José María Cano Andrés, né le 21 février 1959 à Madrid, en Espagne, est une figure aux multiples facettes, talentueux artiste visuel, musicien, compositeur et producteur de disques. Sa trajectoire artistique est une exploration constante des frontières entre différentes disciplines, un dialogue incessant entre le son, l'image et la matière. De sa contribution décisive au groupe de pop-rock espagnol emblématique Mecano à son cheminement en tant que peintre contemporain acclamé, Cano a marqué de son empreinte l'Espagne des années 1980 et continue d'influencer le paysage artistique mondial. Ses œuvres, empreintes d'une profonde réflexion conceptuelle, utilisent des techniques ancestrales pour questionner les réalités de notre époque, transformant des coupures de presse ou des documents administratifs en de puissants totems visuels.
Les Racines d'un Polymath : De la Musique aux Premiers Traits
L'enfance de José María Cano est déjà une promesse d'une vie dédiée à l'art. Dès l'âge de 10 ans, il fréquente des académies d'art pour apprendre le dessin et la peinture, se préparant initialement à une carrière en architecture. C'est durant sa première année d'études en architecture qu'il découvre une technique picturale qui allait devenir une signature majeure de son œuvre : l'encaustique, un procédé impliquant l'utilisation de cire chauffée mélangée à des couleurs. Cette rencontre précoce avec une technique organique et sensorielle contraste déjà avec les chemins plus structurés qu'il aurait pu emprunter. Ses années de formation sont également marquées par une éducation jésuite, où M. Paz, le photographe et professeur de dessin de son école, l'encourage à fréquenter l'académie Hidalgo de Caviedes. Cette période révèle une curiosité pour le corps humain et l'anatomie, avec des modèles posant pour les élèves, offrant une expérience formatrice sur la représentation du réel et du corps.
Parallèlement à cette immersion dans les arts visuels, la musique occupe une place prépondérante dans la vie du jeune Cano. C'est en tant qu'étudiant universitaire qu'il commence à donner des concerts, et c'est à cette époque qu'il rencontre Ana Torroja, qui deviendra plus tard la chanteuse principale de leur groupe pop, Mecano. De 1982 à 1998, José María Cano est le membre clé et le principal auteur-compositeur de ce groupe légendaire, qui marque la Movida et l'Espagne des années 1980. Leur premier album éponyme, sorti en 1981, inclut le tube populaire "Hoy No Me Puedo Levantar". Après 1984, José commence à jouer du piano et transforme sa manière de composer, créant de nombreuses chansons pour d'autres chanteurs célèbres, tels que Chayanne, Julio Iglesias et Miguel Bosé. Il signe des titres emblématiques du monde hispanophone comme "Hijo de la Luna", "Mujer contra mujer" et "Tiempo de vals", ainsi que "Te Quiero, Amor" pour Miguel Bosé, "Ay Que Caray" pour Sara Montiel, et "Y Aunque Te Haga Calor" pour Julio Iglesias.
Après la séparation de Mecano en 1992, José María Cano ne cesse d'explorer de nouvelles voies musicales. Il se retire à Londres pour composer un opéra intitulé "Luna", qui voit le jour en 1997. Le célèbre chanteur d'opéra Plácido Domingo interprète le rôle principal lors de l'enregistrement. Son talent de compositeur s'étend même au domaine sportif, puisqu'en 2002, Cano écrit la chanson officielle du club de football Real Madrid, également interprétée par Plácido Domingo. Plus tard, en 2006, il compose une version spéciale de la prière "Notre Père", chantée par Montserrat Caballé lors de la visite du Pape Benoît XVI à Valence. La musique, pour Cano, est un univers complémentaire aux arts visuels, où les paroles dirigent l'auditeur vers un sentiment spécifique, tandis que les arts visuels offrent une proposition plus ouverte à l'observateur.
