Au cœur de l'effervescence culturelle de La Riche, le Château du Plessis est depuis longtemps un lieu emblématique pour l'art vivant, un théâtre où se nouent et se dénouent des destinées artistiques. José Manuel Cano Lopez, figure incontournable de la scène tourangelle, a été un pilier de ce haut lieu culturel pendant de nombreuses années. Celui qui a dirigé ce centre d'activités, en y implantant sa compagnie de théâtre dès 1998, a récemment opéré une transition dans ses fonctions. Désormais, il n'est plus directeur mais coordinateur, un rôle qu'il occupe main dans la main avec Agathe Lorriot. Cette évolution marque un nouveau chapitre dans une carrière riche, jalonnée par la création de multiples structures théâtrales et une exploration constante des profondeurs de l'expression scénique, s'inscrivant dans un paysage où la création artistique, la mémoire et les défis institutionnels s'entremêlent.
L'Âme de la Scène : Exploration Artistique à travers "Adios a Federico" et "La Chambre des souvenirs"
L'engagement de José Manuel Cano Lopez pour le théâtre se manifeste à travers des créations spécifiques qui résonnent avec une profondeur particulière, témoignant d'une vie dédiée à l'art et à la transmission. Ses œuvres récentes, à l'image d'un parcours riche et engagé, invitent le public à des voyages émotionnels et mémoriels.
"Adios a Federico" : L'Écho Persistant de Lorca
Parmi les créations récentes qui illustrent la démarche artistique de José Manuel Cano Lopez, "Adios a Federico" occupe une place prépondérante. Cette pièce, présentée comme un hommage poignant, révèle une connexion profonde et durable entre le metteur en scène et le grand poète andalou Federico Garcia Lorca. Il s'agit d'une création très particulière, comme le développe José Manuel Cano Lopez lui-même, parce qu’elle marque l’ultime étape d’un parcours passionné, engagé il y a près de cinquante ans, avec Lorca. Cette œuvre représente l'aboutissement d'une exploration quasi cinquantenaire de l'univers lorquien, une fusion de deux sensibilités artistiques distinctes mais intrinsèquement liées. Avec "Adios a Federico", le metteur en scène invite ses amis artistes de tous les horizons à s’emparer d’un univers inoubliable, créant ainsi une toile collaborative où diverses expressions artistiques convergent pour célébrer la figure tutélaire de Lorca. Les représentations de cette pièce significative ont été programmées au Château du Plessis, à La Riche, les jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 avril, à 20 h, offrant au public la possibilité de découvrir cette nouvelle étape artistique selon des tarifs libres de 8 €, 12 € et 14 €, soulignant une volonté d'accessibilité culturelle.
"La Chambre des souvenirs" : Le Crépuscule Doux-Amer de Vies Théâtrales "Entre Chien et Loup"
Une autre création emblématique, "La Chambre des souvenirs", plonge le spectateur dans une atmosphère de mélancolie douce et de réminiscence. Des personnages, des fantômes vieillis apparaissent de l’obscurité, suggérant la fragilité et la persistance de la mémoire. Il s'agit peut-être d’un groupe de vieux comédiens amis, septuagénaires, qui se souviennent des bribes d’un spectacle théâtral vu ou joué, par eux, un quart de siècle auparavant : "Les Malheurs de Sophie". Le texte décrit avec une précision touchante la condition physique de ces artistes : les corps sont noueux, les démarches hésitantes, les voix déraillent parfois, mais le plaisir du jeu est toujours là, intact et indomptable. Ces figures élégamment apprêtées marchent avec difficulté, s’appuyant sur des cannes anglaises d’une blancheur immaculée, une image saisissante qui juxtapose la dignité de l'apparat à la vulnérabilité du temps qui passe.
Les souvenirs du roman de la Comtesse de Ségur, et de la pièce créée en l’an 2000, sont bien présents, mais à travers le crible de leurs mémoires défaillantes, offrant une perspective unique et parfois distordue sur le passé. Le crépuscule de ces vies théâtrales se décline en tableaux doux-amers entre chien et loup, cette expression évocatrice traduisant ce moment particulier de la journée où la lumière décline et où les formes deviennent indistinctes, métaphore parfaite pour ces souvenirs à la lisière de la clarté et de l'oubli. Le spectacle explore ainsi les petites bêtises et grandes punitions, Sophie et ses malheurs, Sophie et ses douleurs, naviguant dans un monde sucré et féroce, dégoulinant de bonnes intentions, suintant de méchanceté. Mais, comme Sophie avait « une bouche grande et toujours prête à rire », le public est invité à en rire, trouvant l'humour dans l'amertume et la résilience dans la fragilité. Les allées de cailloux pointus, genoux écorchés et goûters surannés du monde de Sophie tapissent notre mémoire collective engluée de fruits confits, soulignant l'universalité de ces expériences enfantines et leur empreinte indélébile sur l'imaginaire collectif.
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Cette création se place « Sous le signe de la revenance et de la hantise », où « tout y fait retour : les personnages, les situations, les objets, les espaces, les mots et les sons… », indiquant une exploration profonde de la rémanence du passé dans le présent. Le spectacle s'éloigne de la lointaine flamboyante comédie musicale pour inviter à explorer La Chambre de Tadeusz Kantor, un espace symbolique où se réveillent des corps, des souvenirs et des fragments théâtraux disparus.
La concrétisation de "La Chambre des souvenirs" est le fruit d'une collaboration minutieuse et d'une vision artistique partagée. La conception, la dramaturgie et la mise en scène sont l'œuvre de José Manuel Cano Lopez lui-même. Les textes des chansons ont été écrits par Jean-Louis Maitre, tandis que la musique a été composée par Anne-Marie Panhaleux, créant une ambiance sonore unique. La création lumière a été confiée à Clément Cano Lopez, apportant une dimension visuelle essentielle, et la scénographie a été imaginée par Camille Lebègue, contribuant à l'esthétique générale de l'œuvre. Le jeu est assuré par une distribution expérimentée incluant Françoise Cano Lopez, Babette Guitton, Bony Guitton, Jean-Louis Maitre et Alain Papillon, des compagnons de route qui ont jalonné le parcours artistique du metteur en scène. La production de cette œuvre a été portée par la Compagnie Diotima, avec le soutien précieux du Plessis et de la Pléiade La Riche. Il est à noter que La Compagnie Diotima est en résidence permanente au Plessis Tiers Lieu, ce qui souligne son ancrage profond dans le paysage culturel local. Exceptionnellement, une représentation de "La Chambre des souvenirs" a eu lieu le vendredi 28 février à 20h30 à La Pléiade, située au 154 Rue de la Mairie, 37520 LA RICHE, dans un cadre convivial avec bar et restauration sur place. Les tarifs proposés étaient modulables, incluant un tarif solidaire à 5 €, un tarif partagé à 8 € et un tarif de soutien à 14 €, reflétant une approche inclusive et solidaire de la culture.
Un Parcours de Cinquante Ans : De L'Autruche à la Compagnie Diotima
Le parcours de José Manuel Cano Lopez est intrinsèquement lié à l'évolution du théâtre populaire et professionnel, marquant de son empreinte le paysage culturel depuis des décennies. Son cheminement, riche en créations et en collaborations, a vu naître et se transformer plusieurs compagnies, chacune reflétant une étape de sa vision artistique. On ne peut pas pour autant considérer le metteur en scène José Manuel Cano Lopez comme un élément extérieur à cette ruche artistique et culturelle qu'est le Plessis, tant son engagement y est profond et ancien.
Les Racines Bourgeoises et l'Éveil Théâtral
Le périple de José Manuel Cano Lopez dans le monde du théâtre commence bien avant son installation au Plessis. Il a quitté Bourges pour Tours en 1975 afin de poursuivre ses études à la faculté de lettres, au sein de l’Institut d’études hispaniques et latino-américaines, où il préparait le CAPES. C'est durant cette période formatrice qu'il a découvert le théâtre, grâce au mouvement d’éducation populaire, un courant qui prônait l'accès à la culture pour tous et qui a profondément marqué son approche artistique. Il a été très influencé par Gabriel Monnet, figure emblématique qui dirigeait la Maison de la culture de Bourges dans les années 1960. Cette rencontre intellectuelle et artistique a jeté les bases de son engagement pour un théâtre accessible et porteur de sens.
La Naissance des Troupes : De L'Autruche-Théâtre aux Compagnies Professionnelles
En 1979, José Manuel Cano Lopez franchit une étape décisive en fondant une troupe de théâtre amateur, l’Autruche-Théâtre. Il s'entoure alors de personnalités qui deviendront des compagnons de route essentiels, dont Françoise Cano-Lopez, Luis Garcia et Alain Papillon. Les répétitions de leurs spectacles avaient lieu dans les locaux de la faculté de lettres des Tanneurs, un lieu d'apprentissage et de création. Plusieurs de leurs premières créations ont été montées dans la salle Thélème, marquant les débuts de leur présence sur la scène locale. C’est à cette occasion qu’il rencontre Jean-Pierre Conin, alors régisseur de la salle et, selon sa propre expression, un véritable "créateur de lumières", dont la collaboration allait enrichir les productions. Cette phase amateur fut le terreau d'où germeraient des ambitions plus professionnelles. L'Autruche Théâtre évolua ainsi pour devenir une compagnie professionnelle, active de 1986 à 1998, avant que la Compagnie José Manuel Cano Lopez ne prenne le relais, poursuivant l'aventure jusqu'en 2021.
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La Compagnie José Manuel Cano Lopez et la Nouvelle Entité Diotima
Après avoir dirigé ces différentes compagnies, José Manuel Cano Lopez crée aujourd’hui une nouvelle entité, Diotima. Il la décrit lui-même comme « une compagnie libre », une appellation qui traduit une volonté d'indépendance artistique et d'exploration renouvelée. Parmi ses fondateurs, on retrouve les compagnons de route de l'homme à la barbe, figures emblématiques de son parcours : Françoise Cano Lopez, Alain Papillon et Reine Bernard, que José Manuel Cano Lopez présente avec tendresse comme « ma première professeure de théâtre ». Cette composition témoigne de la fidélité et de la confiance qui animent son cercle artistique. La compagnie Diotima intègre donc l’essaim des compagnies en résidence permanente au Plessis, consolidant ainsi son ancrage au sein de ce pôle culturel. Cette nouvelle structure incarne une continuité dans l'engagement artistique de José Manuel Cano Lopez, tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes d'expression et de collaboration.
Le Château du Plessis : Un Ancrage Historique et Culturel Menacé
Le Château du Plessis n'est pas seulement un lieu de représentation pour les compagnies de José Manuel Cano Lopez ; il est un véritable foyer, un espace de vie et de création qui a façonné leur identité et leur développement. Son histoire récente est indissociable de la présence de la compagnie, une présence aujourd'hui remise en question par des débats institutionnels.
De la "Menuiserie 2" au Plessis : Une Résidence Stratégique
L'installation de la compagnie au Château du Plessis remonte à une période charnière. En 1998, la "Menuiserie 2", nom donné au local de la compagnie situé rue Fernand Léger, était devenue obsolète pour des raisons de sécurité, rendant son utilisation impossible. C'est dans ce contexte que Jean Germain, alors acteur politique majeur, a proposé à la compagnie d'être logée au Plessis. Le château était alors fermé depuis 1993, et cette proposition représentait une opportunité mutuelle : un nouveau souffle pour la compagnie et une réoccupation d'un site historique en attente de destination. José Manuel Cano Lopez souligne avec force cet aspect : « C’est notre présence qui a permis d’entretenir les lieux », affirmant ainsi le rôle actif de la compagnie dans la préservation et la vitalisation du patrimoine. Cette occupation ne s'est pas faite sans légitimité ; la compagnie possède toutes les autorisations pour accueillir du public, comme en témoigne la fréquentation significative des événements qu'elle y organise, tel l'accueil de 2 900 personnes dans le cadre des Ilots Electroniques dernièrement sur une après-midi.
Un Centre de Documentation et de Création : Le Plessis-Théâtre Gabriel Monnet
Au-delà d'être un simple lieu de représentation, le Plessis-Théâtre Gabriel Monnet est un véritable centre de ressources et de création. Il abrite, outre deux salles de spectacle permettant une diversité de formats et de productions, un espace convivial propice aux échanges et aux rencontres. Surtout, il dispose d'un centre de documentation qui se veut une mémoire vivante, riche d'informations sur l’histoire de la compagnie José Manuel Cano Lopez, mais aussi sur le théâtre en général. Ce lieu est donc bien plus qu'un simple théâtre ; c'est un pôle de savoir, de partage et d'innovation artistique, un espace où la recherche et la pratique se nourrissent mutuellement.
