La pratique du canoë et du kayak, souvent regroupée sous le terme de canoë-kayak, représente une activité à la fois sportive et de loisir, profondément enracinée dans l'histoire de nombreuses cultures et aujourd'hui très populaire à travers le monde, y compris en République tchèque. Cette activité se déroule avec des embarcations propulsées à la pagaie ou à la main, telles que le canoë, le kayak, le raft, ou la pirogue, sur une diversité de milieux aquatiques allant des eaux calmes aux eaux vives, en passant par les lacs et la mer.
Le terme français « canoë-kayak » est apparu au milieu du XXe siècle, rassemblant plusieurs activités de sport ou de loisir réalisées non seulement avec un canoë ou un kayak, mais plus généralement avec toute embarcation propulsée par des pagaies, comme la pirogue, le bateau-dragon, le radeau pneumatique (raft) ou le wave-ski. Ces embarcations mues à la pagaie comptent parmi les plus anciens moyens de déplacement humains, utilisant les chemins d'eau bien avant l'invention de la roue pour les chemins de terre.
Les Origines et les Distinctions Fondamentales entre Canoë et Kayak
La compréhension de la pratique du canoë-kayak passe inévitablement par la distinction entre ses deux formes principales : le canoë et le kayak. Bien que souvent confondus, ils diffèrent par leur origine, leur conception et la technique de pagayage employée.
Le kayak est d’origine inuit, élaboré par les Esquimaux. Ces embarcations leur permettaient de pêcher ou de parcourir plus rapidement un territoire. Ils étaient construits à partir de peaux de phoques et de bois flottant. La position dans le kayak est assise avec les jambes allongées et légèrement fléchies. Des cales permettent de poser les pieds et de maintenir les jambes fléchies. La pagaie du kayak est double, avec une pale à chaque extrémité. La pale mesure 20 cm et la pagaie (bâton + 2 pales) mesure en général entre 1m80 et 2m30. En kayak, on alterne les coups de pagaie de part et d’autre de l’embarcation pour avancer droit. Pour la direction, il faut pagayer plus écarté sur un côté pour aller en direction du côté opposé, ou bien utiliser la pale à l’arrière comme une dérive.
Le canoë est d’origine amérindienne. Cette embarcation a été construite par des peuplades amérindiennes en taillant des troncs et en les évidant. Le canoë a une forme bien particulière avec les deux extrémités qui remontent. Ils étaient utilisés comme moyen de transport sur les lacs et les rivières. En canoë de randonnée, on est assis sur un banc, à genoux et les jambes pliées en arrière. La pagaie du canoë est une pagaie simple, avec une seule pale. Elle est relativement courte. À l’autre bout du manche se trouve une poignée appelée « olive ». On ne pagaie que d’un seul côté en pratiquant la technique du col de cygne, technique qui permet de faire progresser le canoë sur une trajectoire rectiligne. Ainsi, la véritable différence entre canoë et kayak réside principalement dans la pagaie et la position dans le bateau.
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Ces pratiques ont beaucoup évolué depuis la fin du XXe siècle, avec l'emploi de nouveaux matériaux et procédés de fabrication, non seulement pour les embarcations elles-mêmes, mais également pour la pagaie et les accessoires de sécurité. Des pirogues (Amériques), des skisurf (Polynésie), ou encore des va’a (Polynésie) et vaka (îles Cook) témoignent de cette diversité à travers les âges et les cultures.
L'Évolution des Embarcations : Matériaux et Conception
Initialement en écorce ou en peau tendue sur une armature de bois, canoës et kayaks furent construits en toile tendue sur armature métallique, en bois latté, en métal, et sont désormais surtout fabriqués en plastiques et matériaux composites comme la fibre de verre, le carbone et le Kevlar. Des mélanges époxydiques ou de polyester sont utilisés pour solidifier les matériaux, permettant de construire des embarcations solides et légères. Le bois, bien qu'encore apprécié pour sa beauté et sa légèreté dans la pratique non compétitive, a été largement supplanté par ces matériaux modernes pour les embarcations de compétition comme de plaisance.
