# Le Berger Belge : Un Athlète Polyvalent, des Variétés Historiques et une Aptitude à la Nage

Le monde canin regorge de races diverses, chacune avec ses particularités et son histoire. Parmi elles, le Berger Belge se distingue par son élégance, son intelligence et son incroyable polyvalence. Cette race, répertoriée auprès de la FCI sous le n°15, dans le groupe 1 (chien de berger et de bouvier), section 1 (chien de berger), se décline en quatre variétés principales, qui sont visuellement très différentes. Au-delà de leurs apparences variées, leur point commun est une grande quantité d’énergie à dépenser, ce qui demande beaucoup de temps et d’expérience à leur maître. L'histoire du Berger Belge est riche, marquée par une évolution constante de ses standards et une reconnaissance progressive de ses multiples expressions, y compris celles aux robes sombres. Par ailleurs, certains représentants de cette race se révèlent être des nageurs particulièrement doués, une facette de leur polyvalence souvent méconnue.

Les Multiples Facettes du Berger Belge : Une Race aux Quatre Variétés Principales

Le Malinois est l'une des quatre sortes de bergers belges existantes, les autres étant le Groenendael, le Laekenois et le Tervueren. Si ces trois Bergers Belges ont des apparences très différentes à première vue, le Malinois n'est qu'une variété parmi les autres ! L'apparence élégante et fière du berger belge est commune aux quatre types. Comparé à son cousin le berger allemand, le berger belge est plus svelte et plus petit. Alors que le berger allemand a un corps plutôt rectangulaire, le berger belge est presque construit comme un carré. La démarche des belges est également moins expansive que celle de leurs voisins allemands. Du point de vue de leur personnalité, tous les bergers belges sont assez semblables, caractérisés par une vivacité, une intelligence et un dévouement exceptionnels.

Le Malinois : Force Élancée et Intelligence au Service du Travail

Le Malinois est le type le plus connu de cette race. C'est un chien de taille moyenne, reconnaissable grâce à son masque noir et ses allures élancées faisant penser à celles du loup. Le Malinois a des proportions physiques harmonieuses, faisant penser au Berger allemand mais avec un profil plus élancé et une allure plus légère. Son museau pointu et ses oreilles droites, de forme triangulaire, et son visage au masque noir lui donnent une expression toute particulière. Ses yeux, de couleur brun foncé, possèdent un regard vif et malin. Sa robe fauve, pouvant présenter des nuances gris charbonné à marron, fait contraste avec la tête et les membres qui sont de couleur plus foncée, et le masque est toujours noir. La queue est fine et portée basse, et doit être gardée entière comme l'indique le standard de la race. De nature très alerte, voire nerveuse, cela se voit dans son apparence svelte et musculeuse.

Le Malinois est un chien vif et protecteur, très dévoué, ce qui en fait le chien de travail par excellence. Il a de grandes capacités d'apprentissage : plein de vivacité et d'intelligence, c'est le chien de travail et de garde idéal. Il est d'ailleurs très utilisé par les services de police, les sociétés de sécurité, la gendarmerie et l'armée pour sa vivacité et son obéissance lorsqu'il a été dressé correctement. Rusé, aimant apprendre, son maître ne le rendra jamais plus heureux qu'en lui offrant des séances d'obéissance : il adore satisfaire son maître en accomplissant des tâches et des tours variés. C'est un bon compagnon pour toute la famille, mais il a besoin d'une personne "référente" qui saura encourager sa soif de challenge, l'emmener en extérieur, partager ses activités sportives. Si ces capacités d'apprentissage sont exceptionnelles, ce qui facilitera son éducation, celle-ci doit être ferme et constante, car il peut aussi être dominant. Il est primordial également de commencer sa socialisation dès le plus jeune âge, afin de prévenir certaines situations où votre Malinois pourrait être tenté de vous défendre. En tant qu’ancien chien de berger, qui était responsable non seulement de la protection de son troupeau, mais aussi de celle du fermier et de ses possessions, le berger belge possède encore aujourd’hui les qualités précieuses d’un gardien de maison ou de ferme. Attentif, vif et rapide comme l’éclair dans ses réactions, il est toujours prêt à défendre sa « meute ». À cause de son instinct protecteur marqué, il prend automatiquement la responsabilité de tout ce qui fait partie de son foyer. Cependant, cet animal courageux n’est pas un chien pour les peureux ou les gens peu sûrs d‘eux. Pour éviter les mauvaises surprises plus tard, son instinct protecteur doit être discipliné dès le plus jeune âge.

