Comprendre le Bateau en Polyester Stratifié : De la Conception à la Maintenance du Kayak

La construction de bateaux, et plus particulièrement de kayaks, en polyester stratifié est une technique répandue qui allie solidité, légèreté et réparabilité. Ce procédé repose sur l'assemblage de couches de matériaux composites imprégnées de résine, formant ainsi une structure rigide et durable. Pour appréhender pleinement cette méthode, il est essentiel de comprendre les principes fondamentaux de la stratification, les matériaux utilisés, les étapes de fabrication et les spécificités de l'entretien. Le bateau en polyester stratifié, désigné aussi par l'acronyme PRV (polyester renforcé verre) ou FRP (fiber reinforced polyester) en anglais, offre de multiples applications possibles grâce à ce matériau simple d’utilisation et facilement adaptable.

Les Fondamentaux de la Stratification Polyester

La stratification est le procédé de base de construction ou de réparation navale. Elle s’effectue généralement par couches de fibres de verre tissées ou imprégnées de résine. Ces couches de fibres constituent des strates d’où le nom de stratification. Il s'agit d'une technique par laquelle un tissu est enduit d'une résine polymère qui, en durcissant, assure la cohésion de l'ensemble. L'appellation composite pour un kayak en résine polyester et fibre de verre est correcte, mais il est important de noter qu'elle n'a rien à voir, en qualité et durabilité/poids, avec un stratifié carbone kevlar époxydes, ou vinylester, qui sont d'autres types de composites avancés. Il existe de nombreux tissus et de nombreuses résines, ce qui permet de faire un bateau de l'épaisseur que l'on veut, plus ou moins solide aux chocs ou aux flexions selon le nombre de couches et le choix des tissus.

Types de Résines et Leurs Propriétés : Polyester vs. Époxy

Lors de la stratification des bateaux en fibre de verre, les résines les plus souvent utilisées sont de types thermodurcissables. Un matériau thermodurcissable n’est utilisable qu’une seule fois et devient infusible (ne peut plus être fondu) et insoluble après polymérisation (lorsqu’il a pris). La résine polyester est couramment utilisée dans la fabrication de pièces en matériaux composites. Elle est très reconnaissable par son odeur de styrène.

Une distinction cruciale existe entre les résines polyester orthophtalique et isophtalique. La résine isophtalique possède une meilleure résistance chimique et mécanique que l’orthophtalique. Cette supériorité en fait un choix privilégié pour des applications où la durabilité et la résistance aux agressions environnementales sont primordiales, comme pour la coque d'un bateau. En outre, il y a différentes sortes de polyesters, tous étant issus d’un processus de saponification entre des polyacides et des polyalcools. Selon les éléments avec lesquels il est associé, le polyester sert à de nombreux usages. Lorsqu'il est associé à une activité de moulage, le polyester est dit « stratifié ». Il est en effet mis en œuvre avec d'autres matériaux tels que la fibre de verre ou la poudre de pierre. Dans le processus même de moulage ou de revêtement des coques de bateaux ou de piscines, le polyester tient un rôle important. C'est une solution garantissant une parfaite étanchéité sur la longue durée.

Par opposition, la résine époxy est couramment utilisée pour les collages. La résine polyester n'est pas une colle à la différence, considérable, des époxys. Autrefois, des gens ont, par exemple, stratifié du polyester sur du bois, mais en intercalant des « primaires d'accrochage », faute de quoi la liaison était médiocre. Cette différence fondamentale explique pourquoi, pour coller un puits de dérive, le plus simple serait de le coller avec une bonne colle époxy, chargée à la silice ou aux micro-ballons pour l'épaissir un peu, et éventuellement d'y ajouter un joint-congé si l'on veut renforcer la liaison puits/coque. L'époxy est plus chère, elle n'accepte que de l'époxy comme matériau pouvant lui être collé, elle est plus rigide et donc plus difficile à manier et ne tolère pas du tout les UV. En revanche, elle est bien plus étanche et robuste que le polyester qui présente une légère porosité. Le choix entre résine polyester et époxy dépendra donc des exigences spécifiques du projet, en tenant compte du budget, des propriétés mécaniques souhaitées, de l'exposition aux UV et de la nécessité d'étanchéité.

