Les Îles Andaman et Nicobar : Le Guide Ultime du Surf, des Spots aux Saisons Idéales

Envie de pures vagues et d'évasion ? La rubrique « Destination Surf Trip » a pour vocation de vous donner des idées pour réserver votre prochain séjour et de vous simplifier la vie lors de votre préparation. Les îles Andaman et Nicobar, un archipel qui rappelle un air de bout du monde, sont une invitation à l'aventure. Situées à 1380 kilomètres au sud-est de la province d'Andhra Pradesh, en Inde, cet ensemble insulaire est bien plus qu'une simple destination balnéaire ; c'est un paradis perdu offrant des sessions de surf excellentes pendant plusieurs mois de l'année.

Sur ses 556 îles, un nombre impressionnant de 517 sont désertes et vierges de toute civilisation. Point de surf shop à tout va là-bas, mais des plages de rêve sous les cocotiers, des forêts luxuriantes ainsi qu'une faune et flore abondante vous attendent. Cet archipel, niché dans le golfe du Bengale et baigné par l'océan Indien, est un véritable havre de nature intacte, un mélange parfait d'aventure et de détente. Loin de l'agitation des grandes villes, les îles sont un rendez-vous avec la tranquillité et la beauté sauvage, promettant un dépaysement total pour les surfeurs en quête d'authenticité et de vagues solitaires.

Les Îles Andaman et Nicobar : Un Archipel entre Mythe et Réalité

L'archipel des Andaman et Nicobar n'est pas seulement une destination de surf exceptionnelle ; c'est aussi un territoire imprégné d'une histoire riche et complexe, abritant une nature d'une beauté stupéfiante et une biodiversité unique. Ces îles offrent un aperçu d'un monde où la tradition et la modernité coexistent, souvent dans un équilibre délicat.

Géographie et Histoire Fascinante

Les îles Andaman et Nicobar sont une constellation de 572 îles, îlots et rochers, dont seulement une trentaine sont habitées. Cette isolation géographique a profondément marqué leur histoire et le développement de leurs populations. L'archipel a des traces de présence humaine depuis plus de 2 000 ans, et son insularité a permis à la population indigène andamanaise d'évoluer en vase clos pendant des millénaires.

Le nom "Andaman", issu d'un dieu Hindou, résonne comme un titre de roman d'aventure. Marco Polo, le premier visiteur occidental de cette chaîne d'îles, les avait même qualifiées de « pays de chasseurs de têtes », soulignant le mystère et l'isolement de ces terres. Historiquement, l'archipel n'aurait connu aucun début d'organisation politique avant l'arrivée des Européens au XVIIIe siècle. Par la suite, la Grande-Bretagne prit officiellement le contrôle de l'archipel le 16 octobre 1868, en rachetant les droits d’installation du Danemark. Les Britanniques y établirent un immense bagne, comme en témoigne la prison cellulaire de Port Blair, construite après la révolte des Cipayes pour bannir les prisonniers politiques loin de la capitale.

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Durant la Seconde Guerre mondiale, les îles Andaman et Nicobar tombèrent aux mains des Japonais, avec l'alliance du nationaliste indien Chandra Bose. Après la proclamation de l’indépendance de l’Inde, les îles Andaman-et-Nicobar rejoignirent l’Union indienne en 1956, devenant un bastion naval stratégique.

Les peuples indigènes qui y vivent - Grands Andamanais, Onge, Jarawa, Sentinelles - sont considérés par les ethnologues comme comptant parmi les plus isolés du monde. Venus de la vieille Afrique en des temps immémoriaux, ils se distinguent par leur peau foncée et leurs cheveux crépus. Cependant, ces populations sont décimées par les maladies apportées par les colons indiens, la raréfaction de leurs ressources et d’autres maux comme l’alcoolisme. L'un d'eux, les Jangil, a déjà disparu. C'est un paradoxe poignant que ces peuples aient su se protéger lorsque le tsunami de 2004 s'est jeté sur leurs côtes - se souvenant des conseils de leurs ancêtres et observant le comportement des animaux, ils se sont sauvés en grimpant dans les collines - mais soient vulnérables aux maux venus d'ailleurs. Un dilemme urgent se pose entre l’ouverture économique et la volonté de préserver l’identité tribale.

Nature Préservée et Biodiversité Unique

Le caractère préservé de l'archipel est l'un de ses atouts majeurs. Les denses forêts tropicales abritent un écosystème fragile et exotique, protégé dans 96 sanctuaires et neuf parcs nationaux. Près de 2 200 espèces de plantes sont recensées, dont 200 sont uniques à l’archipel et n’existent nulle part ailleurs. L'inventaire faunique comprend des espèces endémiques comme le sanglier indien, le pigeon ramier des Andamans, la phasianelle des Nicobar ou le pic des Andamans, ainsi que le crocodile marin.

Le parc marin national Mahatma Gandhi, situé près de la plage de Wandoor dans le sud de l’archipel, est un refuge particulièrement recherché des amateurs de pleine nature. Créé en 1969 comme réserve forestière avant d'être déclaré « parc national » dix ans plus tard, il rassemble 15 îles vierges, entre lesquelles serpentent une succession de lagons, de mangroves et de magnifiques barrières de corail. D’une superficie de 181 km², ce parc séduit par son côté amphibie qui fusionne les zones littorales, terrestres et maritimes. Une balade en bateau permet d'observer des poissons-roches, des mérous, des barbiers et les fascinants crabes de cocotiers géants. Parmi les animaux vedettes du parc figurent le crocodile à double crête, le porc sauvage d’Andaman et le voleur de crabe, une espèce de crabe pouvant peser jusqu’à 4 kg.

Cependant, cette beauté naturelle est également marquée par des événements tragiques, comme le tsunami de 2004, qui a fait périr plus de 2 000 personnes et dépossédé plus de 40 000 personnes de leur habitat et de leurs biens. Malgré cela, la résilience de l'écosystème et de ses habitants est palpable.

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Quand Partir et Comment Préparer Votre Aventure Surf

Planifier un surf trip aux Andaman et Nicobar nécessite une attention particulière, car la période de visite est primordiale pour garantir les meilleures conditions de vagues et une expérience mémorable.

Saison Idéale pour les Vagues

Si la période de départ peut paraître importante quand vous partez en Australie ou en Californie, pour les îles Andaman et Nicobar, elle est cruciale. Des vagues déferlent sur l'archipel toute l'année, mais la période où elles deviennent consistantes se situe entre janvier et avril. Et comme la nature est bien faite, c'est également la période où le vent souffle le moins fort, créant des conditions optimales pour le surf. C'est la période idéale pour les swells du sud à l'ouest, et un vent offshore pour nettoyer le plan d'eau. Les cartes météorologiques peuvent annoncer des pics impressionnants, comme les 8 pieds avec 19 secondes de période observés lors d'une expédition.

Côté température de l'eau, elle oscille toute l'année entre 27 et 30 degrés, garantissant des sessions agréables sans combinaison. Pour la température de l'air, elle se maintient entre 22 et 30 degrés. La période de janvier à avril est également la moins touchée par les précipitations, assurant un temps ensoleillé propice à l'exploration et à la détente. Le meilleur moment pour visiter les îles Andaman-et-Nicobar s’étend d’octobre à mars, avec une faible influence de vents froids. La mousson, de juillet à septembre, est déconseillée en raison des pluies et des conditions plus difficiles.

Budget et Coût de la Vie

L'Inde est réputée pour son coût de la vie abordable, et les Andaman et Nicobar ne font pas exception. La restauration n'est pas onéreuse dans l'archipel : comptez environ 1,5€ pour une pinte de bière, 2€ pour un menu plat-dessert et 4€ pour un menu entrée-plat-dessert. Cela permet de profiter pleinement des saveurs locales sans se ruiner.

Le billet d'avion représente souvent la dépense la plus significative. Comptez entre 450€ et 700€ pour un aller-retour Paris-Port Blair, en fonction de votre date de départ et de retour. Cependant, les choses se compliquent un peu car il n’existe pas d’aller-retour simple depuis la France pour les îles Andaman. Il vous faudra d’abord prendre un vol pour Chennai ou Calcutta (comptez environ 600 euros pour l’aller-retour depuis la France), les deux seules villes indiennes qui proposent des liaisons pour Port Blair. Les vols intérieurs depuis l'Inde continentale vers Port Blair peuvent varier de 100 à 400 € pour un aller simple, ou environ 250 € l'aller simple avec Alliance Air/Indian Airlines depuis Calcutta et Chennai. Il est fortement recommandé de réserver très tôt.

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Formalités et Accès à l'Archipel

L'accès aux îles Andaman et Nicobar est relativement difficile, car aucune compagnie ne propose une liaison directe avec l’archipel depuis l’Europe. Le plus simple est de prendre un vol pour Chennai ou Cochin, puis un autre vol jusqu’à Port Blair, la capitale administrative d’Andaman-et-Nicobar. Il est impératif d'obtenir un e-visa avant d'arriver en Inde, ce qui doit être fait bien à l'avance (cela peut prendre un certain temps). Le coût varie, mais attendez-vous à dépenser entre 80 et 100 dollars américains. L'e-visa est valable 60 jours. En plus du visa indien, les étrangers doivent obtenir un permis touristique de 30 jours à leur arrivée à Port Blair, auprès des autorités d'immigration. Il est conseillé de prévoir de perdre une journée à Port Blair pour régler ces formalités d'entrée et la paperasse.

Une fois arrivé à Port Blair, ce n’est pas fini ! Vous devrez probablement organiser votre transport vers les îles extérieures. Pour se déplacer d'îles en îles, de nombreux charters jettent l'ancre à Port Blair. Il existe aussi des ferries qui relient l'archipel au continent, avec 3 à 4 départs par mois de Calcutta et Chennai, pour un trajet de 60 heures, coûtant environ 30 dollars américains pour une couchette ou 125 dollars pour une cabine de luxe.

Se Déplacer sur Place : Entre Autonomie et Découverte

La mobilité sur les îles Andaman et Nicobar offre un mélange d'aventure et de pragmatisme, avec des options adaptées à différents budgets et désirs d'exploration.

Options de Transport Local

L'aspect financier entre en compte ici aussi. Alors qu'un kilomètre parcouru à bord d'un taxi coûte environ deux euros en France, vous n'en aurez que pour 20 centimes en Inde. Si la façon de conduire des Indiens en métropole est légendaire, vous trouverez beaucoup moins de véhicules dans les Andaman et Nicobar.

La location de voiture est possible, mais ce sont les scooters qui sont les plus nombreux et les plus pratiques pour naviguer. À Port Blair, louer un cyclomoteur coûte environ 5 dollars par jour. Si vous ne comptez pas changer de site tous les quatre matins, vous pourrez également louer des vélos, pratiques pour aller de spot en spot et pour découvrir l'intérieur des terres, notamment sur la Petite Andaman où les voitures sont moins utiles sauf entre Hut et Jarawa.

Pour les déplacements inter-îles, les bateaux depuis le continent accostent à Haddo Jetty, à 1 km au nord de Phoenix Jetty, qui est le point d'arrivée pour les ferries inter-îles et les charters de surf. Un ferry relie Hut Bay tous les jours, avec une traversée de 6 à 8 heures (départ de Port Blair à 6h30 et arrivée vers 14h30). Cependant, obtenir des billets pour ce ferry peut être un véritable casse-tête, impliquant parfois le marché noir, la corruption et la pots-de-vin. Pour éviter ce désagrément, les plus aisés peuvent opter pour un trajet en hélicoptère de 25 minutes.

Logement : Des Options Variées pour Tous les Goûts

Le type d'hébergement le plus répandu est l'hôtel, avec une gamme de conforts et de qualités qui se reflète dans les tarifs. L'autre type de logement célèbre est la « guest house ». Il est crucial d'exiger des propriétaires qu'ils vous montrent la chambre et la salle de bain avant de réserver votre séjour, car les normes d'hygiène ne sont pas toujours respectées.

Pour une option plus originale et "funky", vous pourrez opter pour un « house boat ». Comme son nom l'indique, vous dormirez sur un bateau aménagé, et le plus souvent, une pension complète sera comprise dans la réservation, offrant une expérience immersive unique. Sur la Petite Andaman, des cabanes touristiques sont disponibles sur la côte à Butler Bay, et des surfeurs ont parfois campé sur la pointe, bien qu'il faille se préparer à être dévoré par les moustiques et les mouches des sables. Des hébergements en guesthouse et des logements gouvernementaux sont également disponibles à Hut Bay.

Les Spots de Surf des Andaman : Un Terrain de Jeu encore Sauvage

Les îles Andaman, avec leurs récifs coralliens immaculés et leurs vagues encore peu explorées, représentent un terrain de jeu exceptionnel pour les surfeurs en quête d'aventure et de solitude.

Caractéristiques des Vagues et Types de Spots

La majorité des spots de surf aux îles Andaman sont des reef-breaks. Si ce terme vous plaît, vous serez servis ! Heureusement, la plupart de ces vagues sont plutôt accessibles aux débutants, avec des récifs relativement indulgents. Les vagues sur les îles Andaman et Nicobar ressemblent davantage à celles des Maldives qu'aux indonésiennes (selon plusieurs écoles de surf indiennes), offrant généralement des déferlantes plus douces et moins creuses que les bombes des Mentawai.

L'archipel recèle de nombreux spots de surf vierges et quasi insurfés, le but de notre expédition. Le swell provient généralement du quadrant sud à ouest, en phase avec les vents dominants, mais une houle de nord-ouest peut également apparaître suite à des perturbations dans la mer d'Arabie. Les marées basses à moyennes sont généralement préférables, car la marée haute peut provoquer un shorebreak important ou faire disparaître les vagues. Le "Scame", un côtre en acajou et teck, est un moyen idéal pour explorer ces eaux et dénicher le récif idéal, celui qui saura recevoir la houle pour en faire émerger une vague parfaite.

La Petite Andaman : Cœur de l'Action

C'est sur la « Petite Andaman » que vous trouverez la plupart des spots de l'archipel. Cette île est le véritable épicentre du surf pour les explorateurs.

  • Jackson Creek : Situé au nord-ouest de l'île, c'est un spot qui mérite l'attention, bien que moins détaillé que d'autres.
  • La Côte Est (pour les débutants) : Sur la côte est, vous trouverez les vagues les plus molles et les plus accessibles aux débutants. C'est là que se trouvent les quelques écoles de surf, offrant un environnement sûr pour apprendre ou se perfectionner.
  • Butler Bay : C'est un spot situé à l'est qui produit des gauches longues et molles. Ces vagues sont idéales pour s'amuser et affiner sa technique. Cependant, une proposition de construction d'une nouvelle jetée à Butler's Bay pourrait potentiellement affecter le surf à cet endroit. Des cabanes touristiques sont disponibles sur la côte ici.
  • La Côte Ouest (pour les plus aventureux) : Sur la côte ouest, les gauches de Totem Reef et de Muddy's vous attendent. Presque jamais peuplés, ces spots sont parfois visités par des requins, mais aussi par des vents offshores qui rendent le plan d'eau parfait. À prendre ou à laisser ? Pour ceux qui n'ont pas peur de l'isolement et de la faune sauvage, ces spots offrent des sessions inoubliables.
  • Kumari Point : Enfin, le spot le plus mythique (et certainement le plus connu) de l'archipel se trouve au sud de la « Petite Andaman ». Kumari Point est une droite creuse et rapide qui engendre souvent plusieurs sections. C'est la meilleure vague de Little Andaman, et c'est aussi le seul spot que vous pourriez potentiellement partager avec d'autres surfeurs. Prenez le temps d'admirer le line-up avant de vous mettre à l'eau, histoire d'être bien certain de conserver un souvenir complet.

L'Exploration des Vagues : Témoignages et Découvertes

Les récits d'expéditions aux Andaman regorgent de découvertes et de rencontres uniques. L'article de Frédérique Seyral paru dans Surf Session d'octobre 2011, revu et augmenté par David Charbonnel (Swop), relate un voyage à bord du Scame, un voilier de 22 mètres, vers le sud, sur Little Andaman.

  • Jarawa Point : C'est à la baie de Jarawa que se trouve une vague incroyable, une gauche qui déroule le long d'un récif et s'en va mourir au fond d'une vaste baie. C'est souvent la première vague surfée aux Andaman lors des expéditions, et elle annonce déjà le potentiel à venir. Le paysage y est surprenant, avec de très grands arbres aux troncs dégagés abritant un sous-bois aéré au bord de la plage, loin des palétuviers habituels en Indonésie. Lorsque la houle est importante, Jarawa peut doubler de taille, offrant un bon huit pieds à la série pour des sessions épiques. La houle peut tenir plusieurs jours, laissant la vague vierge et permettant de tester différentes planches dans un véritable laboratoire à ciel ouvert. Certains surfeurs, comme un Anglais et un Suisse, y campent un mois par an, malgré l'interdiction, témoignant de l'attrait de ce spot.
  • Dolphin Point : Plus au sud, une vague déferle sur une longue pointe rocheuse, baptisée « Dolphin Point » à cause de la présence régulière des dauphins. C’est un gros slab avec un tube violent, la vague est puissante et il y a peu d’eau, ne laissant s'y jeter que les plus téméraires.
  • Cemetery Point : Plus au nord, à Cemetery Point, on retrouve une plage superbe bordée de cocotiers. Les pêcheurs y mettent à l’eau leurs pirogues à balancier traditionnelles entre les deux vagues qui déferlent à droite et à gauche de la baie. C'est ici que l'on a pu observer Muthu, le seul surfeur local de l'île, partager sa passion et même prêter sa planche aux jeunes Indiens avides de glisse. Le pied d’un arbre sur la plage est jonché de vieux vêtements, rappelant les victimes du tsunami et donnant son nom, si poétique et tragique à la fois, à ce lieu magnifique.

Ces spots, rarement peuplés, offrent une déconnexion totale, loin de la médiatisation effrénée. L'exploration de la côte révèle une multitude d'autres vagues, droites et gauches, petites vagues de reef parfaites, le tout dans une eau d'une chaleur inégalable, parfois en compagnie de dauphins, de raies Manta et de tortues.

Les Nicobar : Un Territoire Presque Inaccessible

Si les Andaman offrent déjà un terrain d'exploration vaste, les îles Nicobar représentent un défi d'un autre ordre. L'accès y est fortement restreint pour les étrangers, avec une interdiction générale pour les régions tribales, officiellement pour la protection des groupes tribaux indigènes ainsi que de la flore et de la faune uniques. Seuls les Indiens sont autorisés à visiter les Nicobar.

Malgré ces restrictions, des surfeurs indiens ont récemment exploré la côte sud-ouest de la Grande Nicobar, découvrant des vagues de classe mondiale, ainsi que de superbes récifs et des point-breaks à droite le long de la côte sud-est jusqu'à la principale zone d'habitation à Campbell Bay, où un pic amusant frappe la digue lors d'une forte houle du sud. Pour accéder à des parties de l'île habitées par des groupes tribaux, notamment autour d'Indira Point, qui est le point le plus méridional de l'Inde, un permis écrit du bureau du commissaire adjoint et du département des forêts est nécessaire. Cela souligne le caractère incroyablement préservé et la difficulté d'accès de ces zones, qui promettent des découvertes encore plus inédites pour ceux qui parviendraient à s'y aventurer.