Le Berger Malinois n'est pas un chien contraignant côté entretien. Son pelage court ne nécessite qu'un brossage hebdomadaire, voire bi-mensuel. On peut lustrer son poil de temps à autres au moyen d'un gant de crin, pour lui redonner toute sa brillance. Il n'est pas nécessaire de le laver souvent, au contraire, il est recommandé de ne pas dépasser deux bains par an. En revanche, votre Malinois vous demandera beaucoup d'attention en terme d'activité physique : la vie en appartement n'est pas faite pour lui, à moins de l'emmener en balade plusieurs fois par jour, dans un parc ou à la campagne afin qu'il puisse se dépenser. D'une grande vitalité, le Berger Belge a besoin de se dépenser et la vie à la campagne cadre d'avantage avec ses origines de chien de berger que la vie citadine. L'alimentation du Berger Belge Malinois devra être de bonne qualité et adaptée à son degré d'activité physique ; en tant que chien sportif, sa ration doit lui apporter suffisamment de protéines et de glucides. S'il ne se dépense pas beaucoup, on peut lui donner des croquettes industrielles en quantité suffisante, en fonction de son poids, sur les conseils du vétérinaire. Il est recommandé de fractionner la ration quotidienne du Malinois en deux repas : en effet, comme beaucoup de grands chiens, les Bergers Belges sont sujets aux torsions d'estomac. La nourriture choisie devra donc être très digestible et il faut éviter tout sport ou situation de stress avant le repas. Le Malinois n'est touché par aucune pathologie particulière, et ses yeux et ses oreilles ne requièrent pas spécialement d'entretien : une surveillance régulière est suffisante. On peut nettoyer le coin des yeux à l'aide d'un coton humide, de même pour le pavillon des oreilles. C'est un chien robuste et rustique, dont les ancêtres étaient habitués à la vie en plein air.

Lire aussi: Conseils pour l'embarquement depuis une berge élevée

Les Bergers Belges Noirs : Entre Histoire et Reconnaissance

Parmi les variétés de Berger Belge, le Groenendael se distingue par sa fourrure de couleur noir uni, longue et dense. Le Berger Belge Groenendael est un chien de compagnie qui nécessite une attention particulière en termes de coûts d'acquisition et d'entretien. Lorsque l'on envisage d'acquérir un Berger Belge Groenendael, il est important de prendre en compte plusieurs facteurs, notamment le prix d'achat, les dépenses liées à l'alimentation, au toilettage, aux soins vétérinaires et aux jouets. En moyenne, on peut s'attendre à dépenser entre 1000 et 2000 euros pour un chiot de qualité provenant d'un éleveur réputé. Prévoyez un budget mensuel d'environ 60 à 100 euros pour couvrir les frais de nourriture de votre chien, car il a besoin d'une alimentation équilibrée et de qualité. Le toilettage d'un Berger Belge Groenendael peut être un aspect important de son entretien, notamment en raison de son pelage long et dense. Prévoyez environ 50 à 80 euros par mois pour les produits de toilettage tels que le shampooing, la brosse et les éventuels rendez-vous chez le toiletteur. Les frais vétérinaires sont une partie essentielle de l'entretien d'un Berger Belge Groenendael. Bien que cette race soit généralement en bonne santé, il est important de prendre en compte les éventuels problèmes de santé liés à la race. Prévoyez un budget annuel d'environ 300 à 500 euros pour les soins vétérinaires de routine et les éventuels traitements médicaux. Enfin, il ne faut pas oublier de prévoir un budget pour les jouets et accessoires, car ce chien intelligent et actif a besoin de stimulation mentale et physique, soit environ 20 à 50 euros par mois. En conclusion, l'acquisition et l'entretien d'un Berger Belge Groenendael peuvent représenter un investissement financier important. En raison de son pelage long et de ses éventuels problèmes de santé, les dépenses liées au toilettage et aux soins vétérinaires peuvent être plus élevées. Le Groenendael, bien que majestueux, est en nette perte de vitesse et doit céder sa place de seconde variété au profit du Tervueren. Par rapport aux années 1946-1975, l’importance de sa population se dégrade en passant de 31,1 % à 15,4 %. Depuis le début des années 90, le Groenendael est en régression. Des problèmes de fertilité sont apparus, bien que la cause unique ne soit pas établie.

Outre le Groenendael, la diversité historique de la race a vu l'existence de ce qu'on appelle le Berger Belge à poil court noir, parfois désigné par l'acronyme PCN. Ce type est étroitement lié au berger malinois, ce qui laisse supposer que ce chien est originaire de la même région. Comme son nom l'indique, ce chien a un poil court et noir. Outre les caractères généraux de la race, cette variété est reconnaissable au poil qui se montre « court » sur toute la surface du corps, notamment sur la tête, la face externe des oreilles et le bas des membres, et « demi court » au contraire et plus « fourrés » autour du cou et de la queue. Les défauts incluent le poil demi court et des poils durs disséminés dans le poil court.

