À bord d'un voilier, chaque détail doit fonctionner de manière fiable et s'intégrer harmonieusement dans l'ensemble pour garantir la sécurité et la performance. Parmi ces éléments cruciaux, la cadène occupe une place prépondérante. Une cadène bateau est un élément d’accastillage polyvalent et absolument essentiel pour la sécurité du gréement. Elle sert notamment de point de fixation robuste pour le bout, les poulies ou encore être une cadène ligne de vie. La cadène voilier constitue un point d’ancrage sûr pour vos bouts, poulies ou sangles, et contribue à garder un pont bien ordonné. Fabriquée dans des matériaux robustes, elle résiste sans faillir aux intempéries et aux fortes charges de traction. Généralement fabriquée en inox ou en aluminium résistant à la corrosion, elle supporte sans difficulté de fortes charges et les conditions rudes en mer.
Plus spécifiquement, les cadènes inox bateau jouent un rôle essentiel dans le maintien du gréement sur un voilier. Grâce à leur résistance et leur durabilité, elles assurent la fixation des haubans qui stabilisent le mât latéralement, garantissant une navigation sécurisée. Sans cadènes correctement dimensionnées et posées, la tenue du mât devient aléatoire. En navigation, le bateau subit des charges dynamiques importantes, et une rupture de cadène peut entraîner la perte du mât, voire mettre en danger l’équipage. Ces pièces sont donc indispensables pour la fixation du gréement sur le pont d’un bateau. Elles sont généralement utilisées pour ancrer les haubans, des câbles qui retiennent le mât de chaque côté, permettant ainsi une meilleure stabilité du voilier.
Qu'est-ce qu'une Cadène et Pourquoi est-elle Essentielle ?
Une cadène est une pièce métallique fixée solidement à la coque ou au pont, destinée à recevoir des efforts importants. Concrètement, une cadène est généralement une platine ou une barre d’inox, parfois en aluminium ou en acier galvanisé, solidement boulonnée à la structure du bateau. À son extrémité libre, on trouve un trou ou un anneau permettant de frapper un ridoir, un palan, une manille ou un mousqueton. La robustesse et la bonne intégration de cet élément sont capitales pour la stabilité globale du voilier et la sécurité de l'équipage.
Les matériaux marinisés et durables, conçus pour affronter les conditions en mer, sont primordiaux dans la fabrication des cadènes. Des marques reconnues comme BAVARIA, PFEIFFER, WICHARD, PETERSEN, RONSTAN ou encore BLUE WAVE, proposent des produits de qualité de fabrication supérieure dans notre boutique en ligne. Que ce soit pour un remplacement ou une nouvelle installation, le choix d’une cadène ou d’un pontet ne doit jamais se faire au hasard. Pour un remplacement ou une nouvelle installation, il faut tenir compte de la charge de travail prévue, de la configuration du bateau et du type de navigation. Les besoins d’un petit day-boat côtier ne sont pas ceux d’un voilier hauturier chargé d’équipements. Ces compromis peuvent sembler acceptables à court terme mais augmentent le risque de fatigue prématurée et de rupture en charge, d'où l'importance de faire un choix éclairé.
Diversité des Cadènes : Types et Usages Spécifiques
Le monde des cadènes ne se limite pas à un seul modèle, mais offre une richesse de types et de configurations adaptés à des fonctions variées à bord. Pour garantir à la fois la performance sous voile, la stabilité et le confort, il est fréquent que l’on combine plusieurs cadènes à bord comme la cadène de hauban, la cadène pour étai largable et la cadène ligne de vie d’un voilier. Les cadènes existent dans de nombreuses tailles et configurations, et leur forme de l’anneau, son orientation (verticale, horizontale ou inclinée), ainsi que le dessin de la platine de base varient selon la situation de montage.
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Les cadènes les plus connues sont celles destinées aux haubans, c’est-à-dire aux câbles qui maintiennent le mât latéralement. Elles sont généralement installées au niveau du livet de pont, proches des passavants, assurant un maintien optimal du mât. Les galhaubans, situés plus en arrière du mât, disposent parfois de cadènes distinctes afin d’optimiser l’angle de tenue. De même, les bastaques et l’étai arrière contrôlent la tenue longitudinale du mât. Ces points d’ancrage sont soumis à de fortes tensions, notamment lorsque l’on règle la quête du mât ou que l’on réduit la grand-voile dans la brise. Au-delà du gréement, le terme cadène est parfois utilisé pour désigner des points d’ancrage sur le pont servant à d’autres usages. Ces éléments sont souvent plus compacts mais doivent rester très résistants, comme par exemple, une cadène ligne de vie, essentielle pour la sécurité de l'équipage en mer.
