Jacques-Yves Cousteau, figure emblématique de l'exploration océanographique et défenseur de l'environnement, a marqué de son empreinte la conscience collective mondiale. Surnommé « Capitaine Planète », il a su, par ses inventions et ses films, révéler les merveilles cachées des océans et sensibiliser le public à leur fragilité. Son influence est telle qu'en 1992, lors du sommet de Rio, il a captivé l'attention des dirigeants du monde entier, venus le solliciter pour la photo officielle. Cousteau plaidait alors pour la reconnaissance du droit des générations futures à un environnement sain, une responsabilité que l'ONU a fini par assumer. Retour sur le parcours d'un homme qui a révolutionné l'exploration sous-marine et inscrit l'environnement à l'agenda international.
L'invention de l'Aqualung : une porte ouverte sur les profondeurs
En 1943, Jacques-Yves Cousteau, alors officier de marine passionné par l'exploration des océans, s'associe à l'ingénieur Émile Gagnan pour mettre au point un équipement de respiration sous-marine révolutionnaire. L'objectif : permettre aux plongeurs de s'immerger plus longtemps et plus librement, sans être entravés par un tuyau relié à un bateau.
Le fruit de leur collaboration est le détendeur de plongée, ou « Aqua Lung », un appareil ingénieux qui administre de l'air à la demande et à la pression désirée. Ce système libère les plongeurs de leur dépendance à la surface et leur ouvre les portes d'un monde sous-marin foisonnant de vie inconnue. L'Aqua Lung permet alors d'envisager de nouvelles perspectives dans les domaines de la recherche scientifique, de la découverte d'espèces, du déminage et de l'archéologie sous-marine.
C'est en 1943 que commence l'aventure avec le dépôt de brevet du poumon aquatique par les célèbres Jacques Yves Cousteau et Emile Gagnant.
La Spirotechnique : naissance d'un leader mondial
En 1946, Cousteau fonde avec Émile Gagnan la société « La Spirotechnique », dédiée à la conception et au développement de ses inventions. Grâce à l'appui d'Air Liquide, dont son beau-père est membre du conseil d'administration, Cousteau peut concrétiser ses idées. Air Liquide associe Cousteau à l'ingénieur Emile Gagnan, qui travaille sur des détendeurs de moteurs de camion tournant au gaz d'éclairage. Les deux hommes vont breveter le "détendeur à la demande" --le prototype sort en 1943 puis le premier matériel de série en 1945.
Lire aussi: Choisir sa combinaison de plongée Aqualung (Homme)
Les premiers modèles d'Aqua Lung, appelés détendeurs Cousteau-Gagnan, sont composés d'un embout relié par deux tuyaux annelés à un gros boîtier. Ils sont rapidement commercialisés à l'étranger sous le nom d'« Aqua Lung » (Le Poumon d'eau). Pendant 30 ans, il est fabriqué en région parisienne et les essais techniques ont lieu dans une petite cuve posée sur le toit d'un immeuble de Levallois-Perret, jusqu'à ce que la société déménage au bord de la mer aux portes de Nice en 1977.
Au fil des ans, La Spirotechnique acquiert d’autres marques comme US Divers, Technisub, Seaquest, Deepsee, Apeks Marine…
Aujourd'hui, Aqua Lung est une marque généraliste avec de nombreuses filiales proposant une gamme très large de produits, que ce soit pour la plongée bouteille (détendeurs de plongée, gilets de stabilisation, ordinateurs de plongée, combinaisons humides et étanches de plongée, accessoires de plongée, palmes, masques, tubas), pour la randonnée palmée avec Aqualung Sport, le triathlon et la natation avec Aquasphère, la chasse et l’apnée avec Omersub, la plongée tek avec Apeks.
L'entreprise compte désormais 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et un millier de salariés dans le monde. Car la société a opéré une stratégie de rachat de plein de petites sociétés : une quinzaine de filiales aux USA, en Italie, en Grande-Bretagne. Depuis 1977, Aqua Lung est basé à Carros, dans les Alpes-Maritimes.
L'exploration sous-marine : un nouveau regard sur le monde
Parallèlement à l'amélioration de l'équipement de plongée, Cousteau se passionne pour la photographie sous-marine. Il conçoit et modifie des appareils, comme la « luge sous-marine », qui lui permettent de filmer les fonds marins. En collaboration avec Harold Edgerton, professeur au MIT, il met au point des projecteurs adaptés aux conditions extrêmes des profondeurs, révélant ainsi les secrets des abysses. Il est aussi à l’origine du premier véritable appareil photo sous-marin, le Calypso, du nom de son célèbre navire. Cet appareil de 1961 pouvait être utilisé jusqu’à 180 mètres de profondeur et fonctionnait également en surface.
