La Richesse des Archives Départementales pour l'Étude du Patrimoine Maritime : Exploration des Sources relatives aux Marins et aux Voiliers dans les Départements Côtiers

Les archives départementales constituent des dépôts de mémoire inestimables pour qui s'intéresse à l'histoire maritime, aux destins des marins et à la vie des navires, notamment les voiliers qui ont jalonné des siècles d'échanges et de découvertes. Qu'il s'agisse de reconstituer une généalogie familiale, de comprendre l'économie portuaire ou d'étudier l'évolution de la construction navale, ces fonds documentaires offrent une profondeur d'information inégalée. Les informations disponibles, bien que parfois très spécifiques à certaines régions comme la Normandie - en particulier les ports du Havre, de Rouen et de Dieppe - suivent des logiques archivistiques qui s'appliquent largement à l'ensemble des départements côtiers, y compris la Somme, qui possèdent un riche passé lié à la mer. La navigation dans ces collections requiert une compréhension des typologies de documents et de leur organisation, mais les efforts sont largement récompensés par la richesse des détails historiques révélés.

I. Les Registres Matricules des Gens de Mer : Traces Indélébiles des Carrières Maritimes et du Personnel Naval

La recherche généalogique ou historique portant sur les marins et le personnel naval est une entreprise complexe mais enrichissante, offrant une plongée profonde dans la vie de ceux qui ont navigué. Pour les chercheurs désireux de reconstituer les parcours individuels des hommes de mer, les archives départementales représentent une mine d'informations inestimable. Parmi les fonds les plus cruciaux figurent les registres matricules, véritables passeports professionnels pour les marins. La matricule ou le registre matriculaire constitue la source pour retrouver un marin dans les sous-fonds 6P5 pour Le Havre, et 7P4 pour Rouen et Paris. Ces références d'archives sont d'une importance capitale pour orienter les recherches au sein des vastes dépôts documentaires des Archives Départementales de la Seine-Maritime, par exemple, qui conservent une richesse insoupçonnée de documents liés à l'histoire maritime de cette région emblématique, incluant des ports majeurs comme Le Havre, Rouen, et Dieppe. Pour des départements voisins comme la Somme, des fonds similaires, bien que dotés de cotes différentes, existeront pour les marins originaires de ses ports et de ses côtes.

Ces registres ne se contentent pas d'enregistrer une simple identité ; ils offrent un panorama détaillé de l'engagement des marins tout au long de leur vie professionnelle. En effet, la matricule récapitule notamment toute la carrière d’un marin et ses affectations. Elle détaille avec précision les dates d'embarquement et de débarquement, les noms des navires à bord desquels le marin a servi (qu'il s'agisse de voiliers de commerce, de navires de pêche ou d'unités militaires), les grades successifs obtenus, les qualifications professionnelles spécifiques (pilote, charpentier, gabier, timonier, etc.), les salaires perçus, et parfois même des informations sur la conduite, des observations physiques, des périodes d'absence ou de maladie, ou des incidents spécifiques survenus en mer. La nature exhaustive de ces informations en fait un outil fondamental pour comprendre l'évolution d'une carrière maritime, qu'elle soit dans la marine marchande, la pêche côtière ou au long cours, ou la marine militaire (pour les périodes où les inscriptions étaient communes).

L'organisation de ces fonds permet une consultation méthodique et relativement aisée pour peu que l'on maîtrise les logiques archivistiques propres à chaque dépôt. Les registres matricules se présentent par tranches chronologiques et sont souvent munis de tables alphabétiques. Ces tables constituent des points d'accès directs, véritables clefs d'entrée, facilitant grandement l'identification d'un individu sans avoir à feuilleter l'intégralité des volumes. Elles sont généralement organisées par ordre alphabétique des noms de famille, et parfois par noms de lieux d'origine ou de naissance, permettant ainsi de retrouver rapidement la fiche matriculaire recherchée. L'absence de ces tables peut cependant rendre la tâche plus ardue, exigeant une recherche plus linéaire et chronologique. Quand ce n’est pas le cas, il existe des registres de tables, plus rares pour le XVIIIe siècle. Cette particularité met en lumière l'évolution des pratiques archivistiques et administratives au fil des siècles, les périodes les plus anciennes étant souvent moins systématiquement organisées pour une recherche rapide.