Certains modèles de cadènes offrent une flexibilité supplémentaire. Les cadènes en inox, comme certains modèles articulés, permettent une utilisation flexible sur le pont. Lorsque le mât est démonté ou que la voile n’est pas utilisée, ces cadènes peuvent être rabattues pour éviter toute saillie, réduisant ainsi les risques d'accrochage ou d'usure inutile. Leur conception en acier inoxydable assure une résistance à la corrosion, même dans les environnements marins les plus agressifs. Sur certains voiliers, les cadènes sont dites intégrées. Elles peuvent être noyées dans la structure composite, reliées à une cloison ou à une varangue par des tirants métalliques, offrant une solution discrète et potentiellement très robuste. Le choix d’une cadène ou d’un pontet ne doit jamais se faire au hasard, car il est crucial de considérer la charge de travail prévue, la configuration du bateau et le type de navigation pour assurer une sécurité maximale.
Installation et Intégration Structurelle : Clés de la Durabilité
Une préparation minutieuse contribue largement à une installation réussie de la cadène. Avant d’installer une cadène voilier, il est indispensable de déterminer l’emplacement ainsi que la charge qu’elle devra supporter, afin que les efforts de traction soient repris correctement. Un support solide est la meilleure garantie d’une fixation durable, et la surface doit être propre et plane pour assurer une adhérence optimale. Pour la pose, on utilise des vis et écrous, éventuellement accompagnés de rondelles de répartition afin de diffuser la charge de manière homogène.
Il est impératif qu'une cadène ne se contente pas d’être vissée dans une simple tôle. Pour remplir son rôle, elle doit être solidement ancrée à la structure du bateau et travailler en parfaite synergie avec la coque, le pont et les renforts internes. C'est pourquoi, lorsqu'elles sont correctement fixées, notamment sur des zones renforcées comme les varangues de la coque, elles offrent une tenue optimale face aux forces exercées lors de la navigation. Lorsque le hauban tire sur la cadène, celle-ci transmet l’effort vers la coque. Si cette charge est mal répartie, le pont peut se déformer, les boulons se cisailer ou la stratification se délaminer, compromettant gravement l'intégrité structurelle du bateau. La fixation classique d’une cadène se fait par boulons traversants, avec écrous et rondelles larges, assurant une répartition adéquate des contraintes.
Un autre aspect crucial de l'installation est l'étanchéité. Le passage de cadène à travers le pont est un point sensible, car une mauvaise étanchéité entraîne des infiltrations d’eau, de la corrosion et parfois du pourrissement du sandwich ou des renforts bois, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses à long terme. Avant de fixer le matériel, il est recommandé d’appliquer un mastic ou une colle marine afin d’éviter toute infiltration d’eau. Le produit doit être appliqué dans les perçages ainsi que sous la platine de la cadène. Un resserrage ultérieur permet de compenser le tassement éventuel des matériaux, garantissant une fixation durable et sans risque d'infiltration. Les cadènes voilier en inox sont conçues pour résister aux conditions maritimes les plus exigeantes. Leur installation, souvent boulonnée directement sur le pont ou la coque, assure une fixation solide, capable de supporter les contraintes extrêmes liées à la navigation.
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Le Débat autour des Cadènes sur les Voiliers Oceanis 37 : Un Enjeu de Sécurité
Les discussions au sein de la communauté des navigateurs, notamment des propriétaires d'Oceanis 37, ont mis en lumière des préoccupations sérieuses concernant la fiabilité des cadènes sur certains modèles. Plusieurs cas de rupture et de démâtage ont été rapportés, soulevant des questions sur la conception et la maintenance de ces pièces essentielles.
Cas de Rupture et Démâtage : L'Expérience des Propriétaires
Des incidents graves ont été documentés par des propriétaires d'Oceanis 37. Par exemple, un propriétaire a déploré la rupture d'une cadène fil de bas hauban bâbord cet été, alors qu'il naviguait au près serré au large de La Corogne par environ 20 nœuds de vent sous GV haute et solent sur étai larguable. Fort heureusement, il n’a pas eu à subir de démâtage. La rupture a eu lieu sur la partie filetée au-dessus de l'écrou, et la cadène s’est ouverte sans rompre complètement. Une observation a été faite : la cadène d'origine était de 10mm, et a été provisoirement remplacée par une de D8mm, avant d'envisager une solution plus pérenne.
