Le Patrimoine Multiforme de "Borda" : Des Navires-Écoles Emblématiques aux Voiliers Modèles et Innovations Techniques

Le nom "Borda" résonne avec une richesse historique et une diversité technique remarquables dans le paysage maritime français, traversant les époques et les domaines, des navires-écoles qui ont formé des générations d'officiers de marine aux voiliers miniatures qui ont enchanté les enfants, en passant par les navires hydrographiques modernes essentiels à la connaissance des océans. Cette appellation emblématique s'ancre profondément dans le patrimoine naval, symbolisant à la fois l'excellence de la formation maritime, la précision de la recherche océanographique et l'ingéniosité du modélisme naval. L'histoire du "Borda" est une tapisserie complexe où se mêlent traditions séculaires, innovations pédagogiques et prouesses techniques, offrant un aperçu fascinant de l'évolution de la culture maritime française et de son impact sur la société.

L'Héritage Navale de "Borda" : Une École d'Application au Fil des Siècles

L'ancêtre de la prestigieuse École navale, l'École d'application de la Marine, fut créée en 1830 et son premier vaisseau se nommait l'Arion. Ce bâtiment fut une étape fondatrice dans l'institutionnalisation de la formation des officiers de marine en France. En 1840, l'Arion fut remplacé par le Commerce-de-Paris, un vieux trois-ponts en bois dont l'origine remontait à 1808. Cependant, le nom de Commerce-de-Paris fut jugé inapproprié pour une École navale, ce qui conduisit à son rebaptême en le Borda. Ce choix n'était pas fortuit, rendant hommage à Jean-Charles de Borda, un illustre savant et marin français du XVIIIème siècle, dont les contributions à la navigation et à l'hydrographie furent considérables. Ainsi, le navire honora un vaillant et savant officier de marine, inscrivant son nom dans l'histoire de la formation navale.

La tradition de désigner les navires-écoles du nom de "Borda" se perpétua au fil des décennies. En 1863, l'École fut transportée sur le Valmy, qui devint alors le Borda III, marquant la continuité de cette lignée pédagogique flottante. Puis, en 1890, c'est L'Intrépide qui prit le relais, devenant le Borda IV, consolidant l'identité de l'institution. Vers 1900, le Duguay-Trouin, un ancien navire-hôpital dénommé antérieurement "Saïgon" qui servait d'École d'application à partir de cette année-là, devint le Borda V. Il est remarquable que tous ces navires, malgré leurs noms officiels distincts, continuèrent d'être familièrement surnommés Borda par les élèves et le personnel, témoignant de la force de cette appellation dans l'imaginaire collectif de la Marine. Cette succession de navires incarne une période où la formation des officiers se déroulait directement sur des bâtiments de guerre, immergeant les futurs marins dans les réalités de la vie en mer dès leurs premiers pas.

Rites et Traditions à Bord des Navires-Écoles Borda

La vie à bord du Borda était rythmée par des traditions fortes et souvent pittoresques, contribuant à forger l'identité et la cohésion des "bordaches", surnom donné aux élèves. Les nouveaux étaient embarqués au ponton du pont Gueydon un jour avant les anciens, une première épreuve qui les plongeait immédiatement dans un monde de codes et de rituels. Entassés comme des moutons dans une canonnière, ils étaient pourtant pleins d'entrain et de joie en lançant un adieu à leurs familles, une marque de l'enthousiasme juvénile face à cette nouvelle aventure. Le surlendemain, les parents étaient admis sur le Borda pour assister à la messe de rentrée, une cérémonie solennelle qui était célébrée dans l'entrepont servant d'étude. Des drapeaux entouraient l'autel, créant une atmosphère empreinte de gravité et de patriotisme, et un seul fauteuil était réservé au pacha, le capitaine de vaisseau commandant l'École, soulignant l'autorité et la hiérarchie.

Les parents prenaient place sur les bancs, et alors entraient les élèves, les anciens les premiers, se rangeant sur les côtés, une démonstration de leur statut et de leur ancienneté. Ensuite, les nouveaux, faisant triste mine dans leur nouveau costume, subissaient les quolibets des anciens criant : « Caillou ! caillou ! » pour saluer leurs têtes rasées, un rite de passage humoristique mais intimidant. Dès la veille, les anciens avaient déjà procédé à la reconnaissance des nouveaux, chacun ayant choisi son "fistot", un jeune élève sous sa protection. Ceux-ci arrivaient ensuite pour dîner à la salle à manger où la soupe était servie, marquant le début d'une intégration plus informelle. Cependant, une autre tradition, plus truculente, attendait les nouveaux : « Qu'est-ce que cela ? », disaient les anciens aux nouveaux, « vous croyez que vous allez dîner ? Apprenez qu'un officier de marine doit savoir se passer de dîner ». Et aussitôt, ils jetaient par les sabords toute la vaisselle et les bouteilles. Ce rituel, bien que destructeur, était un moyen de tester la résilience et l'esprit d'adaptation des jeunes recrues. On en a jeté de ces assiettes pendant tant d'années qu'on prétendait même que leur amoncellement sur le fond de la rade servait de pilotis au vieux Borda et qu'il ne tenait plus que par là, une légende qui illustre l'ampleur de cette pratique. Cette tradition était scrupuleusement respectée, et l'impact financier en était minime, car on se contentait de faire payer la casse aux parents, et c'était fort peu de choses, une anecdote qui en dit long sur les mœurs de l'époque.

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L'Argot des "Bordaches" et la Formation Atypique

Le Borda, comme toute "Grande École" qui se respecte, avait son argot propre, un langage codé qui renforçait le sentiment d'appartenance et distinguait ses élèves. Les "éléphants", ce sont les civils, alias les "pékins", un terme péjoratif soulignant la distinction entre le monde militaire et la société extérieure. Le "bordache", c'est l'élève lui-même, fier de porter ce surnom. Le "clafustard", c'est le mécanicien, tandis que les "bichons", ce sont les godillots, et les "molosses", les sous-officiers surveillants, des figures d'autorité. La "carlingue", quant à elle, c'est l'architecture navale qu'il faut "ramorder", c'est-à-dire étudier et maîtriser. Ce lexique particulier témoigne d'une culture interne riche et d'un esprit de corps indéfectible.

Malgré ces rituels et cet argot, tout cela n'empêchait pas les futurs officiers de marine de travailler ferme. La formation était exigeante et très pratique. Dès les premiers jours, les anciens accompagnaient les nouveaux dans l'ascension des haubans et leur faisaient faire le rétablissement pour entrer dans la hune, une manœuvre essentielle pour la vie sur un voilier. C'était la première étape d'un apprentissage rigoureux. Puis venait l'ascension de la seconde hune, et peu à peu, chacun s'habituait à ne pas avoir le vertige, à courir sur la corde tendue au-dessous de chaque vergue, à lâcher la voile et à la remonter par les ris, toutes ces actions étant exécutées aux commandements du sifflet, symbolisant la discipline et la synchronisation nécessaires en mer. Puis venait la troisième année où les anciens, devenus aspirants, recevaient les aiguillettes, qu'ils ne porteraient plus que s'ils devenaient officiers d'ordonnance, une marque de leur progression. Ils voyageaient alors comme dans un rêve, pour le plaisir autant que pour leur instruction, élargissant leurs horizons et affinant leurs compétences à travers des expériences concrètes en mer.

L'École Navale : De la Mer à la Terre Ferme

Le début du XXème siècle a marqué un tournant pour l'École navale, avec l'émergence de projets visant à installer l'institution à terre, une évolution dictée par les progrès technologiques et les besoins d'une formation modernisée. Un projet d'installation à terre a failli aboutir, l'emplacement choisi étant à la Pointe, dans le quartier de Recouvrance à Brest. Cependant, ce projet échoua faute de financement, repoussant de plusieurs années la concrétisation de cette transition majeure.

La première pierre de la nouvelle École navale fut finalement posée le 14 novembre 1929 par Georges Leygues, alors ministre de la Marine, signifiant un engagement renouvelé de l'État envers cette institution fondamentale. Elle fut inaugurée le 30 septembre 1935 à Saint-Pierre-Quilbignon, à l'époque une commune indépendante de Brest, par le président de la République Albert Lebrun. Cette installation sur terre ferme marqua la fin de l'ère des navires-écoles "Borda" et le début d'une nouvelle ère pour la formation des officiers. Malheureusement, en 1945, les destructions importantes subies par l'École navale de Saint-Pierre-Quilbignon pendant la Seconde Guerre mondiale ne permettaient pas d'accueillir rapidement les élèves officiers dans des conditions acceptables, nécessitant une reconstruction et une adaptation de l'institution après le conflit.