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Composants Essentiels de la Stratification : Fibres, Gelcoat et Topcoat

La fibre de verre est un élément qui accompagne la résine afin de la rendre plus rigide. Elle est le renfort principal dans la stratification polyester. Le mat de verre se présente sous forme de rouleau. Il existe différents grammages en commençant par le voile de surface qui est principalement utilisé pour obtenir des pièces sans marquage de fibre et surtout pour éviter d’avoir des bulles derrière le gel coat. Ensuite il y a le mat 100gr/m², 300gr/m², 450gr/m² et 600gr/m². Les plus utilisés sont les mat 300 et 450gr/m². Le mat est un agglomérat de fibres de verre coupées qui sont assemblées entre elles sans orientation particulière par un liant émulsion. Le roving est deux fois plus résistant en traction et en flexion. Il existe en grammage 300gr/m² et 500gr/m² et se présente également sous forme de rouleau. Pour la fabrication d'un kayak, il est recommandé d'utiliser un roving plus gros que 160g/m² pour une meilleure résistance structurelle.

Le gelcoat est la partie visible, colorée et lisse du stratifié. Il est toujours appliqué en premier dans un moule à l’aide d’un pinceau, d’un rouleau ou au pistolet à gravité. Le gelcoat est formulé à base de résine polyester additionnée de pigments et de divers produits qui définissent les propriétés telles que le temps de gel, le temps de séchage mais aussi le démoulage ou la résistance aux UV. Pour assurer une protection optimum du stratifié contre l’usure et les intempéries, la couche de gelcoat doit avoir une épaisseur de 500 à 600 microns (il est possible de contrôler cette épaisseur grâce à des jauges d’épaisseur pour film humide). Une épaisseur trop faible ne permet pas une bonne polymérisation du gelcoat et forme une protection trop fine du stratifié (notamment si la pièce est en contact de l’eau). Il faut, enfin, veiller à ne pas enfermer d'humidité entre le gelcoat et la première couche, car ces deux points sont cruciaux et responsables, à posteriori, des problèmes de vieillissement prématuré ou d'hydrolyse (osmose).

Le topcoat, quant à lui, est appliqué par-dessus le stratifié (en dernier). Ce sont des gelcoats qui contiennent de la paraffine pour éliminer le « poissant » lors du séchage. Le topcoat imperméabilise le stratifié. Cette technique de finition est très répandue dans la fabrication des piscines, des bassins, des planchers de camions et autres diverses applications.

Le Processus de Polymérisation

Au moment de son utilisation, on ajoute à la résine polyester un accélérateur et un catalyseur. Le mélange prend et sèche rapidement selon plusieurs facteurs : la température ambiante, la quantité de durcisseur et l’accélérateur contenu dans le pot de résine. Le gelcoat et la résine sont catalysés avec un catalyseur de type PMEC (péroxyde de méthyle éthyle cétone). Le taux de catalyseur conseillé est de 2% mais peut varier de 1 à 3% en fonction des conditions d’utilisation. Un dosage précis et un mélange minutieux de la résine et du durcisseur sont essentiels pour un durcissement optimum. Il est recommandé de mélanger les ingrédients pendant 2 minutes en prenant soin de bien racler les côtés et le fond du pot.

Il est crucial de gérer le processus de séchage pour éviter un pic exothermique. Un stratifié polyester trop épais sécherait trop vite et créerait un pic exothermique (un dégagement de chaleur interne, pouvant atteindre 180°C), engendrant une importante déformation de la coque par une rétraction de l'ensemble des couches apposées. Il faut donc respecter un temps de séchage minimum entre certaines couches, car un échantillonnage épais ne peut être appliqué en une seule fois. La température idéale de travail se situe entre 15 et 20°C. En dessous de 15°C, le froid ralentit la polymérisation, tandis qu'une résine pré-accélérée permettra de compenser ce problème de température.

