Le Monde d'Ulric Voilier : Une Odyssée entre Passion Maritime, Construction Navale et Partage d'Expériences

Le parcours d'Ulric Voilier est intrinsèquement lié à l'océan, une connexion profonde qui a façonné sa vie, ses choix professionnels et personnels, et qui se reflète aujourd'hui à travers son blog, véritable carnet de bord et plateforme de partage pour tous les passionnés de navigation. Ce cheminement débute bien avant les premières traversées, ancré dans une enfance bercée par les récits d'aventures et la promesse d'horizons lointains.

Préambule : L'Appel du Large et les Racines d'une Vocation Maritime

L'attrait pour la mer ne fut pas un coup de foudre tardif, mais plutôt une flamme qui s'est allumée dès les premières années. Ulric Voilier confie qu'à l'âge de 6 ou 8 ans, il était déjà "captivé par les aventures d’Esteban, de Tao et de Zia à la recherche des mystérieuses cités d’or", une époque qu'il évoque toujours "avec tendresse". Les émissions telles que Récré A2 ont nourri cette imagination fertile. Par la suite, la lecture de "divers livres de vagabonds des mers", ainsi que les cassettes vidéo du chanteur Antoine "se baladant tranquillement aux Tuamotu en documentant ses aventures", sans oublier "ses héros de surf et de windsurf", ont renforcé ce "projet naissant, cette envie de voyage en voilier, ce rêve de lagon, de cocotier, de vie « simple » au soleil".

Son immersion dans le milieu de la plaisance s'est faite très tôt, en devenant successivement "moniteur, éducateur sportif puis skipper professionnel". Cette expérience précoce a solidifié sa connaissance du monde maritime et a affiné ses compétences. Le grand départ n'était qu'une question de temps, une échéance qu'il fallait fixer pour éviter de "repousser l’échéance" et "ne jamais larguer les amarres". L'objectif fut symboliquement établi par les astres : "en 1999, [il] avait pris rendez-vous en Polynésie avec l’éclipse totale de soleil du 11 Juillet 2010". Il savourait par avance "la satisfaction qui l’envahirait si [il] réussissait ce pari". Pour arriver à temps, "le départ devait avoir lieu en été 2008".

Avant ce "grand saut", un test crucial s'imposait, tant pour l'équipage que pour le financement de l'aventure. "En novembre 2007, nous allons nous envoler en avion vers les Antilles afin d’aller y travailler ensemble comme skipper et hôtesse pour la première fois." Ce voyage avait une double vocation : "remplir la caisse de bord le plus possible", mais aussi et surtout être "un test grandeur nature de notre amour et de notre capacité à vivre et à travailler ensemble !" Ce test était d'autant plus important qu'Isabelle, sa compagne, était "depuis toujours bien amarrée à La Rochelle", et n'avait jamais été "sous les tropiques de sa vie", même si elle rêvait de voyage sans pour autant "avoir envisagé de le faire en voilier". Pour cela, Isabelle a mis "en pause" ses activités professionnelles "quelques mois, pour retourner à l’école (à l’âge de 44 ans !) afin d’obtenir un titre et un livret maritime lui permettant d’embarquer" avec Ulric. Ce "séjour professionnel Antillais, c’est évidemment une façon « un peu » particulière de faire découvrir la mer à sa femme. Mais c’est efficace, et [il] aime ça." Après une telle aventure, ils devaient être "fixés sur notre couple, notre envie et notre motivation à voyager ensemble…".

FIDJI : Quand l'Intuition Rencontre l'Expertise pour l'Acquisition d'un Foyer Flottant

L'acquisition du voilier qui deviendrait leur foyer et leur outil de voyage fut un événement marquant, empreint à la fois de pragmatisme et d'une touche de destin. Quelques semaines avant leur départ pour la Martinique, Ulric et Isabelle visitent le salon nautique "Mille Sabord", qui se tient chaque année "dans le port du Crouesty en Bretagne sud". Leur intention initiale était de "se faire une idée, sans intention d’acheter", le projet étant de réaliser cet achat au retour des Antilles. Cependant, c'est là que leur chemin croise celui de "FIDJI", un voilier qui allait devenir "notre maison, notre moyen de voyager autour du monde, notre outil de travail, notre capital, notre carapace".

