Maîtrise du chargement et organisation pour une randonnée en canoë et kayak en autonomie

Partir en canoë ou en kayak sur plusieurs jours est une manière unique de voyager. On glisse sur l’eau, on plante sa tente dans des coins perdus, on cuisine au bord d’un lac. C’est simple, sauvage, et profondément apaisant. Mais cette forme de voyage exige une chose : être autonome. Le bon matériel ne garantit pas une aventure réussie, mais il évite bien des galères. Une bonne préparation est la clé d’une aventure fluide et sans stress. Prenez le temps de réfléchir à votre matériel et, surtout, laissez un peu de place pour l’imprévu.

Principes fondamentaux de la répartition des masses

Le chargement d'une embarcation, qu'il s'agisse d'un canoë ou d'un kayak de randonnée, ne s'improvise pas. Les kayaks de randonnée ont de grosses capacités de chargement ce qui leur confère une bonne autonomie. Contrairement à la plupart des autres moyens de transport non motorisés, ils sont naturellement pourvus de volume de chargement : les caissons. En effet, sur un vélo il faut ajouter des sacoches ; sur un bonhomme à pied, un sac à dos ; dans le kayak, les volumes de chargement sont déjà là et contribuent à son profil hydrodynamique.

On ne porte pas le matériel, il n’y a pas de dénivelé. Le kayak chargé est juste un peu plus dur à lancer en charge, mais ensuite il est très inertiel et peu stoppé par le clapot. C’est plutôt à ce niveau-là qu’il faudra faire des efforts afin de ne pas se retrouver avec des sacs sur le pont. Il faut, dans la mesure du possible, mettre les éléments les plus lourds au plus près du centre de gravité du kayak (vers le pagayeur) et le plus bas possible. Dans l’idéal, pour préserver le centre de gravité qui doit être au niveau de l’iloire, il faut stocker les sacs lourds au plus près du centre du bateau. Les affaires légères doivent aller aux pointes. Veiller également à équilibrer grosso modo la charge latéralement, bien qu’il y ait tout de même une certaine marge. Le fardage est la prise au vent d’une embarcation ; cela peut être très gênant voire dangereux quand le vent entre vraiment dans la partie.

Stratégies d'étanchéité et choix des contenants

L’étanchéité est une priorité absolue. Vêtements, sac de couchage, nourriture, tout doit être protégé. Mieux vaut multiplier les petits sacs étanches bien fermés que tout centraliser dans un gros sac qui pourrait prendre l’eau. Les caissons « étanches » pouvant ne pas être parfaitement étanches, il est fortement recommandé de mettre ses affaires personnelles dans des sacs nautiques étanches. Plusieurs sacs seront nécessaires.

Les bidons étanches (rigides) ne sont pas vraiment adaptés au kayak ponté car, une fois dans le caisson, ils n’occupent pas l’espace de manière optimale. Des sacs étanches (par roulage) souples sont bien mieux pour cela. Ils permettent de bien modulariser les affaires selon leur usage. Les sacs en toile cirée sont assez économiques et résistants, les sacs en toile plus fine se manipulent plus facilement et sont plus compacts et légers. Une fois vides, ils ne prennent quasiment pas de place et certains ont des valves qui permettent de chasser l’air résiduel afin de les rendre encore plus compacts. Le bout des caissons est un endroit difficile d’accès, donc autant y placer des éléments dont on n’a pas besoin souvent. Il faut également que ce qu’on met en bout de caisson ne soit pas lourd pour ne pas dégrader la maniabilité du kayak.

Lire aussi: Informations Canoë Verdon

Organisation de l'autonomie en eau et alimentation

Lors de nos voyages en kayak en milieu aride et en été nous avons constaté une consommation de 2,2l d’eau douce par personne et par jour tout compris. Nous transportons pour environ 10 jours d’autonomie soit 20 à 25l par personne. Pour cela, nous plaçons un bidon de 10l et/ou une vache souple de 10 et/ou 5l bien renforcées devant les pieds à l’intérieur du cockpit. L’intérêt des vaches souples est de rentrer plus facilement qu’un bidon dans certains cockpits étroits ; il faut cependant qu’elles soient suffisamment résistantes. Il faut bien vérifier qu’en cas de dessalage ces contenants ne vont pas gêner la sortie du cockpit. Avoir l’eau dans le cockpit permet de très vite alléger le kayak lors de l’accostage et de le manipuler plus facilement. Pour économiser l’eau douce, on se lavera à l’eau salée, et pour la cuisine, on peut utiliser en partie de l’eau de mer.

Dans le Värmland, ou tout autre région lacustre, l’eau des lacs n'est pas toujours potable. Pour garantir votre sécurité, pensez à faire bouillir l’eau que vous récupérez ou à utiliser des systèmes de filtration. Pour limiter le volume et les déchets alimentaires, vous pouvez reconditionner votre nourriture. Nous avons pris l’habitude de placer pas mal de denrées (pâtes, riz, purée en flocons, soupes déshydratées, céréales, etc.) dans des bouteilles d’eau minérale en plastique. Si le caisson prend l’eau, la nourriture restera intacte. Cette solution ne génère pas de déchets, on re-remplit les bouteilles tout au long du voyage.

Gestion des équipements essentiels et sécurité

L’un des réflexes courants, quand on prépare une aventure en autonomie, c’est de vouloir tout prévoir. Mais plus le sac est chargé, plus le canoë devient instable, plus les portages sont compliqués… et moins on profite. L’idéal, c’est de partir léger mais fonctionnel. Chaque objet doit avoir une vraie utilité. Des trousses à pharmacie « sport/camping » bien fournies pour les premiers soins sont disponibles et indispensables. Je me souviens d’une fois où l’un de nous s’est ouvert le genou sur le tranchant d’une pièce du gouvernail en sortant le kayak de l’eau ; nous avons mis longtemps à retrouver la pharmacie.

En bivouac, le confort dépend surtout de trois éléments : la tente, le matelas, et le sac de couchage. Ces trois-là doivent être adaptés à la météo, faciles à transporter, et rapides à monter. En Scandinavie, les nuits peuvent être fraîches dès le printemps. Un sac de couchage adapté à 5-10°C est souvent recommandé, même en juillet. Si un réchaud n’est pas fourni, il en faudra un, compact et stable. Les modèles à alcool comme le Trangia sont robustes et adaptés à ce type d’expédition. Côté repas, l’important est de viser le bon ratio : léger, nourrissant, rapide. Des sachets de semoule, des barres énergétiques, de la soupe déshydratée ou du muesli feront parfaitement l’affaire.

#

Lire aussi: Explorez le monde du Canoë-Kayak

Lire aussi: L'influence de Chapuis sur la musique d'orgue

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *