La Conversion des Bâtons de Marche en Pagaies : Une Approche Multiusage pour l'Aventure Bivouac

L'alliance de la randonnée et de la navigation est une aspiration pour de nombreux aventuriers cherchant à optimiser leur équipement et à minimiser le poids transporté, une démarche souvent qualifiée de Matériel Ultra Léger (MUL). Dans cette quête d'efficacité, l'idée de transformer des objets du quotidien du randonneur en accessoires de navigation émerge naturellement. La possibilité de convertir des bâtons de marche en pagaies représente un concept séduisant, visant à réduire l'encombrement et le poids du matériel embarqué, tout en offrant une flexibilité précieuse pour des parcours combinant portage terrestre et navigation fluviale ou lacustre.

L'Idée Novatrice : Transformer des Bâtons de Randonnée en Pagaies

Le point de départ de cette réflexion réside dans une proposition simple mais audacieuse : utiliser des bâtons de randonnée pour composer une pagaie. La démarche suggérée impliquerait un système pour relier les deux bâtons afin de faire le manche de la pagaie. Ensuite, il faudrait un second système pour fixer la pagaie sur le bout du bâton. Pour que cette ingénierie soit viable, il est bien entendu que les bâtons de rando doivent être réglables et costauds pour ne pas plier lorsqu'on rame et pour supporter le bricolage. Cette approche vise à une double fonctionnalité essentielle pour ceux qui comptent marcher et naviguer, avec la perspective d'emporter leur bateau sur le dos. L'objectif est clairement l'optimisation du matériel et la réduction du poids, une considération primordiale lorsque l'on s'intéresse de près au matériel ultra léger et que l'on débute dans de telles aventures. Pour Florian et Soizic, par exemple, qui envisagent des randonnées sur environ cinq jours avec un poids maximal de quinze kilogrammes chacun, le choix de chaque élément est crucial. L'idée de se servir des pagaies bricolées pour maintenir aisément un tarp est également une piste envisagée, ajoutant une couche supplémentaire de polyvalence à l'équipement. En effet, il faudrait que le tube de pagaie soit réglable pour le montage d'une tente ou d'un tarp se servant des bâtons, même si ce n'est pas forcément une obligation. Il est toujours possible de régler la position des haubans à la bonne hauteur sur le manche de la pagaie, en les fixant, par exemple, par un nœud de cabestan. Une telle modularité pourrait, à première vue, offrir un avantage significatif en termes de poids et d'encombrement par rapport à l'acquisition d'une pagaie double dédiée.

Défis et Inconvénients de la Conversion Directe

Malgré l'attrait de cette idée de polyvalence, la transformation directe des bâtons de randonnée en pagaies se heurte à des obstacles techniques et pratiques non négligeables. L'un des arguments les plus forts contre cette approche est que le bâton est conçu pour une rigidité dans l'axe du tube et non en flexion. De ce fait, le bâton ne résistera pas, et encore moins s'il est réglable, selon les avis d'experts. Compte tenu des efforts et surtout des chocs que ceux-ci vont encaisser lors de la propulsion dans l'eau, les risques de dommages sont élevés. Les tubes en fibre ou en aluminium, matériaux courants pour les bâtons de randonnée, pourraient en subir des dégâts significatifs.

