Différents types de bateaux à voile ont traversé les âges en incarnant l’esprit d’aventure, d’exploration et d’innovation maritime. Dans l’univers des bateaux, il en est un qui évoque plus que tout autre la liberté, l’aventure et le silence des grands espaces : le voilier. Qu’il s’agisse de croisière côtière, de navigation hauturière, de course au large ou de voyage au long cours, le voilier traverse les siècles sans perdre sa pertinence. Des vaisseaux à voile carrée de la marine française du XVIIIe siècle aux voiliers de luxe, il demeure une unité de liberté absolue, un objet de design moderne autant qu’un héritage maritime. Parce que le voilier est un art de vivre, il est idéal pour qui cherche une découverte, une sensation, une facilité de partir sans contrainte.
Les fondements techniques et typologies
Les types de bateaux à voile se distinguent principalement par leur nombre de mâts et leur gréement, c’est-à-dire la disposition de leurs voiles et cordages. Les voiles sont un assemblage de pièces de toile ou d’autres tissus cousus ensemble de sorte à former une surface capable de recevoir l’action du vent et de servir à la propulsion d’un bateau. Ces éléments déterminent leur maniabilité, leur vitesse et leur usage, permettant ainsi d’identifier le type de bateau à voile auquel on a affaire. S’il ne possède qu’un mât, et suivant la forme et le nombre des voiles d’avant, il s’agit d’un sloop ou d’un cotre. Pour leur part, les trois mâts et plus s’observent dans la marine traditionnelle, qu’elle soit marchande ou militaire, et possèdent alors une voilure carrée. On parle de trois mâts carré ou de quatre mâts carré.
Dans l’ancienne marine, la longueur de coque de la chaloupe était de 7 à 8 mètres, pour 2 à 3 mètres de large. Elle n’était pas pontée et avait environ 1 mètre de tirant d’eau. La chaloupe servait principalement de navire de liaison ou de transport de marchandises. Elle bordait les avirons et était la plus grosse embarcation du bord, de construction plus robuste qu’un canot. Elle était même capable de porter l’artillerie. En juin 2024, aux Fêtes maritimes de La Rochelle, l’association Hermione - La Fayette présentait aux visiteurs la chaloupe de la célèbre frégate, qui est la plus grande de ses annexes.
Les navires militaires et corsaires : entre histoire et prestige
La frégate est un navire imposant (40 à 50 mètres de long) et rapide (11 nœuds en moyenne), qui a principalement été utilisé à des fins militaires du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle. La frégate se distingue par son gréement carré, permettant une navigation efficace sur de longues distances. Parmi les plus célèbres, L’Hermione, frégate de la Marine royale française, construite à Rochefort entre 1778 et 1779, a permis au Marquis de La Fayette de traverser l’Atlantique en 1780 pour participer à la guerre d’indépendance américaine. En avril 2015, cette reproduction d’une frégate du XVIIIe siècle a traversé l’Atlantique, cap sur Boston. Elle a ainsi refait le voyage accompli par L’Hermione en 1780, avec à son bord le général La Fayette, en avant-garde du corps d’armée qui allait aider les Américains à se libérer de la domination anglaise.
Vers 1760, les Français ont commencé à appeler ce type de bateau de moins de 24 canons des corvettes. Par la suite, le nom fut aussi donné aux navires équipés de 24 canons sur le pont principal. Peu coûteuse à armer avec son petit gabarit et très maniable, elle offrait aux investisseurs un compromis idéal pour les premières explorations. Bien avant l’ère des galions et des frégates, la galère était un navire emblématique des civilisations méditerranéennes. Dès le IXᵉ siècle, les Vikings construisirent des navires performants comme les drakkars, des galères utilisées principalement pour la guerre.
Lire aussi: Prix des Voiliers de Luxe
Le Renard est une réplique du dernier navire armé en 1812 par le célèbre corsaire malouin Robert Surcouf. Ce cotre corsaire emblématique de la cité de Saint-Malo est affrété pour des séjours ou des journées en mer, ou encore des évènements privés. Quand on considère aujourd’hui cette coque très ronde de 19 m, on peut se demander comment un si petit bâtiment osait s’attaquer aux gros navires marchands. La vérité oblige à dire que le vrai Renard mesurait 25m et que l’extrémité de sa bôme dépassait le couronnement de plusieurs mètres. À bord s’entassaient 60 hommes. Le gréement de cotre à hunier présentait tous les avantages. Sous ses voiles auriques en effet, il pouvait remonter dans le vent pour couper la route des gros navires sous voiles carrées. Tandis que ses huniers permettaient, aux allures portantes, d’atteindre la vitesse nécessaire pour échapper à une mauvaise rencontre.
Le Français et les grands voiliers de tradition
Le Français est un trois-mâts barque au gréement traditionnel, dernière représentation en France des Baltic Traders en bois à double coque. Héritage de sa première vie dans les eaux glacées du Groenland, sa double coque en chêne massif lui confère une robustesse unique et une silhouette reconnaissable entre toutes. Le Français est un grand voilier de type trois-mâts barque, amarré au cœur de la cité corsaire de Saint-Malo, en France. En 2018, il a commencé une nouvelle vie sous pavillon français, rendant hommage au trois-mâts goélette ayant participé à la première expédition Charcot en Antarctique. Le Français a subi une restauration complète au Royaume-Uni, avec plus de 55 000 heures de travail dédiées pour retrouver ses caractéristiques originales tout en intégrant les dernières technologies et équipements de navigation.
Le navire impressionne avec ses trois mâts et ses 882 m² de voilure. À bord du Français, on n’est pas là seulement pour faire avancer le bateau. On échange avec les marins, on parle de marée, de vent, de courant, en s’imprégnant de l’environnement où l’on évolue à la journée ou en transit entre deux ports. Naviguer, c’est bien plus que de tirer sur des bouts et regarder la mer. L’expérience est collective. Le bateau navigue grâce à un vrai travail d’équipe. Il faut être coordonné et œuvrer dans le même tempo.
La Recouvrance : ambassadeur de Brest
La Recouvrance est une réplique d’un aviso, bateau militaire du XIX siècle, construit sur les plans de la goélette « Iris », dessinée par l’ingénieur Hubert en 1817. La construction de la goélette à hunier a débuté en 1991 au chantier du Guip. Aujourd’hui, la Recouvrance, propriété de la ville de Brest, est ambassadeur et symbole de la ville. Elle participe aux grands évènements nautiques. La Recouvrance a moins de 30 ans. À l’époque où la ville décida de construire un voilier emblématique du grand port militaire, le choix retenu fut celui des goélettes aviso du XIXe siècle. Un bateau à la fois élégant et d’une tenue de mer remarquable. Avec son immense voilure déployée sur ses mâts très inclinés, avec son bout-dehors interminable et sa bôme de grand-voile qui dépasse le tableau arrière de plusieurs mètres, La Recouvrance paraît bien plus grande que ses 25 mètres au pont.
Le Belem et les navires de légende
En 1977, on apprit que le Belem, lancé à Nantes en 1896, était à vendre. Lancé par les chantiers nantais Dubigeon pour le compte de l’armateur Crouan, il transporta pendant 17 ans du cacao entre Belem, au Brésil, et Nantes. En 1914, le duc de Westminster fut séduit par le beau navire, qu’il acheta pour en faire un yacht. En 1922 en revanche, le brasseur lord Guinness qui s’en porta acquéreur le rebaptisa Fantôme II. En 1951, Fantôme II fut cédé à un organisme italien : la Fondation Cini. Le trois-mâts barque fut réaménagé en navire-école. Pendant vingt-quatre ans, le Giorgio Cini embarqua des centaines de cadets. Ce sont les Chantiers navals de Venise qui lui redonnèrent son gréement d’origine, avant de le mettre en vente. Bel été que celui de 1979, quand des remorqueurs de la Marine convoyèrent le Belem à Toulon puis Brest où il subit une refonte générale. Le Belem est l’un des plus anciens trois-mâts encore en navigation, classé monument historique.
