Dès l'origine, les voiliers Beneteau First ont été conçus pour ravir les amateurs de régate et de course-croisière exigeants, incarnant un plaisir de naviguer à nul autre pareil. Avec leurs carènes soigneusement affutées, les First ont toujours attiré le regard des connaisseurs avec leur style incomparable. Bénéficiant des technologies les plus avancées, leurs performances sous voiles en font des références pour s’illustrer sur les plans d’eau. Ces croiseurs rapides sont de véritables diffuseurs de sensations, sachant profiter du moindre souffle d’air pour filer grâce à leur carène tendue et leur légèreté très étudiée. Pensés pour donner un maximum de sensations sur l’eau avec un minimum de complexité, les First rendent l’expérience de la voile accessible à un large public. Même dans une jolie brise, ils conservent une stabilité rassurante et restent toujours agréables à mener et sécurisants quel que soit le nombre et le niveau des équipiers, avec des manœuvres d’envoi de voiles qui se font dans la fluidité. Avec plus de 25 000 bateaux construits depuis 1977, la marque First reste une référence de la course-croisière, une saga que Tip & Shaft a racontée en compagnie de certains de ses acteurs, à travers quelques modèles phares du chantier Beneteau.
La Genèse d'une Légende : Le First 30 et la Vision de François Chalain
L'histoire des First est d'abord l'histoire d'un visionnaire. En 1976, François Chalain, qui venait juste de rentrer chez Beneteau, proposa à sa jeune présidente Annette Roux de racheter les moules d'Impensable, vainqueur de la Half Ton Cup. Le chantier vendéen avait certes opéré son virage du bois au polyester dans les années 1970, mais il ne produisait alors que des pêches-promenades. François Chalain, sans doute le plus grand visionnaire de l'industrie nautique française, avait commencé chez Jeanneau avant de lancer les First en 1976 et les Oceanis en 1985 chez Beneteau. Régatier passionné, il possédait la vision et surtout une exigence redoutable pour mettre tous les éléments d'un bateau en cohérence.
Les voiliers de Bénéteau, avant 1977, étaient des « pêche-promenade », de petits canots ventrus d'allure débonnaire, suscitant ordinairement les railleries des « vrais » navigateurs. L'arrivée du « First » allait tout changer. Car les voiliers de « course-croisière », à l'époque, c'était Jeanneau, Dufour, Mallard, Wauquiez. Annette Roux, la patronne de Bénéteau, avait décidé d'aller jouer dans la cour des grands. Porté par le succès de sa nouvelle gamme, le chantier allait bientôt devenir, tout simplement, le plus grand. Le nom "First", limpide et un coup de génie, passait aussi "bien" à l'export.
Ce premier First, signé André Mauric et issu du half-tonner L'Impensable, qui avait remporté la Half Ton Cup 1973 avec Michel Briand à la barre, s'appelait à l'origine « First » tout court (avant de s'appeler First 30) parce qu'il n'y en avait pas d'autre. Le First 30 a ainsi lancé Beneteau sur le marché de la « course-croisière » et changé le destin du chantier de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. André Mauric, l'architecte du First 30, a commencé à régater en 1920 avec comme co-équipier le non moins célèbre Édouard Chabert, futur constructeur naval marseillais. Son apport en architecture navale a été significatif, signant de 1930 à 1985 plus de 3000 plans, s'obligeant en permanence à apporter de nouvelles idées, à améliorer les carènes aussi bien que les hélices ou les plans de voilure. Il a mis en place le bureau d'études qui porte toujours son nom, et qui perpétue son esprit en étant aujourd'hui un des leaders européens de la profession. André Mauric a été à l'origine des plus grandes aventures sportives et industrielles du nautisme, architecte du premier défi français pour la Coupe de l'America, et architecte du premier voilier construit en grande série, le First 30 de Beneteau. André Mauric a dessiné les voiliers de course les plus célèbres de son temps, et sa notoriété dans la plaisance ne doit pas faire oublier sa prestigieuse carrière de créateur de vedettes rapides. Le chantier Beneteau a demandé à André Mauric de modifier le bustle arrière pour atteindre un meilleur équilibre, et la rencontre de ces deux hommes a donné naissance à un bateau rapide.
Le First 30 fut présenté en 1977 au Salon Nautique de Paris. Les photos de l'époque montrent le First 30 sous spi (symétrique bien sûr) et big boy, comme cela se faisait à l'époque. À la barre, on y voit Eugène Riguidel, et juste à côté de lui, dans le cockpit, Michel Malinovsky, deux grands skippers de l'époque. L'un comme l'autre ont disputé la Course de l'Aurore 1977 sur un First 30, avec une troisième place à la clé pour « Malino ». Le First 30, pour un bateau initialement destiné à la course-croisière, outre une table à cartes très fonctionnelle, disposait d'un package d'éléments de confort très suffisant, incluant lavabo, WC marin, et une mini-cuisine. Il ne faut pas oublier que le compartiment moteur, situé sous la descente, n'avait pas fait l'objet d'une insonorisation prioritaire dans le cahier des charges. Avec ses 120 m2 de voilure au portant, le First 30 "cavale dans le clapot naissant à 12 nœuds sous spi", offrant un régal de sentir la carène foncer en effleurant l'eau et répondre avec précision aux moindres sollicitations du safran. Au près serré dans la forte brise, alors que ses concurrents préparaient la deuxième bande de ris, le First 30 prenait son ris de fond et traçait de façon insolente un cap à 30 degrés du vent. À l'heure où près de 1000 First 30 naviguaient, tout semblait indiquer que ce voilier allait s'imposer comme le monotype de demain. Les escales de croisière hauturière et les sociétés de location l'ont parfaitement compris en proposant presque systématiquement des First 30.
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L'Expansion de la Gamme et l'Âge d'Or de l'IOR
Fort du succès du First 30 lancé en 1977, Beneteau a constitué en moins de trois ans une gamme de six First de 18 à 35 pieds. Le chantier tournait à plein avec plus de 1 000 unités produites en 1980 et se retrouvait leader d'une plaisance en pleine explosion. Durant toutes les années 1980, les First allaient tenir le haut du pavé, sur les plans d'eau comme dans les magazines. Pour ses futures grandes unités, le chantier fit appel à l'Argentin Germán Frers, architecte des tutélaires Swan, qui dessina les iconiques First 42 et 456, puis les 435 et 51. Côté course, en 1979, Beneteau se tourna vers Jean Berret, qui venait de signer le très bon First 35, pour plancher sur un half tonner de petite série. Ces bateaux étaient construits dans un atelier aménagé par Beneteau à Saint-Hilaire-de-Riez, à côté de la menuiserie, où déjà à l'époque, on travaillait sous vide. Aux côtés de François Chalain, on trouvait Eric Ingouf, habitué des Ton Cup, qui travaillait beaucoup sur les plans de pont et le respect des formes torturées des IOR. La jauge IOR multipliait en effet les points de mesure à certains endroits de la coque.
L'année suivante, le légendaire Paul Elvstrøm, quadruple champion olympique danois, s’empara du trophée sur King One, un autre First Evolution. Un tremplin similaire survint trois ans plus tard avec les one tonner. Pour la première fois, Beneteau fit travailler ensemble la fine fleur de l'architecture française. La petite série de First 40 Evolution fut signée Berret-Fauroux-Finot. Les protos se nommaient Phoenix (Harold Cudmore), Fair Lady (Eric Duchemin) ou Coyote (Bruno Troublé) et trustèrent les podiums en Manche et outre-Atlantique. L'apogée de cette décennie IOR resta la construction de Rubis en 1989. Ce two tonner, armé par l'horloger Corum, fut le fruit de la collaboration entre Philippe Briand, Philippe Pallu de la Barrière et Luc Gellusseau, qui avaient déjà œuvré sur French Kiss pour la Coupe de l'America 1987. Le bateau, un concentré de nouveautés, présentait un plan de pont innovant avec deux roufs latéraux servant d’avaleurs de spi, un piano central, et un sanglage des équipiers à l’intérieur sur des bancs de rappel pour les courses offshore.
Le First 25 : Un Modèle Emblématique de la Plaisance Familiale
Parmi les succès notables de cette période, le First 25, du chantier Bénéteau, a marqué l’histoire de la plaisance. Dans sa taille, 7,50 mètres, il reste un des meilleurs voiliers d’occasion de sa génération. Des voiliers plus récents n’ont toujours pas fait mieux que lui d’un point de vue confort à bord et performances en mer. Dessiné par Jean Marie FINOT, un des plus grands architectes de la plaisance, ce First de 7,50m est sans doute un des meilleurs voiliers de sa génération. C’est en 1979, que Bénéteau et le groupe Finot ont présenté le First 25, suite logique du First 22. Le First 25 répondait à un programme bien précis : permettre à une petite famille de partir en croisière pour un programme de navigation côtière sur un bateau confortable, marin, amusant et économique en entretien. Le pari fut réussi, preuve en est le nombre de voiliers que l’on peut encore croiser sur nos côtes. Ce voilier au caractère marin est capable de caboter le long des côtes comme de traverser l’Atlantique.
La première chose que l’on observe quand on monte sur un First 25, c’est son large cockpit. Celui-ci est très vaste et profond (le bateau n’a pas de cabine arrière). Un équipage de 4 personnes peut manœuvrer sans problème, sans se marcher dessus, ce qui n’est pas le cas de tous les voiliers de cette génération. Deux grands coffres permettent de ranger des amarres, pare-battages, une annexe et beaucoup d’autres équipements. À l’époque, le cockpit était considéré comme bien organisé, et des modifications auront sans doute été faites. Les hiloires sont très confortables, permettant au barreur d’être bien calé. Dans le carré, le First 25 impressionne clairement par son volume. Le carré prend toute la largeur du bateau avec un côté qui se transforme en couchette double confortable. En contrepartie, le bateau manque sans doute un peu de rangements. De l’autre côté, la cuisine en L, est assez bien équipée pour un bateau de cette taille. La hauteur sous barrots est, dans le carré, de 1,75m et 1,80m sous le capot. Un cabinet de toilette avec lavabo sépare le carré de la couchette double avant (fermée). La couchette double avant est parfaite pour des enfants, bien séparée du carré et assez vaste pour pouvoir jouer assis. La hauteur sous barrots, à l’entrée, est encore correcte pour un parent et permet de bien circuler.
Le First 25 est sans doute un des meilleurs voiliers de 7,50m de sa génération avec le Kelt 7,60. Ses performances sous voile sont excellentes. Avec un déplacement de 1800kg et une belle surface de voilure, c’est un bateau vivant et très rassurant quand le vent monte, il passe aussi très bien dans le clapot. Et le modèle quille relevable est aussi efficace que le modèle quillard. Son comportement est vraiment très sain en mer. Cette carène va montrer toutes ses qualités dans 15-20 nœuds de vent et offrir de belles sensations à son équipage tout en étant très rassurant si le vent monte encore, grâce à une voilure généreuse. Le First 25 est proposé en deux versions, quille relevable et fixe, sans version dériveur chez Bénéteau. Il est construit en polyester monolytique (coque et pont), ce qui le rend "costaud", et le pont en stratifié évite le risque de délaminage. Le First 25 est très présent sur le marché du voilier d’occasion, avec des tarifs allant de 3000 à 8000 euros, dépendant surtout de l’entretien général, de son gréement et des équipements de navigation. Pour ceux qui n’ont pas de places de port ou qui préfèrent les bateaux transportables, le First 24 est également une très bonne cote.
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La Rupture Monotype : Le First Class et l'Ère post-IOR
Les protos IOR étaient prestigieux, mais leur raffinement coûtait de plus en plus cher, et Annette Roux ne cessait de répéter à ses équipes qu'“un Beneteau doit toujours avoir un bon rapport qualité-prix.” C'est ainsi que "le First Class a été une façon brillante de s’extraire d’un compromis de plus en plus difficile à tenir", raconte Jean-François Lair. Exit le bois à l’intérieur, les vaigrages et autres parements lourds et chers. Exit l’IOR et ses carènes bosselées. Pour dessiner ce nouveau monotype, Beneteau fit appel à Jean-Marie Finot et Jacques Fauroux. Le monotype sorti en 1982, le First Class 8, porta une double paternité. Jean-Marie Finot s’était fait remarquer avec le one tonner Révolution pour son goût des arrières callipyges. Ils accouchèrent d’un monotype bas sur l’eau, à la carène très fluide, marchant vite à toutes les allures avec un gréement fractionné et une belle surface de toile. Le bateau reprenait aussi le système de quille relevable inventé par Finot et Beneteau sur le First 22 en 1978. Le Class 8, pesant 1,3 tonne, se révélait beaucoup plus facile à transporter sur route qu’un Surprise, le grand concurrent à l’époque. Sa largeur de 2,50 m lui garantissait le gabarit routier, contrairement au J24, monotype international qui ne s’est jamais vraiment imposé en France.
Une association de classe fut rapidement créée, un partenaire trouvé avec l’organisme de financement CG Mer, et un circuit de championnats organisé. "On emmenait les flottes par camion sur les lieux de régate, des fournées de 30 bateaux à la fois", se souvenait le préparateur Jean-Michel Crochet. Un peu chiche en accastillage à sa sortie, le Class 8 invitait les équipages à la bidouille et le chantier reprit en série l’idée du piano central qui coiffait la descente et permettait de gérer les manœuvres sans quitter le rappel. Innovant par sa simplicité à sa sortie, le Class 8 resta dans le coup plus de dix ans et attira le gotha de la régate. "J’ai vu des championnats où plus de 80 bateaux s’alignaient au départ. Ça arrivait de partout en Europe et le niveau était très élevé", se souvenait Bertrand d’Enquin. Le sommet fut atteint en 1992 au Cap d’Agde avec plus de 100 Class 8. Peu importait si le monotype ne devint pas série internationale. En 1993, le First Class 8 cessa d’être produit, avec 965 exemplaires réalisés. La déferlante du Class 8 à partir de 1982 puis les trois générations de Figaro (1990, 2003, 2019) ont ancré la marque dans la monotypie.
La Diversification et l'Influence des Designers : Les Séries "S" et "F"
Au mitan des années 1980, Beneteau comprit qu’il fallait segmenter son offre. François Chalain, encore lui, lança avec l’architecte Philippe Briand le premier Océanis 350 en 1986, croiseur assumé d’un nouveau genre. Beneteau se mit en quête d’un designer intérieur. La rencontre avec la star internationale du design, Philippe Starck, fut vite organisée et accoucha d’un des bateaux les plus disruptifs de l’histoire de la plaisance, le First 35S5. Jean Berret, qui signa la carène, se souvenait : "Beneteau a pris un vrai risque car ce que dessinait Starck coûtait plus cher et remettait en question les habitudes du chantier." Le First 35S5, le premier représentant de ces nouveaux First "S", fut dévoilé au salon de Paris en décembre 1987. Ces modèles affichaient un look très résolument moderne, à l’extérieur avec leurs hublots de rouf « zénithaux », comme à l’intérieur avec leur déco détonante mêlant acajou sombre, marbre et aluminium brossé, du jamais vu. Le très disruptif First 35S5 (avec un « S » comme « Starck ») fut sacré « Bateau de l’année 1988 ». Malgré une carrière commerciale assez courte de quatre ans, les chiffres de vente furent corrects. Un peu plus tard, au début des années 1990, dans le même élan, le constructeur vendéen fit appel à Bruce Farr et à Pininfarina, pour les First « F ».
Dix ans plus tard, les s5 puis s7 furent remplacés par une nouvelle série. Pour le benjamin de la nouvelle gamme, Beneteau conserva sa confiance à Jean-Marie Finot et Pascal Conq, qui dessinèrent le First 31.7 - "peut-être le plus réussi de tous", selon Jean-Michel Crochet, préparateur à l’époque de tous les First. "Le 31.7, c’était la carène du Figaro 1, un intérieur bien fichu, la polyvalence. Un bateau hyper facile et accessible à tous." Peu importait si le 31.7 n’était pas très optimisé pour l’IRC et ne remportait jamais le Spi Ouest-France "même quand il y en avait 30 engagés en IRC4 face au légendaire half tonner Britanny Drizzle", soulignait Christophe Cantin, actuel président de l’association de propriétaires. En parallèle du "petit" 31.7, sortit le 40.7 qui, lui aussi, connut une très belle carrière, avec près de 700 exemplaires vendus. Lorsque en 2007, la province de Shenzhen créa la China Cup pour concurrencer Qingdao qui s’était vu attribuer les Jeux Olympiques de 2008, Beneteau produisit une flotte de 10 bateaux, puis, suite au succès de la formule, 20 autres l’année suivante. Le 40.7 devint le monotype de l’Empire du Milieu.
L'Évolution des Monotypes Figaro et la Compétition
Dans les années 2000, l’arrivée de l’IMS et surtout de l’IRC donna naissance à quelques bateaux de série spécialement réussis qui pouvaient rivaliser avec les meilleurs protos. C’est ainsi que First National, un First 40.7, gagna, toutes classes confondues, la Sydney Hobart en 2003, ou que Gery Trentesaux s’adjugea le Fastnet (en IRC 0) à la barre de son First 44.7 Courrier du Coeur en 2007.
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À la fin des années 1980, la Solitaire du Figaro se courait encore sur des half tonners, devenus des bijoux de technologie, mais dont le coût exorbitant nuisait à l’égalité des chances des concurrents. "En 1989, j’avais gagné la formule de sélection Skipper Elf et hérité du dernier half tonner qui était une véritable McLaren." Le bateau était bien né, mais le mât un peu faible fut remplacé par un profil 9/10 sans bastaques en 1993, ce qui régla la question. Le chantier veillait au grain et chaque été, entre 1990 et 1996, le First 53 F5 mené par Eric Ingouf et Jean-Michel Crochet s’occupait de l’assistance de la course en même temps que du service après-vente. "C’étaient des épopées formidables." Celui qu’on appelait désormais le Figaro Solo conquit son marché très captif avec 61 exemplaires produits.
Mais la carrière de cette carène bien née ne s’arrêta pas là. Au début des années 2000, le plan Finot-Berret ayant pris un coup de vieux, le chantier réfléchit à un nouveau dessin. Finot restait une valeur sûre, mais le choix du comité de sélection de la classe, dirigé par Gildas Morvan, se porta sur le cabinet Lombard, qui avait montré en Imoca qu’il fallait compter sur lui. C’est ainsi que naquit en 2003, le Figaro Beneteau, deuxième du nom, qui gagna un mètre dans l’histoire. Surtout, le Figaro Beneteau 2 se montra beaucoup plus stable de route que son prédécesseur. Les skippers pouvaient aller dormir sous spi, le bateau n’enfournait quasiment plus : "Le Figaro 2 a capitalisé sur les acquis de la monotypie du Figaro 1." Avec le Figaro 2, le circuit prit une nouvelle dimension. Les centres d’entraînement formèrent des cohortes de skippers qui firent du Figaro leur métier, investissant dans leur outil de travail, amorti sur quatre ou cinq ans. À raison de 250 jours de navigation par saison, le loch d’un Figaro engloutissait chaque année 12 à 14000 milles. En 2017, le concours lancé par la classe Figaro et le chantier pour reprendre le flambeau fut remporté par VPLP. Le Figaro Beneteau 3 fut construit dans un atelier dédié à Nantes, dans les anciens locaux de Jeanneau Techniques Avancées. Plus court, beaucoup plus sportif et plus moderne, notamment via son plan de voilure, le Figaro 3 a "ouvert le jeu", rendant les options autrefois aléatoires potentiellement payantes et a redonné ses lettres de noblesse à la stratégie.
La Renaissance des First : Retour aux Sources et Innovation Technologique
Au milieu des années 2010, les First perdirent un peu de leur pouvoir d’attraction. Le marché fit la part belle aux croiseurs et aux catamarans et les First tombèrent à moins de 10% des recettes du chantier. "Le marché du bateau a connu la même bascule que celui de la voiture", expliquait Yann Masselot, directeur actuel de la marque Beneteau. "Dans les années 1980, tout le monde voulait des GTI. Après le boom des années 2000, la crise de 2008 rebat les cartes." En 2015, Madame Roux a voulu relancer la gamme First, selon Jean-François LAIR.
L'intégration de Seascape en 2018 et sa gamme de sportboats fut un accélérateur. C'est d'ailleurs chez eux en Slovénie que le First 36 est produit, et pour le First 44, Beneteau a renoué avec un atelier dédié au Poiré-sur-Vie en Vendée. En 2019, sortit le First Yacht 53, signé des architectes italiens Roberto Biscontini et Lorenzo Argento, une véritable rupture avec les bateaux de régate du marché. "Le First 53, c’est 'l’effet whaou !', un bateau qui fait rêver", analysait Yves Mandin, chef de produit chez Beneteau depuis 30 ans. "On a retrouvé l’ADN des First des années 1990, c’est-à-dire des bateaux qui répondent aux attentes d’une clientèle exigeante."
Il manquait alors un trait d’union entre les petits First et l’amiral de 53 pieds. C’est pourquoi Beneteau démarra en 2019 l’étude d’un 36 pieds avec Sam Manuard. Développé conjointement avec Seascape en Slovénie, où il est construit, ce nouveau First 36 utilise des solutions techniques qui ne seraient pas imaginables sur de grandes chaînes de fabrication : cloisons sandwich, infusion, greffage de la structure avec reprises de stratification. Ce 36 pieds est construit comme un voilier de course à part entière, mais sa polyvalence en fait un objet très attractif. Bateau de croisière rapide plus que machine de régate, il est décliné en plusieurs versions de plans de pont et de gréement pour s’adapter à des programmes multiples. En option, les propriétaires peuvent choisir des ballasts qui permettent de s’affranchir du nombre d’équipiers au rappel. "Nous visons une trentaine de bateaux par an." La 53e Transpacific Yacht Race a atteint cette année une nouvelle dimension : un bateau de 36 pieds destiné à la production en série a franchi la ligne d’arrivée en deuxième position. Il a également remporté haut la main la victoire dans sa catégorie au classement ORR en temps compensé, et a terminé à seulement une minute du podium au classement général ORR en temps compensé. C'est le nouveau First 36 SE, né de la collaboration entre BENETEAU et Seascape, non seulement un bateau, mais un état d’esprit.
Parallèlement, le tout nouveau First 30, millésime 2025, signé Samuel Manuard, a fait son apparition. Son rouf assez discret et son franc-bord modéré composent une silhouette fort élégante. La bonne largeur des passavants et les dimensions généreuses de la plage avant sont notables. Ce nouveau First 30 est un concentré de performance, de confort et d'innovation, idéalement adapté à la nouvelle génération de marins. Il est difficile de trouver des sensations comparables au moment où un voilier commence à planer, où le bateau décolle et se libère des contraintes liées à la vitesse de déplacement. Jusqu'à présent, cette expérience nécessitait des compétences de navigation avancées. Cependant, avec le tout nouveau BENETEAU First 30, le plaisir du planing devient sans effort et accessible à tous, que vous soyez régatier expérimenté ou novice. Le pont et le cockpit aux dimensions généreuses ont été conçus avec deux objectifs : minimiser l'encombrement pour créer un espace de détente spacieux et confortable tout en garantissant une ergonomie de navigation exceptionnelle. Deux configurations de cockpit sont disponibles : l'une pour les plaisanciers et l'autre pour les régatiers. Comme on peut s'y attendre de la part d'un voilier BENETEAU, le First 30 dispose d'un intérieur distinctif, minimaliste et néanmoins confortable, offrant un hébergement spacieux pour quatre personnes dans deux cabines. Parmi ses caractéristiques les plus marquantes, on trouve une cabine avant généreuse et des couchettes de carré qui rivalisent sans mal avec celles de son grand frère, le First 36.