Un autre inconvénient majeur, souvent négligé dans l'enthousiasme du bricolage, concerne la flottabilité de l'ensemble. Il faut que la pagaie bricolée flotte, car si vous perdez les bâtons/pagaies, cela pourrait entraîner une situation délicate. Une solution possible pourrait être l'utilisation d'un leash pour maintenir l'équipement à portée de main. En ce qui concerne la fabrication de la pale, l'idée de fabriquer la structure de la pagaie, ou le pourtour en bois pour lui donner la forme, puis l'évider au maximum pour gagner en poids lors du transport, avant de la recouvrir d'un sac en tissu waterproof, a été émise. Cependant, il est légitime de se demander si une pagaie ainsi fabriquée de manière artisanale serait plus légère qu'une pagaie démontable du commerce. La performance est également une préoccupation majeure : faire 15 à 20 km par jour avec deux pagaies simples bricolées et une embarcation comme un Dragonfly, est un objectif optimiste, surtout sur eau plate et sans courant. Ce type de bricolage n'est pas considéré comme rationnel dans une optique de performance ou d'usage intensif. L'expérience montre qu'une telle transformation des bâtons de marche en pagaie est une très mauvaise idée pour un certain nombre de raisons, dont certaines ont été développées plus haut, même pour ceux qui sont engagés dans une démarche MUL. La question de savoir si les bâtons de randonnée, même des modèles robustes, peuvent supporter le type de contrainte exercée par la rame, reste un point d'achoppement important.

L'Approche Inverse : Des Pagaies Transformables en Bâtons de Marche

Face aux difficultés inhérentes à la transformation des bâtons de randonnée en pagaies, une réflexion inverse émerge : serait-il plus judicieux de concevoir une pagaie démontable qui pourrait, à son tour, servir de bâton de marche ? L'idée consiste à utiliser une pagaie démontable en y ajoutant un "pied" et une "poignée" amovibles, ce qui semble plus réalisable. Cette configuration inverse est beaucoup plus facile à réaliser, ne nécessitant que deux embouts pour le pic et deux poignées pour l'autre extrémité du tube de la pagaie. Cette démarche, bien que non conventionnelle, pourrait être moins complexe que de tenter de doter des bâtons de randonnée d'une rigidité en flexion qu'ils ne possèdent pas intrinsèquement.

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L'un des avantages manifestes de cette approche est la capacité de ces tubes de pagaie modulaires à servir également pour le montage d'une tente ou d'un tarp. Si le tube de pagaie est réglable, il devient alors un support versatile pour l'abri de bivouac. Cependant, des limites subsistent. Avec des pagaies démontables en trois sections, cette adaptation est généralement impossible en raison de la longueur des tronçons. Même avec des modèles démontables en quatre sections, les deux tronçons centraux pourraient être trop courts pour un usage confortable en tant que bâtons de marche. Il faudrait alors rajouter un bout de tube pour la poignée, et un autre pour le bout d'accroche et d'appui, ce qui pourrait rendre l'ensemble plus cher et plus lourd qu'une paire de bâtons de marche dédiés et légers. La quête d'une "pagaie miracle" avec des pales démontables et en quatre parties, permettant d'y ajouter une poignée et un pic, reste une sorte de graal pour les adeptes de la multifonctionnalité extrême. Certains possèdent déjà de bonnes pagaies démontables en quatre parties, et ne voient pas trop comment faire plus "miracle" que l'équipement actuel. Le compromis entre la fonctionnalité, le poids et le coût demeure donc un facteur déterminant dans la réalisation de cette polyvalence. Le concept est intéressant, le tout étant bricolable à la maison à faible coût, bien sûr, mais pas dans une optique intensive.

Le Débat sur la Multifonctionnalité : Utilité ou Gadget ?

La discussion autour de la conversion des bâtons de marche en pagaies, ou vice versa, s'inscrit dans un débat plus large sur la multifonctionnalité de l'équipement de plein air. L'attrait d'un objet ayant deux usages est indéniable pour les adeptes de la légèreté et de l'optimisation. L'idée de n'emporter qu'un seul tube pour monter le tarp, pagayer et marcher est une démarche qui plaît aux esprits ingénieux.

