Le paysage associatif sportif de Pontivy a été profondément modifié par l'inauguration du Spadium, ce complexe aquatique moderne créé par Pontivy communauté en juin dernier. Si cette infrastructure représente un progrès pour le grand public, elle a paradoxalement engendré des complications majeures pour le Pondi Aqua Sub, l'un des piliers de la vie sportive locale. L'adéquation entre les besoins spécifiques de la plongée sous-marine et la configuration du nouveau centre aquatique constitue désormais le cœur d'une problématique logistique et organisationnelle complexe. Le local du Pondi Aqua Sub est devenu inadapté depuis la création du Spadium, complexe aquatique créé par Pontivy communauté en juin dernier. Cette inadaptation n'est pas seulement symbolique, elle se traduit par des contraintes quotidiennes qui pèsent sur l'engagement des bénévoles et la viabilité même de l'association.
L'impact de l'éloignement géographique et les contraintes de manutention
La configuration spatiale du nouveau complexe a créé une rupture avec les habitudes logistiques du club. Quatre kilomètres séparent désormais le local du Pondi Aqua Sub du Spadium. Cet éloignement, bien que modeste en distance kilométrique, représente un obstacle logistique majeur pour une association dont les activités reposent sur le transport régulier d'un matériel lourd et encombrant. Plongée, apnée et hockey… Autant d'activités qui requièrent le transport de matériel. Ce matériel ne se résume pas à quelques accessoires légers ; il s'agit d'équipements de sécurité et de plongée qui demandent une manipulation constante et exigeante.
Depuis l'ouverture du pôle aquatique en juin dernier, le club de plongée doit effectuer des travaux de manutention qui pèsent lourdement sur ses encadrants. « L'équipement du plongeur, appelé scaphandre, pèse 30 kg, précise Claudie Boissinot, la présidente du Pondi Aqua Sub. Lorsque nous encadrons un groupe de dix plongeurs, c'est devenu un travail harassant. » Ce constat met en lumière la difficulté de passer d'une situation de proximité idéale à une logistique fragmentée. La présidente regrette vivement la configuration précédente : « Attenant, il donnait directement sur le bassin. » Cette proximité permettait une fluidité des mouvements, aujourd'hui remplacée par une logistique complexe qui épuise les ressources humaines de l'association avant même le début des séances dans l'eau.
Les limites techniques du nouveau bassin pour la pratique de la plongée
Au-delà de la manutention, la nature même de l'installation aquatique pose question quant à la pratique sportive spécifique de la plongée. Le bassin du Spadium est moins profond que l'ancienne piscine couverte. « C'est un élément essentiel en plongée, indique le vice-président. Alors que l'on disposait de 3,50m, on a perdu 1m. » Cette perte de profondeur limite les possibilités pédagogiques et techniques pour les adhérents. La profondeur est un paramètre fondamental pour l'apprentissage des techniques de stabilisation, de vidage de masque et des procédures de sécurité propres au milieu subaquatique. En réduisant cet espace, la pratique devient techniquement plus restrictive, ce qui force le club à réadapter ses exercices et ses cursus de formation pour tenir compte de cette nouvelle réalité physique.
Réorganisation temporelle et démographie associative
La gestion du temps est devenue un autre point de friction majeur entre le club et la gestion du complexe. La liste des mécontentements s'allonge. Claudie Boissinot déplore « un changement des créneaux horaires en défaveur du club ». Ce glissement des créneaux a des conséquences directes sur la fréquentation et la pérennité du club. Alors qu'elles avaient lieu les mardis et vendredis soir, les activités du club de plongée sont désormais proposées les lundis, mercredis et jeudis soir. Ce bouleversement des habitudes affecte la fidélisation des membres. « Nous avons perdu des licenciés, indique Daniel Le Tulzot, vice-président du Pondi Aqua Sub. On compte désormais 100 membres, contre 120 auparavant. »
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La perte de vingt licenciés n'est pas un détail comptable, c'est un signal d'alerte pour une association dont la force reposait sur une dynamique de groupe solide. Quatrième club de plongée du Morbihan, le Pondi Aqua Sub disposait de la section « jeunes » la plus importante de Bretagne. « Maintenant, on a du mal à les faire venir, indique Daniel Le Tulzot. Pourtant, ce sont les licenciés qui font vivre l'association. » Cette érosion des effectifs, en particulier chez les plus jeunes, menace la transmission du savoir-faire et la vitalité à long terme de l'association. Les responsables du club craignent à terme de devoir mettre la clef sous la porte. Cependant, ils ne veulent pas s'apitoyer sur leur sort. « Nous ne sommes pas des pleureurs. »
Recherche de solutions et arbitrage institutionnel
Face à cette impasse, le club a entamé une démarche proactive pour trouver une solution pérenne auprès des autorités locales. Les échanges mettent en lumière une complexité administrative où les responsabilités semblent diluées. « Le complexe Spadium refuse que l'on soit accolé à leur bâtiment. Nous avons fait part de notre problème à la communauté de communes et à la mairie de Pontivy, relate Daniel Le Tulzot. Ils ont compris notre problème, mais ils se renvoient la balle. » Ce sentiment d'être pris dans un entre-deux administratif renforce la frustration des dirigeants.
Face à cet état de fait, les responsables du Pondi Aqua Sub ont étudié deux options. La première consiste à s'installer dans l'un des bâtiments qui entourent le complexe aquatique. « C'est la propriété de la communauté de commune, explique Claudie Boissinot. Nous pourrions traverser le parking de la piscine avec un chariot, rempli de notre matériel, ce qui nous faciliterait la vie. » Cette option permettrait de restaurer une forme de proximité nécessaire à la survie logistique du club. L'autre possibilité repose sur la mise à disposition d'un terrain par la communauté de commune. « Nous pourrions construire un local de 70 m², suffisant pour entreposer le matériel et dispenser un support théorique aux adhérents, poursuit-elle. Nous avons estimé le montant des travaux à 100 000 €. »
La question du financement et de l'attribution des locaux nécessite une médiation claire. Du côté de la mairie de Pontivy, Jean-Jacques Parmentier, adjoint aux sports, affirme qu'il n'a « pas eu de contact direct avec les gérants du club de plongée ». Il assure que leur problème relève de la communauté de communes. « Nous essayons de faciliter leur tâche en alertant le président de Pontivy communauté. Mais notre marge de manoeuvre est faible. » Cette situation illustre les difficultés courantes de coordination entre les différentes échelles administratives lorsqu'il s'agit de gérer les espaces sportifs partagés.
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