Bonne Année et Surf : Traditions, Symboliques et Rites de Passage

Se souhaiter la "Bonne Année" est avant tout un acte bienveillant et optimiste. Que ce soit avec sa famille, ses amis, ses collègues ou même des inconnus, ces vœux symbolisent le désir de voir l’autre heureux, épanoui et en bonne santé pour les 12 mois à venir. Le fait de marquer le passage à une nouvelle année ne date pas d’hier. Déjà, dans l’Antiquité, les civilisations avaient pour habitude de célébrer le cycle du temps. Les Romains, de leur côté, célébraient Janus, le dieu des commencements et des fins, dont le mois de janvier tire son nom. C’est à cette époque que l’idée de formuler des vœux pour l’avenir s’est répandue. Avec l’évolution des civilisations, les vœux de Bonne Année ont pris de nombreuses formes selon les cultures et les religions. En France, dès le Moyen Âge, il était courant de s’échanger des lettres ou de petites attentions pour transmettre ses vœux. Dans certaines traditions, le Nouvel An est aussi l’occasion de renouveler ses relations et de repartir sur de nouvelles bases. Si l’acte de souhaiter la Bonne Année est universel, les façons de le faire varient selon les cultures et traditions locales.

Diversité des célébrations à travers le monde

Au Canada, les Canadiens, influencés par les traditions anglophones et francophones, se souhaitent "Happy New Year!" ou "Bonne Année!". En Australie, les Australiens célèbrent la nouvelle année avec de gigantesques feux d’artifice, notamment à Sydney. En Suède, le Nouvel An est marqué par la lecture du poème "Nyårsklockan" (Les Cloches du Nouvel An) à la télévision. En Irlande, il est de coutume de dire "Athbhliain faoi mhaise duit!". En Écosse, lors du "Hogmanay", les Écossais chantent "Auld Lang Syne" tout en se souhaitant une bonne année. En Chine, pendant le Nouvel An chinois, qui suit le calendrier lunaire, on souhaite "Gōng xǐ fā cái" (Félicitations et prospérité). Au Japon, le Nouvel An ("Shōgatsu") est marqué par des salutations traditionnelles telles que "Akemashite omedetō gozaimasu". Au Brésil, le Nouvel An, appelé "Réveillon", est célébré sur les plages.

À l’ère numérique, se souhaiter une Bonne Année a pris une nouvelle dimension. Pourtant, la sincérité du geste reste intacte. Au-delà des mots, souhaiter une Bonne Année, c’est partager un moment d’humanité et de positivité. C’est se rappeler que, malgré les défis de la vie, nous sommes tous reliés par un même désir de bonheur et de réussite.

Rituels du Nouvel An : entre chance et symbolisme

Commencez la nouvelle année en beauté, c’est-à-dire du bon pied. En Écosse et en Grèce, le « premier pied » est une vieille tradition : la première personne à entrer dans votre maison vous portera soit bonheur, soit malheur. Il est judicieux de faire entrer vos amis et les membres de votre famille en premier, toujours du pied droit et jamais les mains vides. Dans beaucoup de pays, le « saut dans la nouvelle année » se vit au sens littéral : les Danois sautent du haut d’une chaise à minuit, quant aux Brésiliens, ils plongent véritablement dans l’année suivante. Ils se rendent à la plage pour se lancer par-dessus sept vagues, tout en faisant sept vœux pour l’année à venir.

En Espagne et dans de nombreux autres pays hispanophones, les habitants commencent la nouvelle année la bouche pleine : manger douze grains de raisin à minuit est censé apporter douze mois pleins de bonheur et de prospérité, en attendant que les cloches de l’église aient sonné minuit et manger un grain de raisin à chaque coup de l’horloge. En Russie, les habitants prennent leurs vœux très au sérieux : ils font un vœu, l’écrivent sur un papier, brûlent ledit papier, puis versent les cendres dans un verre de champagne et boivent le tout. En Colombie, les gens qui espèrent une année pleine de voyages prennent leur valise vide et sortent faire le tour du pâté de maison à minuit. Il existe aussi un grand nombre de traditions liées à la tenue vestimentaire : au Brésil, porter du blanc éloigne les mauvais esprits, tandis qu'en Chine, s’habiller en rouge porte bonheur. Manger des aliments de forme arrondie est aussi un signe de prospérité ; en Italie, les lentilles, qui ressemblent vaguement à des pièces de monnaie, sont consommées pour attirer la richesse. Aux Philippines, les formes arrondies vont au-delà de la table : les habitants mangent et étalent des fruits ronds, s’offrent des pièces et portent des vêtements à pois. Enfin, en Europe germanophone et dans certains pays nordiques, on utilise du plomb fondu dans un bol d’eau pour prédire la nouvelle année.

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L’histoire spirituelle du surf : des origines sacrées

Le surf est né loin des côtes européennes, mais il est devenu indissociable de certains paysages français. L’origine du surf remonte à plusieurs siècles, en Polynésie et à Hawaï. La glisse sur les vagues était à ce moment un rituel social, une pratique spirituelle et un marqueur culturel fort. Cette pratique était une épreuve d’habileté récréative, mais elle était également enracinée dans la culture indigène. Les premières planches étaient façonnées dans des troncs d’arbres massifs.

Avant d’être un sport, le surf est d’abord une pratique culturelle et spirituelle profondément ancrée dans les traditions polynésiennes et hawaïennes. Selon Christophe Guibert, professeur de sociologie à l’Université d’Angers, la découverte du surf se fait à la faveur des expéditions européennes, en particulier anglaises, avec le navigateur James Cook. Celui-ci observe les autochtones d’Hawaï glisser sur les vagues, une activité alors inconnue en Europe. C’est une activité spirituelle qui a une dimension symbolique très loin de l’activité sportive au sens strict. Seuls certains membres des tribus, comme les chefs ou les guerriers, pouvaient surfer sur de grandes planches, tandis que les autres devaient se contenter de modèles plus petits. Le surf avait donc aussi une dimension hiérarchique et sociale.