Lire aussi: Programmes d'entraînement aquabike pour tonifier votre silhouette

Malgré un budget encore incomplet, "entre 50 et 60000 Euros", FIDJI représentait "une trop belle occasion" à ne pas rater. L'intuition d'Isabelle fut déterminante : "Dès son premier regard sur ce voilier, elle sait que ce sera celui-là. Instinct féminin ?" Alors qu'ils avaient visité une dizaine de voiliers sans coup de cœur, Isabelle est "physiquement" interpellée par FIDJI, une "sensation impossible à décrire". Tandis qu'Ulric se laissait convaincre par un vendeur de l'attrait d'un autre bateau, Isabelle le rejoint et lui demande : "Est-ce que les Gin Fizz sont des bons bateaux ?" À sa réponse confirmant leur "très bonne réputation", elle l'exhorte : "VIENS VOIR ! Il y en a un qui m’a fait signe !!"

La première sensation à bord de FIDJI est "très positive". Ulric, avec son "cerveau cartésien", essaie de refouler ces "sentiments que [son] cerveau cartésien considère comme irrationnels et prématurés", d'autant qu'ils n'étaient pas venus pour acheter. Fort d'une "certaine expérience des voiliers habitables", ayant "navigué sur des dizaines de voiliers différents" depuis ses premiers bords en tant que moniteur fédéral de l'UCPA en 1998, il pose "des questions précises au vendeur", ne se laissant "pas impressionner, ni par la propreté irréprochable du navire, ni par son âge (32 ans)".

L'inspection fut méticuleuse : "J’observe de très près le moteur, les boulons de quilles, l’état des cloisons, les cadènes et leurs renforts, le mât et la bôme, les varangues, la rigidité du pont, la pile de factures, etc…." Le verdict fut inattendu pour un voilier de cet âge : "Après quelques minutes d’inspection, je n’en reviens pas, je ne trouve rien à dire. Ou presque, car les voiles ne me satisfont pas." C'est alors que le vendeur propose une offre décisive : "si vous achetez FIDJI à notre tarif (56000 Euros), nous vous offrons des voiles neuves !" Ulric insiste : "Ah oui, des bonnes voiles ? Car nous, il nous faut du « full batten », de la qualité, nous voulons partir loin !" L'assurance de voiles "Hydranet et Full batten" incluses dans le prix scelle le destin. "Le printemps suivant, [il] récupérerai bel et bien des voiles All Purpose toutes neuves, une grand-voile et un génois d’une valeur de 7000 Euros dont nous sommes toujours très satisfaits."

À ce moment de la négociation, "Isabelle et [lui], nous nous regardons et en un regard, l’affaire est entendue, nous avons trouvé notre voilier. C’est trop tôt, mais c’est lui." La détermination d'Isabelle est frappante : installée dans le cockpit, elle lance à ceux qui veulent monter à bord : "pas la peine de visiter, ce voilier est vendu !" Pendant ce temps, Ulric, toujours avec une certaine méfiance, "ausculte le voilier de fond en comble", redoutant de "se faire avoir" après "tant d’années de rêve". Ils doivent appeler la banque "pour faire un crédit et débloquer l’acompte" afin de réserver FIDJI et devancer "trois couples indécis" par manque de place de port, un problème qui, selon Ulric, "plombe le marché de l’occasion".

Même après la décision, les questions fusent. Ulric "harcèle le vendeur et les anciens propriétaires pour absolument tout savoir sur FIDJI". Il "observe tout, épluche ligne par ligne les innombrables factures conservées à bord et passe de longs moments au téléphone avec un des anciens propriétaires, celui qui a passé 6 ans à remettre FIDJI à neuf !" Il découvre l'histoire de ce voilier qui "a vu du pays", étant "de 2 ans [son] aîné" et faisant d'eux les "5èmes propriétaires". Une sortie en mer est organisée, suivie d'une "expertise navire à terre", qui "confirme l’état vraiment exceptionnel de ce vieux Gin Fizz, même l’expert n’avait jamais vu ça !" La banque accorde "un crédit sur 3 ans pour payer les 20000 Euros qui [leur] manque pour le moment. Tout roule !"