Un autre témoignage fait état du démâtage d'un Océanis 37, un bateau de 2012 en version performance avec mât classique et GV 2 ris, suite à la rupture d'une cadène de bas-hauban bâbord dans des conditions météo tout à fait correctes, avec 20-25 nœuds de vent. Il s'agissait de cadènes Wichard en fil d'inox 10mm, dont la charge de rupture était de 6.5 tonnes. Il est clair que démâter par 20 nœuds n'est pas normal, comme l'a souligné un membre de la communauté, et qu'il est plus qu'urgent que Beneteau informe les propriétaires d'Océanis 37, et peut-être d'autres modèles, de la nécessité de remplacer ces cadènes régulièrement.
Des discussions ont mis en évidence qu'il y a eu plusieurs cas de démâtage des premiers Océanis 37. Certains propriétaires se sont aperçus que les premiers Océanis 37 étaient équipés de cadènes de 10mm, et ont envisagé ou effectué le remplacement par des cadènes de 12mm.
Analyse Technique et Position du Fabricant (Wichard)
Face à ces incidents, le service après-vente de Wichard a été contacté. Le fabricant, dont les produits sont fabriqués en France, a déclaré que ses articles sont contrôlés et testés en charge afin de valider la résistance mécanique en fonctionnement et en rupture de son catalogue. Wichard précise que ses tests sont effectués en charge dans l’axe et parfaitement symétrique. Pour un produit référence 6516 ou 6526 (généralement correspondant à des diamètres 12mm), la charge de travail est de 6400 kg et la charge de rupture de 10000 kg, avec une spécification relative à un couple de serrage max de 60 Nm. Pour les cadènes de diamètre 10mm, la charge de travail est de 3T6.
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Selon Wichard, la casse sur un seul filetage témoigne bien d’une charge non symétrique et d’une rupture soit à la fatigue, soit par un couple de serrage non respecté. Dans leur retour, Wichard considère qu’il n’y a nulle malfaçon et conseille un remplacement de ces cadènes tous les 10 ans. Ils recommandent de vérifier et changer ces pièces par prévention, tout comme les propriétaires le font très certainement sur leur gréement tous les 10 ans.
Cependant, cette position est sujette à débat parmi les propriétaires. La cadène, selon Wichard, ne fait pas partie du gréement mais de la coque, et il n'est pas prévu de remplacer ces cadènes dans les manuels de maintenance standards. Un propriétaire s'interroge : "Depuis quand faut-il remplacer des cadènes ? Le gréement est inspecté plusieurs fois par an." Ce délai de 10 ans est jugé assez court par certains, qui voient peu de propriétaires dans leurs ports changer les cadènes tous les 10 ans. Il serait bon que Beneteau indique cette maintenance préventive dans son livret de propriétaire, car démâter est quand même un accident majeur.
Controverses et Alternatives Proposées par les Navigateurs
Le type de cadène utilisé sur l'Oceanis 37, souvent décrit comme une "cadène fil", a suscité de vives critiques. Certains y voient une "grosse économie pour Beneteau par rapport à des cadènes usinées", voire un "vice de fabrication". Il est avancé que ce type de cadène n’est pas vraiment adapté pour tenir un mât, car les tests du fabricant sont effectués en charge dans l’axe et parfaitement symétrique, ce qui est rarement le cas dans un gréement. Le point faible sur ce type de montage est la partie filetée. Sur une cadène diamètre 10, la partie filetée mesure au fond de filets 8.1mm, et pour un diamètre 12, au fond de filet 9.8mm. La plaque d'appui de faible épaisseur n'est pas solidaire du fil, ce qui n'aide pas à renforcer l'ensemble, surtout dans le cas d'une traction qui n'est pas symétrique et axiale. À cela s'ajoutent la fatigue du métal après X années (vibrations, effort de traction et de cisaillement) et la qualité du montage (couple de serrage, il n'est pas difficile d'allonger une vis de 10 en inox au serrage et de créer une amorce de cassure). Outre le coût, certains ne voient pas ce qui peut motiver ce type de montage, même si le coût est un paramètre très important pour Beneteau comme pour tous les chantiers dits "low cost".
Face à ces inquiétudes, des propriétaires ont cherché des solutions. Pour se rassurer, certains ont fait un brelage en dynalight de 5 mm entre les deux axes de hauban et bas hauban, se disant qu'en cas de rupture de l'une ou l'autre, ils auraient le temps de réagir. Avant une transat future, il est sérieusement envisagé de faire fabriquer une cadène qui serait comme beaucoup de bateaux, boulonnée sur l'extérieur de la coque.
