Dans l'univers de la navigation, qu'elle soit sportive ou de plaisance, chaque composant d'une embarcation a son rôle précis et souvent crucial. Parmi ces éléments, la dame de nage occupe une place de choix pour quiconque s'intéresse à la propulsion à l'aviron ou à la godille. Loin d'être un simple accessoire, elle est l'interface essentielle entre la force du rameur et le mouvement du bateau, assurant le guidage et l'efficacité de l'aviron. Cet article explore en profondeur ce qu'est une dame de nage, ses fonctions, ses différents types, les considérations pour son installation optimale, et son importance capitale dans diverses situations maritimes.
Définition et Mécanisme Fondamental de la Dame de Nage
La dame de nage est l'élément qui assure le guidage de l'aviron lors de la propulsion d'une embarcation à rame. En d'autres termes, c'est un support de rame qui se fixe sur le franc-bord du bateau, permettant de ramer plus efficacement. Elle est un accessoire articulé sur un pivot ou un axe, servant d’appui aux avirons, et elle permet de maintenir et d’orienter la rame. Sans elle, l'aviron ne pourrait pas transférer la force de manière stable et directionnelle à l'eau, rendant la tâche de ramer à la fois ardue et inefficace.
Historiquement, le terme "escaume", issu du grec ancien (σκαλμος), désignait déjà le "tolet" ou la "dame de nage", soulignant l'ancienneté et la constance de ce principe mécanique dans l'histoire de la navigation. Ce dispositif est fondamentalement composé d'une partie mobile, souvent en forme de U, qui supporte la rame ou l'aviron, et d'une partie fixe qui reçoit l'axe de la dame de nage. La conception de cette articulation est primordiale pour la liberté de mouvement de l'aviron tout en garantissant sa tenue ferme pendant l'effort de propulsion. C'est cette interaction entre la partie fixe, solidement ancrée au bateau, et la partie mobile, qui accueille l'aviron, qui permet au rameur de générer une poussée continue et contrôlée, transformant l'énergie musculaire en déplacement fluide sur l'eau. La précision de l'ajustement entre l'aviron et la dame de nage est donc une condition sine qua non pour une performance optimale et un confort accru du rameur.
Diversité des Modèles et Matériaux
La dame de nage se décline en une variété de modèles et de matériaux, chacun adapté à des besoins spécifiques, à des types d'embarcations et à des préférences d'usage. Selon les modèles, les dames de nage peuvent être amovibles, articulées ou fixes. Les modèles amovibles offrent une flexibilité appréciable, permettant de retirer les dames de nage lorsque l'on n'en a pas besoin, libérant ainsi de l'espace sur le pont ou le plat-bord. Ils sont souvent privilégiés sur les embarcations polyvalentes, comme les dériveurs transformables en voile-avirons, où la fonction rame n'est pas permanente. Les dames de nage articulées, quant à elles, permettent un ajustement angulaire plus fin et un rangement partiel sans démontage complet. Enfin, les modèles fixes, comme leur nom l'indique, sont installés de manière permanente, offrant une robustesse et une fiabilité maximales pour les embarcations dédiées à l'aviron intensif ou professionnel.
Ces supports se montent généralement sur un support encastré directement dans le plat-bord du bateau ou sur une ferrure spécifiquement fixée au plat-bord. Le choix du type de montage dépendra de la structure du bateau, de l'intensité de l'utilisation prévue et des contraintes esthétiques.
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En ce qui concerne les matériaux, la gamme disponible est vaste, offrant des options pour toutes les exigences de durabilité, de résistance à la corrosion, de poids et d'esthétique. Notre gamme comprend des dames de nage en bronze, laiton ou acier galvanisé ainsi que leurs supports associés. Au-delà de ces options traditionnelles, les dames de nage peuvent également être en laiton chromé, en inox ou en plastique. Le bronze et le laiton sont appréciés pour leur esthétique classique et leur excellente résistance à la corrosion en milieu marin, bien qu'ils puissent être plus coûteux. L'acier inoxydable (inox) offre une robustesse et une résistance à la corrosion supérieures, idéales pour les environnements les plus exigeants. Les modèles en plastique, quant à eux, sont légers, économiques et ne nécessitent que peu d'entretien, ce qui les rend populaires pour les petites embarcations et les usages occasionnels. Ils sont disponibles en différents diamètres d'axe, tels que 10 mm, 12 mm ou 14 mm, ainsi qu'en différents diamètres pour la partie recevant l'aviron, comme 48 mm, 52 mm ou 58 mm, afin de s'adapter à la taille de l'aviron et aux dimensions du support. Ce large éventail de choix permet à chaque navigateur de trouver la dame de nage la plus appropriée pour son embarcation, en tenant compte des conditions de navigation et des préférences personnelles.