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Préparation et Application de la Stratification

La réussite d'une stratification, qu'elle soit pour la construction ou la réparation, dépend largement de la préparation minutieuse du support et de l'application correcte des matériaux.

Préparation du Support et Conditions de Travail

Le support doit être propre, sec, dégraissé, poncé et dépoussiéré. Ces étapes sont fondamentales pour assurer une adhérence maximale de la résine et éviter des défauts ultérieurs. Les supports compatibles avec un kit polyester adhèrent parfaitement sur fibre de verre, polyester, bois, béton et métaux dégraissés, ce qui témoigne de la polyvalence de ce matériau. La résine polyester doit être à une température entre 15 et 20°C pour une application optimale. Il est également important de noter que le produit est inflammable et dangereux, nécessitant des précautions d'emploi, comme le port de lunettes pour éviter les projections dans les yeux et de gants pour éviter tout contact avec la peau. L'acétone pure est un produit utile pour le nettoyage, notamment pour le mélangeur manuel après usage, mais elle est également inflammable et dangereuse.

Application des Couches de Stratifié

L'application des couches suit un protocole précis. Tout d'abord, il faut passer une couche de résine pour mouiller le support à stratifier avec un pinceau ou, si la surface est importante, utiliser un rouleau. Ensuite, il faut appliquer la première couche de mat ou le roving prépositionné. Il est crucial d'imprégner chaque couche successivement, en alternant une couche de mat et une couche de roving. Une fois imprégnée, la couche devient transparente.

Le débullage est une étape indispensable. Le rouleau débulleur est nécessaire car il permet de chasser l’air emprisonné et d’améliorer le compactage. Le débullage consiste à chasser l’air du stratifié à l’aide d’un rouleau débulleur. Il en existe plusieurs sortes adaptées à chaque type de pièce. Un bon débullage permet de dissoudre le liant et de rendre translucide la couche de mat. Le débullage permet également de consolider les couches de mat entre elles, évitant ainsi la formation de bulles qui compromettraient la solidité et l'esthétique du stratifié. Il est recommandé de passer un rouleau débulleur après chaque couche de fibre imprégnée, puis de passer la seconde couche immédiatement, sans laisser sécher les couches entre elles pour garantir la tenue des couches. Si la pièce possède des angles, il est préférable de « casser » le mat ou de préparer des bandes de mat qui formeront cet angle, car si l’angle est trop marqué, il sera difficile d’enlever l’air piégé sous le mat.

Le nombre de couches dépend de l’épaisseur et de la résistance recherchées. Pour de petites réalisations comme un siège de kayak, quatre couches peuvent être suffisantes, en alternant par exemple un mat de 300g/m² avec un roving de 160g/m². Pour une coque de kayak de type "creek", six couches ou plus sont souvent nécessaires pour assurer une résistance adéquate aux contraintes, avec des rovings de grammage plus élevé. Pour les grandes pièces, le poids total de mat indique la quantité totale de résine qu’il faut prévoir à l’achat.

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Une fois durci et poncé, le stratifié peut être peint ou verni avec des produits compatibles polyester, offrant ainsi des possibilités de finition variées et personnalisées.

La Fabrication d'une Coque de Kayak en Polyester Stratifié : Étapes Détaillées

La fabrication d'une coque de kayak en polyester stratifié est un processus méthodique qui requiert précision et attention à chaque étape, de la préparation du moule à l'extraction de la coque.

Le Moule et la Première Application de Gelcoat

La procédure pour réaliser un moule commence par le cirage du moule, puis la protection des bords avec du scotch de cache. L'étape de la finition à l'aide d'un gelcoat est ensuite primordiale. C'est un gel crémeux, fort résistant contre toutes sortes d'attaques extérieures (produits ménagers, usure, etc.) et très facile à entretenir. Ce gel s'applique au pistolet, bien que les gelcoats pinceaux puissent être dilués avec du styrène pour être appliqués au pistolet.

Le pistolage de la coque est donc fini, et le gelcoat est dit "amoureux", à savoir qu'il est poisseux au toucher sur sa surface externe, mais que sa partie au contact du moule a obtenu une rigidité suffisante. Il faut donc s'assurer d'un bon séchage du gelcoat : ni trop, ni pas assez. Il est crucial de veiller à ne pas enfermer d'humidité entre le gelcoat et la première couche, car ces deux points sont cruciaux et responsables, à posteriori, des problèmes de vieillissement prématuré ou d'hydrolyse (osmose).

Stratification Initiale et Renforcements Structurels

La stratification de la coque commence par un mat 300gr/m², ou équivalent en projeté, composé de fibres courtes de façon à ne pas marquer le gelcoat. Cette couche doit être débullée avec soin, car des poches d'air risquent de se former, créant ainsi des bulles. Il n'y a pas grande difficulté si ce n'est la surveillance des bulles, mais ces couches sont assez rapides à mettre en place car elles prennent place sur la première.

Le travail s'effectue toujours par demi-coque. On prévoit un recouvrement central tout le long de l'étrave et du "V" de quille sur environ 100 à 200 mm, formant ainsi une "poutre". Celle-ci est la voûte maîtresse du bateau. Le doublement des couches est nécessaire, car les efforts enregistrés sur l'étrave de proue, par exemple, sont immenses. Il faut toujours se rapporter au poids de l'eau : 1026 Kg/m³. Imaginez simplement la résistance d'un bateau qui est homologué pour une catégorie C, soit des vagues de 2 m de haut sur quelque 2 m de large (largeur du bateau) et 2 m de long (très petite vague donc… !). Le bateau rencontrera un mur d'eau d'environ 8 tonnes, en négligeant le poids du sel et la vitesse propre de la vague. Les efforts sont donc énormes ! Ces contraintes hydrologiques imposent des exigences structurelles rigoureuses, que la conception de la "poutre" centrale vise à satisfaire en répartissant efficacement les charges et en augmentant la rigidité longitudinale de l'embarcation.

Les premiers renforts qui vont être posés sur la coque sont ceux du tableau arrière. Cette surface de la coque va encaisser de très importants efforts aussi bien dus à la poussée qu'au poids, ainsi que la retranscription de l'effort mécanique de la motorisation. La composition matière et sa quantité (échantillonnage) vont donc être calculées de façon à répondre aux sollicitations mécaniques imposées. Le deuxième renfort posé sera le feutre polyester sur le haut du flanc de coque. Celui-ci donne de l'inertie à la paroi grâce à son épaisseur (3 à 4 mm). Il renforce le haut de la coque qui est très sollicité lors des appontages. Enfin, cette surface de la coque reprend certains efforts de tassement du pont du fait de son placement juste en dessous de la liaison pont/coque, contribuant ainsi à la rigidité globale de la structure.

Intégration des Varangages, Longerons et Compartiments de Flottabilité

Vient ensuite la stratification des varangages et des longerons. Cette opération nécessite un prépositionnement sur la coque en vue d'éventuelles retouches par sciage ou ponçage des contreplaqués. Les longerons et varangages sont le squelette de la coque. Ils servent non seulement à renforcer celle-ci aux points névralgiques, mais aussi au maintien des divers accessoires, comme le réservoir de carburant, la fixation des pompes de cale. Ces éléments internes sont cruciaux pour la résistance et la fonctionnalité du kayak, offrant des points d'ancrage solides pour l'équipement et contribuant à la distribution des charges mécaniques à travers la coque.

Certaines cloisons servent de compartiments étanches, la cloison de baille à mouillage en est un exemple. Ces compartiments sont essentiels pour la sécurité, car ils empêchent l'eau de se répandre dans toute la coque en cas d'avarie, et peuvent également être utilisés pour créer des volumes de flottabilité. La pose des varangages et longerons se fait sur un lit de colle armée (appelée aussi "choucroute"), puis par stratification avec 2 épaisseurs de mat 450 gr/m² ou projetage. Une fois l'ensemble sec, l'intérieur de ces coffrages peut être utilisé en tant que volume de remplissage pour de la mousse polyuréthanne. On crée alors des volumes de flottabilité à la coque, augmentant la sécurité en cas de chavirement ou d'inondation partielle.

Une fois toutes ces opérations achevées, la coque est laissée au moins douze heures dans son moule pour que la réticulation (durcissement) de l'ensemble soit acquise. La coque est extraite du moule via des palans positionnés au-dessus de la proue et de la poupe, marquant ainsi la fin de l'assemblage primaire et le début des étapes de finition.

Comparaison Polyester vs. Époxy et Autres Matériaux Composites

Le choix des matériaux est une question récurrente et fondamentale dans la construction navale, et en particulier pour les kayaks. Chaque option présente des avantages et des inconvénients qu'il convient d'évaluer en fonction des performances recherchées, du budget et des conditions d'utilisation.

Résine Polyester face à la Résine Époxy : Un Choix Technique et Économique

La question revient très souvent lors de discussions sur le choix des produits pour la coque de son bateau. Chacun a ses défauts et ses qualités. La résine époxy est plus chère. Elle n'accepte que de l'époxy comme matériau pouvant lui être collé, ce qui implique une compatibilité stricte lors des réparations ou des ajouts. Elle est plus rigide et donc plus difficile à manier, ce qui peut rendre son application plus délicate pour les novices. De plus, l'époxy ne tolère pas du tout les UV, nécessitant une protection adéquate (peinture ou vernis spécifique anti-UV) pour éviter sa dégradation. En revanche, elle est bien plus étanche et robuste que le polyester qui présente une légère porosité. Cette meilleure étanchéité est un atout majeur, notamment pour la prévention de l'osmose, un problème récurrent dans les coques de polyester.

Pour les kayaks, la résine polyester, bien que moins performante sur certains aspects que l'époxy, reste un choix très populaire en raison de son coût inférieur et de sa facilité de mise en œuvre, notamment pour les bricoleurs. Les kits polyester, par exemple, offrent une solution accessible pour la construction ou la réparation, adhérant parfaitement sur fibre de verre, polyester, bois, béton et métaux dégraissés.

Polyéthylène vs. Polyester : Durabilité, Réparabilité et Poids

Une vieille querelle de vieux kayakistes oppose les matériaux en polyéthylène et ceux en polyester. Pour résumer, bien sûr, le polyéthylène, rotomoulé ou non, est plus solide aux chocs ponctuels, mais quasi irréparable avec de bonnes performances. De plus, ce matériau se déforme exagérément à la chaleur du soleil et le bateau prend une forme disons moins valorisante. Les bateaux en polyéthylène sont souvent privilégiés pour la descente de rivière "eau vive" où les chocs sont fréquents et inévitables, leur flexibilité offrant une meilleure absorption des impacts.

Je serais moins catégorique pour ce qui est des bris de bateaux polyesters, mais si bris il y a, c'est réparable sur site en étant un peu bricoleur. Cette réparabilité est un avantage majeur du polyester, permettant de prolonger la durée de vie du bateau et de maintenir son intégrité structurelle même après des incidents. Cependant, cette réparabilité est conditionnée par la construction du bateau : à condition que les bateaux ne soient pas doublés en mousse à l'intérieur (nouveaux bateaux rotomod par exemple). La glisse est également un facteur souvent cité, avec le polyester étant souvent perçu comme offrant une meilleure performance. À ma connaissance, le mieux est de constater qu'en polyester ou en composite, le poids pour le même bateau est environ 20% inférieur qu'en polyéthylène. Ce gain de poids se traduit par une meilleure maniabilité et des performances accrues, particulièrement appréciées en compétition ou pour les longues expéditions.

Le Concept de "Sandwich" dans les Composites

Beaucoup de bateaux sont construits en sandwich, c’est-à-dire qu’ils ont une âme de bois ou de mousse entre les fibres. Le composite, s'il est en sandwich (balsa, nid d'abeille ou Airex), présente des spécificités importantes. Le balsa reprend l'eau en cas de fuites, pas l'Airex par exemple. Les spécificités de chaque choix sont tellement variées qu'un simple post ne peut suffire à en détailler les performances spécifiques. Ce type de construction, bien que plus complexe, offre un excellent rapport rigidité/poids et une meilleure isolation thermique et phonique. Cependant, la gestion de l'humidité est cruciale, car l'infiltration d'eau dans l'âme peut entraîner des dégradations importantes et difficiles à réparer.

