Introduction
L'histoire de la boulangerie "Le Pain du Jaoul" est une aventure humaine, marquée par la passion du pain, les défis économiques et un attachement profond à la qualité et au contact humain. Ce récit nous emmène de La Salvetat-Peyralès en Aveyron jusqu'au Gard, en suivant le parcours de Benjamin, Allison et leur fils James, des artisans boulangers dont le savoir-faire a été salué par le guide Gault & Millau.
Un Départ Contraint de La Salvetat-Peyralès
Après trois années passées à La Salvetat-Peyralès, en Aveyron, Benjamin, Allison et James, les artisans boulangers derrière "Le Pain du Jaoul", ont pris la décision de mettre les voiles vers le Gard, près d'Alès. Ce départ, bien que déchirant, était motivé par des contraintes économiques et un sentiment de ne pas avoir pleinement trouvé leur place.
Le couple explique : "On a fait ici ce que l’on pouvait. On a vécu de notre activité mais on aurait aimé faire un peu plus. Pour cela il nous fallait investir. Mais avec le bail précaire qu’on avait, c’était juste pas possible." Cette situation, combinée au sentiment que certains habitants de La Salvetat-Peyralès n'ont jamais franchi la porte de leur boulangerie, a rendu leur décision irrévocable.
Regrets et Attachement de la Clientèle
Le départ de Benjamin, Allison et James a suscité une vive émotion parmi leurs clients fidèles. Robin, un habitant arrivé à La Salvetat (presque) en même temps qu'eux, témoigne : "C’est dommage qu’ils partent. J’appréciais beaucoup leur pain. Avec eux ce fut aussi une belle histoire humaine. J’ai été ravi de les avoir rencontrés." Manuela partage ce sentiment, regrettant leur départ et soulignant son amour pour leur pain et pour eux. Dimanche 16 mars, c’était pour eux la der. Beaucoup de clients assidus ont essuyé une petite larme car des liens s’étaient créés.
Reconnaissance du Guide Gault & Millau
Malgré les difficultés rencontrées, "Le Pain du Jaoul" a su se distinguer par la qualité de ses produits. Le guide Gault & Millau les a contactés en janvier, suite à une visite anonyme de leurs inspecteurs. "Votre pain est extraordinaire et vos pâtisseries délicieuses" ont-ils noté dans leur calepin. Ils nous ont annoncé que l’on faisait partie des trois boulangeries incontournables de l’Aveyron. C’est une belle fierté pour nous." Cette reconnaissance, bien que tardive, a été une source de fierté pour le couple, qui a alors annoncé son départ imminent. "Quel dommage ont-ils rétorqué !"
Lire aussi: Nages-et-Solorgues/Langlade : Horaires des boulangeries
Benjamin et Allison n'oublient pas de remercier chaleureusement leur clientèle fidèle : "Sans eux on n’aurait rien pu faire ici."
Le Maintien d'un Nom Symbolique : "Le Pain du Jaoul"
Même en changeant de région, Benjamin et Allison ont choisi de conserver le nom de leur boulangerie : "Le Pain du Jaoul". Ce nom est un symbole fort de leur identité et de leur attachement à leur métier.
Boulangerie d'hier et d'aujourd'hui
L'histoire de Benjamin, Allison et James s'inscrit dans une longue tradition boulangère. En effet, les boulangeries ont toujours été des lieux de vie importants dans les villages et les villes, offrant non seulement du pain, mais aussi un lieu de rencontre et d'échange.