"Le Borda" Aujourd'hui : Un Navire Hydrographique au Service de la Connaissance Maritime

L'héritage du nom "Borda" perdure dans la Marine nationale moderne à travers le bâtiment hydrographique "Le Borda", basé à Brest. Ce navire est un acteur clé dans les missions de connaissance et de sécurisation des espaces maritimes. Fidèle à sa tradition, la ville de Dax a récemment accueilli quelques-uns des 35 membres de l'équipage du "Borda", consolidant ainsi un lien historique. Le commandant Quentin Dupont, actuel dirigeant du navire, a souligné l'importance de cette année pour la Marine nationale, riche en commémorations et en événements.

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Au-delà de perpétuer « le plus vieux parrainage de la Marine » avec la cité thermale, qui date de 1989, la visite de l'équipage du "Borda" s'inscrit dans le cadre des célébrations des 400 ans de la Marine. Ces célébrations, placées sous le thème de la « jeunesse et des territoires », visent à renforcer les liens entre la Marine et la société civile, notamment les jeunes générations. Quentin Dupont, avec fierté, a partagé cette orientation devant des élèves curieux d'en apprendre plus sur le monde de la Marine nationale. Beaucoup d'entre eux n'avaient pas conscience du lien qui unissait Dax à ce navire hydrographique, mais nombreux sont ceux qui partagent un antécédent familial avec un des quatre corps de l'armée française, témoignant d'une connexion préexistante avec le domaine militaire.

Missions Cruciales et Vocationnelles Modernes

La rencontre avec les lycéens a également été une opportunité de susciter des vocations et de faire découvrir la diversité des métiers de la Marine. Parmi les élèves, Chloé, 17 ans, a confié : « Mon père est dans l'armée, mais je ne savais pas qu'il y avait une telle diversité de métiers », évoquant l'idée de se « lancer dans une préparation militaire » à l'issue de cette présentation. Voilà un des objectifs clairement affichés par le commandant Quentin Dupont, qui a précisé : « Notre venue est l'occasion de faire rayonner la Marine, mais le volet recrutement est tout aussi important. » Cette démarche proactive vise à attirer de nouveaux talents vers les carrières maritimes, essentielles pour le maintien de la souveraineté et des capacités opérationnelles françaises.

Durant près d'une heure, les quelques marins du "Borda" ont présenté l'histoire de la Marine, son évolution et les missions spécifiques au bâtiment hydrographique. Actuellement en cale sèche au port de Brest (Finistère), le navire est soumis à des opérations de maintenance essentielles. Son action principale consiste dans l'entretien de la connaissance des fonds marins par des sondages bathymétriques ou des recherches d'épaves et d'obstructions, travaux nécessaires à la mise à jour constante des cartes marines. Ces missions sont fondamentales pour la sécurité de la navigation, la protection de l'environnement marin et la défense nationale. Le délégué départemental pour la Marine nationale, Richard Agenet, a encouragé les jeunes : « On vous engage à mûrir votre projet professionnel pour intégrer une filière, et venir chez nous si vous êtes motivés. » Les mots de l'ancien commandant ont résonné dans l'échange mené avec les lycéens, où des questions telles que : « D'où provient votre passion pour ce métier et comment fait-on pour devenir amiral ? » ont été posées. Un père d'un ancien commandant du "Borda", fier de perpétuer le lien avec les jeunes, a témoigné : « En travaillant bien et en menant des études en parallèle, on peut faire une belle carrière. » Le proviseur du lycée de Borda, Cyril Dubreuil, s'est dit également « ravi » d'accueillir l'équipage pour, peut-être, susciter des vocations. Le commandant Quentin Dupont a insisté sur le large choix qu'offrent les 80 métiers de la Marine, affirmant que : « Le bateau fonctionne comme une petite ville, on a besoin de tous les métiers », avant d'assurer un poste à (presque) toutes les aspirations des élèves. Même la chargée des ressources humaines à bord du "Borda" peut être amenée à manier des armes, ce qu'elle évoque comme étant « quand même atypique », soulignant la polyvalence des rôles.

