La navigation à la voile est une discipline qui marie subtilement la technique pure et l'intuition du marin. Au cœur de cette pratique, barrer un voilier demande une certaine rigueur, de bons gestes, pour optimiser sa route, sa vitesse et le confort. C’est une question qui revient souvent « qui prend la barre ? ». C’est souvent le poste préféré, qui donne l’impression d’être le patron, de prendre les commandes. Si apprendre à barrer n’est pas très compliqué, il est important d’avoir quelques éléments en tête afin de bien barrer, encore plus quand on navigue en solitaire ou en famille. Pour ceux qui commencent la voile, il est conseillé de commencer à barrer des petits voiliers, voire encore mieux, des dériveurs légers type 4.20 ou autres qui permettent de mieux sentir la barre et l’évolution du voilier en fonction des ses coups de barre. Dans le même temps, cela évite d’utiliser un compas pour garder son cap et de regarder, plus loin devant, un amer.
L'importance de la girouette dans l'équipement marin
Une girouette pour bateau est un accessoire marin généralement en acier inoxydable la plupart du temps installé sur la tête de mat, constitué d’une flèche en aluminium montée sur un axe vertical fixe. La fonction d’une girouette pour bateau est de montrer la provenance du vent, en indiquant grâce à la flèche le point cardinal d’où il provient. Par exemple, si la flèche indique le Nord, c’est que le vent vient du Nord et va vers le Sud. On dira dans ce cas le plus couramment « Fort vent du Nord », et non « Fort vent vers le Sud ». La girouette indique souvent le vent qui touchera les voiles dans les une à trois secondes qui suivent, ce qui donne le temps d'ajuster la direction du bateau ou des voiles pour profiter de la nouvelle direction que va prendre le vent.
Les matériaux le plus souvent utilisés pour les girouettes sont l’acier et l’aluminium, car ils garantissent une très grande résistance, et donc une grande durée de vie. Les girouettes pour bateau sont constituées d'un dispositif tournant, généralement une flèche, monté sur un axe fixe qui affiche parfois la direction du vent. Une croix est également placée sur cet axe fixe, permettant de déterminer l'origine cardinale du vent. Certaines girouettes ne possèdent pas d’indication de point cardinal sur le dispositif en fer car ces accessoires d’accastillage peuvent être électroniques : ces girouettes affichent la direction du vent sur un écran d’ordinateur à bord. Les données au sujet du vent sont donc plus précises et plus développées. La girouette fait partie des accessoires d’accastillage les plus utilisés sur les bateaux. Les autres accessoires d’accastillage les plus courants sur un bateau sont les anémomètres et les baromètres.
La girouette-anémomètre électronique : un instrument de précision
La girouette-anémomètre est l’un des instruments les plus importants à bord d’un voilier. Elle vous indique en temps réel la direction et la vitesse du vent, deux informations indispensables pour régler vos voiles, anticiper les sautes de vent et piloter efficacement votre pilote automatique. Une girouette-anémomètre regroupe en un seul capteur deux instruments complémentaires : la girouette, qui mesure la direction du vent, et l’anémomètre, qui en mesure la vitesse. Placé en tête de mât pour capter le vent sans perturbation liée au gréement ou aux voiles, le capteur transmet en continu ces deux données à l’électronique de bord.
C’est l’une des notions qui déroute le plus les plaisanciers débutants. Une girouette-anémomètre placée en tête de mât mesure toujours le vent apparent, c’est-à-dire la combinaison entre le vent réel qui souffle et le vent généré par le déplacement du bateau lui-même. Plus le bateau avance vite, plus l’écart entre vent apparent et vent réel est important. Le vent réel, lui, est le vent qui souffle indépendamment du mouvement du bateau. C’est celui qui vous intéresse pour anticiper la météo, évaluer les conditions de navigation ou communiquer avec d’autres équipages. Si vous naviguez essentiellement en côtier, le vent apparent suffit amplement pour régler vos voiles. En revanche, dès que vous envisagez des traversées ou de la régate, privilégiez un capteur compatible avec votre réseau de bord pour accéder au calcul du vent réel.
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Évolution des technologies : du capteur mécanique à l'ultrason
Le capteur mécanique fonctionne avec deux éléments physiques distincts : une girouette qui pivote pour indiquer la direction du vent, et un anémomètre à coupelles, composé de trois ou quatre coupelles hémisphériques qui tournent sous l’effet du vent. La vitesse de rotation des coupelles est convertie en signal électrique, lui-même traduit en nœuds sur l’afficheur. Ce type de capteur présente plusieurs atouts : prix accessible, technologie éprouvée et remplacement facile. Sa principale limite tient à la présence de pièces mobiles : les coupelles et la girouette sont exposées en permanence aux embruns, au sel et aux UV. Les roulements s’usent avec le temps, les coupelles peuvent se bloquer en cas de givrage ou après une longue période d’inactivité.
Le capteur ultrasonique représente une évolution majeure par rapport au modèle mécanique. Au lieu de coupelles et d’une girouette physique, il utilise plusieurs transducteurs ultrasoniques disposés autour d’un corps fixe. Ces transducteurs émettent et reçoivent des impulsions sonores à très haute fréquence. En contrepartie, les capteurs à ultrasons sont sensiblement plus chers que leurs équivalents mécaniques. On les trouve principalement dans le haut de gamme des grandes marques comme Garmin, Raymarine, B&G ou Simrad.
Connectivité et intégration aux réseaux de bord
Le NMEA0183 est le protocole de communication qui équipe la grande majorité des bateaux depuis les années 1980. Il fonctionne sur un principe simple : chaque instrument envoie ses données sous forme de phrases textuelles standardisées sur un câble à deux fils. Un capteur vent en NMEA0183 peut ainsi transmettre la direction et la vitesse du vent à un afficheur dédié, un traceur de cartes ou un pilote automatique compatible. Sa limite principale est architecturale : le NMEA0183 est un protocole point à point. Chaque instrument doit être câblé individuellement.
Le NMEA2000 est le protocole qui a remplacé progressivement le NMEA0183 sur les installations modernes. Son principe est radicalement différent : tous les instruments sont connectés sur un bus commun, une sorte d’autoroute de données à laquelle chaque appareil se branche via un connecteur standardisé. Le NMEA2000 est aujourd’hui le standard de référence sur tous les nouveaux voiliers équipés en électronique moderne. Si votre bateau dispose déjà d’un réseau NMEA2000, choisir un capteur vent compatible est une évidence.
Certains capteurs vent, notamment les modèles portables, transmettent leurs données via Bluetooth ou Wi-Fi directement vers un smartphone ou une tablette. En revanche, ces modèles ne s’intègrent pas au réseau NMEA du bord et ne peuvent donc pas alimenter directement un pilote automatique ou un traceur de cartes dédié. Quelle que soit la connectivité choisie, les données de votre girouette-anémomètre doivent être lisibles depuis le cockpit.
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Techniques de pilotage : barreur humain et pilotes automatiques
Le barreur est le membre d’équipage responsable du maintien du bateau dans la direction souhaitée. Il va, pour cela, utiliser la barre. Celle-ci peut être une barre franche qui agit directement sur le safran, ou une barre à roue qui agit sur le safran via des drosses. Le barreur suit les instructions du navigateur qui, lui, est responsable de la route du bateau. Bien évidemment, sur nos voiliers de plaisance, le navigateur est souvent le barreur. Ce dernier va utiliser des instruments tels qu’un compas, un radar, un loch pour la vitesse du bateau, un sondeur et un anémomètre pour remplir son rôle efficacement.
L'être humain, surtout le navigateur, est une machine fantastique lorsqu'il se trouve à la barre. Il est capable de traiter un grand nombre de signaux afin de maintenir le cap de son bateau. La mise au point de systèmes de pilotage automatique était un prolongement logique permettant de déboucher sur une navigation plus confortable. Le principe général est le même que celui d’un pilote de cockpit. Un compas in board est souvent relié à la centrale de navigation pour récupérer les informations de direction de vent (girouette). Il est ainsi capable de barrer en gardant toujours le même angle avec le vent. C'est idéal quand on doit tirer des bords de près, le pilote réagit en fonction des risées.