Lire aussi: Un art de vivre à la française incarné par la Chaise Longue Voile de Bateau
Les goélettes et le Marité
Avec le Marité, la France retrouve un authentique terreneuvier. Ainsi appelle-t-on les trois-mâts goélettes qui, jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, allaient traquer la morue sur les bancs de Terre-Neuve. L’histoire du Marité que nous connaissons aujourd’hui commence un jour de juillet 1999, lorsque, gréée en goélette à trois mâts et huniers, elle fait escale à Fécamp. Le Marité fut acheté par un armateur des îles Faerœ qui voulait en refaire un bateau de pêche. En 1930, lorsque la Marine nationale comprit que seule la navigation à la voile permettait de développer un vrai sens marin chez ses officiers, elle choisit d’armer deux voiliers de petite taille, très évolutifs, plutôt qu’une seule unité importante : la Belle-Poule et l’Étoile. Lancées en 1932, les goélettes de la Marine n’ont jamais cessé de naviguer depuis. Les spécialistes connaissent deux différences : la mâture de la Belle-Poule est plus sombre que celle de l’Étoile. Moins connu que les goélettes, le Mutin est le plus ancien bâtiment encore en service de la Marine. Depuis sa mise à l’eau en 1927, il n’a cessé de naviguer.
L’héritage des bisquines
L’empilement audacieux de leurs voiles, déployées sur trois mâts, fait des bisquines les plus impressionnants « vieux gréements » des côtes françaises. Les ports de Granville et de Cancale en ayant armé chacun une, on assiste chaque été à de spectaculaires duels. La tradition ostréicole de Cancale trouve ses origines dans l’existence très ancienne de bancs d’huîtres sauvages en baie du Mont-Saint-Michel. Les voiliers utilisés pour le dragage des huîtres étaient des bisquines, dont La Cancalaise et La Granvillaise sont les répliques fidèles. Les coques de 18 mètres sont gréées de trois mâts, supportant jusqu’à neuf voiles au total, dont la superficie totale atteint 350 mètres carrés. Il existait des zones où les huîtres étaient plus nombreuses. Les patrons de bisquines les repéraient vite, et cherchaient à s’y placer ; pour cela, il fallait manœuvrer mieux et aller plus vite que les autres. D’où, chez les équipages de bisquines, un esprit de compétition permanent.
La plaisance moderne : le voilier comme loft flottant
Le voilier moderne conjugue technique, plaisir et sécurité en mer. L’intérieur d’un voilier contemporain est une merveille d’efficacité. Chaque mètre carré est optimisé, chaque ligne pensée. Les gammes modernes offrent un univers proche de celui du luxe, avec salon panoramique, pont en teck, propulsion auxiliaire électrique, isolation phonique avancée et sur certains modèles une grande voile assistée électriquement. Lors du Salon nautique de La Rochelle, un skipper expérimenté déclarait en souriant : « Mon Jeanneau de 12 mètres, c’est mon loft sur l’eau. »
Avec l’Oceanis 40.1, le chantier naval Beneteau propose à la fois la performance sous voile et une vie à bord confortable. Sa carène tulipée signée Marc Lombard optimise les volumes, offrant une habitation étonnamment spacieuse pour cette taille. Le Dufour 48 est un catamaran d’exception, pensé pour la navigation hauturière en toute sérénité. Le Lagoon 60 est une véritable résidence flottante pour des croisières au long cours avec tout le confort d’un yacht de luxe. Jeanneau a conçu le Sun Odyssey 350, le voilier familial par excellence. Le Dehler 36 SQ est un modèle à simple coque qui ravira les amateurs de performance et de régate, tout en offrant une habitabilité surprenante pour ce type de bateau.
Acheter un voilier, c’est un projet à portée de main grâce à des solutions de financement bien pensées. Ce qui séduit dans ces offres, c’est qu’elles s’adaptent à chaque utilisation. Le marché de l’occasion regorge de bonnes affaires bien entretenues. Cela permet fréquemment de céder à son envie d’un grand modèle, puissant et construit avec soin pour une fraction du coût initial.
Lire aussi: Bateau Gonflable : Est-ce un Bon Choix ?