Le Trimaran de Kayak Amateur Américain : Ingéniosité, Aventure et Philosophie Écologique

Dans le monde de la navigation de plaisance, l'ingéniosité et l'esprit d'aventure se manifestent souvent de manière inattendue, donnant naissance à des embarcations qui défient les conventions. Le concept de trimaran de kayak amateur, notamment celui avec un arrière de kayak, incarne cette approche, mélangeant l'accessibilité du kayak avec la stabilité et la performance de la voile. Ces créations uniques, souvent issues de la réutilisation et de la réflexion approfondie, révèlent des parcours humains exceptionnels, des motivations écologiques profondes et une quête de liberté en mer. L'idée de transformer un simple kayak en une plateforme stable et polyvalente capable de voyages au long cours attire de plus en plus d'esprits novateurs, repoussant les limites de ce qui est traditionnellement attendu d'un petit bateau.

L'Écologie au Cœur de l'Innovation : L'Exemple de Florent et Léa

L'histoire de Florent et Léa illustre parfaitement comment des convictions écologiques peuvent inspirer des projets nautiques originaux. Ce jeune couple, basé au pied des Alpes, pense avant tout qu'il faut limiter la production et qu'il faut réutiliser. Leur mot d'ordre semble être : "Cessons de jeter et reconstruisons". Pour mettre en œuvre ces principes fondamentaux, ils ont entrepris de réaliser un catamaran en recyclant des poubelles. Cette approche de la construction navale, axée sur la récupération et la transformation de matériaux existants, met en lumière une philosophie où l'empreinte environnementale est minimisée.

C'est avec cet engin, d'une simplicité désarmante et proche du radeau, qu'ils ont descendu le Rhône pour rejoindre la mer. Leur périple fluvial, effectué avec un bout de voile et deux pagaies façon canoë, témoigne d'une volonté de naviguer avec des moyens rudimentaires et une dépendance minimale aux infrastructures complexes. Cependant, une fois arrivés à la mer, une limitation majeure de leur conception est apparue : il n'était pas possible d'aller plus loin sur cette embarcation à laquelle il manquait un esprit marin. Cette expérience souligne la nécessité d'adapter la conception aux exigences spécifiques des différents environnements de navigation, en particulier l'ouverture sur le grand large, où les conditions peuvent être bien plus exigeantes que sur un fleuve. Leur quête de l'autonomie et du recyclage a trouvé ses limites face à la mer ouverte, mais a posé les bases d'une réflexion sur l'évolution nécessaire des embarcations écologiques pour des voyages plus ambitieux.

Le "Bold Venture" : Une Odyssée Transcontinentale en Trimaran de Kayak

Le parcours de Rick Smith, avec son trimaran de kayak baptisé le "Bold Venture", représente une autre facette de cette ingéniosité et de cette soif d'aventure. Rick Smith, âgé de 57 ans, n’en est pas à son premier périple de cette envergure. Il y a 35 ans, il avait déjà navigué sur un kayak conventionnel, partant de Bombay avec l'intention de se rendre en Europe. Ce premier voyage, bien qu'écourté en Libye où il s’était fait voler tout son matériel, avait tout de même duré dix mois, forgeant son esprit d'explorateur et sa résilience. L'idée de repartir est venue il y a deux ans, marquant le moment où il a décidé de se relancer sur les eaux, poussé par un désir persistant de compléter ce qui n'avait pu l'être. « Après ce qui s’était passé la première fois, l’idée est restée dans ma tête, je n’avais pas pu finir, j’ai donc décidé de finir ce voyage cette année », explique-t-il, soulignant la force de sa détermination.

Le Marin et Son Bateau Hors Normes

Le "Bold Venture" est une embarcation peu commune, voire totalement inconnue du grand public. Ce trimaran de kayak a été construit en Californie par l’entreprise Hobie, un nom reconnu dans le monde des sports nautiques. Le premier modèle de ce type est apparu en 2008, et pour son voyage actuel, Rick Smith utilise l’édition 2015 de cette embarcation insolite. Sa particularité réside dans sa polyvalence : son embarcation peut fonctionner de trois manières différentes, offrant une adaptabilité remarquable aux conditions de navigation et aux préférences du marin, soit en ramant, avec une voile mais aussi en pédalant. Cette capacité à alterner entre différentes méthodes de propulsion lui confère une autonomie et une flexibilité cruciales pour les longs voyages.

