Informations Essentielles sur la Brasse chez l'Homme : Technique, Performance et Contexte Historique

La natation, et en particulier la brasse, est une activité physique pratiquée par un grand nombre de personnes, des nageurs occasionnels aux sportifs plus assidus. Pour beaucoup, elle représente un moyen de détente, de maintien en forme ou un défi personnel. Pourtant, évaluer son propre niveau et comprendre les subtilités de cette nage peut s'avérer complexe, surtout face à la diversité des pratiques et des attentes. L'objectif de cet article est de fournir une perspective détaillée sur la brasse masculine, en explorant l'évaluation de la performance, les aspects techniques cruciaux, les considérations de santé, ainsi que son riche héritage historique et son positionnement parmi les autres nages.

Évaluer son Niveau en Brasse : Entre Perception Personnelle et Repères Concrets

De nombreux nageurs se retrouvent confrontés à la difficulté d'évaluer leur niveau, souvent en se comparant aux autres usagers des piscines. Par exemple, il n'est pas rare de se rendre compte que l'on nage vraiment lentement par rapport à d'autres, se faisant dépasser même par des personnes âgées ou des individus ne semblant pas du tout en forme. Ces observations initiales peuvent être source de frustration, surtout lorsque l'on est incapable de faire des séries longues et que l'on nage au final une distance limitée, par exemple entre 1 et 2 kilomètres, dépendant de la motivation. Cette situation est fréquemment due à une technique de nage proprement affreuse, où l'on s'essouffle à respirer n'importe comment.

Cependant, une amélioration significative est possible. Beaucoup témoignent d'une progression énorme, surtout depuis le passage à la brasse coulée, une technique que certains n'osaient pas tenter au départ à cause d'une respiration erratique. Une fois cette étape franchie, la question de l'évaluation du niveau reste. Si l'on ne sait nager que la brasse, il peut être difficile de se situer. Des performances comme 2,2 km en une heure, ou un meilleur temps sur 1 km de 26 minutes, peuvent sembler à la fois encourageantes et incertaines. Le désir d'évaluer son niveau, sans forcément chercher à représenter la France aux Jeux Olympiques, est une motivation commune.

La comparaison avec d'autres nageurs peut être trompeuse. Les piscines parisiennes, telles que celle des Halles, sont réputées pour leurs nageurs rapides, ce qui peut fausser l'évaluation. En banlieue, par exemple à Colombes, le niveau peut varier drastiquement, avec des lignes réservées à des clubs comme le Lagardère Paris Racing où le niveau est très élevé, côtoyant des barboteurs. Dans ce contexte, avoir des repères concrets est essentiel. Pour connaître sa vitesse de nage, il faut ramener ce temps sur 100 mètres. Pour une performance de 2,2 km en une heure, cela représente une moyenne d'environ 2 minutes 45 secondes au 100 mètres brasse. Il est important de noter que ce n'est qu'une moyenne et non une vitesse maximale, donc il n'y a pas de panique à avoir.

À titre de référence, des nageurs réguliers pratiquant toutes les nages peuvent atteindre 3500 mètres en une heure, ce qui représente une vitesse moyenne d'environ 1 minute 45 secondes sur 100 mètres. Cependant, il n'est pas évident de comparer des nageurs de sexes et de niveaux différents. Une nageuse de 40 ans, nageant régulièrement depuis 5 ans (1 à 2 fois par semaine, 2 km dont 1 km en brasse coulée et 1 km en mini-palmes, dos crawlé ou crawl), peut réaliser 1 km en brasse coulée en 25 minutes sans chercher à s'essouffler. Elle considère cette performance "pas mal" pour son profil, ce qui souligne la subjectivité de l'évaluation.

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Fixer des objectifs clairs est une excellente manière de progresser et de se motiver. Nager le kilomètre en brasse en 20 minutes peut être un premier objectif atteignable. Une stratégie efficace consiste à commencer par des distances plus courtes, comme 250 mètres, en visant le rythme de l'objectif final. Lorsque cette distance est parcourue facilement plusieurs séances d'affilée, on peut passer à 500 mètres, puis à 750 mètres pour finalement atteindre le kilomètre. Cette approche progressive aide à s'améliorer de manière structurée. Des nageurs masculins de 34 ans, ne nageant que la brasse coulée, peuvent atteindre 21 minutes 15 secondes le kilomètre en nageant tranquille, et au maximum 19 minutes 48 secondes, ce qui montre une marge de progression constante.

