Le terme « slam » possède une richesse sémantique qui peut prêter à confusion, embrassant des réalités aussi diverses qu'une performance poétique engagée et une pratique physique intense lors de concerts de musique extrême. Pour en saisir toute la portée, il est essentiel de distinguer ces acceptions et de comprendre leurs origines et leurs manifestations distinctes, qui, si elles partagent un même vocable, témoignent de dynamiques culturelles bien différentes.
Le Slam Poétique : L'Art Oratoire de la Performance
Historiquement, un slam est avant tout une compétition de poésie. C'est une poésie déclamée dans des espaces publics tels que la rue ou un bar, ou dans un lieu de spectacle comme une salle de concert ou un théâtre, avec ou sans accompagnement musical. Le slam appartient au genre de la poésie engagée, dont il renouvelle les codes. Le vocabulaire est souvent familier, incluant argot, verlan et néologismes, le choix des mots étant entièrement au service de la rythmique. Cette forme artistique se situe entre la diction et le chant. L'éventuelle partie instrumentale est toujours au service du texte et ne doit en aucun cas le couvrir.
Le slam, en tant que genre ou scène spécifique, apparaît dans les années 1990. C'est un mouvement social et culturel inventé en 1986 par Marc Smith, meneur de la troupe de poètes le Chicago Poetry. C’est un concours de poésie ouvert à tous, interactif, où les juges sont choisis au hasard dans le public, l’objectif étant de voir qui va remporter le slam (chelem) de la semaine. En anglais, Slam Poetry signifie « chelem de poésie », dans le sens des tournois du grand chelem de rugby ou de tennis. Dans les pays francophones, il est parfois détourné de son sens, faisant dériver le verbe « to slam » signifiant « claquer », une expression qui pourrait signifier l’impact quasi physique qu’ont les mots sur le public. Les scènes slam prennent la forme ludique d’une rencontre, impliquant une participation active du public.
Cette pratique offre une tribune d'expression par laquelle les personnes sur scène déclament leur poésie dans la forme qu'elles désirent, chaque événement définissant la palette des formes autorisées. Le slameur est censé composer lui-même les textes qu'il déclame. Le slam est d’ailleurs souvent assimilé au rap, mais les deux arts sont pourtant différents : le premier est un tournoi de poésie et l’autre un genre musical. Les règles du slam sont minimales : un micro est offert au slameur, les juges sont choisis dans le public et la session est animée par un Maître de cérémonie qui rythme la session et distribue la parole. Il ne s’agit pas juste de lire son texte devant un public : il faut aussi s’engager physiquement, une prestation qui doit durer au maximum trois minutes. La musique n’est également pas acceptée lors des sessions slam proprement dites, soulignant le caractère central du texte et de la performance orale.
L'art oratoire qu'est le slam mêle poésie et spectacle vivant. C'est un genre artistique populaire, caractérisé par la performance scénique d’une personne qui vient clamer ses textes, éventuellement sur un fond musical. Le mot est issu de l’argot américain : venant de l’expression « to slam a door » (claquer une porte), il pourrait signifier l’impact quasi physique qu’ont les mots sur le public. Le slam serait « né en 1984 lorsque Mark Smith, ouvrier en bâtiment et poète, mit en place un jeu de poésie dans un club de jazz à Chicago ». C'est un art du spectacle oral et scénique, focalisé sur le verbe et l'expression brute avec une grande économie de moyens, établissant un lien fort entre écriture et performance. Marc Smith n'aura eu qu'à modifier le concept de départ pratiqué par les poètes-beat, en l'adaptant à son époque, aux goûts et désirs d'un public moins disposé à la spontanéité, saisissant une opportunité circonstancielle et s'appropriant une formule existante en l'ajustant à sa base. Aujourd’hui, le genre est pratiqué un peu partout dans le monde.
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Ambiances et Performances du Slam
Les soirées slam se déroulent souvent dans une atmosphère intime et participative. Dans une salle sombre, éclairée par des bougies ornant chaque table, le public se compose fréquemment de personnes d'origines diverses, un mélange de « Blacks », « Reunois », quelques « Reubeus » et de rares « Céfrans », utilisant le langage d'usage du lieu. Au fond, une scène très éclairée accueille les performeurs. Une chanteuse, parfois en robe « chinoise », accompagnée d’un trio de musiciens professionnels (basse, batterie, piano électrique), anime la soirée. Elle meuble l’attente entre chaque prestation, plaisantant avec le public, chauffant la salle et encourageant ceux qui montent sur scène.
Le principe de ces soirées est à la fois intéressant et sympathique : tout le monde peut monter sur scène. On assiste à une subtile combinaison où se mêlent des professionnels, pas ou pas encore très connus du grand public, qui font un showcase (petit concert de deux ou trois morceaux pour présenter un disque), et des amateurs, qui se lancent pour la première fois. La qualité d'une prestation se manifeste à travers divers aspects. Tandis que certains novices peuvent monter sur scène avec leur sac à dos ou déclamer des textes d'une simplicité désarmante, tels que « Je regarde le ciel / Et il fait beau / Je regarde ma femme / On dirait une princesse », d'autres, avec plus d'expérience, impressionnent.
Le texte du slameur consiste généralement en un poème autobiographique, souvent sur le ton de la plainte ou de la complainte. Certains poètes, par leurs origines, se sentent « le cul entre trois chaises » (par exemple, Afrique, Antilles, France), et leurs textes abordent des références au blues, aux esclaves noirs, à Aimé Césaire, à la ségrégation sociale vécue au quotidien, ou à la vie dans les banlieues parisiennes. Sur fond de musique funk ou hip-hop, ou sur un rythme de type groove (binaire à quatre temps ou de type shuffle, mélangeant binaire et ternaire, avec accentuation de l’after-beat sur les 2e et 4e temps), le slameur harangue le public comme le ferait un prédicateur noir américain. Il accentue et répète certains mots, suscitant des réponses et des commentaires du public qui siffle, commente ou ponctue la fin d’une strophe.
Au-delà de la façon de déclamer en égrenant les syllabes de manière très rythmique, l'aspect performatif du slam inclut la gestuelle et l’habillement. Les slameurs professionnels se distinguent souvent des amateurs par un look plus travaillé, correspondant au style streetwear importé des États-Unis via les clips vidéo et les musiques hip-hop, rap, R’n’B (une continuation du rhythm’n’blues classique des années 1950 à 1970). Cela se traduit par des baskets, une casquette masquant le regard, un pantalon large de type baggy ou de survêtement, un tee-shirt de taille XXL, et des bagues éventuelles. Une attitude générale, à la fois décontractée et provocante, caractérise le bon rappeur/slameur, témoignant d’un style de vie dont le concert n’est qu’une composante.
L'engagement vocal et la conviction du slameur sont essentiels pour capter l'attention. Un artiste avancé dans la pratique de son art peut surgir du fond de la salle et être déjà dans la performance avant même de monter sur scène, montrant un engagement dans la voix et une conviction qui emportent l'adhésion du public. Ses textes, parfois raffinés, parfois plus naïfs, racontent sa vie, de ses premières expériences aux séparations amoureuses. Les accents de sincérité conquièrent le public, qui crie pour ponctuer la fin des couplets. La gestuelle, rappelant celle des rappeurs américains, marque le rythme avec les bras lancés en avant, la main à moitié ouverte, l’index tendu vers le bas. Le rap est aussi un théâtre, et l'attitude affichée en permanence dépasse le strict cadre de la scène. Une performance peut se conclure de manière théâtrale, l'artiste quittant la scène sous les acclamations, son téléphone sonnant, continuant sa représentation même en dehors du projecteur.
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Le Slam Poétique dans le Monde Francophone
Le slam poétique s'est largement diffusé au-delà de ses origines américaines, trouvant un écho particulier dans les pays francophones.
En France
En France, le slam apparaît véritablement dans les années 1990, et plus particulièrement en 1995 avec la réunion d’un noyau dur (Nada, Joël Barazer, MC Clean, Pilote le Hot) mêlant poètes et « performeurs » dans un bar de Pigalle, le Club-Club, rue André Antoine. En 1997, Pilote le Hot développe le mouvement à La Flèche d'or. L’exposition médiatique du film Slam de Marc Levin en 1998 coïncide avec la découverte du mouvement dans l’hexagone, notamment dans la capitale où se crée un premier cercle d’initiés. Après la fermeture du Club Club, une nouvelle forme artistique devient un terrain de jeu pour partager des textes en public.
Une confusion existe parfois sur le terme de « slam » en France, utilisé pour désigner une simple scène ouverte de lecture de poèmes ou de la poésie urbaine chantée ou déclamée avec de la musique, c'est-à-dire du « spoken word ». Des maisons de disques publient des artistes individuels qui se sont fait connaître en pratiquant le slam, comme l'artiste Grand Corps Malade. En 2006, la sortie de Midi 20, premier album de spoken word de Grand Corps Malade, slameur plusieurs fois vainqueur des tournois Bouchazoreill'slam, apporte un coup de projecteur supplémentaire sur le mouvement français.
Sous l'impulsion de différentes associations françaises (L'Astre en Moi de Poitiers, Slam 37 de Tours et Slam Tribu de Reims) souhaitant resserrer les liens entre tous les acteurs du slam français, « La Ligue Slam de France » se constitue en 2009. Grand Corps Malade en est le membre d'honneur et Marc Smith apporte son soutien dès sa création. En 2010, le mouvement français se fédère en réseau national autour de la Ligue Slam de France. À partir de 2011, le réseau s'active avec l'annuelle Coupe de la Ligue Slam de France, le premier festival 100 % slam créé et dirigé par Mr Zurg et Yopo, cofondateurs de la Ligue Slam (avec Onizuka de Poitiers, Selecta Seb, Msieur Dam et Laurent Etienne.com de Reims) et directeurs artistiques de la Coupe. En 2020, la Ligue fédère plus de 50 associations dans toute la France et développe plusieurs actions nationales d'ampleur comme Slam à l'école pour l'Éducation Nationale, en partenariat avec la Fondation Culture et diversité.
Les compétitions de slam prennent également de l'ampleur. En 2004, le premier Grand Slam National réunit à Nantes des équipes de poètes venant de toute la France, accueillies par Jean Blaise. Organisé par la Fédération Française De Slam Poésie (FFDSP), le GSN réunit des équipes de quatre poètes venus représenter leur communauté. Plusieurs rounds sont organisés, les équipes se rencontrent, et les poètes déclament leurs textes sur un temps limité, devant un public au sein duquel un jury de trois personnes est choisi. En 2005, en même temps que le deuxième Grand Slam National, se produit le premier Grand Slam Interscolaire au Lieu Unique à Nantes, réunissant des élèves de CE1, CM1 et CM2. En 2007, la première Coupe du Monde de Slam de Poésie se produit en France, organisée par la Fédération Française De Slam Poésie. Les poètes gagnants du Slam national de leur pays sont invités en France et se rencontrent. Les lieux et ordres de passage sont tirés au sort ; toutes les performances des poètes sont traduites en anglais et en français, rétro-projetées sur un écran de fond de scène. Cette première Coupe du Monde de Slam Poésie a ainsi organisé la rencontre entre seize poètes venant des États-Unis, du Canada, d'Italie, du Zimbabwe, d'Afrique du Sud, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suisse, de Hollande, de Madagascar, de France, du Danemark, de Suède, de République tchèque, de Russie et de Singapour. La Coupe du Monde se poursuit alors de manière annuelle. En 2011, le huitième Grand Slam National, la cinquième Coupe du Monde et le septième Grand Slam Interscolaire se déroulent à Paris, dans les quartiers de Belleville et Ménilmontant. En 2015, ce sont 24 pays du monde entier qui sont représentés en France lors de la Coupe du Monde, incluant l'Allemagne, l'Angleterre, l'Argentine, la Belgique, le Brésil, le Canada, le Congo, le Danemark, l'Écosse, l'Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, le Gabon, la Hollande, Israël, le Japon, la Macédoine, Madagascar, la Norvège, le Portugal, le Québec et la Russie. C'est la première fois qu'un poète japonais participe au seul tournoi mondial en France. Et c'est Clotilde de Brito, la représentante de la France, qui remporte la Coupe du Monde. Cette même année, 16 villes participent au Grand Slam National dans tout le quartier de Belleville Ménilmontant. En 2016, le jeune slameur Kendal remporte le titre de Champion de France dans la catégorie 12-15 ans, tout comme son équipe (de Nantes).
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En Belgique
Les premières plateformes apparentées au slam apparaissent en 2001 à Bruxelles, quelques années après l'arrivée du slam à Paris, introduit entre autres par l'asbl Léz'arts Urbains. Dès 2005, à Liège, Dominique Massaut lance les premières scènes ouvertes de slam de Belgique francophone, d'abord à l'Aquilone et, ensuite, au Centre de Jeunes La Zone (Liège). Depuis 2007, les scènes slam permanentes se sont développées à Mons (Maison Folie), et en 2008, à Namur mais aussi à Charleroi au sein du centre culturel l'Eden. Des scènes slam commencent à s'ouvrir un peu partout, y compris en Flandre du côté de Gand. En 2007, un championnat de slam est organisé à Bruxelles à l'initiative de Xavier Roelens, mêlant les langues officielles, avec traduction des textes. Dans le contexte actuel du conflit linguistique belge, le slam démontre plus que jamais ses valeurs dépourvues de frontières.