La localisation de l'inscription d'un marin était directement liée à son lieu de vie et à l'organisation administrative des quartiers maritimes. Un marin est inscrit dans le quartier où il est domicilié. Cette règle administrative est essentielle pour orienter les recherches : un marin originaire de Dieppe, par exemple, sera enregistré dans les registres du quartier maritime de Dieppe, même s'il a pu servir sur des navires armés à Rouen ou au Havre, ou s'il a navigué loin de ses côtes. Il est donc impératif, pour une recherche fructueuse, de connaître le lieu de résidence principal ou le port d'attache du marin concerné, avant de se diriger vers les archives départementales du département correspondant.

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La complexité des archives maritimes réside aussi dans la diversité des statuts et des catégories professionnelles au sein de la population naviguante. Il existe une matricule pour chaque catégorie de personnel. Que l'on recherche un capitaine au long cours, un simple matelot, un mécanicien (pour les navires à vapeur apparus plus tard), un cuisinier de bord, un timonier, un calfat ou un officier, des registres spécifiques étaient tenus pour distinguer ces différents rôles et responsabilités à bord des navires. Cette segmentation reflète non seulement la hiérarchie et l'organisation sociale et professionnelle du monde maritime de l'époque, mais aussi les compétences et les formations requises pour chaque poste. Au fil du temps, ces classifications ont également évolué, en réponse aux besoins de la marine et aux transformations technologiques. A partir de 1865, les officiers mariniers et matelots de service deviennent les inscrits définitifs, et les novices et mousses sont regroupés sous une unique matricule, comme inscrits provisoires. Cette réforme de la classification témoigne des changements dans la gestion des effectifs de la marine, de la professionnalisation accrue de certains corps, et de la volonté d'une meilleure traçabilité des parcours professionnels dès le plus jeune âge.

Pour faciliter le suivi des carrières parfois longues et mouvementées des marins, qui pouvaient changer de navire, de port d'attache ou de quartier maritime, les administrateurs ont mis en place un système de renvois efficace. Les renvois à la matricule précédente et à la matricule suivante permettent de passer aisément d’une série à l’autre. Ce mécanisme est précieux pour les généalogistes et les historiens, car il assure une continuité dans le suivi d'un individu à travers différentes époques et différentes réorganisations des fonds d'archives. Il permet de pallier le fractionnement des informations et de reconstituer une trajectoire professionnelle complète sans perdre le fil du parcours d'un marin, qu'il ait navigué sur des voiliers de pêche artisanale ou des trois-mâts barques transocéaniques.

Enfin, pour la période contemporaine, la recherche s'adapte aux évolutions des pratiques administratives et des supports documentaires. Pour la période contemporaine, la recherche est à faire dans différents versement de la série W : 4399W, 4400W et 5044W. Ces cotes, spécifiques aux versements modernes des Archives Départementales de la Seine-Maritime, signalent la continuation de la tenue de registres similaires, adaptés aux exigences administratives plus récentes. L'accès à ces fonds plus récents peut parfois être soumis à des délais de communicabilité en raison des règles de protection des données personnelles, mais ils demeurent une source essentielle pour l'étude des carrières maritimes du XXe siècle et du début du XXIe. La compréhension de ces systèmes d'archivage est donc la première étape indispensable pour toute exploration sérieuse du passé maritime, permettant de remonter le cours des générations de marins et de comprendre leur place dans l'histoire des côtes françaises.

II. La Matricule des Bâtiments de Commerce : Identité et Vie des Navires, en Particulier les Voiliers

Au-delà des hommes qui les animaient, les navires eux-mêmes, et en particulier les voiliers, sont des acteurs centraux de l'histoire maritime, et leurs archives constituent une source d'information primaire pour comprendre les échanges économiques, les technologies navales et la vie portuaire. Les Archives Départementales conservent des fonds spécifiques dédiés à l'enregistrement et au suivi de ces embarcations. La matricule des bâtiments de commerce (Le Havre, 6 P 5 et 6P8 ; Rouen, 7 P 5 et versements de la série W : 4399 W, 4400 W, 5044 W) indique selon l’ordre chronologique de leur inscription le nom des navires, des armateurs complétés de renseignements techniques sur le bateau et sur sa « carrière ». Ces cotes spécifiques sont des repères essentiels pour les chercheurs explorant l'histoire du port du Havre, de Rouen, et par extension de l'activité maritime de la Basse Seine et de la côte normande, y compris l'arrière-pays de Dieppe.

