Guide Complet sur le Remorquage et le Transport des Embarcations : Du Kayak au Bateau à Moteur

Le transport et le remorquage d'embarcations, qu'il s'agisse d'un kayak léger ou d'une vedette plus imposante, représentent des défis spécifiques nécessitant des connaissances et un équipement adaptés. De la simple mise à l'eau après un trajet à vélo, aux situations d'urgence en mer, en passant par le déplacement routier d'un bateau, chaque scénario demande une approche méthodique et sécurisée. Comprendre les subtilités de ces opérations est essentiel pour garantir la sécurité de l'équipage, la protection du matériel et la conformité avec la réglementation maritime et routière.

Transporter son Kayak à Terre : Du Vélo à la Voiture

Le désir d'éviter l'utilisation d'un 4x4 pour la mise à l'eau de son kayak conduit souvent à envisager des solutions alternatives pour le transport terrestre. Pour un trajet de quelques kilomètres, comme se rendre à un endroit de mise à l'eau officiel situé à environ 5 km, le vélo apparaît comme une option écologique et pratique. Cependant, cette approche soulève rapidement la question du matériel annexe, tel que la remorque ou le chariot, une fois que l'on est au large. Il est difficile de trouver des solutions simples et évidentes pour emporter tout son équipement une fois en mer, le mettant à l'abri et le rendant non-encombrant.

Les Problématiques Spécifiques du Transport Terrestre du Kayak

L'expérience montre que le transport d'un kayak, tel qu'un RTM duo, avec un chariot conçu pour sit on top et attaché à l'arrière d'un vélo en utilisant les trous arrière et la poignée de transport avant du kayak, peut être "vraiment casse gueule". Cette instabilité rend la méthode non seulement difficile, mais potentiellement dangereuse. Il est donc impératif de se tourner vers des solutions plus robustes et plus adaptées pour garantir la sécurité du kayakiste et celle de l'embarcation.

Solutions pour le Transport à Vélo : Chariots Spécialisés

Face à ces défis, des solutions comme le chariot C-TUG se distinguent. Même si son prix est élevé, c'est un "super chariot solide et sécable qui rentre dans toutes les trappes ovales une fois démonté" (le chariot, pas les trappes, est-il précisé avec humour). L'utilisation d'un chariot "simple", généralement destiné au portage à main, pour tirer un kayak de mer derrière un vélo n'est pas recommandable. Pour un usage prolongé sur plusieurs kilomètres, ces chariots ne sont souvent pas équipés de roulements adéquats et ne dureront pas longtemps.

Il faut plutôt opter pour une solution spécifique, qui permettra de fixer le bateau au vélo et de supporter l'ensemble de la longueur du bateau. À notre avis, cela doit obligatoirement être sur roulements. L'enjeu est de taille : la plupart des chariots n'embarquent en effet que des roues sans roulements. L'intérêt n'est pas seulement d'économiser une pièce plus ou moins coûteuse ; c'est aussi d'éviter de devoir y ajouter une fonction de protection étanche contre l'eau de mer. Un système de roues sur roulements "standard" risque en effet d'être ruiné très rapidement par le sel et le sable. Par conséquent, des roulements "marinisés" sont indispensables, à moins de devoir jeter le beau joujou à la poubelle à la fin de la saison. Les roues avec chambres à air, que l'on trouve parfois sur les chariots de plage, posent d'autres problèmes comme la difficulté à sortir ou remettre en place les chambres à air. Leurs roulements, souvent des cages à aiguilles assez basiques, ne résistent pas longtemps au sable et à l'eau salée.

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Certains optent pour la fabrication d'un chariot pour vélo artisanal. L'idée est que le kayak soit "pendu" dessous, une conception qui s'avère "beaucoup plus simple à faire qu'un chariot surbaissé". Ces assemblages peuvent être rustiques et encombrants une fois montés, mais leur apparence rudimentaire a l'avantage de les rendre moins attractifs pour le vol.

Transport du Kayak en Voiture : Conseils et Sécurité

Une fois votre kayak en votre possession, il va falloir le transporter. À moins d'avoir toute une flottille d'embarcations, une remorque n'est généralement pas nécessaire pour le transport des kayaks. De simples barres de toit constituent le support de transport classique. Cependant, il est important de noter que lorsqu'on perd un kayak du toit de sa voiture, ce n'est pas toujours dû aux fixations du kayak sur les barres de toit, mais ce sont les galeries elles-mêmes qui se décrochent. Les tensions sur les barres sont énormes, surtout en cas de vent ou de freinage appuyé.

Pour attacher votre kayak, préférez des sangles larges plutôt que des tendeurs ou élastiques, même s'ils semblent plus pratiques. En effet, même si la tension sur les élastiques paraît importante, elle est tout de même faible par rapport à celle applicable sur des sangles moins élastiques. Avec des tendeurs, vous laissez une liberté de mouvement trop grande à votre embarcation, ce qui, à grande vitesse, en cas de grand vent ou lors d'un freinage appuyé, peut provoquer la perte de votre kayak. Il est possible d'adapter la façon de fixer votre kayak en fonction de conditions spécifiques : chargement lourd ou léger, trajet long ou court, conditions météo venteuses ou pluvieuses. Pour des conditions difficiles ou un trajet long, il est judicieux d'attacher les extrémités du kayak pour plus de sécurité.

Il existe également des "berceaux" sur lesquels vous pouvez attacher votre kayak. Ces berceaux s'attachent directement sur vos barres de toit. Il en existe des simples (pour un kayak) ou des doubles (pour deux kayaks). Une multitude de formes sont disponibles à la vente, pour permettre à tous les types de canoë ou kayak d'y être attaché.

Remorquer un Bateau en Mer : Principes Généraux et Préparation

Remorquer un bateau ou se faire remorquer est une situation très fréquente en pleine saison, si l'on en croit les capitaines de port et la SNSM. Personne n'est à l'abri d'une panne d'essence ou d'une avarie du moteur ; tout plaisancier est amené un jour ou l'autre à se trouver dans la situation du remorqueur ou du remorqué. À chaque fois ou presque, c'est une panne qui aurait facilement pu être évitée. L'autre scénario courant est celui du bateau qui a passé une bonne partie de la journée au mouillage avec le réfrigérateur allumé, la musique et éventuellement la climatisation, épuisant ainsi la batterie. Un troisième cas, encore pire, est celui où le chef de bord n'a pas mis le coupe-circuit ou n'a pas mis la commande au point mort et n'arrive pas à démarrer. C'est un classique de la location de bateau ; au moment de la prise en main, le loueur met en garde le client, mais, dans l'excitation du moment, le message n'est pas toujours entendu ou retenu. Il est donc fortement conseillé de savoir remorquer un bateau, car ces situations peuvent nous laisser à la dérive en haute mer.

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L'Importance d'une Préparation Rigoureuse

Un conseil à mémoriser est de toujours avoir à bord un bout de remorquage. Il est recommandé d'utiliser du Nylon tressé, similaire aux bouts d'amarrage classiques. Sa longueur est cruciale ; une longueur de 30 à 40 mètres n'est pas délirante, car elle permet d'avoir de la marge en fonction des conditions météo et du poids du remorqué. Nous l'avons testé : un timonier avec 50 chevaux peut parfaitement remorquer un voilier de 5 tonnes par mer belle. Il ne faut pas hésiter à mettre de la distance entre les deux bateaux pour amortir les à-coups.

Pour la préparation du bout de remorquage, il est préférable de frapper le bout sur les taquets du remorqueur avant d'effectuer le lancer. Faire deux boucles assure le bon déroulement du bout au moment de le jeter au bateau assisté. Pour un lancement avec la main droite, la main gauche suit le mouvement. La tension présente dans le bout sera un indicateur pour juger si la remorque n'est pas assez grande. Sur certains exemples, on peut relier deux bouts afin que la remorque soit assez longue, notamment si un cordage de cette taille concerne davantage les grosses vedettes et autres unités plus grandes. Il reste la possibilité de relier plusieurs bouts entre eux avec des nœuds de chaise.

Du côté du remorqueur, afin de répartir l'effort de traction sur deux points, il faut former une patte-d'oie, c'est-à-dire un Y, partant des deux taquets arrière. Cette disposition empêchera le bout de raguer sur le moteur, dans le cas d'une motorisation hors-bord. Réaliser une patte-d'oie sur les taquets arrière reste la meilleure solution pour réussir son remorquage. Au milieu, il convient de faire un nœud en huit qui sert de boucle d'attache à la remorque ; puis de passer le bout de remorquage dans cette boucle et faire un nœud de chaise bien ample, pour qu'il soit facile à défaire le moment venu. Il faut ensuite lover le bout de remorquage pour le lancer au bateau remorqué, tout en faisant attention à ne pas emmêler le bout dans l'hélice. Penser aussi à mettre au préalable un repère voyant sur la remorque (le cordage) à mi-longueur, afin qu'elle soit bien visible pour les autres bateaux et les jet-skis. Un objet de couleur en son milieu (comme un gilet de sauvetage) est très efficace. Lester la remorque avec une ancre peut limiter les à-coups, mais attention de ne pas perdre cette ancre en mer.

Le Rôle Actif du Bateau Remorqué

Du point de vue du remorqué, l'idéal est, ici encore, de préparer un bout reliant les deux taquets avant pour faire une patte-d'oie. On peut essayer de passer le bout de remorquage dans l'anneau d'étrave du bateau, mais la manœuvre est souvent compliquée. Autant utiliser les taquets en faisant attention à ne pas déformer le balcon avant quand la remorque se met en tension. Utiliser l'anneau d'étrave est tentant mais peu pratique ; celui-ci est souvent difficile à atteindre. Une bitte d'amarrage avant offre un excellent point d'ancrage pour fixer la remorque. Elle favorise le maintien du bateau dans l'axe de traction. Certains bouts de remorquage sont lestés par une pomme de touline qui permet de lancer loin vers le bateau ayant besoin d'assistance. Le bateau remorqué doit avoir le safran bien droit (barre à zéro) pour rester dans l'axe du remorqueur.

La vitesse de remorquage est également un élément clé. Il faut conserver une vitesse basse, entre 3 et 8 nœuds maximum selon l'état de la mer. Le plus important concernant la vitesse de remorquage est qu'elle soit la plus constante possible et, en principe, ne dépasse pas 10 nœuds. En ce sens, plus l'état de la mer est mauvais et plus le processus est rapide, plus la corde doit être longue et, en tout cas, plus positionner le bateau remorqueur parallèlement au bateau remorqué depuis la proue. Concernant les manœuvres, le bateau remorqué doit toujours tourner le gouvernail du côté opposé à la chute du bateau remorqueur. De cette façon, la ligne de remorquage deviendra à tout moment une extension de la ligne médiane, c'est ainsi qu'elle devra être orientée tout au long du processus. Il est indispensable d'indiquer la manœuvre avec l'éclairage réglementaire ; si cela n'est pas possible, le remorqueur doit le faire, et vérifier constamment la proue et la poupe du navire. Une lumière stroboscopique est indispensable à tout moment, mais encore plus dans des conditions de faible visibilité la nuit, de conditions météorologiques défavorables - lorsque le besoin de remorquer un bateau apparaît le plus souvent - ou de trafic intense.

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Le Remorquage à Couple : Une Option Déconseillée mais Parfois Inévitable

Un cas particulier est celui du remorquage à couple. Dans l'absolu, ce n'est pas une bonne idée, car l'ensemble est moins manœuvrant et, surtout, la moindre vague risque de créer un choc entre les bateaux et de provoquer des dommages potentiels. Le remorquage à couple est déconseillé, mais c'est parfois la seule option quand le bateau tracté a une avarie de barre, par exemple. Erwan Le Canderff a raconté une situation où le voilier pris en remorque avait une avarie de barre. Le safran était bloqué d'un côté. Impossible dès lors de garder le bateau dans l'axe en le tractant de manière classique. Le canot SNSM a donc pris le voilier à couple. Dans cette situation, il faut installer bon nombre de défenses entre les bateaux pour amortir les chocs et éventuellement mettre une garde montante et une descendante pour limiter les mouvements de cisaillement entre les deux coques. Pour la patte-d'oie, faire un nœud en huit au centre du bout utilisé pour relier les deux taquets arrière. Avec le bout de remorquage (en bleu), faire un nœud de chaise qui passe dans la boucle de la patte-d'oie. Cette boucle facile à nouer reste aisée à défaire malgré les tensions importantes dues au remorquage.

Aspects Juridiques, Financiers et de Sécurité du Remorquage Maritime

Avant de se lancer dans un remorquage, le chef de bord doit évaluer les risques et les compétences de l'équipage sur les deux bateaux. Il est crucial de garder l'esprit tranquille et d'étudier les conditions de chaque navire avant d'effectuer ce processus. Tout d'abord, il faut évaluer que tout l'équipage et les passagers du bateau vont bien, en évitant tout mouvement avant ce contrôle. Une fois qu'il a été déterminé qu'il n'y a pas de blessures corporelles ni de danger, la possibilité d'un remorquage par l'autre navire doit être soigneusement analysée. C'est-à-dire que tous les navires ne remplissent pas les conditions nécessaires pour remorquer un bateau ; il faudra faire attention aux caractéristiques de chaque navire et, si le mouvement n'est pas possible, attendre les secours maritimes tout en restant calme et en apportant l'aide nécessaire.

Les Coûts du Remorquage et l'Assurance

Les services de remorquage en mer ont un coût. La première heure facturée par la SNSM est incompressible, puis on passe à une facturation au quart d'heure. Lorsque le remorquage est assuré par la SNSM, une rémunération est due, sauf si l'assistance n'a eu aucun effet. Si c'est un semi-rigide des sauveteurs en mer qui effectue l'assistance, le tarif pour le remorquage d'un moins de 7 mètres est de 350 € de l'heure. Entre particuliers, la solidarité des gens de mer voudrait que le remorquage soit gratuit, mais celui qui remorque peut exiger une indemnisation. Il est important d'analyser la nécessité du remorquage, car cela a un coût, et de parvenir à un accord avec l'autre bateau sur ce que coûtera l'entrée au port du navire accidenté.

Le plus courant est que l'assurance inclut une couverture pour le remorquage ou l'assistance en mer. Donc, si le besoin vous amène à contacter le Maritime Rescue, la compagnie d'assurance se chargera du service de remorquage. Bien entendu, lorsque l'on parle de sauvetages qui nécessitent la protection des actifs et pas seulement leur transfert, il est nécessaire de contracter des clauses spécifiques à cet effet, sinon les opérations ne seraient pas couvertes.

Cadre Légal et Obligations en Mer

Selon la législation maritime, le capitaine d'un navire a l'obligation de prêter attention et de porter secours à tout navire ou personne se trouvant en danger en mer. Cette collaboration ne nécessite pas nécessairement un remorquage lorsque cela n'est pas possible ; il suffit parfois de rester à proximité en attendant l'arrivée des secouristes. Il est important d'être très clair sur les différences entre remorquer un bateau et effectuer un processus de sauvetage de personnes et de biens. Ce dernier cas se produit lorsque le risque de naufrage du navire est le plus faible, moment où il faut protéger d'abord les passagers et l'équipage et, ensuite, le navire lui-même.

La Loi 60/1962, qui réglemente l'aide maritime, le sauvetage, le remorquage, les découvertes et les extractions, indique qu'il est obligatoire pour les capitaines ou skippers ayant participé à un processus de remorquage de se présenter dans un délai maximum de 24 heures à compter de leur arrivée au port. Cela se produit, entre autres raisons, parce que les remorqueurs et les armateurs qui participent aux opérations de sauvetage - sauf les équipes professionnelles - reçoivent une indemnisation pour les éventuelles dépenses et dommages résultant du processus, pour autant que le remorqueur n'appartienne pas à la même unité de pêche. Finalement, au-delà du processus de remorquage d'un bateau, le plus important est l'intégrité et la santé des personnes impliquées.

Spécificité du Remorquage d'un Bateau Échoué

Lorsque le navire à remorquer est échoué, il est important de faire preuve d'une prudence maximale et, si nécessaire, d'attendre la marée haute. Sinon, la charge du navire remorqué doit être réduite autant que possible, y compris l'équipage, les passagers, les réservoirs de carburant et les réservoirs d'eau. Ainsi, la flottabilité du bateau est assurée, évitant d'entraîner la coque et de générer des cassures pouvant conduire au naufrage.

Transporter un Bateau Plus Grand par la Route : Choix et Réglementation de la Remorque

Avec les beaux jours qui reviennent, de nombreux plaisanciers souhaitent acquérir un bateau. La remorque est devenue un outil essentiel, permettant de contourner les longues attentes pour une place au port. Cependant, le choix de la remorque est différent selon le bateau. Deux éléments sont à prendre en compte impérativement : la longueur et le poids du bateau.

Choisir la Bonne Remorque : Poids, Longueur et Type de Bateau

Pour transporter dans de bonnes conditions votre bateau, il vous faudra choisir une remorque multi-rouleaux. En effet, la multiplicité des rouleaux en forme incurvée permet de faire passer la coque rigide ou semi-rigide de votre bateau en douceur. Pour un voilier, utilisez une remorque avec de nombreux rouleaux porteurs sous la quille, cela permettra de bien soutenir le bateau. De plus, pensez bien à calculer la hauteur de votre bateau afin d'adapter au mieux les chandelles de maintien sur les côtés.

Poids sur la Boule, Permis et Assurance

Le poids sur la boule d'attelage ne doit pas dépasser 50 kg avec un PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) inférieur à 500 kg, et 80 kg au-dessus de 500 kg. Pour savoir quel permis est nécessaire pour tracter, il faut d'abord connaître le PTAC inscrit sur la carte grise de la remorque avec la mention F1. À noter que vous pourrez passer le permis BE avec un code datant de moins de 5 ans. Le choix de la voiture pour tracter votre bateau dépend essentiellement du poids maximum tractable. Les SUV ou bien les 4x4 seront idéaux pour tracter votre bateau en toute sécurité.

En ce qui concerne l'assurance, elle sera nécessaire pour votre remorque à partir de 500 kg. En dessous de 500 kg, la remorque est incluse dans l'assurance de votre véhicule tracteur. Entre 501 et 750 kg, il est conseillé de vous renseigner auprès de votre assurance pour connaître les modalités spécifiques.

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