Avec les années, les canoës sont passés d'une forme dite "peanots" pour adopter une ligne plus effilée, reflétant une constante recherche de performance et d'efficacité. Les règlements de l'ICF (International Canoe Federation) obligent les embarcations à avoir une longueur minimale et un poids minimal. Avant les années 2000, il y avait aussi un règlement sur la largeur des bateaux. Lorsque les ingénieurs ont tenté de profiler les bateaux un peu plus, ils se sont mis à créer des ailes aux extrémités des canoës et des kayaks pour respecter ce règlement de largeur. Les embarcations ont ainsi pris des formes et des équipements propres à de nouvelles pratiques, plus exigeantes (freestyle, haute rivière, mer…) ou destinées au grand public (embarcations non pontées - c'est-à-dire que le pagayeur est assis dessus et non plus dedans -, avec ou sans autovideur). La forme actuelle des canoës et kayaks dépend plus de la pratique à laquelle ils sont destinés, et de préférences individuelles, que de leur origine. Il est ainsi facile de confondre un canoë avec un kayak de loisir en eau vive, tant leurs formes sont proches.
Techniques de Propulsion et de Direction en Eau Calme
La pratique du canoë-kayak d'eau calme requiert des techniques de propulsion distinctes pour le kayak et le canoë, bien que le concept fondamental de déplacement de l'eau reste le même.
En kayak, le kayakiste est assis sur un siège bas dans le bateau. Ses pieds reposent sur des cales fixes (en loisir) ou réglables, ou une barre communément appelée « cale-pied » ou « barre à pied ». Cette barre est perforée sur sa longueur pour laisser dépasser la barre de gouverne qui contrôle le gouvernail. C'est une différence majeure avec le canoë, car le kayak peut être contrôlé par un gouvernail, tandis que le canoë est entièrement contrôlé par la rame. Le kayakiste est assis assez près de la barre à pied, ses jambes étant passablement recourbées pour permettre la poussée. Il faut comprendre que ce n'est pas le kayak qui avance sur l'eau, mais l'eau qui avance sous le kayak. La force de traction du kayak, contrairement à ce que l'on peut croire, n'est pas créée par les bras, qui sont en fait accessoires au mouvement. Toute la force vient de deux axes très efficaces du corps humain : les jambes et le tronc. Le mouvement peut être disséqué en trois parties : le "catch", qui consiste à entrer une pale de la pagaie dans l'eau avec vigueur et avec le bon angle pour permettre une bonne prise dans l'eau ; ensuite vient le "bloc", qui consiste à bloquer ses bras, durcir son tronc et, à l'aide de sa jambe du côté de la pale utilisée, amorcer une traction en poussant sur la barre. L'effet escompté est de pousser la hanche qui fera tourner le tronc. Cela, avec la synergie du bloc des bras, permettra à la pagaie de tirer de l'eau. L'image utilisée par les entraîneurs est que la pagaie doit entrer à chaque coup dans un bloc de béton fendu pour y laisser passer la pagaie. Celui-ci ne bougera pas, c'est le kayak qui va avancer avec l'aide de la traction du tronc et de la hanche.
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En canoë, le mouvement est différent, mais le concept du "bloc de béton" est applicable. Le pagayeur est installé assis sur un siège, un pouf ou un barreau, les genoux dans le bateau. En compétition, on utilise des calages au niveau des genoux et des hanches. Le mouvement est amorcé par la hanche du côté de la rame (on ne rame que d'un côté en canoë) qui avance au maximum vers l'avant. Le but est d'aller chercher le plus de distance possible vers l'avant. Ensuite, le canoéiste laisse tomber son poids dans l'eau. Au moment où la rame est complètement immergée, il se relève. Par le fait même, il tirera son bateau à l'aide de cet appui dans l'eau. Dès que ce mouvement s'amorce, il commence déjà à prévoir le prochain en repropulsant sa hanche vers l'avant. La pagaie simple n'est normalement utilisée que d'un côté, nécessitant des actions correctives pour maintenir la direction. Ceci est assuré par un « redressement », soit en faisant gouvernail à l'arrière (pour les débutants ou en loisir), soit par la technique du « col de cygne », ou « coup en J », qui freine moins et n'occasionne pas d'à-coup.
Gestion de l'Équilibre et Manœuvres Spécifiques
La difficulté du sport provient en grande partie de l'instabilité des bateaux, notamment en compétition. Le mouvement technique ne serait pas si dur à appliquer si l'embarcation n'était pas si versante. Mais le but du sport est d'aller le plus vite possible, d'où la nécessité d'embarcations profilées. Le kayakiste ou céiste, en constante situation de précarité, doit gérer l'équilibre. Même les meilleurs au monde ont des pertes d'équilibre, surtout dans les fins de courses avec la fatigue.
Pour maîtriser cette instabilité et naviguer efficacement, diverses manœuvres sont essentielles :
- La manœuvre de l'« appel » consiste à utiliser une pale de la pagaie qui agit passivement en incidence à l'avant du bateau pour tourner rapidement.