Lire aussi: Versa d'Aqualung Sport : Ce qu'il faut savoir
Grâce à ses photographies étourdissantes et à des films influents comme Le Monde du silence (1956), Le Monde sans soleil (1964) et Voyage au bout du monde (1977), Cousteau a transformé en art ce qui n’était à l’origine qu’un médium. L’avènement de la photographie sous-marine n’a pas profité qu’aux explorateurs et aux scientifiques, il a permis au public de comprendre les merveilles de l’océan et de se sentir concerné par leur sauvegarde.
Ses explorations l'amènent à étudier les récifs coralliens, les plantes et animaux sous-marins, et à documenter l'usage du sonar chez les dauphins. Il découvre de nouvelles espèces et identifie des bassins volcaniques inconnus.
Cousteau, pionnier de la sensibilisation à l'environnement
Sa vie au contact des créatures marines l’a fait passer des « films d’aventure » à la défense de toute forme de vie marine. En passant de plus en plus de temps dans l’eau, Cousteau s’est inquiété de l’intention des gouvernements d’immerger des déchets nucléaires dans les océans et les mers du monde. En 1959, après avoir appris que le gouvernement français voulait déposer ses déchets nucléaires dans la Méditerranée, Cousteau a pris part à une campagne publique d’information massive et est devenu un fervent opposant à la fois à l’énergie nucléaire et à l’utilisation des océans comme zones d’enfouissement des déchets.
Sa campagne a été un succès et il a poursuivi sa lutte acharnée contre la pollution des océans grâce à sa fondation, à ses livres et à ses interventions publiques. « Nous voulons pour tous le droit de décider des risques que l’on prend ou non et de préserver la qualité de la vie pour les générations à venir », écrivait-il dans un pamphlet en 1990.
Son exploration inlassable des profondeurs l’a mené à ressentir une grande responsabilité non seulement pour les humains et les animaux de son temps, mais aussi pour la vie future. En 1991, il a commencé à réunir des signatures pour une pétition pour les droits des générations futures dans le but de faire pression sur les Nations unies pour que celles-ci modifient leurs statuts pour y inclure le droit de celles ceux qui ne sont pas encore né.e.s à jouir de la nature.
Lire aussi: Montres de plongée Aqualung : un aperçu
Cousteau a fini par réunir neuf millions de signatures dans le monde entier et, en 1997, l’UNESCO a fait une déclaration sur les responsabilités des générations présentes à l’égard de celles à venir. On y lit notamment qu’elles ont la responsabilité de « léguer aux générations futures une Terre qui ne soit pas irréversiblement endommagée par l’activité humaine ».
Cousteau a rappelé ces obligations lors de la conférence des Nations unies à laquelle il participait en 1992. « Les générations futures ne nous pardonneront pas d’avoir délibérément gâché leur dernière opportunité, a-t-il dit. Mettons fin à ce génocide à retardement !
Aqua Lung aujourd'hui : innovation et leadership
Aujourd'hui, Aqua Lung continue d'innover et de proposer des équipements de plongée performants et adaptés aux besoins des plongeurs du monde entier. L'entreprise a une division militaire qui travaille avec la Marine française et celles de l’Otan. L’activité militaire est un pilier de notre stratégie qui représente à peu près 25% du chiffre d’affaires et mon objectif est de le porter à 40% dans les trois prochaines années. Aqualung est quasiment fournisseur exclusif de la Marine nationale depuis de nombreuses années. Le siège historique est à Carros depuis les années 70: une centaine de personnes y assemble les détendeurs de la marque Aqualung et des activités militaires. Un détendeur, c’est à peu près 80 pièces; un recycleur militaire comporte près de 300 pièces.
Le groupe a présenté il y a quelques jours au CES de Las Vegas - la grand-messe de la tech grand public - son tout nouveau détendeur, Aquasense. Aqualung est le seul depuis de nombreuses années à apporter une technologie sur l’univers de la plongée d’où un intérêt supplémentaire des visiteurs. Avec Aquasense, nous nous adressons aux jeunes plongeurs, une population plus jeune, orientée technologie. Il permet de déclencher l’appel aux secours en cas de problème.
La marque propose une large gamme de produits pour répondre aux besoins de tous les plongeurs, du débutant à l'expert :
- Détendeurs: Calypso, Titan, Mikron, Core, Legend 3 (avec différentes options : Leg3nde compensé, Leg3nde MBS, Leg3nde Elite).
- Gilets de stabilisation: Omni (personnalisable), Soul et Soul I3 (pour femmes), Lotus (pour femmes), Zuma (voyage), Pro HD.
- Ordinateurs de plongée: i100, I300c, I200c, I770R (haut de gamme avec écran couleur TFT).
- Combinaisons de plongée: Dynaflex (modulaire), Sola fx (hybride), combinaisons étanches (Fusion, Halaskan, Blizzard).
- Masques de plongée: large gamme de masques de plongée, plus ou moins grand volume, pour toute les formes de visage et toutes les utilisations. Certains comme les masques de plongée Look et Reveal permettent de mettre des verres correcteurs ou teintés. Les mono verres utilisent la technologie Frameless très confortable.
- Palmes: technologie Mid Foot, technologie Wave rib.