Cependant, cette philosophie se heurte souvent à la réalité de l'efficacité et de la performance. Les outils réels, non multifonctions, sont généralement plus efficaces dans leur domaine spécifique. L'analogie du couvert de camping avec un couteau à un bout et une fourchette à l'autre illustre ce dilemme : bien que de tels objets existent, leur praticité peut être remise en question. L'expérience montre qu'il est souvent plus aisé d'utiliser une fourchette pour tenir un aliment pendant qu'on le coupe, plutôt que de manipuler un outil combinant les deux. La nostalgie des outils multifonctions de l'enfance, souvent perçus comme ingénieux, cache parfois une réalité où leur utilité concrète est limitée.

Pour autant, la démarche de créer un équipement polyvalent, même si elle n'est pas toujours rationnelle dans une optique de performance maximale, peut être amusante et répondre à un besoin de réduction de coût et de poids pour des usages non intensifs. Le compromis est alors entre l'efficacité spécialisée et la versatilité économique et légère. Le principe de la multifonctionnalité peut avoir sa place pour un usage occasionnel ou récréatif, où le plaisir de la bidouille et la satisfaction d'une solution astucieuse priment sur l'exigence de la performance absolue. Toutefois, pour des expéditions plus engagées, il est souvent préférable de s'orienter vers des équipements conçus spécifiquement pour chaque tâche.

Le Projet Aventure de Randonnée-Kayak : Un Cadre Pratique

Le contexte dans lequel s'inscrit cette recherche de polyvalence est un projet concret d'aventure combinant randonnée et kayak, typiquement dans des régions comme le Lake District, la Cumbria ou l'Écosse. Le plan est d'effectuer une randonnée sur environ cinq jours, avec un portage de matériel limité à un maximum de quinze kilogrammes par personne. L'embarcation visée est un kayak biplace, comme un Advanced Elements Dragonfly2, pesant environ quinze kilogrammes avec jupe et pagaies. La notion de Matériel Ultra Léger (MUL) est au cœur de cette démarche, car chaque gramme compte lors du portage d'un bateau sur le dos.

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Les critères de sélection du kayak sont très précis : il doit être biplace, offrant la possibilité de naviguer en duo, notamment si l'on croise des créatures légendaires comme le monstre du Loch Ness. La jupabilité est une exigence essentielle, étant donné l'humidité et les changements météorologiques rapides caractéristiques de ces régions. Le volume intérieur doit permettre de loger un sac d'environ quarante litres ou deux fois vingt litres. Le kayak doit également assurer un confort suffisant pour parcourir trente à quarante kilomètres sur deux à trois jours, sans nécessairement viser la vitesse, mais plutôt l'admiration du paysage. Le budget envisagé pour une embarcation répondant à ces critères précis est d'un maximum de mille euros. Pour le moment, tout est à faire, car les futurs aventuriers n'ont ni kayak ni matériel MUL, et ils se renseignent activement sur le net pour éviter d'acheter du matériel inadapté et pour optimiser au maximum leur équipement.

Choix de l'Embarcation : Analyse des Options

Le choix de l'embarcation est un élément central du projet randonnée-kayak, influençant directement la faisabilité et le confort de l'aventure. Les discussions ont porté sur plusieurs modèles, chacun présentant ses avantages et ses inconvénients au regard des critères définis.

L'Advanced Elements Dragonfly2 est un candidat sérieux qui semble se rapprocher le plus des attentes initiales. Il est donné pour environ quinze kilogrammes avec jupes et pompe. Cependant, un doute subsiste quant à son volume intérieur, et des questions ont été posées pour obtenir les dimensions précises. L'embarcation est partiellement recouverte, ce qui est un avantage par rapport à un modèle sans deck.

D'autres options ont été considérées. L'Alpacka Raft, très léger avec environ deux kilogrammes, est mentionné comme jupable pour des balades de cinq à huit heures. Toutefois, il est plus souvent associé à un usage pour traverser des rivières et est généralement un modèle mono, ce qui ne correspond pas au besoin d'un biplace.