La Plongée dans les Arts Visuels : Une Quête de Sens et de Réalité
C'est en 2002 que José María Cano s'engage pleinement en tant qu'artiste professionnel dans les arts visuels. Sa première exposition d'art a lieu en 2004, dans l'espace privé de Craig Robins. Sa première exposition majeure, intitulée "This Is Just Business", utilise des images de documents quotidiens et les combine avec des dessins réalisés par son fils, Daniel, qu'il reproduit méticuleusement sur de grandes toiles. Ces fonds de toile rappellent souvent des déserts ou des paysages glacés, invitant à une réflexion sur la perception du monde.
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Autour de la même époque, Cano initie une série d'œuvres où il projette et reproduit à grande échelle les dessins de son fils Daniel, atteint du syndrome d'Asperger. Cette démarche est perçue par l'artiste comme une façon pour le père d'apprendre du fils. Par la suite, il commence à peindre des titres et des articles de journaux, explorant l'idée que la "vérité" peut varier selon celui qui la raconte, comme en témoignent des œuvres aux titres percutants comme "Immigration Brings More Crime".
La philosophie artistique de Cano est profondément influencée par le peintre Joaquín Torres García, qui affirmait : "La réalité a trois dimensions, tandis que la vérité n'en a que deux." Cette déclaration a guidé ses œuvres dès sa première série de peintures, qui consistait en des copies méticuleuses de ses propres papiers de divorce. Chaque document imprimé des procédures de divorce était agrandi et transformé en une toile cirée, une sorte de pénitence ou de catharsis. José María Cano se souvient des réactions de ses amis : "Mes amis me demandaient : ‘Pourquoi faites-vous ça ?’ Cela prenait des heures. Mais c'était génial."
Le travail de Cano ne cherche pas à dépeindre une réalité abstraite, ni à illustrer les problèmes ou les lacunes de la société contemporaine. Il se veut plutôt un avertissement, un phare, une publicité pour quelque chose de réel, qui se manifeste malgré le monde. "Bien que tout le monde le critique, tout le monde prend part à la mascarade", souligne-t-il. Ses œuvres sont majoritairement en noir et blanc, une intention délibérée de l'artiste. Il croit que la réalité regorge de couleurs, mais que la vérité est souvent perçue en termes simplistes de noir et blanc. Pour lui, il s'agit plutôt d'une échelle de gris, d'une nuance entre les extrêmes. Il affirme que la juxtaposition du réel et du vrai est ce qui nous façonne en tant qu'êtres humains, et que ses peintures, bien qu'offrant une matérialisation variée en surface, évoluent toujours sur cette ligne ténue et bancale.
Cano se décrit comme ne cherchant pas à protester ou à se plaindre. Il a débuté la peinture en tant que leader d'un mouvement ne comptant qu'un seul adepte - lui-même - qu'il a nommé "materialismo matérico", titre d'une de ses expositions au CAC Málaga. "J'ai accepté ces figures [financières] comme la nouvelle beauté, ironiquement", dit-il, soulignant son approche critique mais non-confrontationnelle. Son art est moins une protestation qu'une observation et une mise en lumière. La scène artistique contemporaine, selon lui, exige provocation, politique, uniformité totale ou vacuité pour susciter l'intérêt de ses "zoïlistes et de ses nombreux bénéficiaires", dont il se dit "incidemment, partie prenante". Cependant, sa propre peinture, il l'affirme, "manque de ces quatre caractéristiques", ce qui explique pourquoi son chemin est "solitaire". Néanmoins, son art est apprécié pour sa technique, sa beauté, son caractère intemporel et sa sincérité, comme l'a noté Tot Taylor.
