Le port du voile : entre expression de la foi, identité personnelle et enjeux sociétaux

Le port du hijab, souvent au cœur des polémiques, est un sujet sensible et l’objet de toutes les attentions en raison des législations européennes interdisant son port dans les institutions éducatives et gouvernementales. Si le hijab est le symbole de grâce, d’obéissance, de dignité et de modestie éternelles, il est bien plus que cela. Pour comprendre cette pratique, il est nécessaire d’analyser ses racines, ses significations spirituelles et les enjeux contemporains qui l’entourent, loin des idées reçues et des visions réductrices.

Qu’est-ce que le Hijab ?

Le mot Hijab vient de la racine arabe ” Hajaba “, qui signifie dissimuler ou couvrir. Le Hijab est l’exigence de couvrir ou de voiler tout le corps à l’exception du visage et des mains. Les racines culturelles et linguistiques du « hijab » font partie intégrante de la culture islamique et arabe. « Hijab » se traduit par couvrir, envelopper, rideau, voile, écran, cloison. Le même mot est utilisé pour désigner les amulettes que l’on porte sur soi, en particulier pour les enfants ou les personnes en état de vulnérabilité, pour se protéger du mal.

Principalement associé à l’Islam, le foulard est populaire dans différentes parties du monde pour toute une série de raisons culturelles et religieuses. La pratique du couvre-chef est courante dans les communautés juives, chrétiennes et hindoues, mais elle n’a jamais attiré autant d’attention - et suscité autant de controverses - par rapport à ces confessions que dans le contexte musulman depuis le XIXe siècle, lorsque le voile a été érigé en symbole des sociétés musulmanes par les dirigeants coloniaux du Moyen-Orient.

Certaines femmes qui souhaitent se couvrir aussi le visage et les mains porteront le voile intégral (Burqa ou le Niqab). Vêtement essentiel dans la garde-robe des femmes musulmanes, le foulard a une profonde importance religieuse et culturelle. Cependant, le Hijab n’est pas seulement une question d’apparence, ce n’est pas qu’un simple couvre-chef ; il est la représentation de différentes valeurs de la foi : la parole noble, la modestie et une conduite digne. Il représente un acte de foi et d’obéissance au Créateur, comme le mentionne Allah dans le Coran : { Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux. } [Sourate Al-Ahzab Verset 59].

La protection et la dignité : au-delà du vêtement

La représentation de la sagesse du hijab dicte de minimiser l’attrait sexuel et la dégradation morale de la femme dans la société et cela de différentes façons : protection contre les avances non désirées, des tentations et des agressions sexuelles, protection contre les regards pervers et les regards suspicieux, protection face à l’exploitation des femmes fondée sur l’apparence.

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Le Hijab accorde aux femmes la dignité et le respect de soi pour ce qu’elles sont, sans être jugées pour d’autres raisons superficielles. Ainsi, les femmes musulmanes ont plus de facilité à façonner leur propre dignité. Comme la personnalité, la droiture, le savoir et la contribution à la société. En effet, dans les sociétés actuelles, dès la petite enfance, on enseigne que les valeurs féminines sont réduites à leur apparence. Ceci oblige les femmes à suivre des normes de beauté extérieures souvent dégradantes pour réduire la pression sociétale. Dans le port du hijab, ce vêtement change la donne en valorisant plutôt la beauté intérieure. L’Islam enseigne cependant qu’une femme doit être respectée en fonction de son caractère et de ses actions vertueuses plutôt que par son apparence ou ses traits physiques, sur lesquels elle n’a que peu ou pas de contrôle.

L’influence de la mode et le style personnel

Aujourd’hui, les femmes musulmanes portant le voile ont trouvé les moyens de se différencier en choisissant différents styles et combinaisons. Ce vêtement traditionnel musulman de la femme est proposé par les marques fabricants en différentes couleurs et différents tissus, les coupes pour faciliter le port du Hijab. L’industrie de la mode et les grands créateurs misent sur l’équilibre du style fashion modest.

En regardant les femmes d’aujourd’hui qui portent le Hijab, on constate que la forme que prend le voile est influencée par la culture : porter long en utilisant des châles par exemple ou plus court en y associant des bonnets ou turbans. Certaines superposent différentes écharpes pour obtenir un certain look, rajout d’accessoires en forme de broches épingle strass et ruban paillettes. Pour bien maintenir son hijab et personnaliser son style, il y a une multitude d’accessoires comme les pinces, les broches et les épingles. Les attaches aimantées sont devenues très tendance car elles sont incassables et n’abiment pas les tissus.

Le débat public et les enjeux de la liberté religieuse

En Europe de l’Ouest, la France affiche la législation la plus stricte sur le port du voile, avec l’interdiction de signe religieux à l’école et du voile intégral dans l’espace public. Des propositions de loi visant à interdire aux musulmanes mineures le port du voile dans l’espace public ou dans les compétitions sportives ont régulièrement animé le débat politique. Certains médias décrivent systématiquement les femmes musulmanes comme un problème. Elles sont présentées comme étant soit « opprimées », et victimes d’un patriarcat religieux ; soit « dangereuses », et assimilées à l’« islam radical ».

Ces discours, qui nient l’individualité des femmes musulmanes, sont souvent perçus comme des formes de discrimination. Les chercheuses sur la question en France affirment qu’on a fait une généralisation de certains cas de femmes forcées à le porter, et qu’on a présenté comme des exceptions celles qui l’ont choisi, alors que c’est l’inverse : la plupart des femmes en France le portent de leur plein gré. Il est faux de supposer que le port du foulard résulte nécessairement d’une pression ou d’une coercition. Du point de vue du droit international, la responsabilité d’assurer à chaque femme la liberté d’expression, de pensée, de conscience et de religion, revient à l’État.

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