Le terme "composites" est un grand mot avec si peu de sens sans détails. C'est un peu comme dire : un bateau en bois (latté, contreplaqué, lamellé-collé…). Pour le composite, il s'agit d'un tissu enduit d'une résine polymère qui, en durcissant, va assurer la cohésion de l'ensemble. Il existe de nombreux tissus et de nombreuses résines, ce qui offre une immense flexibilité dans la conception et la fabrication de structures navales adaptées à des besoins très spécifiques.

Entretien et Réparation des Bateaux en Polyester

Les bateaux en polyester, bien que robustes, nécessitent un entretien régulier et des réparations spécifiques pour assurer leur longévité et maintenir leurs performances. La prévention de l'osmose et la gestion des dommages superficiels ou profonds sont des aspects cruciaux de la maintenance.

Prévention et Traitement de l'Osmose

Au quotidien, il vous faut régulièrement inspecter la coque de votre bateau afin de prévenir la formation de bulles d'osmose. Le principal défaut de la fibre de verre est qu’elle vieillit très mal au contact de l’eau, c’est pour cela que l’on finit par une couche appelée gelcoat. Cependant, si des rayures attaquent plus profondément le gelcoat, et traversent peut-être la couche supérieure, l'humidité peut s'infiltrer jusqu'aux couches inférieures de la coque et y démarrer un travail destructeur. Le problème peut faire son apparition des années plus tard sous la forme d'un effritement du gelcoat autour de ce qui ne semblait jusqu'alors qu'une petite marque, ou, dans les pires cas, l'humidité peut s'être répandue partout dans le stratifié, en causant de sérieux problèmes d'osmose.

Si ces terribles bulles d'osmose font leur apparition, il vous faut alors, pour les chasser, procéder d'abord à un profond grattage, en allant jusqu'à la couche de gelcoat. Puis, il s'agit de poncer, rincer et laisser sécher. Comptez au moins trois journées bien remplies pour ces trois premières étapes. Ensuite, il convient d'ouvrir les bulles et d'en ôter toute la partie infectée. Nettoyez le tout à l'eau puis à l'acétone avant de faire à nouveau sécher le tout. Ce processus est laborieux mais essentiel pour stopper la progression de l'osmose et restaurer l'intégrité de la coque.

Réparation des Dommages Superficiels et Profonds

Les petites rayures, dues aux dauphins, aux frottements des pare-battages ou à un quai trop dur, sont souvent des dégâts superficiels de la couche externe de la coque. Si seule la surface (souvent colorée) de la coque est endommagée, mais pas le gelcoat gris-blanc et farineux situé en-dessous, on peut y remédier par un polish. Un polish correct suffit à niveler les bosses et les rayures jusqu'à une certaine profondeur. Cette approche simple peut redonner un aspect neuf à la coque et protéger le gelcoat des agressions environnementales.

Cependant, si les rayures attaquent plus profondément le gelcoat, et traversent peut-être la couche supérieure, un nouveau gelcoat doit être appliqué. Il faut alors utiliser un gelcoat ou du gelcoat de finition de la bonne couleur. Le gelcoat polyester est disponible dans toutes les couleurs marines standards et une réparation peut être réalisée à quai ou à l'ancre, en quelques minutes. Si nécessaire, il est possible de poncer en douceur la zone ayant subi la réparation plus tard, au cours de l'hivernage, et de polisher légèrement le reste de la coque.

Dans le cas d’une brèche qui est traversante au-dessus de la ligne de flottaison, il est préconisé de la colmater avec du mastic polyester armé, il est chargé en fibre de verre permettant une réparation solide (prévoir plusieurs passages). Cette solution est particulièrement adaptée pour des dommages plus importants qui nécessitent un renforcement structurel localisé.

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