses possibilités pour une découverte plus accessible par l'eau. À quelques kilomètres de Redon, le circuit de la halte de Painfaut présente l'avantage notable d'une balade en forme de boucle, évitant ainsi un aller-retour et offrant une expérience fluide et continue. Pour ceux qui souhaitent se lancer dans l'aventure sans leur propre équipement, d'autres points de départ proposent des canoës et des kayaks à la location. Ces services sont notamment disponibles à Guipry-Messac, une localité stratégique le long de la rivière, ou encore à la guinguette du Menu Fretin, située au charmant Port de Roche. Ces options facilitent l'accès à la navigation sur la Vilaine, permettant à chacun de goûter aux plaisirs d'une balade sur l'eau, que ce soit pour quelques heures ou une journée entière, et de contempler les paysages verdoyants des berges sous un angle différent.
Langon : Porte d'Entrée Vers une Campagne Authentique et Historique
Au cœur de cette vallée verdoyante, la commune de Langon se positionne comme un point de départ privilégié pour une exploration enrichissante. C'est en ce lieu emblématique que de nombreux parcours de découverte de la région commencent. La commune de Langon est fièrement labellisée "patrimoine rural de Bretagne", une reconnaissance qui souligne son caractère authentique et sa richesse culturelle. Ses 3 600 hectares, alliés à un bourg historique remarquablement préservé, lui confèrent une grande richesse architecturale et paysagère. Pour les amateurs de tourisme vert, cette localité offre une immersion profonde dans une campagne historique, rurale et paysanne, respectueuse de son environnement. Langon représente ainsi une étape incontournable pour ceux qui cherchent à comprendre l'âme de la Bretagne intérieure, offrant un cadre idéal pour la randonnée et la contemplation.
Les Sentiers de Langon : Randonnées Pédestres avec Augustin "Tintin" Gauvin
Pour s'imprégner pleinement de l'esprit des lieux à Langon, une des expériences les plus authentiques est sans doute de suivre les pas d'Augustin, un guide local passionné. Nous avons eu l'occasion de l'accompagner pour une marche mémorable à travers champs, bosquets, chemins boisés et halage, offrant une vision complète de la commune. Tous les dimanches, par tous les temps, Augustin, affectueusement surnommé "Tintin", s'installe fidèlement en haut du bourg, près du site "des demoiselles". Dès l'aube, vêtu de son short et de ses sandales, appuyé sur son bâton, il attend les randonneurs désireux de s'aventurer hors des sentiers battus sur des parcours de 6, 9, ou 15 km. Que les marcheurs soient seuls, à deux, ou à plusieurs, Tintin, quoi qu'il en soit, est toujours présent et participe activement à la marche. Pour lui, la marche dominicale est bien plus qu'une habitude ; c'est un véritable exutoire. Tout en gardant les pieds sur terre, la terre de ses origines, il explore depuis sa petite enfance cette campagne langonnaise, un environnement qu'il connaît intimement et qui continue d'émerveiller les promeneurs qu'il accompagne. Avec Tintin, pas besoin de boussole ; il connaît le nom de chaque lieu-dit et de chaque hameau traversé. "C'est aussi l'occasion de saluer les habitants de ces villages reculés", confie-t-il, soulignant la dimension humaine de ces balades. Accueillant, jovial et contemplateur, Tintin n'impose rien pendant la marche. La balade, qu'elle soit ponctuée de bavardages ou de moments de silence contemplatif, est toujours sereine. Lorsque son doigt pointe vers l'horizon, c'est pour indiquer l'envol gracieux des aigrettes ou des hérons, des spectacles naturels souvent inattendus. Au bord du halage, ce sont des cigognes qui peuvent être repérées grâce à son œil averti et à sa connaissance de la faune locale. Ces chemins de traverse, empruntés depuis l'enfance pour se rendre à l'école, ont très peu changé au fil des années, conservant leur caractère authentique. Ces randonnées, ouvertes à tous, offrent aux habitants de la commune l'occasion de s'aventurer dans la campagne environnante, de prendre la mesure de cet espace à l'échelle pédestre et de ressentir ce qui s'en dégage : une campagne historique, rurale et paysanne, respectueuse de l'environnement.
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Traces de l'Homme : Le Site Mégalithique de Saint-Just
Pour ceux qui sont curieux des traces laissées par l'homme au fil des millénaires, la région offre également des détours vers des sites d'une grande valeur archéologique. Il est ainsi possible de profiter de son séjour pour faire un détour par Saint-Just. Situé à 47 kilomètres au sud de Rennes et à 18 kilomètres au nord de Redon, ce site est mondialement connu pour ses monuments mégalithiques, témoignages imposants des civilisations anciennes. Il est même considéré comme le deuxième site mégalithique de Bretagne en importance, juste après celui de Carnac. De plus, sa valeur est reconnue par le label "Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement", attestant de son rôle dans la sensibilisation à la nature et au patrimoine. Ce site offre une immersion dans la préhistoire et permet de connecter la beauté naturelle de la Vilaine à une histoire humaine profondément enracinée dans le paysage breton, ajoutant une dimension culturelle et éducative à l'exploration de la région.
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