Installation et Positionnement Optimal pour le Rameur
Le positionnement des dames de nage est un aspect critique qui influence directement l'efficacité, le confort et même la sécurité du rameur. Il ne suffit pas de les fixer n'importe où ; une installation réfléchie est impérative. La question de savoir comment positionner les dames de nage par rapport au banc de nage, ou si elles doivent être au même niveau que le banc, voire au milieu du banc ou dans une "position a", est souvent débattue parmi les navigateurs. L'expérience montre que des résultats bien différents de ceux définis par la théorie sont souvent atteints, car la pratique révèle des nuances essentielles.
Bernard, ayant construit une chaloupe à avirons pour un client, a souligné l'importance de l'expérimentation. Il a constaté que, par rapport à ce qui était prévu par l'architecte, le banc de nage a dû être décalé de plus de 30 cm, et les dames de nage de plus de 40 cm, en raison de la morphologie du client, et les cale-pieds avaient bougé également. Cela met en évidence le fait que les dimensions standard ne sont pas toujours adaptées à chaque individu. La solution est effectivement d'utiliser des serre-joints et deux bouts de bois (on avait essayé avec des planches…) pour essayer différents emplacements avant de fixer définitivement les supports. Cette approche empirique permet d'ajuster l'ergonomie de l l'espace de nage en fonction des caractéristiques physiques du rameur, optimisant ainsi la transmission de la force et le confort lors de la propulsion.
La hauteur de l'axe des avirons au-dessus des bancs est également un paramètre crucial. La Navy parle de 10 pouces et la Royale de 25 cm (c'est la même chose), et Dervin préconise 20 à 30 cm pour les yachts et 18 à 30 cm pour les embarcations de service. Cependant, des embarcations très performantes comme les curraghs, sans doute les meilleures embarcations d'aviron de mer, ont l'axe des avirons à une quarantaine de cm du banc et à une hauteur assez faible (15 à 18 cm ?). Ces variations démontrent qu'il n'existe pas de règle universelle absolue, mais plutôt des adaptations en fonction du type de bateau, des conditions de mer et du style d'aviron. La résistance de la flotte est une donnée essentielle à prendre en compte, et l'impression n'est pas du tout la même sur un étang calme que sur une mer agitée.
Pour la godille en particulier, l'angle du support de la dame de nage est déterminant. Mandrake a rapporté qu'avec un support positionné à la verticale, l'aviron sortait sans arrêt, rendant la godille impossible. Il a noté que l'emplacement (trop décentré) et surtout l'angle de positionnement par rapport à l'horizontale du support étaient en cause. Il a l'impression que l'angle du support est entre 15 et 20 degrés, alors que l'angle de l'aviron lui-même doit plonger dans l'eau avec un angle recommandé de 45°. L'Aviron de Godille a confirmé que l'emplacement décentré est souvent optimal sur les cotres traditionnels, où la dame de nage était placée à l'écart du safran. Pour un montage sur le tableau arrière, l'idée d'un perçage en angle pourrait être complétée par la pose d'une petite platine inclinée en haut du tableau arrière, une reprise de stratification à la choucroute polyester permettant facilement d'imiter le montage observé sur un Bahia par exemple. Cette attention aux détails dans l'installation permet non seulement d'améliorer la performance, mais aussi d'éviter la fatigue inutile et les risques de décapelage de l'aviron.
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La Godille : Une Technique Essentielle et ses Supports
La dame de nage à la poupe d'un voilier a une utilité bien spécifique et souvent sous-estimée : elle est avant tout pour godiller. Eric à Alésia a insisté sur son caractère indispensable, pouvant éventuellement combler une défaillance du moteur dans des manœuvres et surtout offrant une manière très classe de changer d'emplacement dans un port dans un grand silence avec toujours beaucoup d'admirateurs. Il suffit de trouver un bel aviron de godille, qui n'est pas si différent d'une rame basique, excepté sa longueur généralement plus grande, ce qui permet de godiller avec un angle d'environ 45° par rapport à l'horizontale. Les "avirons de godille" autrefois avaient parfois la longueur de la coque, et l'on dit qu'ils ne sont jamais trop longs.
L'apprentissage de la godille est plus que facile. Eric à Alésia a assuré qu'il ne faut pas perdre de temps à essayer d'apprendre sur des vidéos, mais plutôt se faire montrer une fois, et en 30 secondes, on saura faire. Pour les très doués, il est même possible de reculer en posant l'extrémité du manche sur l'épaule. Avec une godille, on peut manier facilement un bateau de plusieurs tonnes sans moteur, ce qui est considéré comme de la "belle ouvrage". Renardch7 a reconnu ne pas avoir d'expérience dans le godillage, malgré avoir vu des vidéos, et s'étonnait du niveau d'efficacité.