Ces registres ne se contentent pas de lister les navires ; ils offrent un panorama technique et commercial de chaque embarcation. Pour chaque voilier, ou tout autre bâtiment de commerce, la matricule fournit des détails cruciaux : le type de navire (brick, goélette, cotre, trois-mâts, etc.), son tonnage, ses dimensions (longueur, largeur, tirant d'eau), le nombre de mâts, sa voilure, les matériaux de construction (bois, fer, composite), et parfois même des informations sur l'année et le lieu de construction. Ces renseignements techniques sont fondamentaux pour les historiens de la construction navale, les archéologues maritimes, ou les amateurs de maquettes souhaitant reconstituer fidèlement un modèle historique. Au-delà des caractéristiques physiques, le terme de « carrière » du bateau inclut son historique commercial : les ports d'attache successifs, les modifications subies, les propriétaires successifs, les changements de nom, les accidents, les réparations majeures, et la date de sa mise hors service ou de son naufrage.

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Pour faciliter la recherche au sein de ces registres volumineux, des outils d'indexation sont souvent mis à disposition des usagers. Des tables alphabétiques permettent de retrouver le numéro d’immatriculation du bateau. Ces tables sont généralement organisées par ordre alphabétique des noms de navires, offrant ainsi un accès direct à la fiche d'identité et de carrière du bâtiment recherché. Sans ces tables, la recherche serait beaucoup plus laborieuse, nécessitant une consultation chronologique exhaustive. La compréhension de ce système d'immatriculation et de ces outils de recherche est primordiale pour toute investigation sur un navire donné.

Le principe d'inscription des navires suit une logique similaire à celle des marins. Un bateau est inscrit au lieu de domicile de son propriétaire. Cela signifie qu'un voilier appartenant à un armateur de Dieppe sera enregistré dans le registre matricule du quartier de Dieppe, même si ce bâtiment navigue régulièrement entre Le Havre, Rouen ou des ports étrangers. Cette règle est essentielle pour orienter les recherches et déterminer dans quel fonds d'archives départementales il convient de chercher les informations sur un navire particulier.

Les archives offrent également des sources complémentaires pour suivre les mouvements des navires et des voiliers dans les ports. Pour le Havre, le 6P7 apporte avec les registres d’entrées et sorties une source complémentaire et la possibilité de retrouver la trace du passage d’un navire étranger au Havre. Ces registres sont des journaux de bord administratifs, notant l'arrivée et le départ de chaque navire, sa provenance, sa destination, sa cargaison, et parfois le nom de son capitaine. Ils sont précieux pour établir des statistiques sur le trafic portuaire, comprendre les routes commerciales et identifier les échanges économiques d'une époque. Pour les historiens des ports de la Somme, des registres équivalents existeraient, permettant de suivre l'activité des voiliers de pêche et de commerce dans des ports tels que Saint-Valery-sur-Somme ou Le Crotoy.

D'autres documents permettent de saisir les aspects économiques et logistiques liés aux bâtiments. Les répertoires d’armement et de désarmement permettent dans un premier temps de retrouver les numéros d’enregistrement qui renvoient au rôle de désarmement, ils sont assez lacunaires. Bien que ces répertoires puissent présenter des lacunes, ils n'en demeurent pas moins des sources importantes pour comprendre les périodes d'activité des navires, les équipages engagés pour un voyage donné, les cargaisons transportées, et les conditions d'emploi. Le rôle de désarmement, en particulier, documente la fin d'une campagne de navigation, le paiement des équipages et la vérification de l'état du navire. Ils concernent tous les bâtiments de commerce français et étrangers qui ont fait escale au Havre et à Rouen, fournissant ainsi une vue d'ensemble du dynamisme et de l'internationalité de ces ports.