Les Packboat, tels que le Puffin2, sont apparus comme une alternative plus légère sur le papier, annonçant un peu moins de douze kilogrammes et présentant des possibilités de volume intéressantes, bien qu'il n'ait pas vraiment de deck. Néanmoins, l'expérience avec Packboat a été décrite comme désastreuse pour certains utilisateurs, notamment au Pérou. Les problèmes rencontrés incluent la difficulté de redémonter le bateau après un certain temps en milieu tropical (sauf à appliquer un enduit silicone sur tous les raccords très régulièrement), la fragilité des boudins de flottaison intérieurs qui se crèvent facilement, et une asymétrie persistante qui rend la navigation longue et solitaire pénible. Ces embarcations sont parfois considérées comme des produits jetables plutôt que comme des gonflables durables, peut-être adaptées à un usage unique en expédition engagée mais pas pour un usage récréatif régulier.

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Le Stearn est un autre modèle évoqué, décrit comme une "savonnette" avec une grosse prise au vent, mais non ponté, ce qui offre une grande possibilité de chargement. Son avantage pour ce type de projet réside dans la possibilité de le séparer en deux sacs (un pour le bateau, l'autre pour le plancher et les sièges et pagaies), et son plancher peut même servir de matelas au bivouac. Cependant, son inconvénient majeur est qu'il n'est pas importé et donc difficilement visible avant achat.

Parmi les autres marques mentionnées figurent Sevylor, Airis, Gumotex et Grabner Fun, qui offrent également des options à considérer, mais leur budget n'est pas toujours défini. Les modèles convertibles de AE ont été écartés pour être trop lourds, tout comme les pagaies démontables du commerce pour la même raison. Le Gumotex et le Grabner Fun semblent offrir plus de possibilités de volume que le Dragonfly2 et une meilleure glisse, mais ne proposent pas de jupes. Les différences entre le Twist2 et l'Helios2, à part le prix et le poids, sont également un sujet de questionnement, l'Hélios 2 étant quasi identique à l'Hélios 380.

Concernant la protection contre la pluie en canoë, l'idée d'utiliser des ponchos ou de fabriquer un pontage amovible avec un système de velcro a été soulevée. Cependant, un K-Way est souvent préféré à un poncho dans un gonflable, même si les ponchos sont appréciés en randonnée.

Les Pagaies : Simples, Doubles ou Modulables ?

Le choix des pagaies est tout aussi crucial que celui de l'embarcation, notamment dans une optique de poids et de performance pour les expéditions combinant marche et navigation. Pour une navigation en biplace, il est tout à fait possible de naviguer avec chacun une pagaie simple ; il en existe avec pale et poignée amovibles par un clip. Cette option permet une certaine flexibilité et peut être plus légère que des pagaies doubles traditionnelles.

Cependant, l'expérience montre que les pagaies simples de type canoë peuvent être "galère" en kayak, en raison des techniques de propulsion différentes. Certains utilisateurs possédant des pagaies de canoë transformables en deux pagaies doubles de type kayak peuvent témoigner de cette difficulté. Ainsi, l'idée de revendre ces pagaies de canoë pour racheter deux pagaies doubles démontables en quatre parties est une évolution logique pour améliorer l'efficacité en kayak. Même des modèles plus abordables fonctionnent bien sur un gonflable, en raison de la grande surface des pales qui compense la flexibilité de l'embarcation. La possession de plusieurs paires de pagaies, certaines simples et d'autres doubles démontables, permet d'adapter l'équipement en fonction du type d'embarcation (kayak ou canoë) et du nombre de pagayeurs. L'optimisation du matériel ne se limite pas seulement à sa légèreté, mais aussi à son adéquation à l'usage. La possibilité d'avoir des pagaies démontables de bonne qualité, offrant un bon compromis entre poids et performances, est donc une priorité. Pour le moment, l'idée de se lancer dans la construction de pagaies artisanales est repoussée, privilégiant l'achat de modèles homologués, quitte à expérimenter la fabrication maison plus tard, avec toujours l'équipement fiable à portée de main en cas de besoin.

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