Mythes et cosmogonie de la vague

Le terme « vague » est particulièrement bien adapté ici, puisque les déplacements de population se firent essentiellement par voie maritime. Les vagues étaient considérées par la population hawaïenne comme le fruit de l’interaction entre Lono, dieu de la fertilité résidant dans le ciel, et Nu’akea, déesse créatrice de la houle et résidant dans les eaux primordiales du dieu Kāne. Lorsque Lono éveille Nu’akea, en bousculant la surface de l’océan, la déesse exploite l’énergie cinétique du dieu pour créer la houle et les grandes vagues. La crête de ces vagues était considérée comme le point de création de la vie. Tenter de se placer au sommet de ces vagues, c’était alors dominer la vie et absorber cette énergie électrique. En hawaïen, surfer se dit he’e nalu. He’e signifie fuir, mais porte une forte connotation évoquant la capacité à se prévenir des maladies, tandis que nalu désigne à la fois les vagues et le liquide amniotique. He’e nalu signifie donc fuir sur les vagues, mais également écarter les maladies de sa vie.

Les planches de surf étaient des objets de pouvoir. Les planches Olo étaient celles des membres de la royauté hawaïenne. Particulièrement longues et étroites, elles pouvaient atteindre 5 mètres de long et peser jusqu’à 70 kilos. En tenant compte du fait que les membres de la royauté se devaient d’avoir un physique imposant, l’ensemble surfeur et planche pouvait dépasser les 100 kilos. Le but était de demeurer au sommet de la vague, au point d’interaction entre les deux divinités. Les planches Alaia, plus petites et maniables, étaient mieux adaptées aux vagues agitées. Avoir une planche soignée et bien entretenue était comparable en termes de fierté à la possession d’un objet précieux par un gentleman.

La survie et la renaissance d’une culture

Cette tradition a connu un brutal recul à l'époque coloniale. Les missionnaires européens, choqués par une pratique souvent dénudée et perçue comme païenne, ont réprimé le surf, qui a survécu dans l’ombre. Il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que cette activité soit à nouveau valorisée. Des figures comme l’écrivain Jack London ont redonné ses lettres de noblesse à cette pratique ancestrale en célébrant le corps hawaïen et son lien avec la mer. Le Duc, comme on l'appelle aujourd'hui, fut un ambassadeur essentiel. Sauveteur sur la plage de Waikiki, champion olympique de natation et surfeur, il emmenait sa planche de surf à toutes les compétitions internationales de natation pour donner une représentation de l’art du surf à une foule émerveillée.

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C’est aux États-Unis, notamment en Californie, que le surf est entré dans l’ère moderne. Dès les années 1920, des surfeurs hawaïens ont été invités pour faire la démonstration de leur talent dans les nouvelles stations balnéaires. L’après-guerre a marqué un tournant : planches modernisées, musique surf, culture beachwear et films ont transformé le surf en phénomène de masse, s’appuyant sur une esthétique et une philosophie qui flirtent avec la contre-culture.

L’implantation et l’évolution du surf en France

L’histoire du surf en France débute à Biarritz en 1957. Peter Viertel, un scénariste américain, importe le surf lors d’un tournage sur la côte basque. En voyant les vagues, il fait venir l’une de ses planches et devient le premier surfeur en France. Cet événement marque un tournant et attire l’attention de passionnés locaux. Très vite, les premières planches sont importées, d’autres sont fabriquées localement, et une petite communauté se forme. Contrairement à ce que véhiculaient les magazines dans les années 1980, le surf était initialement en France une activité bourgeoise, pratiquée par des jeunes gens de la bourgeoisie locale ou des riches Parisiens en vacances. Le développement fut progressif : des Pyrénées-Atlantiques au sud des Landes, puis vers la Bretagne et la Vendée, le surf s’est imposé comme une pratique estivale incontournable.

Les pionniers du surf français, comme Jo Moraiz, ont joué un rôle clé en créant les premiers clubs, en diffusant les règles de sécurité et en partageant leurs connaissances. La création de la Fédération Française de Surf a ensuite structuré la pratique. L’évolution des planches a suivi celle du sport : des planches massives en bois, puis des planches en balsa plus légères, jusqu’aux constructions actuelles à base de mousses et de résines modernes. La série de vidéos "Dusty Surfboards", réalisée par Oxbow et portée par Arnaud Mestelan, illustre cette transmission en dépoussiérant des planches chargées d’histoire.

La culture surf : au-delà du mythe et du marketing

Aujourd’hui, parler de culture surf est en réalité une simplification. Christophe Guibert préfère parler de « cultures du surf », tant les pratiques, motivations et visions sont variées : certains surfent pour le plaisir, d’autres pour la compétition, d’autres encore pour le voyage ou la méditation. En France, la culture surf a longtemps été imposée par le marketing des marques de surfwear, désireuses de capitaliser sur l’imaginaire californien en associant systématiquement le surf au voyage, à la contre-culture et à l’oisiveté. Pourtant, cet héritage est souvent en décalage avec les réalités du terrain.

Au-delà des influences commerciales des XXe et XXIe siècles, le surf est resté l’un des sports les plus élémentaires. Aucune entreprise mondiale, aucun accord de sponsoring ni aucune production cinématographique ne parvient à contourner la fascination pure de la vague. Si vous demandez aux surfeurs ce que le surf signifie pour eux, ils vous parleront avec émotion de cette sensation indescriptible.

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