L'Encaustique : Matière, Magie et Modernité
Au cœur de la pratique artistique de José María Cano se trouve la technique de l'encaustique, un procédé ancien qu'il maîtrise et réinvente avec une singularité remarquable. Apprise dès sa première année d'architecture, cette méthode qui consiste à utiliser de la cire chauffée mélangée à des pigments, devient un médium privilégié pour l'artiste. La cire, par son origine organique et ses caractéristiques semi-transparentes et tactiles, offre un contraste saisissant avec la nature mécanique et industrielle des médias utilisés dans les journaux, souvent à la base de ses œuvres.
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La généalogie de la peinture encaustique est profondément liée à des pratiques et formes archaïques, ainsi qu'à une croyance dans le pouvoir magique de l'image et de son processus de création. Les portraits du Fayoum, réalisés en Égypte entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère, en sont des exemples anciens et bien connus. Peints sur des panneaux de bois et attachés aux momies, ces portraits faisaient partie intégrante des rites funéraires de l'Égypte romaine. Des recherches ont montré que seulement 1 à 2 % de la population du Fayoum pouvait s'offrir de tels portraits, et que les modèles appartenaient généralement aux strates sociales supérieures et aisées, comme les fonctionnaires gouvernementaux, les dignitaires religieux, les officiers militaires et d'autres familles bien connectées. Cette référence historique n'est pas anodine dans l'œuvre de Cano, qui reproduit des portraits de personnalités dont l'héritage économique a une résonance mondiale, établissant un lien entre ces figures antiques et les "super-capitalistes" de notre temps.
Anthony Haden-Guest, critique d'art, a remarqué la minutie de Cano, qui applique avec soin "sept couches de cire" sur ses œuvres. Cette technique confère aux surfaces une "physicité riche", où "il y a quelque chose de particulier à la cire ; peut-être cela a-t-il à voir avec sa fermeté perçue et sa délicatesse simultanée". Les images de Cano semblent à la fois spontanées et donnent l'impression d'être sculptées dans le marbre. Son utilisation de l'encaustique permet de créer un sens de profondeur distinctif.
Cano se considère comme un "alchimiste", affirmant que "ce avec quoi je peins" détermine non seulement "comment je peins", mais aussi "ce que je peins" et par conséquent "ce que je ressens". Il ne se limite pas à l'encaustique, utilisant également l'aquarelle sur papier, la gravure sur plaques de cuivre, ainsi que l'huile, la résine et des pigments mélangés à différents liants. Pour lui, la "recherche artificielle de l'originalité est à la fois la grande découverte et le grand mal de l'art du XXe siècle". Il cherche plutôt à peindre "avec tout ce qui dure", privilégiant la permanence et l'authenticité des matériaux. Bien qu'il possède de solides compétences techniques, l'art de Cano reste avant tout conceptuel et orienté vers les idées, cherchant à provoquer la réflexion au-delà de la simple esthétique. Cristina Giménez, dans Architectural Digest, a décrit son travail comme "impeccable" et "spectaculaire", soulignant la maîtrise technique au service d'une vision artistique profonde.
Chroniques Visuelles du Monde Contemporain : Séries Emblématiques
L'œuvre de José María Cano est jalonnée de séries thématiques qui, chacune à leur manière, explorent les multiples facettes de la réalité et de la perception humaine. Ses travaux, souvent issus de l'observation minutieuse de documents ou d'images médiatiques, transforment le banal en révélateur, le fugace en éternel.
Les "Papiers de Divorce" : Une Catharsis Intime
La première série de peintures de Cano, qui s'est avérée être un point de départ fondamental pour son exploration artistique, consistait en des copies méticuleuses de ses propres papiers de divorce. Chaque document imprimé des procédures était agrandi et transformé en une toile cirée. Cette démarche, perçue par lui comme une sorte de pénitence ou de catharsis, met en lumière un processus où l'intime et le personnel se transforment en une œuvre d'art publique et réfléchie. Cette série illustre la conviction de Cano que la réalité a trois dimensions tandis que la vérité n'en a que deux, la "vérité" étant ici l'interprétation et la matérialisation artistique d'un événement personnel complexe.
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"The Wall Street 100" : Icônes du Capitalisme et Archéologie du Présent
En 2006, la première exposition de Cano sur le monde de la finance, intitulée "The Wall Street 100", ouvre ses portes. Cette série emblématique est directement basée sur des coupures de journaux provenant du Wall Street Journal. José María Cano y reproduit minutieusement les petits portraits et le texte des colonnes entourant ces images, les transposant à grande échelle en utilisant la peinture encaustique. Son objectif est de montrer ces figures du monde des affaires comme les nouveaux héros de notre temps. Les œuvres incluent des portraits contemporains de personnalités dont l'héritage économique a acquis une pertinence mondiale, impliquant à la fois des références historiques et physiques : les portraits typiques de grands hommes d'affaires mondiaux tels que les présidents et directeurs de sociétés transnationales, de banques, de trésoreries publiques, de ministres et d'autres personnalités du pouvoir économique qui apparaissent dans chaque nouvel article du Wall Street Journal, accompagnés d'un petit extrait du texte.
La série "Wall Street One Hundred" révèle des éléments de fétichisme et de portrait funéraire, particulièrement frappants dans les installations spatiales de grande envergure. En conséquence, cette série évoque à la fois la nécropole et les œuvres de cire, suggérant la notion d'icônes sacrées et contemporaines. Les portraits de super-capitalistes de Cano dans cette série peuvent être considérés comme une archive plutôt que comme de simples portraits discrets ayant une disposition formelle similaire. La zone textuelle dans les peintures de journaux de Cano sert de cadre à l'image, ajoutant de l'intensité à l'image picturale, agissant comme une série de parenthèses ou de guillemets qui encadrent la tête du portrait, invitant le spectateur à voir ces portraits déjà publics sous un jour nouveau, critique et analytique. En peignant les capitalistes les plus riches et les plus puissants - des personnes dont l'argent est aussi impliqué dans l'œuvre d'art que dans d'autres formes d'exploitation commerciale - Cano place également au centre de la scène les transactions habituellement cachées du monde de l'art. Des portraits de personnalités comme Alan Greenspan et Vladimir Poutine dénoncent le visage capitaliste de la société contemporaine et, en même temps, critiquent la manière dont certains artistes embellissent délibérément la perversité. Ces œuvres témoignent que ses peintures traitant de questions économiques ne représentent qu'une moitié de son discours.
"Why Rent When You Can Buy?" : Art, Consommation et Prostitution
Dans sa série "Why Rent When You Can Buy?", Cano cherche à présenter l'art et la prostitution dans le même idiome de consommation et de projection. Tirées de petites annonces pour des escortes, Cano reproduit ces portraits génériques produits en masse, en cire, dans une tentative de créer des monuments authentiques avec un effet tridimensionnel. L'œuvre "Lorena" en est un exemple frappant : son corps tonique s'annonce dans une perfection pixelisée avec l'inscription : "Lorena, 21 años. Cuerpo spectacular. Elegante y morbosa. Y otras modelos. 200 €. Chalet Lujoso Castellana 24H Hotel-Domicilios." Entre ces lignes se trouve le terrain fertile de la fantaisie nécessaire qui permet le passage du symbolique au réel. Entièrement rendue en encaustique noir et blanc, Lorena n'est pas elle-même, ni la minuscule annonce de journal dont son image est dérivée. Elle est l'œuvre de l'artiste José María Cano : une icône dénudée de la prostitution de l'art. "L'art est comme le sexe", dit Cano. "Quand vous faites l'amour avec quelqu'un, vous croyez que vous possédez cette personne. Quand vous achetez de l'art, de même, vous croyez que vous possédez quelque chose." En fait, ces œuvres ne sont pas des produits de valeur innée et absolue. Selon le contexte et les circonstances, les peintures de Cano peuvent fonctionner alternativement comme des fétiches, des idoles et des totems, ce qui explique en partie le caractère énigmatique de ses œuvres.