Cette technique est une sécurité précieuse dans les manœuvres de port en cas d'avarie moteur. L'Aviron de Godille a partagé une anecdote édifiante : lors d'une mise à l'eau avec ses petits-fils, son moteur a refusé de démarrer. Après avoir été remorqué, il a fini la manœuvre de prise de coffre à la godille, qu'il considère comme essentielle même de nos jours où les hors-bords sont devenus très fiables, à condition de penser à ouvrir le robinet d'admission d'essence. Il a même dû godiller en urgence sur son Kelt 7.60 à deux reprises, pour cause de panne sèche ou d'arrivée d'essence obstruée, chaque fois par mauvaise préparation du moteur auxiliaire.
Il est intéressant de pouvoir et de savoir godiller. C'est assez facile avec un peu d'entraînement et cela peut permettre de se sortir d'une mauvaise passe en cas d'avarie moteur dans un port par exemple. Le souvenir d'avoir déplacé un voilier de 27 pieds lors d'un stage aux Glénans pour modifier un mouillage illustre parfaitement son utilité. L'Aviron de Godille se souvient d'une époque où savoir godiller était une obligation, rappelant ces manœuvres de port à la voile avec la godille à poste obligatoire, et ces bords de tout petit temps au large où à la godille on donnait tout en douceur et décontraction un peu d'erre au près. Bien sûr, dans les ports maintenant encombrés, il est souvent, à raison, interdit de manœuvrer à la voile, renforçant l'importance d'une propulsion auxiliaire fiable comme la godille.
Un dispositif simple et traditionnel, avec un bout ou une clavette, peut d'ailleurs empêcher l'aviron de décapeler de la dame, une précaution utile. L'Aviron de Godille a même rapporté qu'un tolet dame de nage d'origine en alu avait été "adopté" par un connaisseur passant à pied à marée basse, soulignant l'intérêt de disposer de quelques tolets dames en nylon de rechange.
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L'Aviron en Général : Choix, Conception et Techniques des Rames
L'aviron est une discipline sportive qui possède un vocabulaire spécifique et une richesse technique souvent insoupçonnée. Il se pratique avec des avirons, instruments en bois ou autres matériaux permettant de propulser une embarcation à la force des bras. Il existe différentes manières de monter un bateau en aviron : en couple, où le rameur utilise deux avirons, ou en pointe, avec un seul aviron par rameur.
Le vocabulaire de l'aviron est riche et imagé. Par exemple, l'avant du bateau est parfois appelé l'arrière par les rameurs, sauf pour le barreur. Les termes "bâbord" (rouge) et "tribord" (vert) désignent les côtés du bateau, mais leur signification peut être inversée pour les rameurs selon le sens de la progression. "Border" signifie enfoncer la pelle de l'aviron dans l'eau, tandis que "baquer" décrit l'action de renverser le bateau, une technique qui demande de l'entraînement et une maîtrise parfaite de l'équilibre.
Le choix des avirons est aussi crucial que celui des dames de nage. Si tel n'était pas le cas, tous les bateaux du monde auraient les mêmes avirons. Personnellement, pour les avoir pratiqués de nombreuses heures en mer ouverte et dans des conditions difficiles, certains préfèrent les avirons Irlandais : très longs, la pelle à peine plus large que le fût de section carrée, offrant peu de fardage face au vent, et ne nécessitant pas de trévirer, ce qui facilite grandement la remise de l'embarcation sur des rails au portant, le bout de la pelle étant très loin de l'axe du bateau. Dans des mers moins dures, on peut préférer une pelle plus large, mais face à un vent fort, il faudra trévirer, ce qui est toujours fatigant à la longue et peut donner de brusques coups de frein ou jouer de mauvais tours dans des mers très courtes. La force motrice étant très faible (environ 250-300 Watts) pour des avirons, c'est même encore pire que pour une hélice, ce qui rend le choix de l'aviron d'autant plus critique pour optimiser l'effort.
La conception des avirons a également évolué. Dans les plans d'avirons anciens, le frêne était souvent cité, mais sur nos embarcations modernes et souvent légères, c'est un bois que l'on a tout avantage à abandonner au profit de résineux relativement denses et bien droit de fil, comme le pin d'Oregon ou le mélèze d'origine nordique, voire le pin de Touraine ou le pin noir d'Autriche. Calypso a partagé son expérience sur les avirons qu'il a construits (8 paires plus 4 godilles), expliquant qu'il n'a jamais eu à rajouter de bois ; il lui a toujours fallu raboter pour trouver la souplesse et l'équilibre adéquat alors qu'il respectait un échantillonnage préconisé pour du frêne, d'où un gain de poids d'environ 30%. Cela met en lumière l'importance de l'adaptation des matériaux et de la conception à l'évolution des pratiques et des embarcations.