L'histoire du Malinois est relativement récente : ce n'est que dans les années 1900 que le type et le tempérament du Berger belge furent clairement définis. Toutefois, on trouvait en Belgique depuis déjà un siècle nombre de chiens de berger, aux morphologies variées, parmi lesquels existaient les ancêtres du Malinois. À la fin du 19ème siècle, le groupe cynophile du professeur Adolphe Reul, vétérinaire, eut l'initiative de sélectionner certains de ces chiens, alors connus sous le simple nom de "chiens bergers du pays" : les lauréats furent les quatre types de Berger Belge que nous connaissons aujourd'hui. Le "Club du Chien de Berger Belge" était né, et travailla à organiser le patrimoine génétique canin belge, pour ensuite affiner et fixer un premier standard en 1892. Au cours de l’histoire du berger belge, il y a toujours eu des désaccords entre les éleveurs à propos des différentes couleurs et variétés. Les variantes de pelage reconnues ont changé de nombreuses fois au cours des décennies. Monsieur Charles Huge continuait déjà en 1920 de défendre la fourchette de toutes les couleurs allant de l'auburn, au rouge (pain brûlé), fauve, jaune isabelle et même les gris (sable), voire les zibelines (bleus). La SRSH les a reconnus et leur a donné des pédigrées, comme en témoignent Max le Chartier, Stoppy, Pirouf (LOSH 40192), Champion de Travail Ring 1934. Il ne fut pas le seul puisque déjà une femelle Malinoise noire, Foliette (LOSH 23282), fut Championne de Travail Ring en 1931.

Lors de la 9e exposition du Berger Belge Club, les 12 et 13 mars 1911, sont signalés six « poil court noir ». C’était la sixième variété mais malgré son apparition dans les expositions, elle n’obtint pas une vraie reconnaissance comme l’inscription aux livres d’origine. Sur 20 chiens de berger à robe courte, on rencontre à peu près un exemplaire de couleur noire. En Belgique, les pédigrées sont gérés par des ASBL, et les seuls pédigrées à être reconnus par le ministère de l'agriculture sont ceux du KCB (Kennel Club Belge), qui lui n'est pas reconnu par la FCI. Le KCB reconnaît le Berger Belge à poil court noir.

Les ravages causés aux chenils ainsi que les réquisitions de nombreux milliers de chiens durant la guerre de 1914-18 décimèrent fortement notre population canine. En 1919, la Société Royale Saint-Hubert fut saisie par le Berger Belge Club d’une demande de reconnaissance officielle de toutes les couleurs de robe du Chien de Berger belge. Pour ce faire, la Société Royale Saint-Hubert organisa une Assemblée Générale consultative en date du 8 février 1920. Cette assemblée statua sur le maintien intégral des cinq variétés existantes, que l'on cherchera à faire disparaître ni directement ni indirectement. Elles conserveront leurs classes distinctes et exclusives, ainsi que leurs certificats de championnat respectifs. La qualification de « berger belge » serait reconnue aux chiens répondant strictement au standard de cette race, même s’ils sont d’une autre couleur que celles admises pour les cinq variétés anciennes, pourvu que cette couleur soit comprise dans la gamme des tons qui vont du noir au fauve ou dans le mélange de ceux‑ci. Un peu de blanc serait toléré. Ces chiens se verraient ouvrir, dans chaque variété de texture de poil (long, court, dur) des classes spéciales dotées de certificats de championnat. Ils seraient admis de même au livre des origines (L.O.S.H.). Selon les règlements des expositions et du L.O.S.H., les variétés furent séparées en huit classes différentes, ce qui caractérise aussi le début de cette période, avec la montée en puissance du Malinois qui truste toutes les meilleures places dans toutes les disciplines de travail. Le prototype parmi eux s’appelait Snap (L.O.S.H. 10050), un athlète complet, as des concours en ring et des concours en campagne avec des exercices à l'eau et de pistage. C'était un Malinois de travail dans toute l'acception du terme. D'une obéissance passive à toute épreuve, il défendait son maître avec furie dès que celui-ci était attaqué. Il obtint en 1925 le titre de Champion de travail (S.R.S.H.) après avoir obtenu un C.A.C. en pistage et de deux C.A.C. en concours de campagne. Il est à la base de plusieurs lignées d’où émergent tous les grands Champions d’hier et d’aujourd’hui.