D'autres témoignages enrichissent cette perspective : un homme de 28 ans, ayant repris la natation sérieusement depuis 6 mois, peut parcourir jusqu'à 2,7 km en 1 heure sans s'arrêter. Ses performances varient entre 1 km en 18 minutes dans un bassin de 50m et 17 minutes 30 secondes dans un bassin de 25m en eau salée, ce qui peut être psychologique ou lié à la courte distance à parcourir pour toucher le mur, motivant davantage. Le fait de ne pas culbuter en brasse est une distinction importante, car culbuter relance la vitesse et fait gagner du temps. Un nageur de 29 ans, ayant repris la natation après plusieurs années, réalise 1000m de brasse coulée en 24 minutes en petit bassin, ce qui met en évidence la nécessité de retrouver ses sensations et son rythme. Il est conseillé de nager volontairement lentement au départ pour se réadapter, puis d'augmenter le rythme.

La Technique de Brasse : Fondamentaux, Santé et Controverses

La brasse est l'un des mouvements les plus compliqués à apprendre. Elle est souvent perçue comme le mouvement le plus ancien et le premier à avoir été utilisé en compétition. La maîtrise de la technique est primordiale pour nager plus vite et surtout plus longtemps, et c'est, de l'avis de nombreux experts, la première chose à acquérir. Sans une bonne technique, on risque de se faire mal et de perdre le plaisir de nager, ce qui diminuera l'envie. Une vitesse de nage rapide sans technique ne sera tenable que sur une courte distance, tout se fera sur le physique au détriment des muscles et des articulations.

Les Fondamentaux de la Propulsion en Brasse

Le mouvement des jambes en brasse consiste en un coup simultané des deux jambes vers l'arrière, après avoir ramené les talons vers les fesses en pliant les genoux. Les pieds doivent être orientés vers l'extérieur pendant le coup de jambe afin de pouvoir les étendre avant de les ramener à nouveau ensemble à la fin du mouvement. La propulsion se fait alors par l'intérieur des pieds et les tibias, un véritable ciseau avec les jambes en « W » où les talons sont plus écartés que les genoux.

Le mouvement de bras, quant à lui, commence avec le corps en position horizontale, les bras étendus devant la tête, les mains rapprochées et les paumes tournées vers l'extérieur à un angle d'environ 40°. Au début de la phase de traction, il est important de maintenir les bras étendus, puis de tirer presque exclusivement vers l'extérieur avec les mains jusqu'à ce qu'elles atteignent le niveau des épaules. Il faut alors plier les coudes et tourner simultanément les bras afin que les mains ne balayent plus en un mouvement circulaire, mais qu'elles soient tournées vers l'intérieur jusqu'à se joindre sous la poitrine.

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Lors d'un virage ou à l'arrivée, les deux mains doivent toucher le mur en même temps. Il faut ramener les genoux sous la poitrine pour être prêt à les presser rapidement contre le mur, puis pousser pour le prochain départ. La coulée joue un rôle essentiel, et la courte distance à parcourir pour toucher peut motiver. Pour revenir aux virages, il est important de noter que normalement, personne ne culbute en brasse, et les pieds ne doivent pas sortir de l'eau.

Brasse et Santé du Dos : Mythes et Réalités

Une idée répandue est que la natation, et la brasse en particulier, est excellente pour le dos. Cependant, il est crucial de nuancer cette affirmation. La brasse, à moins d'être pratiquée très correctement, peut être plutôt mauvaise pour les humains. Nous ne sommes pas des batraciens, et la morphologie humaine ne s'adapte pas naturellement à tous les aspects de la brasse. Le nombre d'humains qui se prennent pour une grenouille est proprement hallucinant, et certains vont même jusqu'à pratiquer la brasse en "coulée" ou avec des palmes, sans comprendre comment leur charpente articulaire est gaulée.

