Le député du Val-d'Oise, Aurélien Taché, membre de La République En Marche (LREM), s'est retrouvé au centre de nombreuses controverses, notamment en raison de ses prises de position sur la laïcité et le port du voile islamique. Ses déclarations ont mis en lumière les divisions au sein du parti présidentiel et ont suscité de vives réactions, tant de ses collègues que de personnalités politiques d'autres bords.
La comparaison polémique entre le voile et le serre-tête
La polémique la plus marquante a éclaté suite à une comparaison faite par Aurélien Taché entre le port du voile par une jeune musulmane et celui d'un serre-tête par une jeune catholique. Cette comparaison, faite lors de l'émission C l'hebdo sur France 5, a été largement critiquée au sein de son propre camp, notamment par Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les hommes et les femmes, qui a dénoncé une forme de relativisme.
"Il faut cesser ce relativisme qui nous fait mettre sur le même plan des choses qui sont opposées", a déclaré Marlène Schiappa, soulignant ainsi le malaise suscité par les propos d'Aurélien Taché. De nombreux députés LREM ont également exprimé leur désaccord, à l'instar d'Aurore Bergé qui a affirmé : "Tout ne se vaut pas. Un serre-tête n’est pas un hijab!"
Face à cette levée de boucliers, Aurélien Taché a présenté des excuses, affirmant avoir voulu "exprimer [son] attachement à la laïcité dans notre pays". Il a regretté sa "comparaison malheureuse avec le serre-tête", tout en défendant son point de vue sur la laïcité.
Un défenseur d'une laïcité inclusive
Aurélien Taché se positionne comme un fervent défenseur d'une laïcité inclusive, une vision qui prône la tolérance et l'ouverture aux pratiques religieuses dans le respect du cadre républicain. Cette position le place en porte-à-faux avec un courant plus républicain au sein de LREM, qui insiste sur la neutralité de l'État et la nécessité de limiter l'expression religieuse dans l'espace public.
Lire aussi: Aurélien Pradié : un acteur clé de la politique française
Plusieurs personnalités du parti présidentiel, telles que Laetitia Avia, présidente du bureau exécutif d'En Marche, et Fiona Lazaar, vice-présidente du groupe LREM à l'Assemblée, partagent cette vision d'une laïcité inclusive. Cependant, d'autres figures du parti, comme Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, et Agnès Buzyn, ministre de la Santé, adoptent une ligne plus ferme sur la question de la laïcité.
Un parcours atypique et des prises de position iconoclastes
Le parcours d'Aurélien Taché est marqué par un engagement politique précoce et une volonté de défendre ses convictions. Après avoir été apprenti en plomberie, il a entrepris des études de droit public à l'université de Limoges, où il est devenu président de l'Unef. Il a ensuite travaillé à la Région Ile-de-France et dans des cabinets ministériels, avant de rejoindre En Marche! en 2016.
Ses prises de position sont souvent qualifiées d'iconoclastes, notamment sur les questions de laïcité, d'intégration des étrangers et de lutte contre les discriminations. Il n'hésite pas à s'opposer ouvertement au gouvernement sur certains sujets, comme la loi anticasseurs, ce qui lui vaut parfois des critiques et des rappels à l'ordre de la part de sa propre famille politique.
Tensions au sein de LREM et perspectives d'avenir
Les controverses impliquant Aurélien Taché ont mis en lumière les tensions existantes au sein de La République En Marche sur la question de la laïcité. Le parti est traversé par différents courants, allant d'une approche stricte de la laïcité à une vision plus inclusive et tolérante.
Face à ces divisions, la direction de LREM a organisé un débat interne sur la laïcité afin de définir une ligne claire et de proposer une position commune au bureau exécutif. Ce débat, qui s'est tenu le 20 mars, a permis de confronter les différentes approches et de tenter de trouver un terrain d'entente.
Lire aussi: Comprendre et traiter les taches brunes au fond de la piscine
L'avenir d'Aurélien Taché au sein de LREM reste incertain. Ses prises de position controversées lui ont valu des inimitiés et des rappels à l'ordre, mais il bénéficie également du soutien de certains de ses collègues qui apprécient son engagement et sa capacité à porter ses convictions. Seule certitude, Aurélien Taché continuera de faire entendre sa voix et de défendre ses idées, quitte à provoquer des remous au sein de son parti et dans le paysage politique français.
D'autres controverses et rappels à l'ordre
Outre la polémique sur le voile et le serre-tête, Aurélien Taché a été impliqué dans d'autres controverses. En octobre, il avait critiqué le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, estimant que ses propos étaient récupérés par le Rassemblement national. Cette sortie avait provoqué une polémique et avait conduit à une réunion de médiation au sein de LREM.
En mars, il avait déjà reçu un rappel à l'ordre après ses propos tendant à comparer le voile islamique et le serre-tête. Ces incidents à répétition ont alimenté les spéculations sur son avenir au sein du parti présidentiel.
Soutiens et critiques au sein de LREM
Malgré les controverses, Aurélien Taché bénéficie du soutien de certains membres de LREM. Laetitia Avia, par exemple, voit en lui "quelqu'un qui porte ses sujets avec beaucoup de conviction" et "fait de la politique avec ses tripes". D'autres, en revanche, sont plus critiques. Marie Lebec a dénoncé une "sortie extrêmement malheureuse" du député. Jean-François Cesarini a critiqué une série de "prises de position d'Aurélien Taché très peu populaires dans le groupe".
Ces divergences d'opinions témoignent des tensions et des divisions qui traversent LREM sur les questions de laïcité et d'intégration.
Lire aussi: Éliminer la rouille de votre piscine coque
Un député clivant mais influent
Aurélien Taché est un député clivant, mais il est également considéré comme influent au sein de LREM. Il a participé à l'élaboration du programme du parti sur le logement et la lutte contre la pauvreté. Il a également marqué de son empreinte le projet de loi asile-immigration.
Son rapport au Premier ministre sur l'intégration des étrangers avait suscité des tensions avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérard Collomb. Sur le texte anticasseurs, il s'était abstenu, marquant ainsi sa distance par rapport à la ligne du gouvernement.