Autrefois, les boulangers disposaient souvent d'un four à bois, comme en témoigne un article de 1904 concernant les boulangers de Séné. A Séné, sous le 1er Empire et la Révolution, les cartes des professions ont été rebattues. Il se peut qu'à la Révolution le ou les fours situés au bourg de Séné, peut-être propriétés comme le moulin de Cantizac du Clergé ou de la Noblesse, aient été saisis et vendus par les Autorités Révolutionnaires. Ainsi Bertran CALLOH [18/9/1792-26/12/1850], âgé de 25 ans, déclare cette profession lors de la naissance de ses jumelles Perrine et Marie le 6/2//1817. L'hypothèse de 2 fours au bourg de Séné est renforcée par la présence au dénombrement de 1841 de la famille LE PLAT, originaire de Theix, boulangers au bourg, comme les LE DIGABEL. Au premier dénombrement connu à Séné en 1841, sous le règne de Louis-Philippe, Jean LE DIGABEL [14/1/1813-23/8/1875] est boulanger aux côtés de son épouse Catherine Raud. André GUILLAS [1818 Meucon - 14/10/1871 Bourg-Séné] déclare la profession de boulanger lors de la naissance de sa fille Marie Julienne en 1863. On voit au 1er plan à droite les Robino devant leur boulangerie. La façade blanche correspond à l'actuel café du bourg. Au second plan, comme l'explique Emile MORIN, la maison de la famille Simon qui sera détruite pour construire la nouvelle mairie vers 1924-26. A gauche, la maison et sa cahute seront détruites pour élargir la rue. La deuxième est prise "devant l'ancienne bibliothèque" et montre à gauche le café du bourg à l'angle de la rue La Fontaine. Sur sa gauche, l'ancienne épicerie de la famille Janvier, parents des Robino, qui sera détruite pour laisser place à une agence immobilière. Louis ROBINO [16/9/1900-22/8/1929] se marie le 7/9/1926 avec Eugénie QUESTER [26/2/1902-3/9/1979] et une belle noce a lieu à Séné qui rassemble 300 personnes. Sous l'occupation Séné, ville cotière est fortement surveillée par les Allemands qui occupent plusieurs maisons de Sinagots. La mairie de l'époque autorise le boulanger Julien LE GLOAHEC [4/5/1875 Vannes - Séné] à circuler la nuit pour se rendre à la boulangerie de la veuve Robino au bourg. Au dénombrmeent de 1962, il est bien répertorié en tant que boulanger avec sa mère. Par la suite la Sarl CRIAUD fera le pain au 22 Place de l'Eglise à Séné. En 2006, Fabienne et Didier TARDIFF s'installent boulangers.
A Dinard, les boulangeries de quartier, comme celle de Cécile et Hervé Romain, jouent un rôle important dans la vie locale, grâce à une clientèle fidèle et aux collaborations avec les écoles et le lycée hôtelier. La proximité entre les boulangeries, comme celles de la place de la République, crée une dynamique de concurrence saine et bénéfique pour tous.
Lire aussi: L'art de la boulangerie à Nogent: l'avis sur Brasse
L'histoire du Moulin du Bonheur à Porquerolles, reconstruit en 2007 après 10 ans de travaux, témoigne de l'importance de préserver le patrimoine et les traditions liés à la fabrication du pain.
Louise Michel et la quête du pain
La quête du pain a souvent été au cœur des luttes sociales. Lors de la Manifestation du 9 mars à Paris, des boulangeries ont été pillées, symbolisant la faim et le désespoir du peuple. C’est lors de cet évènement, que pour la première fois un drapeau noir apparait dans une manifestation. « … Il y a quelque chose de plus important, dans ce procès, que l’enlèvement de quelques morceaux de pain. « …Parce que ce drapeau est le drapeau des grèves et qu’il indique que l’ouvrier n’a pas de pain.
Louise Michel, figure emblématique de la Commune de Paris, a incarné cette lutte pour la justice sociale et l'accès au pain pour tous. Dans Paris affamé, elle crée une cantine pour ses élèves. Elle est même volontaire pour se rendre seule à Versailles et tuer Thiers. Louise MICHEL, et vingt autres femmes condamnees sont dirigees sur La Rochelle , ou le 9 aout 1873 a l’Ile d’Aix, elles sont embarquees, sur la fregate Virginie, au cote de 61 déportées en provenance du fort de Quelern, embarques antérieurement a Brest, et de 88 déportées qui étaient internes а la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Apres 120 jours de traversée, la Virginie entre en rade de Nouméa le 8 décembre 1873. En avril 1890, Louise MICHEL est arrêtée à la suite d’un discours qu’elle a prononcé à Saint-Étienne et de sa participation à un meeting qui entraîna de violentes manifestations à Vienne. Un mois plus tard, elle refuse sa mise en liberté provisoire, car ses co-inculpés restent en prison. Finalement, elle est libérée et quitte Vienne pour Paris le 4 juin. En juillet, Louise se réfugie à Londres où elle gère une école libertaire pendant quelques années. À son retour le 13 novembre 1895, elle est accueillie par une manifestation de sympathie à la Saint-Lazare. Quelques mois avant sa mort, d’octobre à décembre 1904, Louise Michel alors âgée de 74 ans, se rend en Algérie avec Ernest Girault pour une tournée de conférences. A son retour, très affaiblie, elle meurt dans un hôtel de Marseille le 9 janvier 1905.
Lire aussi: L'évolution de la boulangerie aux Avirons