L'Épopée de la Marque "Borda" : Des Sabots aux Voiliers Jouets

L'histoire de la marque "Borda", célèbre dans le monde du modélisme naval, est une transformation fascinante, ancrée dans l'ingéniosité et l'adaptation industrielle. Daniel Borne, implanté à Mamers (72) avec sa saboterie mécanique, a perçu le déclin du marché du sabot. Cette prise de conscience a déclenché une reconversion audacieuse, car entre un sabot et la coque d'un bateau, il existe des similitudes d'usinage, notamment dans le travail du bois. La plus ancienne trace attestée de production de bateau jouet par Daniel Borne remonte à 1939, une facture ayant été retrouvée au Musée de Sainte Gauburge à Saint-Cyr-la-Rosière (61). Cependant, une découverte plus récente via le registre du commerce par Thierry Vincent a révélé que la marque Borda a été créée à Mamers en 1936, montrant que cette diversification a commencé encore plus tôt que ce que l'on pensait. La production de sabots a été remplacée progressivement par celle des voiliers jouets, marquant une transition stratégique pour l'entreprise.

En 1955, Daniel Borne proposa son entreprise à Charles Husset, un fabricant d'articles de plage. La société changea de mains l'année suivante, mais Daniel Borne fut chargé de concevoir la nouvelle production de bateaux et voiliers. C'est ainsi que naquit la marque BORDA, un nom doublement évocateur : c'est un anagramme de BORne DAniel, le fondateur et concepteur, mais aussi un jeu de mot avec le nom de l'école supérieure des officiers de la Marine Nationale à Brest, établissant un lien symbolique fort avec l'excellence maritime.

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L'Apogée et le Déclin d'une Marque Emblématique

En 1957, la collection Borda était déjà impressionnante, comprenant 19 modèles de barques, de bateaux de pêche et de voiliers, soit un total de 50 modèles différents par leurs tailles (sans compter les combinaisons de couleurs des coques et des voiles), ainsi que 2 vedettes électriques. Cette diversité témoigne d'une ambition de couvrir un large spectre du marché du jouet naval. En 1959, la marque a renforcé son identité visuelle en s'écrivant en majuscule et en intégrant des symboles marins distinctifs tels qu'une ancre, une barre à roue, des pare-battages et des feux de position sur les bateaux. Cet usage s'imposa et identifia clairement la marque chez les revendeurs, contribuant à sa reconnaissance et à son succès commercial.

Au début des années 60, un engagement fort envers la qualité et la fonctionnalité fut pris : les voiliers étaient garantis navigables, avec un certificat accroché à chaque modèle, un gage de sérieux et de fiabilité. À cette époque, l'offre se composait de 25 séries, soit 47 modèles (hors combinaisons de couleurs des coques et voiles), démontrant une production foisonnante et variée. Entre 1970 et 1975, la marque atteignit son apogée en termes de production, ses créations étant très prisées des enfants et des collectionneurs. Cependant, en 1979, le catalogue se réduisait déjà, ne proposant plus que 12 séries et 27 modèles, signe des premiers défis. La qualité et le charme des modèles permirent à la maison Borda de maintenir sa réputation jusqu'en 1980, mais les difficultés s'accumulaient. La désaffection progressive des enfants pour les jouets traditionnels, la concurrence grandissante du plastique qui offrait des alternatives moins chères et plus résistantes, et le décès de Daniel Borne en 1975, qui laissa un grand vide car aucun concepteur ne vint le remplacer, entraînèrent la fermeture de la société en 1985. La disparition de son créateur fut un coup dur, soulignant l'importance de sa vision et de son expertise dans la pérennité de la marque.

La Redécouverte d'un Patrimoine Industriel : L'Exposition Permanente

Malgré la fermeture de la marque en 1985 et sa chute dans l'oubli pour le grand public (sauf pour les collectionneurs de jouets anciens), des efforts importants sont déployés aujourd'hui pour faire revivre et préserver l'histoire des voiliers Borda. Une future exposition permanente est en préparation au sein du centre culturel "Ilot Saint Paul" à Mamers, un projet qui promet de redonner ses lettres de noblesse à cette marque emblématique. La mairie de Mamers a d'ores et déjà acquis le premier voilier pour cette exposition, un modèle VOL 70 extrait d'une collection privée, qui sera exposé dans la salle du conseil.