En avril 2008, La Zone de Liège a organisé les 24H Slam du Mot, réalisant la plus longue scène slam d'Europe et sans doute du monde : 24 heures de scène ouverte sans aucune interruption (rebaptisées 24H slam de Liège pour les éditions de 2009, 2011, 2013 et 2015). Cet événement a ainsi réuni des acteurs de la scène slam belge, française et suisse. La deuxième édition s'est déroulée les 26 et 27 septembre 2009 avec autant de succès. En 2011, les éditions Maelström publient Zone Slam (Volume 1), de Dominique Massaut, qui raconte l'expérience liégeoise. En 2012, Mochélan crée le spectacle Nés Poumon Noir. En juin 2016, le Goslam collectif de Charleroi a organisé à son tour son premier 24 heures de slam en différents lieux du Pays Noir (marché de Charleroi, au Harpers Bar, au sein de l'atelier M, du métro, etc.) où des slameurs venant de France, d'Allemagne, d'Italie et des États-Unis furent invités. La Zone ne détient plus le record de la plus longue scène slam d'Europe depuis septembre 2018, car le Goslam City Collectif de Charleroi a organisé son premier 36 heures chrono les 7, 8 et 9 septembre 2018. Lors de cette plus longue scène d'Europe, différents slameurs et slameuses ont partagé leur(s) poésie(s) au sein de différents lieux du Pays Noir et se sont affrontés lors d'un tournoi organisé le vendredi 7 septembre dès 19 heures au centre culturel l'Eden. Charleroi est la deuxième ville à avoir atteint la finale du grand slam national à Paris en 2016 avec son équipe de quatre slameurs (Mots-arts, le Chauve-Sourit, Toro et Mot-dit) et en 2017 avec le Chauve-Sourit, Mots Arts, Lisette Lombé et Slamdog.
En Suisse Romande
En Suisse romande, le slam apparaît pour la première fois le 13 septembre 2002 dans une soirée au Chat Noir de Genève, animée par La Camarilla, le Cercle des poètes apparus, et la Section Lyonnaise des Amasseurs de Mots (SLAM). La philosophie est « Un texte dit, un verre offert ». Soutenu par le film Slam de Marc Levin, projeté en avril 2004 en clôture du festival Black Movie, la tendance se répand, et les jeunes rappeurs qui s’expriment sans musique de fond commencent à se référer au « slam ». Des ateliers de slam ont lieu à la maison de quartier de la Jonction. Une action slam mensuelle est instaurée au Chat noir, sous la houlette du rappeur Basengo. Le slam arrive aussi directement aux Suisses romands, alors que la compagnie parisienne de Pilote le Hot fait une tournée à Genève, Lausanne et Fribourg en juin 2004. À Lausanne, le Centre d'Animation de la Cité a mis sur pied en 2004 un projet slam comme outil d'intégration dans un quartier populaire de la ville : Le Vallon. Il prend la forme de soirées mensuelles au Théâtre 2.21, situé également dans le quartier du Vallon. En 2006, sous l'impulsion d'une animatrice du centre d'animation de la cité, Liliane Hodel, est fondée la SLAAM (société lausannoise des amatrices et amateurs de mots). Cette association a pour but de promouvoir le slam dans la région lausannoise et de représenter le slam romand à l'étranger. Elle organise mensuellement des soirées slam (scène ouverte, et rarement des tournois), au Théâtre 2.21 (jusqu’en 2009), au Bourg Café Théâtre (jusqu'en 2016), puis au Lido Comedy Club. Elle détache plusieurs fois par an des groupes de quatre ou cinq slameurs pour participer à des tournois européens (Paris, Liège, Lyon). Dès 2009, elle met sur pied le Lausanne Slam. La SLAAM organise également des ateliers d'écriture de slam poésie. Depuis mai 2001, une scène slam existe à Fribourg, au Centre Bries, en langue suisse-allemande principalement. Depuis mai 2011, sous l’impulsion du poète Renato Kaiser, elle se veut bilingue. Le Pommier - Théâtre et Centre Culturel Neuchâtelois de Neuchâtel organise depuis 2022 un tournoi international de slam. L'édition 2023 voit s'affronter 24 slameuses et slameurs, pour une victoire de Klar Obscur (France) devant La Tohp (France) et Florilège (Suisse).
Au Québec
Au Québec, la scène slam trouve ses racines dans la riche tradition de lectures publiques de poésie qui remonte au moins à la fin du XIXe siècle avec l'École littéraire de Montréal. Ses origines modernes peuvent plus raisonnablement être situées aux nombreux événements de poésie qui ont eu lieu dès le début des années 1970, dont le film La Nuit de la poésie 27 mars 1970 constitue un témoignage remarquable. Ces lectures-performances rassemblaient alors autant des poètes de différents courants littéraires comme Denis Vanier, Gaston Miron, Gérald Godin, Claude Gauvreau, Gilbert Langevin et Michèle Lalonde que des rockeurs-poètes comme Raoul Duguay (souvent accompagnés par l'Infonie et l'Orchestre de jazz libre du Québec) ou Lucien Francoeur (et son groupe pop-rock Aut'Chose). Ces événements se poursuivirent tout au long des années 1970 et 1990 à la Casa Pedro sous l'égide du mécène Pedro Rubio et de l'animateur-écrivain Pierrot-le-Fou-Léger et plus tard, lors des soirées Place aux Poètes animées par la poétesse Janou St-Denis. Ce n'est qu'en 2006 que la scène slam proprement dite est née, sous l'initiative de Ivy, Bertrand Laverdure, Catherine Cormier-Larose et Jonathan Lafleur. Ils ont élaboré les 3 premières soirées Slamontréal, soirées mensuelles reprenant les règles du jeu telles que balisées par Marc Smith. Depuis 2007, Ivy continue de présenter les soirées Slamontréal à l'O Patro Vys. Ensuite, Ivy fonde la Ligue québécoise de slam (LIQS), afin d'encourager la formation d'équipe ailleurs dans la province. Le premier Grand Slam comportait l'équipe de Québec et de Montréal et fut présenté dans le cadre du Festival International de la Littérature au Lion d'or à Montréal. Marc Smith était l'invité d'honneur.
Dans l'Océan Indien
Le slam est introduit dans l'océan Indien, en septembre 2002, par le poète et slam master, Stefan Hart de Keating, alias Stef H2k, d'abord à l'île Maurice, d'où il est originaire, puis à La Réunion, Madagascar, Mayotte et Rodrigues. Les slams se font dans ces îles autant en français que dans la langue natale du slameur.
Le "Slam" dans l'Univers des Concerts : Une Expérience Physique et Collective
Au-delà de la poésie, le terme « slam » désigne également des pratiques physiques intenses observées dans les fosses de concerts, notamment ceux de rock, de métal, de punk ou de tout autre dérivé plus ou moins extrême. Ces pratiques peuvent en effrayer plus d’un, surtout lorsque l'on voit certains énergumènes se bousculer. Toutefois, il est essentiel de comprendre leur nature et leurs conventions.
Le « slamming » en concert, littéralement « claquer » ou « jeter brutalement », consiste à jeter brutalement quelque chose, ou plus spécifiquement, sur d'autres personnes autour de soi. Cette pratique se déroule donc principalement en concert, souvent sous l'impulsion de la musique. Pour participer à cette dynamique, il faut d'abord trouver quelque chose pour prendre appui, comme les bancs sur les côtés, et ensuite sauter sur son objectif, à plat ventre. L'opération la plus délicate est alors le retournage, où les personnes en dessous vous portent plus ou moins à bout de bras. La mission est pratiquement accomplie une fois que l'on repose tendrement par terre. Le « plongeon » depuis la scène, si tout va bien, est souvent suivi d'un slam. Monter sur la scène requiert des personnes plutôt grandes et costaudes pour prendre appui et sauter.
Ces gestes sont spécifiques aux concerts de rock, métal, punk ou tout autre dérivé plus ou moins extrême. L'ambiance dans la fosse est alors très lâche, propice à des mouvements défoulatoires. Cependant, il est important de noter que les jambes sont déconseillées lors de ces mouvements, et les coups de poing sont aussi proscrits. Les bagarres sont à éviter, car, si l'on vient voir le même groupe, l'esprit est à la communauté, malgré l'apparente anarchie.
Plusieurs pratiques coexistent dans la fosse lors de ces événements musicaux, le rythme étant souvent lié à la musique, à plus ou moins grande vitesse, notamment avec des groupes très chevelus comme Slayer. Le résultat est un défoulement naturel, où l'on saute, se penche et effectue toutes sortes de mouvements pour se défouler et se mettre en valeur dans la fosse.
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