Événements et animations au cœur d'Escale à Calais : immersion dans le patrimoine maritime

L’effervescence du bassin Carnot : un port transformé en théâtre maritime

Au cœur du port de commerce, le bassin Carnot accueille une flotte variée : grands voiliers, répliques historiques, anciens bateaux de travail, voiliers classiques, yoles, flobarts, canots voiles-avirons… Cette fête maritime importante sur la Côte d’Opale se déroule tous les deux ans, s'affirmant comme le rendez-vous incontournable du patrimoine maritime régional. Du 29 au 31 août, Calais accueille une édition exceptionnelle d’ « Escale à Calais », où une escadrille de rêve s’offre aux visiteurs. Les navires présents sont accessibles chaque jour, transformant le paysage industriel du port en un spectacle vivant et coloré. C’est toujours une belle promesse d’attendre l’arrivée de bateaux aussi majestueux, surtout quand on sait que plusieurs navires annoncent leur arrivée dès le mardi après-midi précédant l'ouverture officielle. Si vous voulez admirer de très beaux voiliers, rendez-vous dès cet après-midi à Calais pour l'arrivée de quatre navires entre 13h45 et 16h. Voyager même brièvement à bord d’un voilier de légende, sentir les éléments, fouler le pont d’un trois-mâts et rencontrer des marins passionnés fait partie de l'expérience unique proposée sur le site. Les visiteurs, petits et grands, accueillis sur le site du bassin Carnot, ont pu visiter des navires, ramer dans le bassin, se balader en calèche sur le quai, rencontrer les associations, écouter des contes et des chants de marins ou découvrir les bateaux traditionnels de notre littoral. Cet événement populaire et convivial met à l’honneur des bateaux du patrimoine et les savoir-faire marins dans une atmosphère où l’histoire maritime est mise à l'honneur, notamment à travers trois expositions thématiques.

Le Belem : l'icône tricolore et son sillage historique

Le majestueux « Belem » sera au rendez-vous d’Escales à Calais. Personne n’a oublié les magnifiques images du trois mâts « Le Belem » au printemps 2024. À son bord, la flamme olympique traversait la Méditerranée entre la Grèce et la France. Lancé en 1896, le grand voilier est d'abord utilisé pour le commerce entre les Antilles, l'Amérique du Sud et l'Europe. Ce navire, témoin d'une époque où la voile dominait les échanges mondiaux, a survécu à de nombreuses transformations. Il est ensuite transformé en luxueux yacht et navigue jusqu'en 1939. Désarmé, il est transformé en voilier-école, jusqu'à sa mise en vente en 1978. C’est à ce moment charnière que la fondation Belem est créée pour gérer ce voilier, qui accueille désormais 48 stagiaires encadrés par 16 officiers et hommes d'équipage. Le Belem, le plus ancien des trois mâts français, ici en escale à Boulogne, sera à Calais ce week-end. C’est un ravissement même pour les novices de voir le Belem arriver dans un port. Calais aura la chance de compter parmi les nombreuses escales du navire qui embarque des quantités de voyageurs, chaque année, pour vivre le temps de trois, six jours, voire plus, l’expérience du Belem. On ne connaît pas encore l’heure exacte à laquelle il va mouiller dans le port, mais ce qui est sûr c’est qu’il sera là dès le mercredi, en provenance d’Amsterdam, comme l'indique la brochure d’information sur les croisières à bord. Sa structure élégante et ses voiles blanches symbolisent la persévérance du patrimoine naval français à travers les siècles.

Le Français : du ravitaillement du Groenland aux plateaux de tournage

Le « Français » fait 46 m de long et 8,5 m de large. Ce navire possède une histoire singulière liée aux environnements les plus hostiles de la planète. Construit en 1948 au Danemark pour la compagnie royale du Groenland et baptisé Kaskelot, il assure initialement le ravitaillement de cet archipel. C'est un navire robuste, gréé en ketch, capable d'affronter la banquise grâce à sa structure renforcée. S’il porte aujourd'hui le nom de Français, il ne l’a pas toujours été car il a servi d’abord la cause du Groenland, puis des îles Féroé avant d’être racheté par le britannique Robin Davies. En 1983, il est acheté par une entreprise britannique qui le restaure entièrement et le transforme. Le « Français » a déjà séduit le public de Dunkerque en juillet dernier. Faudra-t-il s’armer de patience pour visiter les voiliers comme c’était le cas à Voiles de légende il y a quelques semaines ? Le Belem y était, tout comme Le Français qui a fait sensation. Pourquoi un tel engouement ? En partie parce qu’il doit sa notoriété à son apparition dans des films comme Alice au pays des merveilles (2010) ou Les Trois Mousquetaires (1993). Quand il n’est pas sur les tournages, le port d’attache du Français est Saint-Malo. C’est là-bas que des passionnés bichonnent ce trois-mâts barque construit en 1948, dont la silhouette est désormais indissociable des grandes fêtes maritimes européennes. Il participe régulièrement à des événements de grande ampleur, apportant avec lui son aura cinématographique et sa robustesse de navire polaire.

Le Phoenix : un brick polyvalent entre tradition et septième art

Autre gréement attendu et impressionnant, le Phoenix. Construit en 1929 au Danemark, gréé en goélette à l'origine, le bateau assure une assistance médicale et religieuse sur les zones de pêche pour la mission évangélique danoise. Son destin change radicalement après la 2ème Guerre mondiale, où il pratique le cabotage jusqu'en 1972. Il est ensuite désarmé et victime d'un incendie qui aurait pu sceller son sort. Heureusement, restauré, gréé en brick et rebaptisé, il participe à des courses de grands voiliers. En 1984, il est acheté par une entreprise britannique qui le restaure et fait évoluer son apparence au fil des tournages de cinéma. Le Phoenix est une véritable star du cinéma international : il a figuré dans 1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott, et plus récemment dans Napoléon. C’est un majestueux voilier de 34 mètres qui impose le respect. Désormais sous pavillon français, il est basé en Bretagne sud et propose de courtes navigations. Il y a peu, les observateurs relataient les derniers changements à son sujet, à l’occasion d’une escale remarquée dans le port de Granville. Il a été ramené l’an dernier d’Angleterre pour une restauration à Lorient grâce à une association, Les Voiles Océane, qui en possède déjà deux autres. C’est la première fois que le brick Phœnix vient à Calais et sera autant ouvert à la visite et à des courtes croisières. À son bord, des "Contes en escale" sont organisés : allez à la rencontre de 2 matelots qui vous emporteront, à travers leurs histoires, pour un fabuleux périple vers le large.

Le Grayhound : la vitesse des lougres de Cornouailles retrouvée

Les cynophiles s’accommodent du « greyhound », un lévrier anglais au physique fuselé. Ici, place au Grayhound avec un « a », la réplique à l’échelle 5/6 d’un lougre à trois mâts du même nom conçu en 1776, en Cornouailles (Angleterre), pour les douanes britanniques. Ce navire est la réplique d'un lougre de Cornouailles de 1776, dont il porte le nom. Très rapide pour son époque, ce lougre a permis à son propriétaire de faire fortune en pourchassant les contrebandiers. Sa grande vitesse a notamment bâti sa réputation, d’où son appellation rappelant la rapidité du lévrier. L'actuel Grayhound a été construit entre 2011 et 2012 par un couple de particuliers, Marcus et Freya Pomeroy Rowden, sur commande passée à l’architecte Chris Rees. Ses 32 mètres de long ont d’abord contribué aux croisières touristiques. Du jamais-vu à Escale à Calais ! Cet impressionnant lougre britannique navigue aujourd’hui entre croisières, transport de marchandises et fêtes maritimes. Sa silhouette fine et son gréement spécifique en font l'un des voiliers les plus reconnaissables du bassin Carnot. Lors de l'événement, ce navire ne se contente pas d'être à quai : notre équipage de corsaire naviguera à bord du Grayhound et tentera de prendre le Phoenix à l’abordage lors de combats navals commentés, offrant une immersion spectaculaire dans les tactiques maritimes du XVIIIe siècle.

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Joanna Saturna et MilPat : du travail de la mer à la plaisance patrimoniale

Le patrimoine maritime se compose aussi de navires de travail robustes qui ont traversé les décennies en changeant de fonctions. Le voilier Joanna Saturna, doté d'une coque en acier, est construit en 1903 aux Pays-Bas. Initialement destiné à la pêche au hareng en mer Baltique, il est capable d’accueillir jusqu’à 50 passagers. En 1927, transformé en caboteur pour transporter du sable, il passe sous pavillon allemand et change de nom. En 1955, il bat pavillon norvégien et continue son activité de transport durant quarante ans. Son actuel propriétaire finlandais l'achète en 2000, le restaure et lui rend son nom original. Pour accomplir ce petit exploit de rénovation en 2005, tout a été démonté, à l’intérieur comme à l’extérieur, avec une ambition de redonner au voilier sa gloire passée. C’est en Finlande que le bateau trouve son dernier refuge avant de parcourir le monde, hissé désormais au rang de monument historique. Parallèlement, on découvre le MilPat français. Contraction de Michel-et-Patrick, le navire vogue depuis 1962. Lancé dans le Finistère, il a traditionnellement servi la pêche à la langoustine et la pêche artisanale jusqu'en 1988. Deux ans plus tard, il est racheté par un club de plongée, transformé en bateau de plaisance, puis abandonné avant d’être restauré en public par l'association Fécamp Vieux Gréements. Le chantier a duré onze ans au vu et au su de tous dans le bassin Bérigny à Fécamp, en Normandie, et l'association le fait naviguer depuis 2008, prouvant que la passion bénévole peut sauver des trésors de l'oubli.

L'univers des petits bateaux : flobarts, yoles et doris

Au-delà des géants des mers, « Escale à Calais » met en lumière les embarcations plus modestes mais tout aussi essentielles à l'histoire de notre littoral. Le bassin Carnot accueille des yoles, des flobarts et des canots voiles-avirons qui témoignent de la diversité des usages maritimes locaux. Les doris, par exemple, occupent une place particulière dans l'imaginaire de la pêche hauturière. Embarqués à bord des grands terre-neuvas, qui pêchaient la morue à Terre-Neuve, les doris sont des petits canots à fond plat qui permettaient aux pêcheurs d'aller poser et relever leurs lignes dans des conditions souvent périlleuses. Ces petites unités sont les ambassadeurs d'un patrimoine de proximité. Une exposition vivante est d'ailleurs consacrée aux bateaux traditionnels de la côte d’Opale. Les visiteurs peuvent découvrir les spécificités techniques de ces bateaux conçus pour s'adapter aux courants et aux plages de sable de la région. Ces embarcations participent activement aux animations sur l'eau, avec des démonstrations et des évolutions commentées dans le bassin. La présence de ces bateaux classiques et de ces répliques historiques permet de comprendre l'évolution des techniques de construction navale, du bois à l'acier, et de la voile pure aux motorisations précoces.

Immersion culturelle et animations sur les quais

L’ambiance bat son plein dans le village du patrimoine maritime, animé par des associations et des artisans venus de tout le littoral régional. « Escale à Calais » n’est pas qu’un festival : c’est une invitation à découvrir, respecter et célébrer notre patrimoine maritime. Sur les quais, la vie s'organise autour de multiples pôles d'intérêt. La démonstration d’hélitreuillage proposée par la SNSM et la Marine Nationale est l'un des moments forts, montrant la coordination nécessaire pour les sauvetages en mer. Les deux combats navals commentés et l’exposition « Pirates ou corsaires, à l’abordage » séduisent particulièrement les familles en quête d'aventures historiques. Pour ceux qui préfèrent le calme des récits, des contes sont proposés en escale, notamment à bord du brick Phoenix. Les associations locales partagent leur savoir-faire, qu'il s'agisse de matelotage, de charpente navale ou de conservation des techniques anciennes. Ces échanges directs entre le public et les passionnés permettent de transmettre une culture maritime vivante. La FRCPM remercie plus particulièrement ses adhérents et les bénévoles qui ont largement contribué à la réussite de cette fête maritime. Sur l’eau, comme sur les quais, cet événement n'aurait pu exister sans leur présence, leur implication et leur soutien constant.