Un passionné est actuellement chargé de trouver le plus grand nombre de modèles possible, ayant déjà réuni 12 pièces à ce jour, avec une échéance fixée à 2024 pour l'ouverture de l'exposition. La prochaine étape cruciale aura lieu avec la visite guidée par l'un des deux anciens ouvriers de l'atelier, dont l'objectif est de reconstituer le plan des différentes salles, y compris du bureau de Daniel Borne. Le site de l'atelier, situé au 11 boulevard Pasteur à Mamers (72), peut être visualisé via Google Maps, offrant un lien concret avec le passé industriel de la marque. Grâce à ces initiatives, les Mamertins redécouvrent l'histoire de cette marque complètement tombée dans l'oubli, un état de fait qui est destiné à changer, assurant que l'héritage des voiliers Borda soit reconnu et célébré pour les générations futures. Le recueil de ces informations de première main permettra de créer une reconstitution en 3D des ateliers, une tâche confiée à l'entreprise Numériplan de Mamers, pour qu'elle soit présentée aux visiteurs de la future exposition permanente sur les bateaux Borda dans le futur îlot Saint-Paul, offrant une immersion unique dans le processus de fabrication de ces jouets iconiques. L'objectif était de savoir comment étaient disposées les différentes machines ainsi que les étapes de la fabrication depuis l'arrivée des billes de bois jusqu'au produit fini, une quête de précision pour une reconstitution fidèle.

L'Art de la Navigation Modèle : Conception et Performance des Voiliers Borda et Autres

L'univers des voiliers modèles, dont les créations Borda font partie, est un domaine où la compréhension des principes d'hydrodynamisme et d'aérodynamisme est cruciale pour atteindre des performances optimales. La conception de ces petites embarcations, qu'elles soient destinées au jeu ou à la collection, implique des choix techniques significatifs qui influent directement sur leur comportement sur l'eau.

Typologies des Modèles : Séries SY et MK

Les modèles de voiliers jouets se distinguent par des caractéristiques de conception variées, chacune ayant un impact sur la navigabilité. La série SY, par exemple, se distingue par une coque pleine, un pont peint et l'absence de gouvernail. Cette série se décline du modèle SY 00 de 5 pouces au SY7 Ocean Star de 24 pouces, ce dernier valant une fortune car extrêmement rare en raison de sa taille et de sa faible production. Cependant, les SY naviguent comme des enclumes, une conséquence de leur coque pleine et de leur conception générale qui les rend moins agiles et moins performants face au vent.

En contraste, la série MK, également connue sous le nom d'Endeavour, possède un pont verni, un gouvernail et une coque creuse. Cette série ne comporte que quatre modèles, allant du Endeavour I de 12 pouces au Endeavour IV de 18 pouces. Les MK, grâce à leur coque creuse et la présence d'un gouvernail, voguent correctement, offrant une meilleure maniabilité et une plus grande aptitude à suivre un cap. Néanmoins, leur performance reste inférieure à celle de l'Ailsa, un autre modèle de référence pour sa qualité de navigation. Ces distinctions illustrent les compromis et les choix de conception qui déterminent le caractère et les aptitudes de chaque série de voiliers modèles.

L'Importance Cruciale du Lest et de la Voilure

Pour qu'un voilier modèle navigue élégamment sur les flots, la relation entre le lest et la voilure est fondamentale. Avec un coefficient de lest de 55%, les bateaux des collectionneurs ou fabricants modernes doivent bien se comporter à la brise, indiquant une excellente stabilité même par vent fort. Cependant, d'origine, les coefficients de lest des modèles historiques étaient souvent bien inférieurs : le Tirot 503 est à 22%, le Star SY5 et le Borda VG50 à 28%, et les Star MK3 et 4 à 34%. Ces valeurs montrent une tendance à des bateaux moins lestés, ce qui, si la voilure n'est pas adaptée, peut compromettre leur stabilité. Il est intéressant de noter que la quille de l'Ailsa n'a pas été démontée pour peser le lest, par crainte de l'endommager, mais à l'estime, il se rapproche plus des 55% de lest, ce qui expliquerait en partie ses qualités de navigation supérieures.

Si l'on ne veut pas exagérément augmenter la profondeur de la dérive - imaginant difficilement nos voiliers munis d'une dérive sabre de type classe M ou IOM, souvent associées à des voiliers de compétition - il faudra réduire la voilure. L'objectif est de permettre au bateau de naviguer au moins jusque force 2 sans se vautrer, c'est-à-dire sans chavirer de manière inélégante. Il est vrai que nos voiliers, comme ceux de grandeur, ont toujours une allure et une force de vent préférentielles. Cependant, il n'est pas séant qu'ils se trempent le bout de la bôme dans l'eau, même par forte chaleur, une image qui souligne la recherche d'une navigation élégante et maîtrisée, indépendamment des conditions.

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