Le monde de la navigation à voile offre une multitude d'expériences, des départs sereins aux défis imposés par les éléments, le tout ancré dans la découverte de paysages maritimes et côtiers d'une beauté incomparable. Port Camargue, porte d'entrée majeure vers la Méditerranée, constitue un point de départ privilégié pour de telles aventures, permettant aux plaisanciers de s'immerger dans la diversité des environnements marins et terrestres. Ce récit explore un voyage particulier, riche en péripéties et en émerveillements, tout en dressant un portrait complet de la région de la Camargue et de son écosystème nautique vibrant.
Préparatifs et le Grand Départ de Port Camargue : Cap sur l'Horizon Méditerranéen
L'anticipation et la préparation sont des composantes essentielles de toute navigation. Arrivés la veille sur le bateau afin de préparer tout ce qu'il fallait pour partir, les navigateurs se sont réveillés dès 6H pour larguer les amarres à 7h avec un doux soleil. C'est ainsi que l'équipage a quitté la marina de Port Camargue, prenant le cap pour descendre contourner le cap de l'Espiguette. Cette première étape marquait le début d'un voyage prometteur. Le plan initial prévoyait de prendre plein Est en direction des îles du Frioul qui font face à Marseille, une destination emblématique de la côte méditerranéenne française.
Dès les premières heures de navigation, la mer s'est montrée sous son meilleur jour. Elle était belle, il y avait très peu de houle et un peu de vent, des conditions idéales pour une mise en jambe. Une libellule a accompagné le voilier pour le début de son périple, une rencontre inattendue et charmante. Par la suite, ce fut le tour de nuées d'oiseaux de les escorter, ajoutant une dimension sauvage et majestueuse à l'expérience. Si l'équipage a avancé un peu à la voile, cette journée fut surtout une journée de moteur. Après 10 heures de navigation, le voilier a marqué une halte pour deux nuits au port de Sausset-les-Pins. La météo annonçant beaucoup de vent pour le lendemain, cette décision de se mettre à l'abri s'est avérée prudente et nécessaire, offrant un repos bien mérité à l'équipage. Les garçons en ont profité pour aller à la pêche, transformant cette pause forcée en une occasion de détente et de loisir.
Escales Insulaires : Les Îles du Frioul et l'Île de Jarre, Portes des Calanques
Après cette halte protectrice, le voyage a repris avec une nouvelle énergie. C'est donc parti pour les îles du Frioul ! Avec seulement quelques miles à parcourir, l'équipage a pu se permettre de partir un peu moins tôt que lors du départ initial, jouissant d'une certaine flexibilité. L'objectif était d'arriver avant midi au mouillage en espérant avoir de la place, car il est bien connu qu'il y a du monde sur l'eau à cette saison. Par bonheur, quand les navigateurs sont arrivés, le mouillage était quasiment vide. Les rares bateaux présents étaient des voiliers, et des locaux qui s'avéreraient être là tous les jours ou presque, ajoutant une touche d'authenticité à l'endroit.
Le mouillage de Pomègue, aux îles du Frioul, est un lieu d'une beauté particulière. L'équipage y est resté deux nuits. Ce fut l'occasion de farnienter un bon coup, de s'adonner à la chasse sous-marine, et de faire un peu de snorkeling dans les eaux claires. Dormir près de ces très belles îles donne également l'opportunité d'aller s'y promener quand le soleil descend, lorsque les touristes quittent les lieux et que la terre retrouve alors son côté sauvage. Les lumières y sont à tomber, et l'air est tellement doux. On voit partout des gabians, les goélands marseillais, qui sont ici les rois, confirmant la richesse de la vie sauvage sur ce petit bout de terre, l'île du Frioul.
Lire aussi: Programmes d'entraînement aquabike pour tonifier votre silhouette
Après ce séjour idyllique, le périple a continué. C'est donc reparti ! La direction a été mise sur l'île de Jarre, jugée adéquate pour y mouiller et y passer la nuit. L'équipage a navigué sous Grande Voile, profitant d'un peu de vent pour rejoindre cette île qui a marqué leur entrée dans le parc national des Calanques, un site naturel d'exception. Le départ s'est effectué vers midi, avec une arrivée en début d'après-midi, laissant amplement le temps de profiter du soleil, d'aller nager, et de faire un tour sur cette île en grande partie protégée, où l'accès à pied n'est autorisé que sur une portion définie. La beauté des lieux était sublimée par le coucher de soleil sur les Goudes, offrant un spectacle inoubliable. Le lendemain, l'équipage prévoyait de voguer pour la calanque de Sormiou.
Face aux Éléments : L'Aventure Mouvementée des Calanques
La navigation dans le parc national des Calanques, bien que sublime, peut parfois réserver des surprises. Après deux heures de navigation avec une moyenne de 3 nœuds, le voilier est arrivé à destination : la calanque de Sormiou. Le mouillage était quasiment vide, offrant un choix de place idéal. L'ancre a été envoyée, et la chaîne alignée au mieux, car la météo annonçait que le vent se lèverait ce soir-là, et encore plus le lendemain avec peut-être des orages. Pour anticiper les conditions, avant que le temps ne se lève vraiment, l'équipage a remonté la chaîne pour se réaligner au mieux, prenant en compte tous les paramètres : le vent, les vagues et la houle, ainsi que les parois rocheuses sur lesquelles le bateau ne devait pas s'écraser. La nuit fut quelques peu agitée, la houle faisant bouger le voilier, et puis il y avait le vent ! L'espoir était de ne pas bouger d'un millimètre. Cette nuit-là, deux autres voiliers mouillèrent dans la calanque, partageant cette ambiance orageuse sur le village de pêcheurs de Sormiou.
Le lendemain matin, le temps était beau malgré le vent et la houle, incitant l'équipage à décider de naviguer pour la calanque de Morgiou. Cependant, ce qui a commencé par une petite frayeur s'est transformé en un grand bonheur d'y être arrivé. La jolie calanque de Morgiou accueillait le voilier. L'équipage avait quitté la calanque de Sormiou dans la matinée et était arrivé dans la calanque de Morgiou vers 10h. Mais à midi, le vent a continué de monter, et la houle qui entrait dans la calanque était mauvaise et grossissait. Devant la détérioration rapide des conditions, avant de ne plus pouvoir manœuvrer, l'ancre a été remontée. Il a été décidé d'aller se réfugier à Port Miou, où un petit port pouvait potentiellement les accueillir pour la nuit.
Cependant, les éléments en ont décidé autrement. En sortant de la calanque, le vent soufflait déjà bien fort, atteignant 30 nœuds, soit environ 55 km/h. Surtout, l'orage se dirigeait de façon très nette sur le voilier. L'équipage a adapté vite la voilure, ne laissant qu'un petit bout de la Grande Voile, et heureusement, car d'un coup, le coup de vent qui a soufflé à 90 km/h pendant une petite minute a quasiment fait coucher le bateau. Ce fut une grosse frayeur pour l'équipage, mais le capitaine a su gérer la situation avec calme, tout comme l'équipage qui s'est gardé de se laisser aller à la panique. Le voyageur qui raconte cette aventure avoue avoir été quasiment immobile pendant les 2h30 qu'aura duré cette petite aventure. C'est donc avec une houle de 2m et une moyenne de 40 nœuds puis 30 nœuds (70, puis 55 km/h) de vent que le voilier s'est débattu. Les conditions rendaient impossible l'approche de la côte pour Port Miou, ainsi que l'entrée dans le port de Cassis.
