Dans le monde du surf, une dichotomie fondamentale divise les pratiquants : ceux qui ne jurent que par les planches en résine, nobles et techniques, et ceux qui apprécient le contact du néoprène ou de leur torse sur la surface en mousse. Pour acheter ta planche de surf, tu devras forcément choisir entre l’un de ces deux modèles. Sans parler des divers shapes et tails, c’est la base de toute réflexion pour un surfeur débutant. Dans cet article, une softboard est définie comme une planche de surf en mousse (finition du pont/deck en mousse), tandis qu’une planche rigide désigne celle fabriquée avec de la résine (finition avec un glaçage en résine epoxy ou polyester).
Softboard ou planche en résine : le grand dilemme
Il est incontournable dans la vie d'un surfeur, qu’il soit débutant ou confirmé, de passer par la case planche en mousse. Ce choix est souvent justifié par l’envie d’avoir une planche fun et facile. Pour les débutants, le volume de la planche de surf est généralement plus important que la taille : c’est la quantité d'espace que la planche occupe en litres. Les planches à grand volume flottent mieux et facilitent la rame. D'un autre côté, les planches en résine (époxy) sont le choix de la performance. Tous les pros utilisent dans les compétitions de la WSL des planches epoxy, souvent renforcées en fibre de carbone.
Les avantages de la planche en mousse
Les planches de surf en mousse sont robustes ; qui a déjà vu une planche de surf en mousse cassée en deux ? Elles se transportent facilement, sans housse, et absorbent les chocs lors des trajets en voiture. Pour le stockage, il est conseillé de faire reposer le tail sur une serviette afin qu’il ne soit pas en contact direct avec une surface dure, évitant ainsi de marquer le tail. Chez de nombreuses marques, il existe des planches en mousse spécialement conçues pour les débutants, allant de 7’ à 9’. Pour les confirmés, des modèles comme la Darkhorse ou la Toledo Widfire sont des références.
L’exigence de la planche rigide en époxy
Les planches rigides offrent une durabilité incroyable à condition de respecter quelques conseils : rincer la planche, la stocker correctement et surtout ne pas l’exposer au soleil ou la laisser trop longtemps dans une voiture surchauffée. Elles permettent une personnalisation poussée, notamment via le sur-mesure (custom) ou les séries limitées comme celles shapées par Gerry Lopez. Leur rapidité et la radicalité des manœuvres possibles en font les alliées des surfeurs cherchant à progresser techniquement.
Anatomie et mécanique de la planche
La performance dépend de l'adéquation entre le shape (la forme) et les besoins du surfeur. Les longboards, avec leur longueur, offrent une garantie absolue de plaisir. Une mini malibu foamy, comme la Foamy FUN X, est recommandée aux débutants pour sa stabilité. Pour les virages, les rails entrent en jeu : les rails ronds pardonnent davantage d’erreurs et sont parfaits pour débuter, tandis que les rails moyens offrent un bon compromis pour travailler ses manœuvres.
Lire aussi: Apprendre à nager : le guide étape par étape
Le système de dérives est tout aussi crucial :
- FCS 1 : Système classique avec deux bouchons et vis de serrage.
- FCS II : Système moderne sans vis, par emboîtement.
- FUTURE Fins : Design à une seule languette fixé par une vis coudée.
- US Fin Box : Utilisé surtout en longboard, il est ajustable et fiable.
La préparation : l'art du waxage
Appliquer de la wax sur sa planche est essentiel pour éviter de glisser. La wax, traduction anglaise de « cire », permet de créer une adhérence indispensable sur la face supérieure de la planche.
Techniques d’application
Il existe plusieurs méthodes pour optimiser le grip :
- La technique circulaire : Appliquer la cire par mouvements circulaires de haut en bas.
- La technique de la grille : Tracer des lignes droites puis croisées pour former un quadrillage.
- La technique du quadrillage en losange : Superposition de lignes diagonales.
Attention, le choix de la température est vital : une wax pour eau froide utilisée dans l'eau chaude fondra instantanément, tandis qu'une wax pour eau chaude sera trop dure pour l'eau froide. N'oubliez pas la « base coat » : une couche de cire dure appliquée sur une planche propre pour permettre aux couches suivantes de mieux accrocher.
Entretien et écologie
L’excès de wax est contre-productif : une couche trop épaisse attire le sable et la saleté, alourdissant la planche. Pour enlever la wax, exposez la planche au soleil pendant dix minutes ou utilisez un sèche-cheveux pour la ramollir, puis grattez avec un peigne à wax ou une carte en plastique. Privilégiez des marques locales et écologiques comme SimWax ou GreenFix, qui utilisent de la cire d’abeille ou de l’huile végétale plutôt que de la paraffine dérivée du pétrole.
Lire aussi: Surf à 40 ans : comment s'y prendre ?
Maîtriser l’océan : conseils pour débuter en sécurité
Trouver le bon spot est la première étape du succès. Recherchez des plages avec des petites vagues, idéalement abritées, où les courants sont modérés. Utilisez des applications comme Surf Report ou Magicseaweed pour vérifier les conditions.
Comprendre les cycles marins
Les marées influencent directement la qualité des vagues. À marée basse, les vagues se cassent plus loin du rivage ; à marée haute, la distance de rame est réduite. Apprenez à observer l'océan depuis la plage avant de vous mettre à l'eau pour repérer les courants de baïne et les zones de déferlement.
L’étiquette du Line-up
Le respect des règles de priorité évite les conflits inutiles. La règle d'or est simple : le surfeur le plus proche du pic (là où la vague déferle) a la priorité. Apprenez à vous comporter avec amabilité et à sortir de l’eau par les « canaux » (zones où les vagues ne déferlent pas) pour ne pas gêner ceux qui attendent leur tour.
Techniques de progression
- Le Take-off (Pop-up) : Travaillez ce mouvement sur la terre ferme jusqu’à ce qu’il devienne un réflexe. Le gain de stabilité est la priorité.
- Ramer avec efficacité : Le surf, c'est 90% de rame. Entraînez-vous à asseoir votre équilibre sur la planche. Si vous avez une planche à fort volume, apprenez la « tortue » (retourner la planche pour passer sous la vague) plutôt que le « canard » (duck dive), qui est réservé aux planches de faible volume.
- La sécurité avant tout : Ne surfez jamais seul et portez toujours votre leash. Il est votre lien vital avec votre planche en cas de chute.
Lire aussi: Techniques de brasse pour débutants