Le remplacement des cadènes d'origine de D10 par des D12 est une autre option explorée. Il y a une différence d'entraxe de 4mm de plus pour la 12, ce qui n'est "rien à rattraper en perçant à 12". La charge de travail est de 6T4 contre 3T6 pour la 10, et 10T pour la rupture avec une belle contreplaque en dessous, ce qui "devrait pas bouger". L'opération est décrite comme "très simple à faire après avoir enlevé les bas haubans". La seule difficulté est le desserrage et le serrage des cadènes dans un espace très restreint, nécessitant des douilles longues sur clé à cliquet, et l'usage d'un petit bout pour les attacher afin d'éviter de les voir partir dans le contre-moule. Des propriétaires ont utilisé les contre-plaques Wichard avec les cadènes D12 (45€/unité), notant que la liaison pont-coque est bien épaisse et qu'il n'y avait pas de signe de contrainte ou d'écrasement. Ils en ont profité pour changer les bas-haubans avec ridoir Acmo (660€).
Une solution alternative, observée sur des modèles plus récents comme l'Océanis 48, consiste en un montage différent : une pièce en inox massif, vissée (neuf vis de belle taille) au travers du bordé, bien mince, et dans un renfort. La pièce est divisée en deux cadènes, orientées dans l'axe des haubans et bas-haubans, qui reçoivent les chapes fixées aux ridoirs. Cette approche offre une robustesse bien supérieure. Toutefois, l'idée de mettre une belle cadène extérieure boulonnée à travers la coque, solution adoptée par de nombreux constructeurs, peut obliger à rallonger les barres de flèches car l'angle de tire vertical des haubans ne serait plus respecté. Il est essentiel de garder à l'esprit que pour ce type de gréement, les barres de flèche inférieures et la partie inférieure des haubans sont au droit du bordé. Si l'on s'approche d'un bateau au gréement similaire, il faut toujours penser à lever la tête pour s'assurer que "ça passe", car s'il y a du roulis et que les deux bateaux sont désynchronisés, l'accrochage du gréement est vite arrivé.
Implications pour les Propriétaires : Maintenance, Expertise et Assurances
La question de la cadène sur les Oceanis 37 a mis en lumière des défis majeurs pour les propriétaires, notamment en ce qui concerne la maintenance préventive, les expertises et les prises en charge par les assurances. Une cadène ne se change pas aussi souvent qu’un cordage, pourtant un suivi régulier est indispensable pour assurer la longévité du gréement. Il est préférable de remplacer une cadène trop tôt plutôt que trop tard, et dans certains cas, il est pertinent de remplacer l’ensemble cadène, boulonnerie et contreplaque pour repartir sur une base saine.
Le Dilemme "Vice Caché" vs. "Défaut de Maintenance"
Après un démâtage, les propriétaires se heurtent souvent à la position de leur assurance, qui peut invoquer un vice propre ou un défaut de maintenance. C'est le rapport d'expertise qui le dit. Une position que les propriétaires contestent, car il n'est pas prévu de remplacer ces cadènes, et même Wichard nous dit que les cadènes ne font pas partie du gréement, mais de la coque. Le gréement est inspecté plusieurs fois par an, et l'idée d'un défaut de maintenance sur une pièce non listée pour un remplacement régulier est difficile à accepter.
Il est important de ne pas évoquer de "vice caché" dans la cadène ayant entraîné sa rupture, car même avec un contrat d'assurance dit "tous risques", une clause en petits caractères indique que les vices cachés ne sont pas pris en compte, de ce fait, la réparation sera intégralement à la charge du propriétaire. Cette situation, malheureusement vécue par certains, souligne la complexité des clauses d'assurance.
Les assurances peuvent se replier derrière le rapport d'expertise qui stipule qu'il n'y a pas de cause extérieure apparente et que donc c'est soit un vice, soit un défaut d'entretien. Si un propriétaire avait déclaré un talonnage ayant entraîné le démâtage, il n'y aurait pas de soucis. Or, si le jour du démâtage il n'y avait que 20 nœuds, le bateau a pu naviguer dans des conditions bien plus musclées et par ailleurs a déjà talonné plusieurs fois, à la cool, dans du sable ou de la vase, ce qui aurait pu, avec la météo et les talonnages, causer ce problème en décalé et fragiliser la cadène. C'est un angle de contre-attaque pour les propriétaires, avec les avis de Beneteau et Wichard qui disent tous que cette pièce n'est pas à remplacer, fait partie de la coque et que donc quelque chose à un moment donné l'a fragilisée.
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