Les "Montagnes" : Nouveaux Paysages Financiers
Parallèlement à ses portraits de figures économiques, Cano s'est aussi intéressé à une autre forme de représentation du monde de la finance : les graphiques et statistiques montrant les performances des marchés financiers et des cours des actions. Il a nommé ces œuvres des "Montagnes", estimant qu'il s'agissait des nouveaux "paysages" que les artistes devraient peindre. En représentant des chiffres financiers plutôt que des scènes traditionnelles, il relie l'art moderne aux styles de peinture plus anciens, suggérant une continuité dans la quête de l'artiste pour capturer l'essence de son époque.
"La Tauromaquia" et "De Providentia" : Homme, Destin et Confrontation
José María Cano a également créé une série de gravures sur la tauromachie, intitulée "La Tauromaquia", un thème profondément espagnol. Cependant, cette série s'inscrit dans un cadre plus large et philosophique, celui de "De Providentia". Cette œuvre aborde la relation de l'homme avec son destin. Son titre est tiré d'une lettre de Sénèque à son disciple Julius, en réponse à la question de savoir pourquoi de mauvaises choses peuvent arriver à de bonnes personnes. Sénèque répond que cela n'apparaît que superficiellement ainsi, que "l'eau et l'huile ne se mélangent pas" et que ces défis sont des opportunités pour l'homme courageux de démontrer sa grandeur. Dans l'arène de Cano, le taureau représente l'humanité et le torero, le destin. La bonne façon d'affronter le destin n'est pas de s'y accrocher et de le soulever, mais de "charger courageusement droit dessus". Cette série révèle une quête de sens et de confrontation avec les forces inéluctables de l'existence, enracinée dans la pensée classique.
Les Œuvres Spirituelles et Lunaires : Dualité de l'Être
Au-delà des critiques socio-économiques, l'œuvre de Cano explore également des thèmes d'une nature plus spirituelle, comme en témoignent ses séries d'apôtres ou ses peintures autour de la lune. "Le côté obscur de la lune", une œuvre réalisée en encaustique sur toile, illustre cette fascination. Pour Cano, la lune est "symbolique par nature", une "indication claire de la dimension visuelle de l'univers et de la dimension spirituelle de l'homme". Elle est "le réceptacle des plus beaux regards de l'humanité dans son ensemble, vivants et morts". Il affirme que "depuis mon enfance, j'ai été fasciné par les œuvres de Torres García", une influence qui se ressent dans cette approche des symboles et des archétypes.
José María Cano voit sa vie et son art comme une exploration entre deux mondes presque opposés : d'un côté, ses peintures sur ses papiers de divorce, les journaux ou l'économie, et de l'autre, ses œuvres de nature plus spirituelle, comme ses séries d'apôtres ou ses peintures sur la lune. Cette "manière limite de voir la vie" lui permet de peindre des œuvres "des deux rives d'une même rivière". Sur l'une, il "se salit les vêtements" et sur l'autre, il "les lave". Il perçoit les êtres humains comme un mélange de matière et d'esprit qui, par le passé, étaient en lutte constante et épuisante. Cette bataille, selon lui, "a poussé et donné un sens à la civilisation". Il critique la tendance contemporaine à "résoudre le problème en nous excisant la partie spirituelle", estimant que "vivre ainsi est peut-être plus facile, mais cela ne vaut rien". Il défend l'idée qu'il n'est pas impossible, avec l'âge et un peu d'autodérision, "d'harmoniser ces deux mondes en nous-mêmes", bien que les œuvres d'art soient "forcées d'essentialiser". Ses portraits, qui s'éloignent de la "volonté d'originalité" des peintres comme Bacon ou Freud, cherchent plutôt "l'intemporalité du regard levé, du questionnement spirituel, de la paix physique", les rapprochant davantage des maîtres anciens comme Van Dyck.