- L'écart (en canoë) consiste à déplacer le bateau latéralement.
- La propulsion circulaire permet de corriger activement la direction.
- Les appuis, en suspension ou en poussée, permettent de stabiliser une gîte excessive voire de redresser le bateau.
- L'esquimautage permet de retourner complètement le bateau chaviré sans sortir de l'embarcation.
- L'ancrage permet d'accrocher le bateau dans un virage pour l'empêcher de déraper.
- La chandelle est une figure consistant à soulever l'avant ou l'arrière du bateau, souvent à la faveur d'une vague.
- Le soleil est une chandelle aboutissant au pivotement vertical complet du bateau.
- Le freestyle comporte de nombreuses figures similaires au surf.
Les Différents Milieux de Pratique : Eau Calme, Eau Vive et Mer
La Fédération française de canoë-kayak (FFCK) catégorise les activités de canoë et de kayak en fonction de la nature du milieu aquatique où elles sont pratiquées : eau vive, eau calme, mer.
L'eau calme permet à tout novice d'agir sur la maniabilité de son embarcation sans être perturbé outre mesure par le milieu aquatique où il se trouve. Les étangs, les grands lacs ou les sections de rivières sans courant significatif sont des exemples de milieux en eau calme.
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L'eau vive correspond aux milieux aquatiques de types rivière ou fleuve avec des mouvements d'eau dus à la pente et aux rochers du torrent, ayant un effet direct plus ou moins fort sur l'embarcation : rapides, marmites, drossages, vagues, tourbillons. Les classes officielles de difficulté en eau vive vont de classe I (facile) à VI (extrême, possible en conditions rares). Cette activité nécessite des qualités techniques, physiques et mentales afin de pouvoir être réalisée en toute sécurité.
Selon ces milieux aquatiques, les pratiques, le matériel et les techniques diffèrent. Cette classification fédérale, bien que structurante, laisse de côté un grand nombre de kayakistes et de canoéistes qui pratiquent dans un but de loisir sur des rivières dont le niveau de difficulté varie du très facile au très difficile, suivant leur niveau et leur intérêt.
Le Canoë-Kayak en Compétition et son Évolution Olympique
Le canoë-kayak est un sport olympique depuis 1936, grâce à la course en ligne (la vitesse sur 200 m, 500 m et 1 000 m en couloirs de bassin plat, avec une finale accessible à travers des courses éliminatoires). Le slalom en eau vive a été inclus au programme olympique en 1972. Les disciplines non olympiques sont la descente et, plus récemment, le freestyle, le wave-ski et le kayak-polo. Des catégories vétérans (à partir de 35 ans) ont également fait leur apparition.
L'évolution de ce sport vers la parité est un enjeu. Jusqu'en 2012, les femmes ne pouvaient concourir dans les disciplines du canoë et avaient déjà deux fois moins de courses que les hommes en kayak sprint. Aux Jeux de Londres en 2012, les femmes ne pouvaient participer qu'à une seule épreuve en slalom contre trois pour les hommes, et deux tiers des 12 catégories en sprint étaient masculines, soulignant un chemin encore long vers l'égalité.
En slalom, les concurrents doivent parcourir une distance d’environ trois cents mètres sur des eaux turbulentes et négocier dix-huit à vingt-cinq portes dans un minimum de temps. Il y a plusieurs types de portes : les portes vertes qui se franchissent dans le sens du courant, les portes rouges qui se franchissent à contre-courant, et les portes en « sky » qui sont sur deux piquets. On doit passer entre les portes sans les toucher, dans le sens de la descente pour les vertes, en remontée pour les rouges. Chaque touche donne une pénalité de 2 points, tandis qu'une porte franchie de manière incorrecte (ou qui n'est pas franchie) entraîne 50 points de pénalité. Les pénalités sont ajoutées au temps réalisé, qui est converti en points (1 point = 1 seconde).
Différents types d’embarcations sont utilisés pour le slalom : le kayak monoplace (K1, où le kayakiste est assis dans le bateau), le canoë monoplace (C1, où le céiste est à genoux dans son embarcation et utilise une pagaie simple à une pale), et le canoë biplace (C2). D’une manière générale, les embarcations des slalomeurs de compétition sont en aramide (ou Kevlar) ou fibre de carbone, ou un mélange des deux. Les progrès techniques des dernières années ont fait que la conception des bateaux de slalom est sans cesse marquée par l’avènement de nouvelles formes et volumes.