Toutefois, les limites d'un pilote automatique apparaissent souvent lorsqu'on lui impose des conditions de fonctionnement déloyales. Ainsi, il est impossible de barrer correctement contre le vent apparent avec une petite girouette car un trop grand nombre d'influences parasites doivent être prises en compte. Les mouvements de roulis, de tangage et les mouvements oscillatoires qui, combinés les uns aux autres, peuvent entraîner un changement de direction du vent apparent doivent être filtrés pour obtenir le signal véritable.
L'alternative des régulateurs d'allure
Au cours des 30 dernières années, environ 12 sortes de régulateurs d'allure ont vu le jour. Ces systèmes, utilisant la force du vent sur une girouette, sont souvent préférés pour les grandes traversées car ils ne consomment pas d'énergie électrique. Dans certains systèmes, la girouette doit non seulement fournir l'impulsion de direction mais aussi la force pour faire pivoter le safran auxiliaire, ce qui fait que la girouette d'un tel système doit être de très grande taille. Dans d'autres, le safran principal est utilisé pour asseoir le bateau puis est immobilisé.
Aussi longtemps que le bateau est propulsé par les voiles, un régulateur d'allure est le barreur idéal dont les prestations s'améliorent au fur et à mesure que le temps se dégrade. Ses limites : il n'a pas d'yeux et ne peut donc réagir aux coups de mer. Lorsque le vent tombe, tout s'arrête. La navigation à voile de croisière est un passe-temps agréable, le navigateur tient lui-même la barre et est, dans ces conditions, l'homme de barre idéal.
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Installation, entretien et bonnes pratiques
Le capteur vent se monte systématiquement en tête de mât, là où le vent est le moins perturbé par les voiles, le gréement et la coque. C’est une position exposée qui impose quelques précautions au moment de l’installation. La fixation se fait sur un embout de mât spécifique. Il est important de vérifier la compatibilité entre le diamètre de l’embout et le profil de votre mât avant tout achat. L’alignement du capteur avec l’axe du bateau est critique. Une mauvaise orientation fausse toutes les mesures de direction du vent.
L’étanchéité des connexions en tête de mât doit être soignée. Les connecteurs exposés aux embruns et aux UV se corrodent rapidement si l’étanchéité n’est pas assurée avec du mastic ou du ruban amalgamant. La hauteur de montage doit tenir compte des éventuelles antennes VHF ou radar déjà présentes en tête de mât, pour éviter les interférences et garantir un vent non perturbé. Si vous profitez d'un dématage pour installer ou remplacer votre capteur vent, c'est le bon moment pour vérifier l'état de l'ensemble du câblage intérieur du mât et remplacer les câbles défectueux.
Concernant l'équilibrage des girouettes mécaniques, une girouette doit être parfaitement réglée pour être efficace. Si votre girouette en fer n’est pas équilibrée, ce type d’accessoires d’accastillage ne vous permettra pas de détecter les vents faibles. Pour savoir si votre girouette est bien équilibrée, mettez-vous dans un endroit sans courant d'air. Inclinez la girouette et vérifiez qu'elle reste immobile quelle que soit l'orientation que vous lui donnez. Ensuite, faites tourner la girouette. Si vous remarquez que votre accessoire ne reprend pas sa position d’origine, alors cela signifie qu’elle n’est pas équilibrée. La solution la plus simple est de couper un peu de tissus de la voile, et le coller à l’opposé du côté trop lourd. Cela permettra d’équilibrer le tout.
Choix de l'équipement : conseils pour les plaisanciers
Retrouvez sur les sites spécialisés, comme Nautisports.com, une large gamme de girouettes bateau de toutes les marques de référence. Le prix d’une girouette varie entre 25 et 90 euros. Une girouette d’un excellent rapport qualité-prix se trouve généralement au prix de 40 euros. Bien entendu, ne vous fiez pas au prix comme unique critère de choix de votre girouette : elle doit être adaptée à votre bateau.
Les girouettes-anémomètres entrée de gamme couvrent l’essentiel des besoins d’un plaisancier côtier. Elles mesurent correctement la direction et la vitesse du vent apparent, s’affichent sur un répétiteur dédié inclus dans le kit et s’installent en tête de mât sans difficulté particulière. Des marques comme NASA Marine, Advansea proposent des modèles fiables dans cette gamme. Les girouettes-anémomètres haut de gamme s’adressent aux navigateurs qui souhaitent des données vent d’une fiabilité irréprochable, pleinement intégrées au reste de l’électronique de bord. Dès que l’on s’éloigne des côtes ou que l’on pratique la régate, les exigences vis-à-vis du capteur vent changent radicalement. En croisière hauturière, ne faites pas l'économie d'un bon capteur vent. C'est l'un des instruments les plus sollicités à bord, 24h/24 en traversée. Un capteur de qualité, bien intégré au réseau de bord, vous fera gagner en confort de navigation et en efficacité sur le pilote automatique.
Considérations sur les conditions météorologiques et la pratique de la voile
Grâce à une girouette électronique, vous serez à même de mesurer la vitesse du vent. La mesure du vent grâce à votre girouette électronique vous permettra de savoir si les conditions météorologiques sont favorables à la pratique de la voile ou à d’autres sports nautiques. En navigation, l’unité de mesure du vent est le nœud, 1 nœud = 1,852 km/h. Pour pratiquer la voile habitable, la voile légère ou le dériveur une vitesse entre 5 nœuds et 20 nœuds est idéale.
Il vous sera facile de gérer toutes situations quelle que soit l’allure de votre bateau, et de naviguer toutes voiles dehors. Si une girouette électronique vous indique une vitesse en 5 et 20 nœuds, vous remarquerez que les conditions de mer sont calmes et que les vagues sont souvent inférieures à 1 mètre. Ces conditions permettent même aux marins inexpérimentés de se sentir à l'aise. À l'approche des 20 nœuds, vous pourriez envisager de prendre un ris, en réduisant la surface d'une de vos voiles.
Grâce à votre girouette en fer, il vous sera possible de déterminer globalement les aléas météorologiques qui vont se produire. En été, le vent du Nord et le vent de l’Est annoncent généralement un temps assez sec et sans nuages. Le vent du Sud laisse place à un temps chaud et humide, avec un risque d’orages. Le vent d’Ouest augure une brise fraîche accompagnée de pluie. Pour la saison hivernale, si apparaissent le vent du Nord ou le vent de l’Est, prévoyez un temps sec et froid. Prenez garde au vent du Sud-Ouest, il annonce souvent une tempête. Gardez à l’esprit que ces indications sont peu fiables, mais qu’elles peuvent parfois donner une vague idée des événements météorologiques en approche, ou parfois servir de confirmation à une idée exprimée par un institut météorologique agréé.
La gestion fine de la navigation : penons et comportement du voilier
Barrer aux instruments permet de barrer en optimisant la vitesse et/ou le cap du bateau. Le barreur s’attachera à conserver une bonne vitesse du bateau et un angle constant avec le vent, afin d’éviter les réglages trop fréquents. Un barreur utilisera des penons pour barrer au près. Le but, ici, est de trouver le meilleur compromis entre le cap et la vitesse. Quand le gros temps est là, et que la mer est très formée, le barreur va devoir barrer en fonction des vagues. Naviguer en fonction des vagues permet de rendre la navigation aussi confortable que possible et de ne pas trop tirer sur le bateau, surtout au près. La technique consiste à abattre avant de prendre la voile afin de prendre de la vitesse. Quand le bateau monte sur la vague, le barreur va lofer avant d’abattre à nouveau sur le dos de cette dernière.
Le barreur devra tenir la barre avec la main la plus en arrière sans la serrer, sauf quand cela devient nécessaire lorsque le vent monte. Le but est d’anticiper les mouvements du bateau et de ressentir l’attitude du voilier, s'il est ardent ou mou, et de ne jamais donner des grands coups. Pour diriger le bateau dans la direction désirée, il faut tourner la barre dans le sens inverse de la direction souhaitée. Il est possible, voire même indispensable, d’équiper sa barre d’un stick de barre franche. Le stick de barre franche permet d’avoir une position plus confortable. Le barreur doit oublier l’idée qu’un bon sillage est un sillage systématiquement rectiligne. Avant de bien barrer, il faut que les voiles soient bien réglées, que le bateau soit bien équilibré afin que le barreur n’ait plus qu’à s’occuper des éléments externes au bateau. Il devra rester concentré sur les vagues, les bruits du bateau, la direction et la force de vent.