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Le bateau lui-même est une extension de la philosophie de vie de Rick Smith. Son kayak catamaran ne lui offre pas beaucoup de confort traditionnel. L’Américain vit dehors en permanence, s'installant sur une chaise à l’arrière du navire pour pédaler. Son embarcation n’a pas d’abri fixe. En cas de forte pluie ou sur des eaux agitées, sa seule protection est une combinaison de pluie. Ce choix minimaliste est délibéré, ancré dans une volonté de revenir à une vie simple. Il dort dans un sac de couchage sous sa tente, et son quotidien est dicté par les éléments. « Je reviens à une vie simple, c’est un véritable challenge. Ma maison, c’est le bateau », raconte cet ancien scaphandrier et militaire, mettant en lumière le profond engagement personnel derrière cette aventure.

Préparation, Défis et Résilience

Une telle aventure requiert une préparation considérable. Il a fallu à Rick Smith un an de préparation physique intense. Il s'est notamment adonné à beaucoup de vélo. « J’ai perdu dix kilos au cours de ma préparation, avant j’avais du ventre, aujourd’hui ce n’est plus cas », raconte-t-il en rigolant, témoignant de l'effort et de la transformation personnelle engagés.

Son voyage actuel a débuté il y a presque quatre mois, après être parti des environs de Düsseldorf, dans l'ouest de l'Allemagne. Après être passé par son pays de départ, puis les Pays-Bas, l’aventurier a rencontré de sérieux problèmes en mer du Nord. Son embarcation prenait l’eau et risquait de couler, une situation périlleuse pour un marin solitaire. Les secours belges ont répondu à son appel, démontrant l'efficacité des systèmes de sécurité modernes. Cependant, ce n’est pas sans pertes que Rick Smith est sorti de cette péripétie. Cet incident l'a contraint à changer son plan de départ, qui était initialement de se rendre en Angleterre. Il a alors pris la décision de se diriger vers la Méditerranée et a débuté sa traversée de l’Hexagone.

Malgré les épreuves, son optimisme et sa perspective restent intacts. Tout sourire, il pense à la poésie de ses deux aventures : « La dernière fois je devais me rendre en Europe mais je n’ai pas pu et je me suis arrêté en Méditerranée, cette fois je pars d’Europe pour retrouver cette mer qui avait marqué la fin de mon premier voyage ». Cette citation souligne la boucle narrative de son existence, un retour à la mer qui a jadis symbolisé un arrêt, mais qui représente désormais un nouveau départ.

La Philosophie du Voyage et la Vie Simple

Pour cette aventure, Rick Smith revient aux choses les plus simples pour vivre. Il vit sur son bateau et limite ses dépenses de manière drastique. Il découvre ainsi un monde différent, loin de la complexité de la vie moderne. En traversant la France, il a fait des rencontres marquantes et a découvert les Français, balayant au passage des idées préconçues. « Tous les préjugés sont faux, je n’ai jamais vu des gens aussi gentils que les Français, ils rendent mon voyage meilleur, malgré tout ce qui m’est arrivé », affirme-t-il, soulignant la générosité et l'hospitalité qu'il a rencontrées.

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Toutes les personnes rencontrées sont curieuses et très généreuses, contribuant positivement à son expérience. Un soutien logistique inattendu vient des Voies Navigables de France (VNF) : depuis la Belgique, il est suivi par leurs équipes. Ils s’appellent à chaque écluse, facilitant son passage et l'assistant même dans des besoins quotidiens. « Ils me disent où trouver une baguette », ajoute-t-il avec humour, illustrant cette assistance précieuse. Rick Smith ne sait pas combien de temps il lui reste à naviguer jusqu’au Maroc, sa destination finale, mais il confiait être ravi d’être passé par la région, appréciant chaque étape de son périple. Pour garantir sa sécurité malgré les risques inhérents à un tel voyage, l’homme est également équipé d’un gilet de sauvetage doté de radios et d’un système de géolocalisation. « Lorsque j’enclenche ce dispositif de géolocalisation par satellite les secours savent où je me trouve, peu importe où dans le monde », précise-t-il. C’est précisément ce système qui lui a permis d’être aidé par les secours belges lors de son incident en mer du Nord, prouvant l'importance capitale de la technologie au service de la sécurité en mer, même pour les aventuriers les plus minimalistes.

L'Aventure Méditerranéenne en Hobie Island Adventure : Le Récit de Violette

L'expérience de Violette, avec son petit kayak à voile et à pédales baptisé "Passepartout", offre un autre témoignage de la fascination pour le trimaran de kayak dans le cadre d'une exploration personnelle. C'est à l'automne, fin septembre 2022, que Violette se met à l’eau à Sète, fraîchement diplômée d'un master, libre comme l’air et portée par un vif désir d’aventure et d’exploration. Son objectif : trois mois pour explorer la Méditerranée, cette mer qui la fascine tant. La Méditerranée, cette « mer au milieu des terres » (mare mediterraneum), façonnée par des millénaires d’échanges et de brassages culturels, partage aujourd’hui ses 42 000 km de rivages avec pas moins de 22 pays, offrant un terrain d’exploration immense et riche d'histoire.

Les souvenirs de sa descente de la Loire en canoë gonflable trois ans plus tôt l'ont poussée à rechercher une embarcation plus performante. C'est ainsi qu'elle est tombée par hasard sur le Hobie Island Adventure : un kayak à pédales aux allures de trimaran, équipé d'une voile de 5 m2 qui s’enroule sur son mât et de deux flotteurs latéraux. Violette est immédiatement sous le charme, et les premiers essais en mer se révèlent concluants : plus rapide qu’un simple kayak, il reste très maniable et léger, des qualités idéales pour son rêve d’aventure méditerranéenne. En clin d’œil à sa petite taille mais surtout en référence au célèbre assistant de Phileas Fogg, elle le baptise "Passepartout", fin prêt lui aussi pour un long voyage.

Ainsi, Violette et son embarcation larguent les amarres à Sète dès le mois d’octobre. Cependant, le jour du grand départ, un BMS (bulletin météo spécial) annonce un « avis de grand frais » sur le Languedoc-Roussillon. Pensant ruser avec les éléments, elle décide de maintenir le départ et d’emprunter le canal du Rhône, qui relie l’étang de Thau à l’embouchure du fleuve. L'idée se révèle malheureusement désastreuse : le canal concentre le vent face à elle, les murets lui bouchent la vue, et elle apprend, à ses dépens, que la navigation en kayak y est formellement interdite. Contrainte par ces obstacles, elle rejoint la mer au port du Grau-du-Roi après deux jours à pédaler sans voile. Les premiers bords en mer sont donc plutôt musclés, se déroulant dans une mer bien formée et sous un fort vent de face. Cette confrontation précoce avec des conditions difficiles la confronte déjà aux limites de son bateau. Malgré ses 5 m2 de voilure, les performances de navigation, notamment pour remonter au vent, sont bien loin de ce qu'elle connaissait en dériveur, soulignant le compromis inhérent à ce type d'embarcation polyvalente.

Le Débat et la Conception des Kayaks Trimarans Amateurs

L'attrait pour le kayak trimaran amateur suscite un vif intérêt et de nombreuses discussions au sein de la communauté des passionnés de nautisme. La question "quelle expérience avez vous du composite ?" lancée par tikipat sur un forum, suivie par le scepticisme initial de pat70 avec sa question "je pense que c'est une farce votre demande ?", illustre la surprise et l'incrédulité que ces projets peuvent parfois engendrer. Pourtant, tikipat insiste : "non, absolument pas une farce." Cette interaction met en lumière la nature innovante et parfois marginale de ces constructions, souvent perçues avec une pointe de curiosité amusée avant d'être prises au sérieux.

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Pourquoi un Trimaran de Kayak ? Polyvalence et Économie

L'un des moteurs principaux derrière la popularisation du kayak trimaran est la recherche de polyvalence. Les objectifs sont clairs pour certains : varier les plaisirs, c'est-à-dire faire du kayak ou de la voile selon le temps (météo) et selon le temps libre disponible (de la sortie de l'après-midi à la randonnée de quelques jours). Cette flexibilité est un atout majeur pour ceux qui naviguent aussi bien en mer, sur les canaux ou sur les étangs, nombreux sur le littoral héraultais, comme l'exprime Yann34.