Le problème réside souvent dans une mauvaise technique respiratoire et un mouvement inadapté. Si l'on ne sait pas encore bien respirer, il est préférable de commencer par apprendre à bien respirer avant de vouloir aller plus vite et de chercher la performance. À 23 ans, on ne s'en rend peut-être pas compte, mais à 45 ans, on pourrait comprendre que la brasse n'est pas ce que l'on croit. Les douleurs et problèmes de dos peuvent survenir après des années de natation, alors que l'on pensait pratiquer un sport bénéfique. Il ne s'agit pas de devenir élitiste, mais de faire les choses de la bonne façon. La vitesse n'a absolument aucune importance si les mouvements ne sont pas corrects. Il est primordial de nager à son rythme en faisant des mouvements justes.

L'Influence de l'Équipement et l'Importance de la Flottaison

L'utilisation d'équipements comme les plaquettes et les palmes de compétition est également sujette à débat. Certains les considèrent comme des "artifices" qui peuvent empêcher le nageur d'acquérir une technique naturelle et efficace. Les plaquettes sont un peu comme ces "machins électriques qui prétendent faire les abdos/fessiers" : elles peuvent donner l'impression de travailler plus les bras, mais la mauvaise remontée est qu'une fois les plaquettes et les palmes enlevées, on se met à ne plus savoir nager sans. Au lieu des plaquettes, il est suggéré de "tirer plus sur les bras" pour développer de vrais biceps, tout en continuant à nager correctement.

Un aspect souvent négligé est la flottaison. Pas un seul nageur ne pense à comprendre et contrôler correctement sa flottaison, et pourtant, un nageur qui flotte bien (c'est-à-dire qui se positionne correctement horizontalement) fait deux fois moins d'effort qu'un nageur qui se positionne mal, tout en avançant deux fois plus rapidement. La natation, la vraie, ne souffre d'aucun artifice ; ni plaquette, ni palme, ni tuba, ni combi. Juste un bon bol de céréales et du jus de fruits. Pour ceux qui veulent faire de la vitesse, le crawl ou le dos crawlé sont plus adaptés. Mais vouloir faire de la compétition en amateur peut, en brasse, mener à se "niquer les vertèbres". La natation est un sport doux, à condition de ne pas forcer, surtout en brasse.

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Repères et Progression en Brasse

Les expériences partagées par les nageurs offrent des perspectives variées sur les performances en brasse et la manière de progresser. Un nageur qui, au début, réalisait 700 mètres en une heure avec beaucoup de pauses, peut progresser à 1400 mètres en une heure (environ 34 minutes pour un kilomètre) avec seulement 2 ou 3 pauses de quelques minutes, et ce en un mois. Cela démontre que l'amélioration est continue, et le plaisir de nager doit rester la priorité.

La "brasse coulée" est souvent mentionnée comme une technique qui permet une progression significative, notamment pour l'endurance. Certains nageurs réalisent 2,2 km en une heure en brasse coulée, avec un meilleur temps sur 1 km de 26 minutes, et pensent pouvoir encore s'améliorer. Un objectif de 1 km en 20 minutes en brasse est considéré comme un bon point de mire pour des nageurs qui reprennent. Pour les hommes de 34 ans, nager le km en brasse coulée en 21min15s "tranquille" et à 19min48s au maximum est déjà une performance respectable.

Il est à noter que les piscines parisiennes peuvent être très fréquentées et que les couloirs dédiés aux nageurs rapides offrent un environnement stimulant mais parfois intimidant. Demander conseil aux Maîtres Nageurs Sauveteurs (MNS) ou envisager des cours peut apporter des techniques et un encadrement précieux. La progression en natation, quelle que soit la nage, est souvent due à la technique (positionnement du corps, qualité des appuis) plus qu'à la puissance brute. La morphologie des nageurs internationaux, souvent assez fine comparativement, en est un exemple éloquent.

Alterner les nages peut aussi être bénéfique, car les deux nages ne font pas travailler les mêmes muscles. Pour la brasse, il n'est pas nécessaire de "speeder" à tout prix, au risque de "bousiller le dos bien plus vite et bien mieux". Pour le crawl, par exemple, "la glisse" est essentielle pour ne pas trop se fatiguer. Une nageuse de 38 ans, mesurant 1m55, nage 1 km de crawl en 26 minutes, mais ses bras se fatiguent après 30 minutes. Cela suggère un problème de position sous l'eau et met en évidence la nécessité de travailler la technique et la puissance musculaire, sans se fier uniquement à des haltères pour les bras.