Lire aussi: Tout sur le water-polo belge : règles et équipes

Avec application au 1er janvier 1934, le nombre de C.A.C. dans les règlements d’expositions fut maintenu, et la séparation des variétés en 8 classes par type et couleur de poil resta. Le Poil court noir composait la majorité des « Poil court autres », loin derrière le bringé. L’article « L’Elevage du Chien de Berger Belge » paru le 1er décembre 1948 dans la revue L’Aboi et signé de G. O’Breen, après la guerre de 1940‑1945, mentionnait que le Tervueren, ce magnifique chien fauve, avait pratiquement disparu de la circulation. Les bergers à poil dur, comme le fauve et le gris‑cendré, avaient suivi le même mouvement. Le poil long noir, sauf dans le Hainaut à Binche et environs, ne paraissait pas du tout être élevé dans l'ensemble de la Belgique, dans un nombre que lui faisait mériter son bel aspect et sa qualité de race bergère nationale. Le standard publié en 1956 maintenait les couleurs (le fauve, le noir, les bringés, et toute la gamme allant du fauve et du gris au noir) appartenant historiquement à la race telle que confirmée par l’Assemblée générale consultative de 1920. Un peu de blanc était toléré au poitrail et aux doigts. F.E. Verbanck écrivit que, s’il est vrai que les Bergers belges autres que les Malinois, Groenendael, Tervueren et Laekenois n’étaient plus élevés d'une façon méthodique, des magnifiques sujets typiquement berger belge étaient connus parmi ces produits accidentels, justifiant la décision de ne pas les exclure du patrimoine.

En date du 4 février 1973, le Conseil Cynologique de l’Union Royale Cynologique Saint-Hubert décida d’apporter des modifications importantes à propos des Variétés et de leurs accouplements. Avec l’année 1974 débuta une nouvelle période pour l’élevage par une réduction du nombre de Variétés et par la sévère restriction des accouplements inter-variétés. Le masque est devenu obligatoire pour le Malinois et le Tervueren. Pour le poil court, seul le « fauve charbonné » (Malinois) est encore reconnu. Le standard de 2001 (Standard F.C.I.) est plus complet que les éditions précédentes et les descriptions sont plus précises ou mieux détaillées. Le Malinois reste de loin la variété phare avec un nombre important de portées par an, et la tendance des dernières années est à la hausse.

Un Athlète Polyvalent : Le Berger Belge et l'Aptitude à la Nage

Si tous les chiens savent à peu près nager d'instinct, du moins sur une courte distance, tous ne peuvent pas devenir des champions de natation. Des facteurs tels que la morphologie peuvent faciliter les choses. Au-delà du fait que le risque qu'il se noie est plus faible, ce qui évidemment est une source d'angoisse en moins, il peut s'avérer très utile d'avoir à ses côtés un chien qui est très à l'aise dans l'eau. Depuis des siècles, l'Homme n'hésite pas à utiliser de différentes manières les capacités des chiens qui nagent très bien.

Le Berger Belge Malinois est un chien à tout faire : en plus d'exceller en tant que conducteur de troupeau, gardien, secouriste, policier ou encore détecteur de drogue et d'explosifs, c'est également un très bon nageur. S'il se débrouille aussi bien dans l'eau, c'est avant tout en raison de son corps bien proportionné et ses quatre pattes longues et puissantes : grâce à ces atouts morphologiques, il est capable de nager rapidement et avec élégance, sans vraiment se fatiguer. Les séances de natation peuvent faire partie des activités qui stimulent un Malinois, lui procurant l'activité physique et mentale dont il a besoin. Les sports canins doivent ainsi obligatoirement être au programme si vous adoptez un berger belge. Son zèle et son intelligence caractéristiques, ainsi que sa constitution physique, sa vitesse, son agilité et sa force font qu’en matière de sports canins, presque aucun autre chien ne lui arrive à la cheville. Ses sauts sont particulièrement impressionnants. Bien qu'il soit essentiel de ne pas dépasser deux bains par an pour son entretien, l'eau dans le cadre sportif ou de loisir est une excellente opportunité de dépense. Pour aider son chien à mieux nager, rien ne vaut des séances d'entraînement dans une piscine, une rivière avec peu de courant ou un point d'eau peu profond. Les premières séances consistent surtout à l'habituer à être mouillé, afin qu'il n'ait pas ou plus peur de l'eau. Pour le Berger Belge à poil court noir, compte tenu de son lien étroit avec le Malinois et des traits physiques partagés (corps svelte et musculeux, allures élancées), il est raisonnable de supposer des aptitudes aquatiques similaires, même si elles ne sont pas explicitement détaillées.

Lire aussi: Adoption internationale du revolver Nagant

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *