La voile de compétition représente un spectre vaste, allant des classes de développement pour les jeunes espoirs aux machines de course océanique de haute technologie. Dans ce paysage, des skippers comme Simon Benaïchouche et Sébastien Simon illustrent deux réalités distinctes, mais complémentaires, du monde de la course au large : l’apprentissage exigeant de la Mini Transat et la performance technologique du Vendée Globe.
La Mini Transat : l’antichambre de l’océan
Le jeune skipper honfleurais Simon Benaïchouche incarne cette génération de navigateurs pour qui la mer est une vocation précoce. Du haut de ses 22 ans, ce jeune Honfleurais, étudiant en mathématiques à Rennes, et avant tout passionné de voiles, compte bien participer à la Mini-Transat. Il s’agit d’une course transatlantique en solitaire et sans assistance, en deux étapes, à bord de petits voiliers longs de 6,50 m. Membre du CNH (Cercle nautique honfleurais) où il y fait ses armes depuis 2009, Simon navigue en compétition depuis 7 ans. Fils d’une famille de marins, il baigne dans ce milieu depuis son plus jeune âge. Alors, traverser l’Atlantique en solitaire, c’est comme un rêve de gosse sur le point de se réaliser.
Pour arriver sur la ligne de départ, le marin doit faire preuve d’une rigueur absolue. Entre 2010 et 2014, Simon a navigué en J80, monotype de référence en Europe, ce qui lui a permis de monter des projets en équipage. En 2013, pour le tour de France à la voile, l’équipage honfleurais se classe premier en amateur. En individuel, cet été pour le tour de l’île de Wight en Angleterre, le skipper honfleurais a même remporté la régate. Ces expériences lui ont permis de forger son instinct marin avant d'aborder la navigation solitaire.
La transition vers la course au large nécessite une préparation physique et mentale intense. Il faut être en très bonne condition physique, et pour cela, c'est avant tout bien dormir. Pour s'entraîner, Simon pratique la musculation, la course et la natation. La Mini Transat est considérée dans le monde de la voile comme l’antichambre de la route du Rhum et de la Solitaire du Figaro et demande une solide préparation. La gestion du sommeil, du matériel, la prise de risque et le mental sont des facteurs clés que le skipper doit apprendre à maîtriser seul au milieu de l'Atlantique.
La mécanique du financement et l'engagement associatif
L'un des défis majeurs pour un jeune skipper reste la recherche de financement. La taille limitée des bateaux réduit les budgets et permet aux amateurs de participer à une vraie course au large, mais faire de la compétition reste cher. La recherche des financements est la tâche la plus ardue de la préparation : il faut louer des bateaux, les entretenir, payer des droits d'inscription aux courses, soit environ 30 000 € chaque année.
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Pour pallier ces coûts, Simon Benaïchouche a mis en place des structures de soutien. Ses amis, qui le soutiennent, gèrent l’association « Les Hydropathes » pour lui venir en aide dans sa recherche de sponsors, et organiser des manifestations de soutien. Il fait appel aussi au financement participatif sur son site internet. Lorsque l'on trouve des entreprises, il faut être capable de leur proposer quelque chose en échange, comme par exemple des sorties en mer. La visibilité offerte aux partenaires locaux est un levier essentiel pour boucler un budget global qui peut atteindre 70 000 euros.
L’évolution vers le haut niveau : le parcours de Sébastien Simon
Sébastien Simon, ingénieur en structure et composites, est un passionné de voile et de course au large, révélé sur le circuit Figaro après une brillante carrière en voile olympique. Son parcours illustre la professionnalisation du milieu. Originaire de Vendée, Sébastien découvre la voile enfant à bord du bateau de son père. Piqué par le virus de la compétition dès ses débuts, il brille rapidement sur les supports olympiques. En 2018, il remporte La Solitaire URGO Le Figaro et le titre de Champion de France Elite de Course au Large.
Cette victoire lui ouvre les portes de la classe IMOCA. Le projet se construit alors autour d'une alliance entre talent sportif et partenaires industriels. Alignant sous leurs couleurs le skipper Sébastien Simon, ARKÉA et PAPREC - deux groupes historiquement impliqués dans la course au large - s’unissent autour d’un programme porteur de sens où les dimensions d’innovation, de transmission, de défi et de partage dessinent les contours d’un projet ambitieux. Avec le soutien de ses partenaires, Sébastien Simon a pris le parti, pour sa première participation au Vendée Globe, de faire construire un nouveau bateau dessiné par l’architecte Juan Kouyoumdjian.
Les défis de l’IMOCA et l’épreuve du Vendée Globe
Le Vendée Globe représente l'apogée de la course au large. Sébastien Simon prend le départ de son premier tour du monde en solitaire en 2020. Un mois après le départ, alors qu'il naviguait en 4ème position, le marin sablais est contraint d'abandonner la course après avoir heurté un OFNI au large du cap de Bonne-Espérance. La résilience est une qualité intrinsèque du skipper, qui rebondit avec un nouveau projet soutenu par le Groupe Dubreuil.
Le groupe Dubreuil a choisi d’accompagner Sébastien Simon avec un IMOCA de dernière génération. Le skipper témoigne de l'intensité de ces projets : « Je suis vraiment fier de ce qu’on est en train de réaliser. Il y a beaucoup de sacrifice, beaucoup d’envie, beaucoup d’énergie… ». Lors de son édition 2024, son Vendée Globe a été marqué par la casse de son foil, mais aussi par un exploit retentissant : il bat le record de milles parcourus en 24 heures, franchissant la barre des 600 milles.
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