Lire aussi: Naviguer en famille sur toutes les mers du globe

L'achat de ce voilier représente l'accomplissement d'un rêve : "Depuis [ses] toutes premières activités professionnelles, [il] économise dur pour un jour, [s']acheter [son] voilier et partir en voyage vers les tropiques." Il avait alors "30 ans, 30000 Euros, et une grosse boule au ventre". Pas question de commettre une erreur qui pourrait "ruiner tant d’années de rêve" et "compromettre ce grand voyage à venir avec Isabelle". Elle devient "propriétaire d’un voilier à 50%", alors qu'avant de le rencontrer, elle n'y aurait "même pas songé". Ulric sait bien que "l’achat d’un voilier est un rêve qui peut se transformer en cauchemar et/ou en gouffre financier !" Après avoir "sérieusement enquêté sur FIDJI", il ne lui a trouvé "AUCUN point faible, ce qui [lui] semble encore aujourd’hui assez extraordinaire". Les experts et amis, comme son "pote François", sont unanimes : "C’est un super bateau, très bien refait et il est parfaitement adapté à nos projets… Alors, allons-y !!!!!" C'est le "début de l’aventure !" FIDJI est acquis "mi-novembre 2007" et mis "au sec dans le golfe du Morbihan au chantier Le Borgne".

L'Art de Concevoir et Construire des Voiliers d'Expédition : Du Rêve à la Réalité d'Acier

Au-delà de l'acquisition, la vie d'Ulric Voilier est également marquée par des projets ambitieux de construction navale, transformant la tôle brute en voiliers d'expédition robustes et innovants. Le parcours est détaillé, illustrant le passage "de la chaudronnerie à l’aménagement", un processus où l'on pourrait "presque écrire un roman par semaine avec ce chantier de fou". Cependant, la réalité est que "tout notre temps [est utilisé] à avancer sur le bateau", au point que "même filmer paraît souvent une perte de temps et d’efficacité".

Lorsque le projet de construction du bateau LSS78 a été lancé, l'équipe ne s'était "pas tout à fait rendu compte de l’ampleur de la réflection qui devait avoir lieu avant même qu’un seul bout d’aluminium ne soit découpé. Et heureusement, car on aurait pu changer d’idée !" Cette phase de conception est cruciale et a été abordée en détail, de "l’idée originale aux plans réalisés par l’architecte", comme mentionné dans l'article "Concevoir un bateau". Mais ensuite, la question demeure : "par où commencer ?"

Le voilier LifeSong², par exemple, a une "ossature bien échantillonnée pour donner de la structure et de la résistance à la coque même dans les glaces denses", un détail essentiel pour des navigations exigeantes. Le chantier, décrit comme un "chantier en Bretagne", voit le "voilier prendre vie". Il y a des approches parfois surprenantes, comme le fait que "Le mât est déjà prêt ?! Construire une maison à partir du toit semble une bien drôle d’idée, c’est pourtant ce que nous avons fait pour notre futur voilier." Ces étapes témoignent de l'ingéniosité et de la passion investies dans chaque projet.

La vie à bord de ces voiliers se nourrit également d'activités uniques, comme en témoigne "Le retour du ski-voile sur LifeSong/Intrepido". Ulric a eu "le bonheur de retrouver [ses] skis, [son] LifeSong et [sa] Charlotte pour deux séjours de ski-voile en Norvège en mars dernier." Cela contraste avec une vie plus sédentaire : "Comme certains le savent, nous vivons à terre depuis décembre dans une vie plus ou moins normale rythmée par les horaires d’école." Cette alternance entre l'aventure en mer et le quotidien à terre enrichit l'expérience et offre des perspectives variées.

Lire aussi: Organiser votre prochaine croisière en catamaran

Lord Jim : Une Plateforme pour l'Aventure et l'Apprentissage en Mer

Un autre chapitre significatif des aventures d'Ulric Voilier est l'histoire de Lord Jim, un voilier qui incarne à la fois l'esprit de croisière et la plateforme d'apprentissage. Maintenu dans un état impeccable, Lord Jim bénéficie de refits constants, comme les "pas loin de 1000 heures de travaux qui ont encore été passées pour entretenir, modifier réparer et améliorer Lord Jim cet hiver". La recherche de performance et de durabilité est constante, illustrée par "un nouveau jeu de voile croisière expédition performant pour fêter les 20 ans de Lord Jim". Parfois, des choix inattendus sont faits, comme l'installation d'un "Mât et bôme carbone pour Lord Jim", un "luxe" qui ne se justifie pas forcément sur un voilier de croisière, mais qui résulte d'une opportunité saisie.

Lord Jim est le théâtre de nombreuses navigations et explorations dans diverses régions. Les "aventures maritimes 2022 de Lord Jim 2" ont vu l'équipage profiter des périples. En 2025, Lord Jim s'apprête à de nouvelles expéditions : une "navigation Irlande 2025, à la voile de Brest à Galway", décrivant un périple "depuis Ouessant" jusqu'à Baltimore, puis un cap sur "Galway et le Connemara", avec un "stage croisière Irlande" en "one way" et "changement d’équipage à Galway".

Les côtes britanniques sont également des destinations privilégiées. Des "croisières départ Bretagne vers la Cornouailles" permettent la découverte de "Falmouth et de ses environs à la voile". Les "Formalités plaisance Angleterre en 2026" sont d'ailleurs un sujet d'attention, car "Brexit, Covid, passeport : depuis 2020 les formalités pour accéder aux côtes britanniques ont évoluées chaque année". Les îles Scilly sont un véritable terrain de jeu pour Lord Jim, avec des escales à "Bryher", "St Martin" et "Tresco", souvent qualifiées de "mouillages de rêve". L'équipage participe même à des événements comme le "Pilot Gig championship", qui rassemble environ 130 "Pilot Gig" ou yoles traditionnelles.

La Bretagne, base de départ pour de nombreuses croisières, est explorée sous toutes ses coutures. Lord Jim navigue en "Mer d’Iroise", notamment dans le "Raz de Sein et le passage du Trouziard", et offre des "4 jours de navigation à la découverte de la Mer d’Iroise". La "Rade de Brest", où Lord Jim est basé au port de plaisance du Moulin Blanc, offre "une belle baie, reliée à la Mer d’Iroise par le Goulet de Brest". Des aventures plus singulières, comme le projet "vélo bateau, de Redon à Ouessant", alliant cyclisme et voile, témoignent de la diversité des explorations proposées. La "Semaine du Golfe" du Morbihan, un rassemblement bi-annuel des plus beaux navires, est un rendez-vous incontournable pour Lord Jim, qui y participe pour une "croisière Bretagne sud semaine du Golfe". Les "escales au pied du phare de L’île Vierge" en Finistère nord sont des moments privilégiés.

Les horizons s'étendent aussi vers le sud de l'Europe. En cas d'imprévu, "l'art de s'adapter à la météo" est primordial. Lorsque l'Irlande est inaccessible, la "direction la Galice" est prise. Des navigations sont entreprises dans les "Ria Altas, de La Corogne à Ribadeo", et vers les "Asturies". Ces expériences sont parfois relatées par les équipiers, comme Alexi lors d'un "stage croisière à la voile".

Lord Jim ne se contente pas d'être un voilier de croisière ; c'est aussi une plateforme de formation essentielle. Il propose des "formations voile habitable en Iroise" avec des thèmes comme la "cartographie et pilotage", ou des "formations chef de bord" pour ceux qui veulent passer "du rôle de simple équipier à celui de skipper". Ces stages intensifs, comme la "formation de skipper Plaisance" lancée en 2016, rencontrent "un succès qui ne [se dément pas]" et sont l'occasion de "transmettre la passion et le savoir-faire".

Expéditions et Navigations Marquantes

Au-delà des croisières régulières et des formations, le blog d'Ulric Voilier retrace des expéditions de grande envergure et des moments de vie intenses en mer. Il y a eu les "premières navigations en Patagonie", une expérience si riche qu'Emmanuelle Dumas en a rédigé un article pour Québec Yachting. Ces navigations illustrent l'engagement d'Ulric envers des destinations lointaines et souvent exigeantes.

Sa vie "au fil des saisons, à travers les pôles" depuis "plus de onze ans" témoigne d'une immersion totale dans le monde de la voile, sans que "l’idée de [s'en] lasser ne [l']ait effleurée". Les "six voyages entre la Norvège et le Spitzberg" qu'il a guidés sont des exemples de ces expériences polaires. Il admet que c'est un "travail » exigeant", mais "comme les enfants n’étaient pas à bord, [il s'est] retrouvée avec beaucoup de temps libre !" Cette liberté est précieuse dans une vie rythmée par les voyages.

Le grand voyage en voilier, tel qu'il a commencé en "octobre 2007", après ses 30 ans, est le fil rouge de nombreuses de ses réflexions. Il s'interroge aussi sur la précarité de cette vie rêvée : "Et si notre vie de rêve pouvait s’arrêter du jour au lendemain ?" Cette question, bien que profonde, ne semble pas altérer son enthousiasme.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *