L'histoire de l'aviron remonte à l'aube de la civilisation, lorsque l'homme a cherché à se déplacer sur l'eau. En Égypte, sous le règne de Sésostris, au XIXe siècle avant J.-C., la marine possédait des navires appelés «Pentecontere», manœuvrés par cinquante rameurs actionnant chacun un aviron. Du temps de César, les hommes rivalisaient d'ardeur pour gagner des trophées lors de joutes à rames auxquelles se livraient les galères des patriciens. Bien que la navigation à voile ait progressé, de nombreuses embarcations continuaient à se déplacer à la rame, comme les drakkars normands et les dromons byzantins, ainsi que les galères. La navigation à la rame était également pratiquée par de nombreux pêcheurs, comme les Terre-Neuvas.
Le phénomène sportif de l'aviron date du début de la première révolution industrielle. Le canotage a été découvert dans les années 1830 et 1840, devenant un des premiers loisirs populaires et un des premiers sports athlétiques et mécaniques. Il passionne toutes les classes sociales, avec des innovations techniques qui le rendent de plus en plus performant. De nombreux artistes se passionnent pour le canotage et contribuent à sa renommée.
Les débuts de l'aviron sportif
En 1838, un groupe d'amateurs passionnés crée la Société des Régates du Havre, la doyenne des sociétés françaises de sport nautique. La Société de Régates a pour objet l'organisation des régates et des fêtes nautiques, ainsi que l'établissement des règlements nécessaires pour assurer la régularité des épreuves. Les courses à virages, pratiquées en mer et en rivière, sont des spectacles populaires où des prix en espèces récompensent les vainqueurs. En 1857, des «jockeys d'eau», mercenaires de course, apparaissent, sous la férule de bourgeois argentés. Les grands quotidiens relatent les duels nautiques des équipes les plus célèbres. À Paris, il faut attendre 1853 pour que la première «Société des Régates Parisiennes» (S.R.P.) soit créée, donnant une direction unique au canotage en France.
Le Rowing Club de Paris devient l'agent de cette nouvelle orientation sportive en créant le championnat de la Seine en skiff. En 1867, les pouvoirs publics confient à la SRP et au Rowing Club l'organisation des régates de l'Exposition universelle de Paris.
L'âge d'or du Second Empire et la naissance de fédérations
Le Second Empire correspond à un âge d'or pour l'aviron, car les régates sont sans concurrence, hormis les courses hippiques. En 1890, la FFSA, Fédération Française des Sociétés d'Aviron, est créée. En 1892, une fédération internationale voit le jour. Les régates royales d'Henley, considérées comme l'un des «temples de l'aviron», sont quasiment interdites aux rameurs amateurs du continent.
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Après la défaite de la guerre franco-allemande de 1870, l'esprit de revanche suscite un essor du mouvement sportif et associatif qui profite à l'aviron. De 1872 à 1882, cinquante sociétés sont fondées, souvent omnisports.
L'évolution de l'aviron au XXe siècle
En 1919, le principe de la licence est posé. Alors que le rowing britannique puise dans les écoles et universités, l'aviron français dépend des clubs pour alimenter ses succès internationaux. Les principaux succès reposent sur des individualités comme Hermann Barrelet (champion olympique en 1900), Gaston Delaplane ou Poix et Monney - Bouton.
Pendant la guerre, l'aviron maintient une activité sous forme de critériums. En 1949, le premier match des nations fondatrices de la FISA est disputé à Milan. La première promotion du brevet de moniteur d'aviron voit le jour le 15 avril 1956.
En 1960, Pierre Sauvestre est nommé Directeur de l'Équipe de France, épaulé par les entraîneurs Jean Tarcher et Ernest Cherrier. En septembre 1962, les rameurs français ramènent des premiers championnats du Monde une médaille d'or, deux médailles d'argent et une de bronze. En 1963, l'arrêté Herzog conduit à la première élection du président fédéral par l'assemblée générale.
En 1965, la France gagne les «cinq nations junior» et la FFSA poursuit son développement. L'entraînement devient méthodique et la Fédération favorise la pratique des jeunes catégories.
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En 1975, le quatre sans barreur poids léger remporte le premier titre mondial à Nottingham. En 1989, les deux huit juniors sont argentés au mondial de Szeged.
L'aviron au XXIe siècle : succès olympiques et ouverture
À Sydney, l'aviron redevient l'une des disciplines phare de l'Olympisme français avec deux médailles d'or et une de bronze. En 2013, la Fédération Française des Sociétés d'Aviron (FFSA) devient la Fédération Française d'Aviron (FFA).
L'aviron de mer et l'aviron indoor se développent, et le para-aviron est intégré dès 2005.
En 2000, à Sydney, Jean-Christophe Rolland et Michel Andrieux remportent l'or en deux sans barreur, et Xavier Dorfman, Yves Hocdé, Jean-Christophe Bette et Laurent Porchier gagnent l'or en quatre sans barreur poids léger.
Évolution des règles et des catégories
L'aviron est olympique depuis les Jeux de Paris 1900. Les épreuves se déroulent sur 2 000 mètres avec un nombre d'épreuves identiques chez les hommes et chez les femmes. Les épreuves se déroulent soit en aviron de couple (chaque rameur dispose de deux rames) ou en aviron de pointe (chaque rameur a un aviron). Dans chaque régate, les courses se disputent entre six embarcations.
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Il y a 14 épreuves en aviron (7 masculines, 7 féminines) :
- Messieurs :
- 4 bateaux de couple (Skiff, deux de couple ou double scull, deux de couple poids légers, quatre de couple)
- 3 bateaux de pointe (deux de pointe sans barreur, quatre de pointe, huit de pointe)
- Dames :
- 4 bateaux de couple (Skiff, deux de couple ou double scull, deux de couple poids légers, quatre de couple)
- 3 bateaux de pointe (deux de pointe sans barreuse, quatre de pointe, huit de pointe)
Dans les bateaux de couple, chaque rameur utilise deux avirons, contre un seul dans les bateaux de pointe. Le huit de pointe est le seul bateau avec barreur.
Depuis 1974, il existe une catégorie «poids légers» (le poids maximal d'un rameur est de 72,5 kg et le poids moyen de l'équipage ne doit pas dépasser 70 kg; le poids maximal d'une rameuse est de 59 kg et le poids moyen de l'équipage ne doit pas excéder 57 kg).
L'équipement et les techniques
Les bateaux de compétition sont de construction libre. Les bateaux de construction fibre de carbone et epoxy ont remplacé progressivement les bateaux bois. Ces bateaux sont plus légers et plus rigides. Ils demandent moins d'entretien.
Les avirons sont de longueurs différentes selon qu'ils sont destinés à la navigation de pointe (3,80 m environ) ou de couple (2,90 m environ). La forme de la palette, devenue asymétrique, permet de trouver plus rapidement un point d'appui sur la prise d'eau.
Le rameur est assis sur un siège à roulettes qui se déplace sur deux rails creux grâce à la poussée des jambes et permet ainsi de prolonger le temps de traction sur l'aviron.
Les Nordistes et les Jeux Olympiques
Les premiers Nordistes à se distinguer sont les rameurs du Cercle Nautique de l’Aviron de Roubaix (C.N.A.R.) champions olympiques du quatre de pointe barré, en 1900. En 2000, à Sydney, la Gravelinoise Gaëlle Buniet participe à la finale B du double-scull tandis Pascal Touron, licencié dans le même club remporte une médaille de bronze en double-scull poids léger. En 2008, la Saint-Poloise Stéphanie Dechand participe aux épreuves du deux sans barreur tandis que Dorian Mortelette, le frère de Donatien, prend la médaille de bronze dans le quatre sans barreur.