Histoire et Évolution des Nages : La Brasse dans son Contexte

L'évolution des nages s'inscrit d'abord dans un souci de sécurité, afin de conserver la tête hors de l'eau, puis dans un but de performance. Les nageurs et leurs entraîneurs, encore aujourd'hui, cherchent les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les quatre nages.

La Brasse : Des Origines Anciennes aux Innovations Modernes

La brasse est une nage occidentale dont l'origine remonte à l'Antiquité, avec des témoignages persistants de cette période. Elle émane d'une visée utilitaire, inspirée avant tout par l'instinct de conservation. À la fin du XIXe siècle, la brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d'endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes.

Initialement, la brasse « Anglaise » se nageait sur le côté avec les bras alternés, le retour restant sous-marin. Cependant, elle fut vivement contestée sur le plan de la vitesse. Très vite, on abandonna la brasse anglaise à quatre temps en faveur de la brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La Française Cartonnet, vers 1935, ramena les mains hors de l'eau afin de limiter les résistances, allant jusqu'à faire sortir les nageurs tellement de l'eau qu'ils n'y mettaient même plus la tête.

La recherche de nouvelles solutions a continué. Aux JO de Rome, les chronos de l'Américaine Jastremski descendirent grâce à une technique caractérisée par des coudes hauts et des genoux serrés. On passa alors d'un coup de pied qui ne propulsait guère qu'avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons étant plus écartés que les genoux). La propulsion se faisait alors par l'intérieur des pieds et les tibias. À Munich, en 1972, les nageurs de l'ex-URSS introduisirent un style ondulé en brasse, qui n'était pas interdit par le règlement. Cette innovation fut par la suite autorisée, et l'immersion totale de la tête fut permise en brasse en 1986. La recherche de performances et l'absence initiale de réglementation des nages ont entraîné l'apparition de nouvelles techniques, plus efficaces. La FINA ne réglemente d'ailleurs pas le Crawl mais la nage libre.

Aujourd'hui, le règlement de la brasse est clair : le retour de bras se fait obligatoirement sous la surface de l'eau, et les mains ne peuvent dépasser la ligne des hanches. Ces règles ont été établies pour distinguer clairement la brasse du papillon, notamment depuis 1953.

Le Crawl (Nage Libre) : La Nage de la Vitesse

Au XIXe siècle, les marins, en revenant des Antilles, de Somalie et des îles du Pacifique, ramenèrent de nouvelles techniques empruntées aux populations indigènes. En respirant sur le côté en brasse, la nouvelle technique répondait à l'objectif de vitesse. Cependant, la poussée des jambes en brasse devint incompatible avec l'inclinaison du corps et se transforma en ciseaux de jambes (dans un plan sagittal). C'est la technique de « l'english side stroke », inventée (ou importée) vers 1840. Jusqu'alors, comme en brasse, le retour des bras était réalisé sous l'eau. Mais on se rendit compte que le retour sous-marin des bras produisait une grande résistance à l'avancement. Dès lors, les bras eurent une action alternée (semblable à la nage indienne) mais avec un retour du bras supérieur hors de l'eau.

Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les Amérindiens, repositionna le nageur en nage ventrale pour permettre un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgen » fut adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. Puis, la greffe des ciseaux de jambes de brasse sur sa technique donna naissance en Australie au « double over arm stroke ». Cette technique permettait plus facilement d’obtenir un ciseau de brasse, comme celui connu actuellement. En 1893, les frères Wickham prirent modèle sur les habitants de l’île Salomon du Pacifique et transformèrent l’action des jambes en battement. Ce sont les frères Cavill qui rendirent cette technique populaire. En 1902, Richard Cavill battit le record du monde du 100 yards en nageant l'épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl était alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offrait le meilleur rendement.

En 1906, un certain Tartakover impressionna en France, faisant la démonstration de cette nouvelle technique en compétition à Joinville-le-Pont. « Tartakover » fut d’abord le nom accordé à cette technique, qui deviendra plus tard le « crawl » reconnu actuellement. À partir de 1900, il existait trois épreuves en compétition : la brasse, le dos et la nage libre. Le crawl n’a jamais été codifié, ce qui explique que sa technique est en perpétuelle mutation. En 1922, sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, Johnny Weissmuller (le futur Tarzan) confirma la suprématie du crawl. Ensuite, Gertrude Ederle devint la première femme à traverser la Manche en 1926, établissant le record de la traversée en utilisant le crawl pendant toute la durée de l’épreuve.

Le crawl est à la fois la nage la plus rapide et la plus économique car elle résout les problèmes respiratoires qui permettent de nager à plat sur de longues distances. Johnny Weissmuller lui-même, dans son livre Swimming the American Crawl, a souligné que « The instinctive thing for a beginner to do is to hold his breath. » En France, les nageurs démontrèrent aussi leur maîtrise du crawl en endurance, comme la Française détenant le record du monde du 400m nage libre en 1931, et Alex Jany en 1946 et 1947 (record du monde du 100m et 400m nage libre). En 1952, Jean Boiteux fut sacré champion Olympique du 400m nage libre à Helsinki, devenant le premier champion Olympique de la natation française.

Dans les années 1960, les coordinations du crawl se différencièrent entre le sprint (battements 6 temps) et le demi-fond (battements 2 ou 4 temps). En 1956, les Australiens dominèrent les épreuves de crawl aux JO de Melbourne, à l'image de Fraser qui devint la première femme sous la minute au 100m crawl en 1962. Leur battement 2 temps libérait toute l’énergie sur les bras, le véritable moteur en natation. La première à avoir nagé en battement 2 temps en crawl était aussi Australienne et se nommait Healey. En 1963, la fin de l’obligation de toucher le mur avec la main provoqua la chute des records. Grâce à la culbute, l’Américaine Schollender fut la première femme sous la barre des 2 minutes au 200m nage libre. En sprint, en 1976 à Montréal, Montgomery devint le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl.

Les techniques et coordinations du crawl se multiplient. Ian Thorpe fut le précurseur d’une coordination en semi-rattrapé avec un battement 6 temps sur les distances de demi-fond (200-400m). Sur les mêmes épreuves, Laure Manaudou nageait en superposition avec un battement 2 temps. Plus tard, Michael Phelps utilisa une coordination appelée « crawl boiteux », avec un battement 4 temps, sur le 200m nage libre. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquent l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage (autour de 3 mètres à pleine vitesse pour les meilleurs nageurs). D’un autre côté, certains nageurs préfèrent laisser leur corps à plat sur l’eau. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin est parfois abandonné en crawl.

Le Dos : La Nage du Visage Émergé

L'origine du dos est probablement lointaine. Au départ, l’atout principal de cette nage était sa capacité à maintenir le visage émergé. En 1907, la première épreuve de dos apparut aux championnats de France ; la technique utilisée était alors celle du « Dos brassé ». La position était assise, avec une action simultanée des bras et des jambes de brasse. Aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, Hebner, un nageur américain, utilisa une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen », le « Dos trudgen ». Positionné à plat, le nageur pédalait et s'appuyait bras tendus. Le retour des bras était aérien, alterné et fléchi. Le battement de jambes arriva au cours des années 20, notamment sous l'influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Amster nageait en position dorsale, avec une action alternée des bras, un retour aérien axé, et un battement de jambes. En dos, comme en crawl, les Japonais mirent le paquet sur les jambes.

Les évolutions suivantes concernèrent les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profonds) et les virages. Avant 1920, les nageurs réalisaient un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Puis, dans les années 30, trois techniques coexistèrent. Le virage japonais et le virage hollandais consistaient en une translation horizontale plus ou moins en surface, en restant sur le dos à partir d’un appui de la main sur le mur. Le virage Kiefer, du nom de son inventeuse, était une technique de culbute. Elle réalisait une sorte de culbute tout en conservant les épaules orientées vers le haut, pour rester sur le dos : le « cross over turn ». Cette technique fut si efficace que la nageuse américaine conserva son titre de championne du monde durant 17 années. C’est une Française, Bozon, qui la détrôna en détenant le record du monde du 100m dos.

Les diverses techniques de virage posaient des problèmes de jugement. C’est pourquoi, en 1991, on laissa la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorisa le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle fut alors inventée : « le roll over turn ». À Séoul, en 1988, Berkoff, le nageur américain, et Suzuki, le Japonais, réalisèrent d’excellentes performances sur leurs épreuves de dos grâce aux ondulations sous-marines qu’ils plaçaient au début de la course et après les virages.

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