La bande sonore de l'événement : chants de marins et folklore

L'expérience d'Escale à Calais est aussi auditive grâce à une programmation musicale riche et thématique. La musique traditionnelle occupe une place de choix avec des groupes spécialisés. Irish Frogs, spécialiste du folk irlandais, apporte une touche celtique à la fête. Ces trois musiciens britanniques interprètent de la musique traditionnelle irlandaise et leurs propres compositions, créant une ambiance festive sur les quais. La dimension locale est portée par des formations comme les Soleils boulonnais. Matelots en vareuses et matelotes coiffées du célèbre soleil, les Soleils boulonnais présentent les chants et les danses des marins de Boulogne-sur-Mer. Cette chorale rassemble notamment d'anciens élèves d’une école qui a formé plusieurs générations de marins entre 1942 et 1965. Les chants de marins, autrefois utilisés pour rythmer le travail à bord, deviennent ici un vecteur de mémoire et de convivialité. Écouter ces mélodies au milieu des mâts et des cordages permet de s'immerger totalement dans l'univers de la mer. Ces animations musicales renforcent l'aspect populaire de l'événement, invitant les visiteurs à partager un moment de joie collective autour d'un patrimoine partagé.

Expositions thématiques : une plongée dans l'histoire maritime

L'histoire maritime est mise à l'honneur à travers trois expositions majeures réparties sur le site. La première, « Bateaux traditionnels de la côte d’Opale », offre un regard technique et historique sur les types d'embarcations propres à notre région, soulignant l'ingéniosité des constructeurs locaux face aux contraintes de la Manche. La seconde exposition, « Patrimoine maritime calaisien », se concentre sur l'évolution du port de Calais et son rôle stratégique au fil des siècles, du commerce à la liaison transmanche. Enfin, l'exposition « Pirates ou Corsaires ? » explore une thématique qui fascine toujours autant le public. Cette exposition permet de lever le voile sur les réalités historiques de la course et de la piraterie, loin des clichés cinématographiques, tout en expliquant les différences juridiques et sociales entre ces deux mondes de l'aventure maritime. Ces espaces culturels complètent les visites de navires en apportant un contexte pédagogique indispensable pour comprendre pourquoi et comment ces navires naviguent encore aujourd'hui. Ces expositions sont conçues pour être accessibles à tous les niveaux, du jeune écolier curieux au professionnel de la mer.

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Naviguer au départ de Calais : modalités et expériences en mer

Du 29 au 31 août, il est possible de naviguer au départ du bassin Carnot à Calais. Ces sorties en mer, parfois appelées baptêmes, permettent de vivre la navigation de l'intérieur. Les temps d’embarquement et de débarquement sont compris dans les horaires fournis par l'organisation. Il est important de noter que ces horaires sont susceptibles de légères variations selon les disponibilités techniques de l’écluse et les conditions météorologiques, la mer restant toujours la seule maîtresse du calendrier. Certains navires proposent des sorties en mer de quelques heures, tandis que d’autres restent ouverts à la visite à quai. Ces sorties en mer sont en vente en toute sécurité à partir du site Internet dédié, avec un système de paiement en ligne sécurisé. Naviguer à bord de ces beaux bateaux fera, pour sûr, naître des vocations chez les plus jeunes. Sentir le navire s'animer sous l'effet du vent, entendre le craquement du bois et le sifflement du vent dans les haubans offre une perspective totalement différente de celle que l'on a depuis le quai. C'est une opportunité rare de devenir, le temps d'une marée, un membre d'équipage virtuel sur des navires dont certains ont plus d'un siècle.

Informations pratiques et billetterie pour les visiteurs

Pour ceux qui souhaitent visiter les navires, il est crucial de bien s'organiser car l'affluence est souvent importante. Il n'existe pas de possibilité de réservation pour les visites à quai ; les billets seront en vente sur place uniquement. La billetterie est située à proximité de l'entrée A du site et elle est ouverte de 10h à 18h30. Les visites sont payantes et les tarifs sont affichés sur le site de la fête. Plusieurs des navires présents à Escale à Calais sont ouverts à la visite, permettant d'explorer les ponts, les cales et parfois les quartiers de l'équipage. Il est conseillé d'arriver tôt, car le succès des éditions précédentes a montré que l'attente peut être significative pour les fleurons comme le Belem ou le Français. L'accès au site lui-même permet de profiter de nombreuses animations gratuites, mais l'accès aux ponts des grands voiliers nécessite un titre de transport spécifique. Pour les propriétaires de bateaux souhaitant participer à l'événement de manière active, des dispositifs d'accueil sont prévus sous le slogan : "Escale à Calais 2025 : avec votre bateau, participez !". Cela permet d'intégrer la plaisance locale à la grande parade et de renforcer la dimension communautaire de la manifestation.

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