L'intérêt pour des modèles spécifiques est palpable, tel le kayak trimaran de Plasmor, qui, selon certains, paraît le plus abouti. La question de la polyvalence est également liée à l'économie : "Pourquoi un bateau polyvalent? Par économie sans doute. Mais est-ce si sûr?". Cette interrogation révèle une réflexion sur l'investissement dans un bateau "tout-en-un" par rapport à des embarcations spécialisées. Daniel29 note que dès lors qu'on ne cherche pas à utiliser la coque centrale comme un kayak pur, les paramètres changent, et la coque peut alors être beaucoup plus étroite, optimisant ainsi d'autres aspects de la performance ou de la conception. L'engouement pousse certains à vouloir construire leur propre engin, comme le canoe sailring de chez CLC, témoignant d'une volonté d'appropriation et de personnalisation des solutions nautiques.

Innovations et Adaptations : Le Cas du Klepper Modifié

Les modifications apportées aux kayaks existants pour les transformer en trimarans sont une source d'innovation constante. Jean-Pierre, qui utilise également le pseudo "Puffin" (modifié en conformité avec la charte d'un forum), possède un Klepper qu'il a modifié en trimaran avec des flotteurs gonflables de chez Grabner, un fabricant autrichien réputé pour la qualité de ses bateaux gonflables en hypalon. Le bras de liaison des flotteurs est un profil d'aluminium composé de deux parties de 2,50m au total, permettant un montage et un démontage efficaces. Les flotteurs gonflables sont en hypalon, un matériau robuste et durable.

Cette configuration permet de passer en version kayak ou voile sans devoir revenir sur le bord de côte, une fonctionnalité essentielle pour l'autonomie et la réactivité du marin face aux conditions changeantes. Selon Jean-Pierre, le système est suffisamment rigide avec le plan de voilure d'origine Klepper, lui ayant permis de naviguer en Corse par 4-5 beaufort sur mer plate sans difficultés. Il souligne cependant que le mât d’origine doit bénéficier d’un haubanage, car il est de faible section, une adaptation nécessaire pour supporter la charge de la voile en configuration trimaran. Le problème général du kayak à voile, c'est de pouvoir porter de la toile sans transformer son esquif en "usine à gaz", un jargon de voileux désignant une complexité excessive. Jean-Pierre observe qu'avec la voile en V, il se met souvent en appui, au vent ou sous le vent, ponctuellement ou parfois le temps d'une survente. D'où l'idée, "peut-être farfelue", d'un pseudo trimaran où les flotteurs seraient remplacés par de larges patins avec la bonne incidence afin de fonctionner comme des appuis.

Défis Techniques et Principes Physiques

La conception des flotteurs est un point de débat technique. Jean-Pierre fait remarquer que les pirogues polynésiennes ont des flotteurs longs et fins, qui opposent une faible résistance à l’avancement. Ainsi, il n’est pas nécessaire de prévoir des bras de liaison de grosse section. L’idée de larges patins n’est pas farfelue, car, à l’image d’une planche à voile, ils déjaugent avec la vitesse et donnent une poussée verticale positive. Cela est valable pour les flotteurs d’hydravions à redan, mais le problème réside dans le fait que les kayaks n’ont pas des vitesses suffisantes pour générer cet effet de manière optimale. D’autre part, il faut penser à l’encombrement de tels flotteurs.

Pierre, un autre contributeur à la discussion, apporte des réflexions sur le balancier et les flotteurs. À son avis, les flotteurs devraient flotter le moins souvent possible, étant principalement là pour récupérer l’équilibre. Le problème, selon lui, est qu’ils créent un point autour duquel le bateau peut pivoter en abattant. Une correction possible serait des flotteurs convexes vers l’extérieur et plats vers l’intérieur, qui devraient contrarier cette tendance à l’abattée. Le balancier, quant à lui, devrait être positionné à peu près à hauteur des cale-pieds (hors de portée des pagaies mais pas trop excentré par rapport au centre de carène). Le matériau reste à définir, un profil alu étant une option, mais pourquoi pas du lamellé-collé afin de donner un léger cintre vers le haut.

Jean-Pierre détaille son expérience avec les flotteurs Grabner : il utilise les flotteurs courts que le fabricant propose pour les trimarans. Ces flotteurs ne touchent pas l’eau lorsque le kayak est à plat, permettant d'équilibrer le kayak avec le corps pour les maintenir hors de l’eau. Les flotteurs Grabner sont d’un volume parfait et ne s’enfoncent pas sous l’eau lorsque le vent forcit. Un seul balancier (en deux parties) et des flotteurs gonflables lui permet de ranger le tout dans ou sur le kayak pendant la navigation, privilégiant ainsi la simplicité en navigation, en manutention, en transport et en préparation, afin que l'expérience ne devienne pas une "galère" et que le kayak ne se transforme en "usine à gaz". Grabner fabrique des bateaux gonflables de très bonne qualité, adaptés aux expéditions, comme son propre canoë OUTSIDE POWER qui peut être utilisé à la pagaie, à la voile ou avec un moteur, presque un "mouton à cinq pattes".

Performances et Compromis : Voile, Pagaie et Aviron

Le "TriakSport" a également fait l'objet d'évaluations. Les performances sous voile sont clairement limitées par rapport à un "vrai" trimaran. En étant assis dans le cockpit en position centrale, il est impossible de faire un rappel efficace, et on atteint assez vite les limites des petits flotteurs. Cependant, à la pagaie, le bateau combine une bonne glisse avec une grande stabilité, ce qui est très agréable et sécurisant pour les non-spécialistes du kayak de mer. Le prix est un facteur : le bateau est sensiblement plus cher qu'un kayak de mer de bonne facture, mais il offre une coque en sandwich, un bras de liaison, des flotteurs, un mât et une voile, un compas, des trappes étanches, justifiant en partie son coût. Lezard conclut qu'il ne paraît pas pertinent de comparer le TriakSport à un dériveur, soulignant sa spécificité.

Le débat sur les pirogues à voile met en évidence leur efficacité en termes de vitesse ("elles font fumer l'étrave, ce sont des engins de vitesse impressionnants"). La question des "voile-aviron" est aussi abordée. Certains affirment que les seuls bateaux efficaces aux deux sont les voile-aviron. Cependant, cette assertion est nuancée par la réflexion selon laquelle les contraintes et valeurs optimales (carènes, poids, longueurs, tirant d'eau) ne sont pas les mêmes entre la voile et l’aviron. Il en résulte inévitablement un compromis moyen, qui constitue un bon voile-aviron, mais aucunement une bonne yole de mer ou un bon voilier. C'est un sujet de réflexion privilégié pour de nombreux concepteurs, dont le père de l'un des intervenants, cherchant à créer un bateau performant pour la voile et pour l’aviron, tout en étant simple à mettre en œuvre. Jean-Pierre, fort de son expérience de dix ans en kayak et plus de trente ans en bateau à voile (multicoque de sport et "voile et aviron"), estime que pour un bateau rigide en fibre, la voile en V est idéale sans balancier. Sur un kayak sportif comme le Kitiwec, le plaisir de la glisse à la pagaie reste l'objectif principal, la voile étant une annexe pour augmenter la distance et la vitesse au portant. Pour remonter au vent, il faudrait augmenter la surface de voile et ajouter un plan antidérive, ce qui dénature le kayak et complique excessivement l'ensemble, le transformant en bateau à voile. Contre le vent, il vaut mieux pagayer, car la vitesse et la direction seront bien meilleures. Il a même expérimenté les cerfs-volants de traction sur le Kitiwec, mais la simplicité, l'efficacité et la sécurité de la voile en V l'ont convaincu de son utilisation. Pour les kayaks plus stables (Klepper, Nautiraid, Bélouga), un gréement est recommandé car les sensations de glisse et de manœuvres à la pagaie sont moins présentes. Le gréement apporte un plus, mais la capacité à changer de configuration (voile ou kayak) en navigation est primordiale, car les conditions évoluent constamment et un atterrissage difficile pourrait endommager le matériel.

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