L'ensemble de ces documents est indispensable pour quiconque souhaite reconstituer la vie d'un voilier, comprendre son rôle dans l'économie maritime, ou simplement appréhender la complexité et la richesse du patrimoine naval.

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III. Les Mouvements Portuaires et le Trafic Naval : Suivre les Navires et les Passagers

L'activité d'un port, qu'il s'agisse des grands centres comme Le Havre et Rouen, ou de ports de taille plus modeste comme Dieppe, ou même les estuaires de la Somme, se manifeste par un incessant ballet de navires, dont de nombreux voiliers, qui entrent et sortent, chargent et déchargent. La documentation de ces mouvements est essentielle pour l'étude des flux commerciaux, des routes maritimes et des interactions humaines. Les archives départementales, en collaboration avec la presse locale, offrent plusieurs points d'entrée pour appréhender cette dynamique.

Toutefois, la recherche des listes de passagers s'avère être un défi. Les listes de passagers jointes aux rôles de bord des bâtiments de commerce sont loin d’être systématiques et sont exceptionnelles à partir de la transatlantique. Cette rareté s'explique par des pratiques administratives fluctuantes selon les époques et les destinations. Avant l'ère des paquebots et des réglementations plus strictes, notamment au XIXe siècle, les passagers des voiliers de commerce étaient souvent considérés comme des ajouts secondaires à la cargaison et n'étaient pas toujours recensés de manière exhaustive. Pour les traversées transatlantiques en particulier, qui impliquaient un grand nombre de passagers, des registres spécifiques ont pu exister, mais leur conservation n'est pas toujours assurée dans les archives locales françaises, de nombreuses listes ayant pu être conservées dans les ports de destination (par exemple, aux États-Unis). Il est donc primordial pour le chercheur de modérer ses attentes en la matière, tout en sachant que toute découverte est d'autant plus précieuse.

Face à cette rareté, une recherche fructueuse dans ce domaine exige une préparation rigoureuse et la collecte d'informations préalables. Il est important de connaître le nom du bateau et/ou l’année du voyage. Ces deux informations constituent les clefs de voûte de toute recherche, car sans elles, la masse des rôles de bord et des registres de mouvements portuaires est trop vaste pour être explorée efficacement. La connaissance du nom du voilier permet de cibler directement les rôles d'équipage ou les registres d'entrée et de sortie où le navire est mentionné, tandis que l'année du voyage réduit la période de recherche et aide à localiser les documents pertinents dans les séries chronologiques.

Au-delà des documents administratifs internes, la presse locale de l'époque représente une source complémentaire vivante et souvent riche en détails sur le trafic portuaire. Le trafic des navires dans les ports du Havre et de Rouen est également répertorié dans le Journal de Rouen, le Paris-Normandie (édition Rouen et Le Havre), le Petit-Havre. Ces journaux, accessibles dans les archives départementales ou les bibliothèques municipales, publiaient régulièrement des rubriques dédiées aux mouvements portuaires : arrivées et départs de navires (souvent des voiliers), noms des capitaines, provenances et destinations, et parfois même des mentions de cargaisons notables ou d'événements marquants survenus à bord. Pour des villes comme Dieppe, des journaux locaux similaires auraient fourni des informations sur son port et les navires y faisant escale. Pour les ports de la Somme, des titres comme "Le Journal d'Abbeville" ou des publications plus locales auraient pu relayer ces informations, offrant ainsi des indices pour les chercheurs. Ces articles de presse, bien que n'étant pas des documents officiels, permettent de contextualiser l'activité maritime, d'identifier des périodes de forte activité ou de creux, et de retrouver des mentions de navires pour lesquels les archives administratives seraient lacunaires ou plus difficiles d'accès. Ils sont particulièrement utiles pour la période contemporaine où les archives des compagnies maritimes elles-mêmes peuvent être fragmentaires.

L'étude combinée de ces sources - rôles de bord, registres d'entrée et de sortie, et presse locale - permet de reconstituer une image fidèle du dynamisme des ports et du rôle central joué par les voiliers et autres navires dans le tissu économique et social des départements côtiers, offrant ainsi une compréhension plus complète de leur histoire.