L'équipage a dû avancer au moteur pendant 2 heures et demie, avec le génois bloqué par l'enrouleur et moyennement bien rattaché durant la navigation, jusqu'à pouvoir rejoindre le port de La Ciotat. Cette étape n'avait pas été prévue, mais elle s'est avérée être la meilleure solution pour se mettre à l'abri en toute sécurité. Malgré le côté un peu dramatique de l'instant, la mer et la tempête furent magnifiques ! Des éclairs tombaient partout sur la mer, l'ambiance lumineuse était d'un rose sombre, les vagues étaient d'un bleu saisissant et les grands oiseaux noirs qui venaient frôler les vagues ont laissé un souvenir impérissable. Le voilier a quitté la calanque sous un ciel sombre, mais est arrivé à bon port, trempé et super soulagé, mais aussi très fier d'avoir réussi cette étape tous ensemble. L'équipage était parti au bon moment et malgré les quelques problèmes survenus, rien d'important n'avait été cassé sur le voilier et personne ne s'était fait mal.
Lire aussi: Naviguer en famille sur toutes les mers du globe
Le Repos Bien Mérité : La Ciotat et le Paradis d'En Vau
Après les émotions fortes de la tempête, un temps de récupération s'est imposé. L'équipage a dû rester deux nuits au port de La Ciotat afin de trouver le matériel que nous avions abîmé durant le coup de vent. Toutefois, ils ont été priés de lever les amarres au plus tôt le lendemain, un concours de pêche obligeant à libérer les places. Une balade dans la ville de La Ciotat avec un soleil qui narguait presque avec la tempête essuyée la veille a permis de se ressourcer.
Après cette mésaventure, la décision a été prise d'aller se poser dans l'une des plus belles calanques du parc, la calanque d'En Vau. Accessible par la terre seulement par un chemin de petite randonnée (avec un départ de La Ciotat et environ 1h30 de marche), la plage et la calanque sont néanmoins bondées de touristes dès 10h et se vident quand le soleil disparaît derrière les falaises. Malgré l'affluence, la calanque est vraiment très belle, et l'équipage y a passé six jours dans ce petit bout de paradis ! Au programme, de longues siestes, de nombreux bains, de la chasse sous-marine pour les amateurs, des apéros avec les gens en bateaux, des balades au petit matin, de la plongée et puis tout le reste. Ce fut une superbe semaine et l'équipage s'est senti très privilégié de vivre ces quelques jours ici. Ces jours dans cette superbe calanque ont été adorés.
Après ces six jours de sédentarisation, l'équipage a passé une journée à Port Miou, un petit port logé au fond d'une calanque qui peut accueillir quelques bateaux. La famille du voyageur les y a rejoints pour une journée sur le voilier. Ils ont mangé, se sont baignés, puis sont allés faire un petit tour dans la baie de La Ciotat, profitant de moments précieux de partage.
Le Retour Émerveillé vers Port Camargue : Entre Nature et Nostalgie
Le lendemain, l'équipage a repris la mer en fin de matinée pour arriver vers 17h au mouillage de Pomègue. Le vent a fait slalomer le voilier entre les îles au large des Goudes, mais la navigation est restée plaisante. C'est un mouillage qui avait été beaucoup apprécié à l'aller, et cette fois encore, ils y sont restés deux nuits ! L'occasion a été saisie pour explorer l'île et bien sûr faire de nombreuses photos, immortalisant ces "sweet summer nights" et le lever de soleil, offrant une première loge pour admirer les lys des sables.
Et voilà, c'était déjà le moment de reprendre la mer et de rentrer à la marina, pour rejoindre ensuite les "chez-nous" respectifs. L'ancre a donc été levée à 7h30, car une longue journée et quelque 50 miles attendaient l'équipage pour revenir à Port Camargue. Il y avait du vent ce jour-là, et c'est donc avec une belle allure que le voilier a progressé, génois et Grande Voile dehors. Le bateau a filé à une vitesse moyenne de 4 nœuds. Le soleil était présent par intermittence mais il faisait très bon, et, en fin de matinée, une surprise a émerveillé tout le monde : trois gros dauphins sombres sont venus faire un petit bonjour ! Un simple petit détour pour venir les voir, mais l'attention a touché l'équipage. La journée avait commencé de la meilleure des manières avec ces hôtes dont l'espèce n'a malheureusement pas pu être identifiée. C'est au bout de 12 heures que l'équipage a enfin aperçu l'entrée du port de Port Camargue, marquant la fin de cette inoubliable odyssée.
Lire aussi: Organiser votre prochaine croisière en catamaran
Port Camargue et la Camargue : Un Éden Nautique et Naturel
Le retour à Port Camargue est une occasion de se rappeler la richesse de cette région. Entre le golfe d’Aigues-Mortes et celui de Fos, la Camargue est une réserve naturelle nationale française qui s’étend sur près de 150 000 hectares. À bord d’un bateau, la Camargue réserve bien des surprises. Avec son littoral de près de 80 kilomètres, ses canaux, ses étangs et ses marais, la région offre aux plaisanciers de multiples options pour naviguer. Loin d’être aussi fréquentée que la Côte d’Azur, la Camargue propose un cadre encore authentique, sauvage et tranquille, un véritable havre de paix pour les amoureux de la nature et de la navigation.
La navigation en Camargue peut s'apprécier en toutes saisons. De mars à juin, le printemps offre un climat doux, une faune abondante et une nature en pleine floraison. L’affluence touristique est encore modérée, rendant la découverte particulièrement agréable. Aux mois de septembre, octobre et novembre, les températures sont encore agréables et la lumière redevient douce après l’été, créant des ambiances magiques. Bien sûr, il est aussi possible de naviguer en Camargue en hiver, où il y a souvent encore du soleil, et en été. En revanche, en juillet et août, il y a généralement une fréquentation plus dense, de fortes chaleurs, et il n’est pas rare que la région soit touchée par un vent fort, le Mistral, nécessitant une vigilance accrue de la part des navigateurs.
En navigation maritime côtière, la Camargue dispose de très beaux lieux d’escale à visiter en bateau à moteur ou en voilier, offrant des panoramas et des expériences variées. Une autre possibilité de voyage est le canal du Rhône à Sète, un axe majeur de la navigation camarguaise. Ce canal relie Beaucaire à l’étang de Thau, permettant une exploration fluviale riche et paisible. Depuis la Camargue, les plaisanciers peuvent aussi facilement rejoindre le canal du Midi. Celui-ci s’embouque à Sète, et permet de remonter jusqu’aux villes de Béziers puis Toulouse, ouvrant des horizons de navigation intérieure fascinants.
Au-delà de la navigation, la région camarguaise invite à la découverte de son arrière-pays. En louant un vélo depuis leur lieu d’escale, les plaisanciers peuvent partir à la découverte de ses villages via les pistes cyclables. Aigues-Mortes, par exemple, est une ville médiévale encore entourée de remparts, offrant un voyage dans le temps. La région camarguaise plaît aussi souvent aux passionnés d’ornithologie : de passage dans la réserve naturelle, ils peuvent visiter le parc ornithologique du Pont de Gau, qui accueille des centaines d’oiseaux migrateurs, un spectacle de la nature à ne pas manquer. Enfin, à l’ouest de la Camargue, facilement accessible, Le Grau-du-Roi est une cité balnéaire qui propose des plages, ainsi que plusieurs activités nautiques, complétant l'offre de loisirs.
Le port de plaisance de Port Napoléon, par exemple, au sein du réseau Port Adhoc, est situé à Port-Saint-Louis-du-Rhône, soit à l’extrémité Est du territoire camarguais. Avec plus de 1200 places à flot et à sec, ce port de plaisance en Camargue accueille des navigateurs venus de toute l’Europe pour profiter de la région en toutes saisons, comme en témoignent les expériences partagées, telle celle d'une navigatrice : « Je suis partie du port de Carry où j’avais mon bateau pour ce petit port en Camargue. Port Napoléon, au top !!! » Pour ceux qui n’ont pas encore de bateau, plusieurs brokers sont aussi installés dans l’enceinte de Port Napoléon, facilitant l'accès à ce monde fascinant.