Conflits et Incertitudes sur l'Avenir du Site
Malgré cet ancrage historique et cette vitalité culturelle, l'avenir du Château du Plessis et, par extension, la résidence de la compagnie, se trouvent au cœur de vifs débats. José Manuel Cano Lopez s'est exprimé sur l'absence de propositions concrètes de relogement de la part de la ville de Tours, soulignant l'incertitude planant sur la compagnie. Lors d'une rencontre, Christine Beuzelin lui aurait d'ailleurs déclaré : « Il y a bien une salle des fêtes pour accueillir votre travail », une proposition perçue comme éloignée des besoins spécifiques d'une compagnie de théâtre professionnelle en résidence. Quant à l'avenir des lieux, les discours officiels divergent. Madame Amiot mentionne à juste titre qu’une étude pluridisciplinaire est menée sous la direction de l’historien Alain Salamagne, chercheur au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance de Tours, suggérant une réflexion approfondie sur la vocation du site. D’un autre côté, Bruno Lonchampt, le directeur des affaires culturelles de la ville de Tours, a indiqué qu’un projet d’accueil d’artistes était prévu dès 2016, ce qui pourrait laisser entrevoir de nouvelles orientations. De son côté, Madame Beuzelin parle de priorités à donner aux travaux, laissant entendre que des considérations infrastructurelles pourraient primer sur la continuité des activités artistiques actuelles. Cette multiplicité de discours et de projets potentiels crée un climat d'incertitude quant au maintien de la compagnie au Plessis et à la nature future du lieu.
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La Lutte pour la Subvention : Au Cœur des Enjeux de la Création Artistique
La situation financière de la Compagnie José Manuel Cano Lopez est devenue un point de discorde majeur avec la municipalité de Tours, illustrant les défis complexes auxquels les structures culturelles sont souvent confrontées. L'évolution des subventions, leur diminution et les interprétations divergentes des chiffres ont mis en lumière une "crise" qui dépasse le cadre d'une simple gestion budgétaire.
Le Contexte d'une "Discrimination" Financière
Comme l'a rapporté la presse, José Manuel Cano Lopez est sorti de son silence lors d'une conférence de presse tenue dans la salle de représentation Didier-Georges Gabily. Le directeur du Plessis-Théâtre a longuement exposé son point de vue, répondant point par point à la mairie et à ses détracteurs. Cet événement s'inscrivait dans un contexte de tension, souvent désigné comme "Le Plessis-théâtre de la discorde", qui a mis en lumière les divergences entre la compagnie et les autorités municipales. Pour José Manuel Cano Lopez, il était essentiel de rétablir une vérité face aux accusations et aux chiffres avancés par certains élus. Il a notamment tenu à contrer les allégations de "copinage avec Jean Germain", qui lui aurait prétendument permis d’obtenir des « privilèges ». Pour ce faire, il a rappelé l'historique de l'installation de la compagnie : « Dès 1988 c’est Jean Royer qui décida de loger la compagnie qui existait depuis 1979, dans des bâtiments municipaux, d’abord rue Albert Thomas puis rue Fernand Léger ». Il a même renchéri en affirmant : « C’est d’ailleurs Jean Royer qui est l’élu qui est venu le plus souvent ici assister à des spectacles », comme pour mieux attaquer la droite sur l’héritage de l’ancien maire et souligner l'ancienneté et la légitimité de l'ancrage de sa compagnie au sein des infrastructures municipales. Il a insisté sur le fait qu’être un élu politique ne permet pas de dire n’importe quoi, interpellant directement ceux qui, selon lui, manquaient de rigueur dans leurs déclarations.
Démystification des Chiffres : La Réalité des Aides Municipales
Au cœur de la controverse se trouvent les chiffres des subventions. José Manuel Cano Lopez a réfuté les affirmations de Christine Beuzelin, pour qui la compagnie Cano Lopez représenterait « 70 % des subventions théâtrales de la ville ». Il a minutieusement vérifié ces données, expliquant que « Quand on avance des chiffres il faut être précis, j’ai regardé et cela ne représenterait que 54 % ». Plus fondamentalement encore, il a précisé : « En réalité cela représente zéro, puisque nous ne sommes plus subventionnés sur la création et la programmation depuis deux ans ». Cette distinction est cruciale : les 70 000 euros alloués cette année, loin de financer la création artistique elle-même, le sont pour les frais fixes liés aux locaux, les résidences organisées et les formations. Cette clarification met en lumière une situation bien plus précaire que ne le suggéraient les chiffres bruts initialement avancés, soulignant que le cœur de l'activité artistique, la création, ne bénéficie plus de soutien direct.
