Claude Riffaud est une figure emblématique des nageurs de combat français, dont le parcours est intimement lié à la création et au développement de cette spécialité au sein de la Marine nationale.
Jeunesse et Débuts dans la Marine
Né en 1913, Claude Riffaud s'engage dans la Marine française, où il démontre rapidement des aptitudes et un dévouement exceptionnels. Il sert d'abord sur le pétrolier Rance, puis sur l'aviso Lapérouse, affecté aux missions hydrographiques en Indochine.
Seconde Guerre Mondiale
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Riffaud est affecté au Cassard jusqu'en mai 1942. Après le sabordage de novembre 1942, il est mis en congé d'armistice. Son engagement et ses compétences sont reconnus lorsqu'il est promu lieutenant de vaisseau le 18 avril 1943.
Après-Guerre et Naissance des Nageurs de Combat
Après la guerre, Riffaud est affecté aux transmissions de la flottille du lac de Constance (Allemagne) en avril 1946. C'est cependant son rôle dans la création de la section des nageurs de combat qui le distingue particulièrement.
En 1953, Claude Riffaud, avec le capitaine Robert "Bob" Maloubier, fonde la section des nageurs de combat à Toulon. Ils conçoivent l'équipement adapté à la mission du nageur avec le support du GRS (Groupement de Recherches Sous-marines). Ils se rendent vite compte que parmi cet équipement, il faut une montre étanche, robuste et fiable, qui lui permette de mesurer non seulement ses temps de plongées, mais aussi l’aide lors de la navigation avant de plonger. Et après plusieurs tests, ils ne trouvent sur le marché aucune montre remplissant leur cahier des charges. Ils vont alors démarcher plusieurs marques, mais leur demande rencontre peu d’enthousiasme, la mode étant alors plutôt aux montres d’aviation. Finalement ils vont frapper à la porte de Blancpain, marque datant de près de 200 ans, dont le PDG depuis 1950, Jean-Jacques Fiechter est aussi un passionné de plongée. Celui-ci accepte immédiatement le challenge de développer la montre souhaitée par les deux militaires : « une montre avec un cadran noir, de gros chiffres, et des index et marquages clairs : triangles, cercles, carrés. Une lunette qui puisse tourner, et que les marquages brillent comme une étoile pour un berger ». Fiechter, plongeur averti, affine le cahier des charges : la lunette ne devra pouvoir tourner que dans un sens, pour sécuriser le temps de plongée. Le fond sera vissé et pour contourner un brevet sur les couronnes vissées (Rolex), il conçoit un double joint circulaire. Un remontage manuel pouvant pénaliser l’étanchéité à cause de l’action de la couronne, il est décidé que le calibre sera automatique. Enfin, la montre devant être utilisée dans un environnement de combat, il est prévu de la rendre amagnétique. La combinaison de ces 2 cahiers des charges s’applique encore de nos jours à toutes les montres de plongée.
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Guerre d'Indochine
Il assume ensuite le commandement de la 3e escadrille amphibie. Il est impliqué dans des opérations délicates, notamment lors du siège de Nam Dinh par les Vietnamiens à partir du 19 décembre 1946. Riffaud participe à l'opération "Dédale", lancée le 5 janvier 1947, visant à remonter le fleuve Rouge pour dégager la ville assiégée. Au cours de ces opérations, les bâtiments sont fréquemment pris à partie par des armes automatiques, soulignant les dangers auxquels Riffaud et ses hommes étaient confrontés.
Héritage
L'héritage de Claude Riffaud se perpétue à travers les unités de nageurs de combat de la Marine nationale. Ces commandos, héritiers des unités de la France libre créées pendant la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne, sont spécialisés dans diverses missions, telles que l'assaut à la mer, la neutralisation d'engins explosifs sous-marins et les opérations spéciales. L'École de plongée de la Marine Nationale, fondée en 1958, est réputée mondialement. La formation est ouverte aux militaires étrangers. La formation est désormais d’une durée de six semaines. Rappelons que quelle que soit leur filière d’accès (matelot, officier marinier, officier), les marins suivent une formation initiale dans l’une des écoles de la Marine Nationale. Les jeunes peuvent obtenir une certification de « Plongeur de bord », puis une spécialisation. Rappelons que la plongée n’est qu’un vecteur pour remplir une mission comme par exemple : Maintenance des bâtiments : Lutter contre les menaces subaquatiques qui affectent les bâtiments, en intervenant notamment sous la coque. Acteur clé de la lutte contre les voies d’eau, un sinistre majeur en milieu marin. Soutien des activités maritimes : opération amphibie, recherches, récupération de matériel. Sauvetage en mer : A bord d’hélicoptères, transport sur le théâtre de l’opération de sauvetage. Assistance directe aux naufragés. Sécurisation : Surveillance de l’environnement sous-marin des bâtiments, recherche d’éventuelles menaces sous-marines. Seuls les «Plongeurs démineurs » peuvent intervenir sur des munitions conventionnelles (mines, obus, etc.) ou des engins explosifs improvisés pour les neutraliser. Opérations spéciales : Les commandos marins opèrent sur tous les théâtres d’opérations et dans des situations à haut risque. Citons simplement le Commando Hubert, la seule unité de nageurs de combat de la Marine Nationale.
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