Le fusil Mosin-Nagant est un fusil militaire à verrou, alimenté par un magasin interne, conçu pour tirer cinq cartouches. Développé entre 1882 et 1891, il fut adopté par les forces armées de l'Empire russe, de l'Union soviétique et de nombreux autres États. Il représente l'une des armes à verrou les plus produites de l'histoire, avec plus de 37 millions d'unités fabriquées depuis 1891. L'arme est issue d'une compétition intense entre le capitaine Sergueï Mossine et le concepteur belge Léon Nagant, aboutissant à une synthèse technique où les détails de conception de Nagant, notamment le système d'interrupteur, ont été intégrés au mécanisme de Mossine.
Systèmes de fixation et caractéristiques des baïonnettes
La baïonnette associée au célèbre modèle M-1891 a subi une évolution majeure lors de la refonte du fusil en 1930. Le mode de fabrication des baïonnettes M-1891 a été modifié par Komarnitsky-Kabakov en 1930, par suppression de l’anneau de verrouillage et ajout d’un système mobile de fixation à ressort près de la douille. Il est essentiel de noter qu'il s’adapte sur tous les modèles de fusil M-1891, en revanche les baïonnettes M-1891 ne peuvent se fixer que sur les fusils du même modèle (M-1891-30). Ce modèle a été fabriqué que par deux arsenaux, marquages spécifiques sur la douille (étoile : fabrication TULA, ou triangle avec une flèche à l’intérieur : fabrication ISHEVSK).
Sur le plan technique, le diamètre interne de la douille peut varier en fonction des cotes d’usinage extérieures imprécises du canon du fusil M-91-30, il est possible avec un outil spécial de réajuster la douille de la baïonnette. La lame de section quadrangulaire assez légère identique au M-1891, résiste parfaitement à la torsion. Son extrémité est usinée en forme de tournevis plat afin de pouvoir démonter l’arme et en outre éviter les blessures par maladresse. Pour mettre la baïonnette à l’arme, il faut l’introduire à l’extrémité du canon jusqu’au cran de mir (la lame vers le haut), en activant le bouton de verrouillage la faire pivoter vers la droite afin de la bloquer correctement en relâchant ce bouton.
La genèse industrielle : L'apport de Remington et Westinghouse
L'histoire du Mosin-Nagant dépasse largement les frontières russes. Lors de la Première Guerre mondiale, face aux pertes massives de matériel, l'Empire russe se trouva fort dépourvu quand la guerre fut venue. Le manque d'armes pour équiper les frontoviki d'alors se faisait cruellement sentir. Afin d'enrayer cette hémorragie, l'Empire fit feu de tout bois : achat d'Arizaka, de Winchester 1895 et récupérations d'armes prises à l'ennemi. Les tsaristes se tournèrent vers les États-Unis. La première commande outre-Atlantique portait sur 1,5 million de M91 chez Remington-UMC. Puis vint la commande auprès de New England Westinghouse portant sur 1,8 million d'armes. Il est à noter que les commandes portaient évidemment sur le même nombre de baïonnettes puisque la pratique dans l'armée de Nicolas II était de conserver la baïonnette à poste sauf lors des déplacements en train ou en navires.
Les Mosin-Nagant « made in USA » sont facilement identifiables par le nom du fabricant frappé de manière ostentatoire sur le tonnerre de l'arme. Westinghouse a utilisé deux types de marquages ; le marquage de Westinghouse sur les différentes pièces a l'allure d'un « H » majuscule dont la barre horizontale est une flèche pointant vers la droite. Quant à Remington, leur marquage est un « R » dans un cercle. Sur la période 1915-1917, Remington a produit 840 310 M91 dont 131 400 sont parvenus en Russie, tandis que Westinghouse a fabriqué 770 000 fusils dont 225 260 ont été livrés.
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Architecture et fonctionnement du mécanisme
Le fusil Mosin-Nagant utilise deux tenons de verrouillage frontaux pour verrouiller l'action. Contrairement au Mauser qui verrouille verticalement, le Mosin verrouille dans la position horizontale. Le corps de culasse du Mosin est composé de plusieurs pièces, contrairement à celui du Mauser qui est d'une seule pièce. Le Mosin utilise des têtes de culasse interchangeables. Contrairement au Mauser qui utilise une tête de culasse à alimentation contrôlée, le Mosin possède une tête de culasse à alimentation poussée dans laquelle l'extracteur à ressort s'encliquette sur la base de la cartouche au moment où la culasse est fermée. Comme le Mauser, le Mosin utilise un éjecteur à lame monté dans le boîtier de culasse. L'angle d'ouverture du levier de culasse est de 90 degrés, contre 60 degrés sur le Lee-Enfield.
Un élément crucial emprunté à Nagant est l'interrupteur, une pièce spécialement conçue dans le boîtier, qui aide à prévenir le double approvisionnement. Initialement, lors de la modernisation de 1930, la forme de l'interrupteur fut modifiée, passant d'une pièce unique à une conception en deux parties, car elle s'était révélée peu fiable.
Variantes et adaptation au combat moderne
La production du modèle 1891 a commencé en 1892 à Tula, Izhevsk et Sestroryetsk. En 1924, après la victoire de l'Armée rouge, une modernisation a conduit au modèle 1891/30. Les changements incluent la réintroduction d'organes de visée arrière plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres et le raccourcissement du canon. Durant la Seconde Guerre mondiale, le modèle 91/30 fut utilisé comme arme de précision par des snipers légendaires.
Les carabines M38 et M44 complètent la famille. La carabine M44, mise en service fin 1943, est quasi identique au modèle M38 à l'exception de la baïonnette fixée en permanence, laquelle est à lame quadrangulaire de 430 mm. Le fusil était d'ailleurs conçu pour tirer avec la baïonnette déployée, ce qui augmentait sa précision grâce aux vibrations harmoniques créées lors du tir.
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