L’art du pont en bois massif : conception, entretien et spécificités nautiques

Naviguer sur un voilier, surtout pour les néophytes, peut être une expérience déroutante. Le lexique du nautisme, ou vocabulaire marin, peut vite devenir incompréhensible et faire peur, alors que le langage marin n’est pas si compliqué. Lorsque nous montons à bord d’un voilier, nous nous installons dans le cockpit, l’endroit où reviennent la grande majorité des manœuvres, dont la barre qui permet de manœuvrer le bateau. Autour du cockpit, on trouve les hiloires, des surélévations permettant de protéger l’équipage des embruns, et les coffres de cockpit, rangements situés sous les bancs. À l’arrière, la jupe ou plage arrière facilite le passage de l’annexe ou la baignade. En progressant vers l’avant, on longe le roof, structure sur laquelle se trouvent les mains courantes, jusqu’à atteindre la plage avant, délimitée par le balcon avant.

Cependant, la structure même du pont mérite une attention particulière. Sur un bateau en bois ponté, le pont est supporté par la serre-bauquière et par des poutres transversales : les barrots, appelés autrefois baux. Le terme maître-bau désigne encore l’endroit où la largeur du bateau est la plus grande. L’ossature du pont est pratiquement identique du dériveur au yacht de haute mer classique. Parallèlement à l’arête supérieure du tablier, se trouve le balkweger, qui sert à recevoir les poutres du pont. La liaison entre les poutres de pont et le calepinage est généralement réalisée par une queue d’aronde, afin que les forces de traction puissent être absorbées de manière positive. Pour renforcer la liaison coque-pont, les poutres de pont et les membrures sont reliées entre elles par des coudes verticaux forgés.

Les différentes typologies de ponts en bois

Les voiliers habitables se distinguent par leurs ouvertures, parfois discrètes ou imposantes. Les descentes permettent d’entrer à l’intérieur du bateau ; sur les petits voiliers, elles sont intégrées à un rouf et comportent une ou quelques marches. Sur les bateaux moyens, une autre descente se situe à l’avant, donnant sur le poste avant. Le rouf d’un bateau de course moderne se prolonge souvent par une casquette, offrant une protection au barreur. Un cas particulier est la chambre de veille, située près de la barre. Sur les grands voiliers, la timonerie peut être située devant le mât de tapecul.

Quant au revêtement, le choix du matériau est crucial. Pour les amateurs de sports nautiques, la réponse est claire : il faut du bois. Le pont d’un yacht n’acquiert sa valeur qu’avec les planches de bois qui lui confèrent un aspect maritime unique. Il existe plusieurs méthodes de construction : les ponts en toile, les ponts à barres classiques, ou les ponts en staff sur contreplaqué. Les ponts en toile, l’un des types les plus anciens, utilisent des planches de conifères légers clouées sur les poutres, étanchéifiées par un revêtement en lin. Aujourd’hui, ces ponts ont tendance à vieillir et à se fissurer, nécessitant un remplacement des bois sous-jacents sujets à la corrosion.

Les ponts à barres classiques des yachts de haute gamme sont généralement recouverts de teck, essence appartenant à la classe de résistance 1, avec une durée de vie d’au moins 25 ans. Sa forte teneur en caoutchouc assure durabilité et souplesse, tout en étant agréable pour les pieds nus. Le Cumaru ou l’ipé sont également utilisés, présentant de faibles risques de déformation. Enfin, les ponts en acajou massif, souvent utilisés sur des dériveurs classiques, sont protégés par un vernis brillant qui, bien qu'esthétique, peut rendre le pont glissant.

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