Dans le jargon des courses, les embarcations sont souvent qualifiées par leur première lettre et leur nombre de places. Par exemple, un kayak biplace sera dénommé K-2 ou C-2 pour un canoë biplace. Un cas notable est le "War Canoë" du Canada, un canoë de 15 rameurs provenant des premiers habitants de l'Amérique, les Iroquois, qui se déplaçaient sur les rivières canadiennes pour faire la guerre. Ce bateau est en fait un grand canoë de 14 rameurs (7 gauchers, 7 droitiers) et d'un barreur debout à l'arrière, qui s'occupe de la direction et souvent du rôle de chef d'équipe.
La difficulté du mouvement, notamment en compétition, et en particulier en canoë/position tchèque, est compliquée par l'instabilité des bateaux, très profilés, combinée à la recherche de performance pour aller le plus vite possible.
Le Canoë en République Tchèque : Un Paysage Fluvial Diversifié
La République tchèque offre un terrain de jeu varié et passionnant pour les amateurs de canoë et de kayak. Même si le pays ne compte pas de torrents de haute montagne comprenant de nombreux rapides, il faut toutefois garder à l’esprit que certains tronçons peuvent être dangereux, en particulier pour les sportifs inexpérimentés. Il est donc crucial de se poser la question si l'on a suffisamment d’expérience ou s'il est préférable de se faire accompagner par un guide expérimenté.
Dans les villes situées au bord des rivières praticables, il est très facile de trouver un magasin de location où l'on se fera un plaisir de conseiller sur l'équipement nécessaire. Les offices de tourisme locaux sont également d'excellentes ressources pour trouver des loueurs. Des loueurs sont disponibles dans chaque ville située au bord de rivières praticables, comme à Sušice, à Prague et à České Budějovice.
Les Rivières Emblématiques de la République Tchèque pour la Descente en Canoë
Plusieurs rivières tchèques sont particulièrement prisées pour la descente en canoë, chacune offrant des caractéristiques et des défis uniques.
La Berounka est sans hésiter la rivière à choisir pour les débutants. C'est la rivière praticable la plus calme de Bohême, et elle peut être descendue au départ de Pilsen, en Bohême occidentale, jusqu’à Prague. La descente de la Berounka prend plusieurs jours, mais il est possible de choisir des tronçons plus courts. Le parcours traverse un paysage magnifique, bordé de hauts rochers, de berges herbeuses et de bassins calmes, parfaits pour la baignade les jours d’été. Les pagayeurs passeront notamment au pied des châteaux de Křivoklat et de Karlštejn. Les sportifs qui ne possèdent pas leur propre embarcation seront ravis de savoir qu’ils peuvent louer un bateau pneumatique dans un magasin de location local juste au début du parcours, à Pilsen.
L’Otava est une rivière aurifère traversant la Bohême occidentale et la Bohême du sud. Formée par la confluence de petites rivières dans la Šumava, l’Otava se jette dans la Vltava et traverse les villes de Strakonice et de Písek. Les premiers tronçons de la rivière sont plus rapides et nécessitent des pagayeurs confirmés. D’autres tronçons sont plus calmes, et l'on y naviguera, par exemple, au pied du monumental château de Rabí, qu’il est également possible de visiter. L’Otava est malgré tout une rivière pour des pagayeurs déjà plus expérimentés, qui doivent également vérifier le niveau de l’eau avant leur départ. Ceci est surtout vrai en été, car il arrive que l’eau se raréfie et que la descente de la rivière ne soit pas possible. La traversée des dernières parties est entravée par de nombreux seuils infranchissables.
La Sázava est une rivière très fréquentée par les pagayeurs. Elle traverse la Vysočina et la Bohême centrale, puis se jette dans la Vltava. Lorsque le niveau de l’eau est plus bas pendant l’été, l’itinéraire est alors parfaitement adapté aux familles avec des enfants et aux débutants. Au printemps et en automne, lorsque le niveau de l’eau est nettement plus élevé, la descente de la rivière est recommandée uniquement aux pagayeurs expérimentés. La Sázava traverse une vallée profonde bordée d’anciennes colonies de campeurs, qui garantissent de nombreuses possibilités de se rafraîchir lors de la descente. Les rapides alternent avec des endroits aux eaux plus profondes propices à la baignade. Par exemple, le tronçon Týnec nad Sázavou - Pikovice est considéré comme la plus belle partie de la basse Sázava, avec de nombreux et jolis rapides de faible difficulté.
La Vltava, parfois plus connue sous son nom allemand de Moldau, est la plus longue rivière de Tchéquie, s'étendant sur 430 kilomètres. Elle prend sa source à 1172 mètres d'altitude dans la Forêt de Bohême, sur le versant oriental de la "montagne noire (Cerna Gorna 1315 m), où elle porte le nom de carny potok (ruisseau noir). Ce n'est qu'à 731 mètres, à la confluence avec la Studena Vlatva qu'elle prend le nom de Vltava. La Vltava se jette dans l’Elbe à Mělnik, en Bohême centrale. C'est l’une des rivières les plus populaires pour les descentes, aussi bien à cause de sa longueur que pour les beaux panoramas qu’elle offre. Le début de la rivière, au cœur de la Šumava, est très limité pour les descentes, en raison du niveau bas de l’eau et du fait que la rivière traverse le Parc national de la Šumava, où la nature est prioritaire face aux activités humaines. Cependant, à partir de Vyšší Brod, en Bohême du Sud, les portes de la rivière sont grand ouvertes et plus rien n'empêche d’embarquer et de profiter de la descente. De magnifiques monuments attendent en cours de route : le monastère de Zlatá Koruna, le château de Rožmberk, la ville de Český Krumlov et le château de Hluboká. La Vltava est composée de nombreux parcours d'eau calmes ou de promenades à découvrir (le parcours de Vyssi Brod à Cesky Krumlov est de toute beauté) en kayak, canoë (OC), raft, SUP. Elle compte également deux parcours d'eau vive qui, lorsqu'ils sont en eau, font de la Vltava la rivière la plus difficile de République Tchèque. La "Devils Extreme Race", attirant tout le gratin mondial du kayak (Eric Deguil, Sam Sutton…), s'y tient, ainsi que les championnats de République Tchèque de slalom et de descente. Pour la partie eau vive, la navigation est malheureusement liée à l'hydroélectricité, car elle se situe entre deux gros barrages. Elle peut être navigable en cas de très fortes pluies (à vérifier). En général, pour les parcours en eau vive, les lâchers, voire le seul lâcher de l'année, se fait le dernier week-end du mois d'août ou le premier week-end du mois de septembre. Les dangers sur cette rivière incluent de nombreux cailloux non visibles au ras de la surface qui peuvent causer des blessures en cas de chavirement, ainsi que la foule importante durant les événements majeurs. La rivière est un milieu vivant, changeant, et qui fait l'objet d'aménagements permanents.
La Lužnice est une autre rivière de la Bohême du Sud qui se jette dans la Vltava. Elle traverse les villes de Tábor et de Bechyně, qui sont des petites villes anciennes pleines d’histoire et de monuments. Il est conseillé de s’assurer à l’avance de la praticabilité de la rivière, par exemple auprès d’un loueur de matériel ou au centre d’information pour touristes. La Lužnice est une rivière magnifiquement sinueuse, entourée d’une nature sauvage.
L’Ohře, ou Eger, est une rivière de Bohême occidentale. Elle prend sa source au pied des Monts Métallifères et se jette dans l’Elbe à Litoměřice. Il est intéressant de noter que le nom de la rivière est resté presque inchangé au cours des deux mille dernières années, étant probablement d’origine celte et signifiant « rivière riche en saumons ». Ce n’est plus vrai aujourd’hui, mais pour faire du canoë ou du raft, l’Ohře est idéale. En effet, même des débutants seront en mesure de faire la descente de deux jours de Kynšperk à Karlovy Vary, car la difficulté de ses rapides ne dépassera pas la première classe. L’Ohře emmènera les pagayeurs entre forêts et prairies. Le tronçon le plus intéressant de la rivière commence en aval de Sokolov, où l’Ohře contourne le château de Loket en faisant une grande boucle et pénètre dans la zone protégée appelée Slavkovský les. Elle arrive assez rapidement dans la gorge des rochers de Svatošské skály et, un peu plus loin, elle traverse Karlovy Vary. Les seuls inconvénients de la rivière sont des seuils infranchissables et dangereux, qu’il est préférable de contourner à pied en transportant les embarcations.
La Morava est l’une des rares rivières praticables de la Moravie. Elle prend sa source au pied du Králický Sněžník, traverse toute la Moravie en direction du sud et se jette dans la Dyje, qui se jette à son tour dans le Danube. Dans ses cours moyen et inférieur, la rivière est praticable toute l’année. On y traversera, entre autres, la région de Litovelské Pomoraví ou la ville historique d’Olomouc. La Morava est la rivière la plus régulée de République tchèque, donc on n’y verra ni méandres ni paysages intacts. En revanche, il n’y a pas de barrages qui limiteraient la navigation.