IV. Le Contrôle des Actes Notariés : Une Fenêtre sur les Transactions Maritimes et la Vie Quotidienne

L'histoire maritime ne se limite pas aux seuls mouvements des navires et aux carrières des marins ; elle est profondément ancrée dans le tissu économique et juridique des territoires. Les actes notariés, conservés dans les archives départementales, constituent une source d'information souvent sous-estimée mais d'une richesse exceptionnelle pour appréhender les aspects financiers, commerciaux et personnels liés à la mer, y compris l'achat, la vente ou le financement de voiliers. Ces documents juridiques peuvent révéler des détails sur les armateurs, les propriétaires de navires, les parts de propriété dans un bâtiment, les emprunts maritimes, les assurances, les testaments de marins, ou les contrats d'apprentissage pour les futurs gens de mer.

Une des clefs d'entrée majeures dans cet univers documentaire est le système de "contrôle des actes". Le contrôle des actes, inventé en 1693, récapitule chronologiquement l’ensemble des actes notariés passés dans le ressort d’un bureau. Ce système, mis en place sous Louis XIV, avait pour objectif principal de percevoir des droits fiscaux sur les transactions enregistrées par les notaires, mais il est devenu, pour l'historien, un formidable instrument de recherche. Chaque volume du contrôle des actes liste de manière succincte mais ordonnée tous les actes passés devant les notaires d'une circonscription donnée, avec la date, le nom des parties, la nature de l'acte (vente, donation, mariage, testament, partage, prêt, constitution de société, etc.) et parfois une brève description de l'objet. C’est une fabuleuse porte d’entrée pour accéder ensuite facilement aux minutes notariées elles-mêmes. En repérant dans ces registres de contrôle un acte d'intérêt (par exemple, une vente de parts de voilier, un contrat d'affrètement, ou un inventaire après décès d'un armateur), le chercheur peut ensuite demander la consultation de la minute notariale correspondante, qui contiendra le texte intégral et détaillé de l'acte.

Les informations contenues dans les minutes notariées peuvent être d'une précision remarquable. Elles peuvent décrire avec minutie les caractéristiques d'un voilier en vente, son armement, sa valeur, les conditions de paiement, les noms des co-propriétaires, les éventuelles hypothèque maritimes, les clauses d'assurance. Elles peuvent aussi révéler les alliances économiques entre familles d'armateurs et de commerçants, les réseaux de financement des expéditions maritimes, l'achat de biens par des marins revenus de campagnes lointaines, ou la liquidation de successions de marins disparus en mer. Pour l'étude des ports comme Dieppe, Le Havre, Rouen, ou ceux de la Somme, ces actes sont cruciaux pour comprendre le financement de la construction et de l'exploitation des voiliers, ainsi que la richesse générée par le commerce maritime.

L'accès à ces fonds s'est considérablement amélioré avec la numérisation. Toujours dans l’univers des actes notariés, les premiers registres du contrôle des actes apparaissent dorénavant en ligne, depuis l’année de leur invention pour les plus anciens, 1693, jusqu’à 1816, époque à laquelle ils sont progressivement remplacés par l’enregistrement. Cette mise en ligne représente un gain de temps et d'efficacité considérable pour les chercheurs, qui peuvent désormais explorer ces tables chronologiques depuis leur domicile, avant de se déplacer aux archives pour consulter les minutes notariées. Cette période couverte (1693-1816) est particulièrement pertinente pour l'étude des voiliers et du commerce maritime sous l'Ancien Régime, la Révolution et le Premier Empire, des périodes de grandes transformations pour le monde naval.

La numérisation de ces fonds est un processus continu, visant à rendre accessible une part toujours plus grande du patrimoine écrit. Les autres bureaux du contrôle des actes seront numérisés lors de prochaines campagnes. Cela signifie que l'accessibilité aux archives notariales continuera de s'étendre, offrant de nouvelles perspectives de recherche sur des périodes plus récentes, et permettant une exploration plus exhaustive des liens entre la terre et la mer, des transactions commerciales, des fortunes maritimes et de la vie quotidienne des habitants des régions côtières.

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