L'Historique Détaillé des Subventions : Une Baisse "Drastique"
José Manuel Cano Lopez a également dénoncé les propos de Christine Beuzelin, qui déclarait la semaine dernière : « Quand nous sommes arrivés nous avons augmenté sa subvention de 10 000 euros, la passant de 100 000 à 110 000 euros ». Par un long exposé, le directeur du Plessis-Théâtre a détaillé la chronologie et l'évolution réelle des financements. Il a rappelé que « Depuis 1989 notre compagnie touchait entre 140 et 145 000 euros de subventions de la mairie, notre principal partenaire ». Cette période faste contraste fortement avec la situation actuelle.
La difficulté financière a commencé à se faire sentir en 2013, suite aux baisses des subventions de la DRAC, de la Région et du Département. Face à cette situation, la compagnie a été accompagnée par les services de la mairie pendant 6 mois, une sorte d’audit visant à évaluer la gestion et les besoins. Au premier janvier 2013, la compagnie a touché 100 000 euros, auxquels s’ajoutait un complément après les résultats de l’audit 6 mois plus tard, pour atteindre au total 145 000 euros finalement. L’audit s’est révélé positif, avec pour conclusion que c’était bien la baisse de subventions extérieures qui mettait la compagnie en difficulté et non un problème de gestion interne, ce qui dédouanait la compagnie de toute faute de management.
Le même dispositif a été reconduit en 2014, avec 100 000 euros au premier janvier et un audit de 6 mois qui s’est avéré positif également. Seulement, entre temps, l’équipe de Serge Babary s’est faite élire, marquant un changement politique à la tête de la municipalité. L’adjointe en charge de la culture, Christine Beuzelin, n’est jamais venue voir la compagnie ; c’est José Manuel Cano Lopez qui a dû demander un entretien pour la rencontrer en juin 2014. La rupture de dialogue s'est alors manifestée par une information apprise par la voie de la presse en novembre, soit seulement un mois avant la clôture de l'exercice 2014, annonçant que le complément ne serait que de 10 000 euros.
L'année suivante a vu une nouvelle détérioration drastique : « Cette année la subvention baisse à 70 000 euros » (à noter que la compagnie avait demandé 100 000 euros pour l’année 2015). José Manuel Cano Lopez a souligné la gravité de cette situation, arguant qu'avec l’accompagnement et les audits des années 2013 et 2014, les services municipaux connaissaient tout du Plessis-Théâtre et savaient pertinemment qu’avec cette baisse brutale, la compagnie n’est pas viable. Il a conclu cette analyse alarmante en affirmant qu'une « baisse de 52 % en 2 ans, personne ne peut s’en relever indemne », soulignant l'impact dévastateur de ces décisions financières sur la pérennité de la structure artistique.
Un Appel à la Concertation : La Mobilisation de la Compagnie et de ses Soutiens
Face à cette situation critique, la Compagnie José Manuel Cano Lopez et ses soutiens ne restent pas silencieux. La volonté est claire : obtenir un dialogue constructif et assurer la survie de la compagnie, ainsi que l'avenir du Château du Plessis comme lieu de création.
La Force de la Communauté : Pétition et Comité de Soutien
La réaction face à la baisse des subventions et à l'incertitude concernant l'avenir a été une mobilisation significative de la communauté. Une pétition a déjà recueilli 2 200 signatures, témoignant d'un large soutien populaire à la cause de la compagnie. Parallèlement, un comité de soutien fort de 120 membres s'est mis en place, regroupant des personnalités et des citoyens engagés qui se sont unis pour défendre le projet artistique de José Manuel Cano Lopez. Cette mobilisation illustre la reconnaissance de l'importance de la compagnie dans le paysage culturel et le désir d'en préserver l'existence et l'activité. La Compagnie José Manuel Cano Lopez n’entend pas rester silencieuse et compte trouver un maximum de soutien auprès de la population pour arriver à une concertation avec la mairie de Tours.
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