Au-delà des Vagues : Explorer les Trésors des Andaman

Les îles Andaman ne se résument pas à leurs vagues. Elles offrent une richesse culturelle, naturelle et historique qui enrichira toute aventure, qu'elle soit surfistique ou non.

Havelock : Plongée et Plages Paradisiaques

Qui a dit que l’Inde n’avait pas de belles plages ? Si une bonne raison de visiter les îles Andaman existe, et avant tout son île la plus célèbre, Havelock, c’est bien la plongée, qui y est extraordinaire. Et si la plongée n’est pas votre fort ? En dehors de la plongée, l’île d’Havelock possède un autre atout de charme : ses plages, et quelles plages !

L’une d’elles, surnommée « Beach Number 7 » ou « Radha Nagar Beach », est isolée de tout. Longue de 2 km, Radhanagar Beach est indubitablement la plus jolie plage de l'île d'Havelock. Elle se trouve à moins d’une heure de route de Port Blair. Son eau bleue limpide, ses palmiers et sa forêt tropicale rappellent le littoral de la Polynésie, offrant un décor idyllique pour la détente. Sur le village côtier de Kalapathar, le bleu profond de la mer tranche sur l’or noir des rochers. Kalapathar Beach est connue pour ses amas de pierres noires ; loin des paillettes de Radhanagar Beach, l’ambiance y respire le calme et la sérénité, bien que la baignade y soit déconseillée en raison de la proximité des rochers.

Havelock vous offrira également tout le repos qu’il vous faut : étant donné que le soleil se lève très tôt (5 heures voire même encore plus tôt), et se couche à six heures de l’après-midi, le rythme de vie suit. Les « soirées DJ » proposées sur l’île débutent à 19h pour se terminer à 23h (non, ceci n’est pas une blague). Ce rythme paisible en fait une pause parfaite si vous prévoyez de visiter l’Inde du Sud. Paradisiaques, abordables et calmes, les îles Andaman ont de nombreux atouts pour séduire.

Joyaux Naturels et Sites Incontournables

L'archipel regorge de sites naturels à explorer, allant des îles vierges aux réserves marines protégées.

  • Jolly Buoy Island : Réputée pour la beauté de ses fonds marins et de ses coraux, Jolly Buoy Island est une étape obligée lors d’un voyage sur l’archipel. Véritable no man’s land, l’île est un terrain de jeu pour les plongeurs, les amateurs de kayak et de bateau à rame. On y accède par bateau depuis la plage de Wandoor.
  • Laxmanpur (Île de Neil) : Ancien port de pêche, le village de Laxmanpur sur l’île de Neil connaît un succès touristique grandissant. Tandis que les enfants jouent sur le sable blanc rempli de coquillages, les adultes profitent de la baignade ou d'une aventure sous-marine.
  • Ross and Smith Islands (près de Diglipur) : À moins d’une demi-heure de bateau de Diglipur, les deux îles Ross and Smith offrent une plage paradisiaque. L’excursion peut débuter par une plongée avec masque et tuba, se poursuivre par une séance de bronzage ou l’observation des tortues en bord de mer, et finir par un trek inédit au parc national de Peak Saddle.
  • Chidiya Tapu : Situé à environ 25 km au sud de Port Blair, Chidiya Tapu est célèbre pour ses magnifiques couchers de soleil, sa biodiversité (surtout les oiseaux, car "Chidiya" signifie "oiseau" en hindi) et ses plages tranquilles.

Un Patrimoine Historique et Culturel Riche

L'aspect social et culturel des Andaman est tout aussi fascinant que ses paysages. La capitale, Port Blair, est une version miniature de l'Inde continentale, avec ses rues animées où le klaxon est un sport local, ses magasins colorés où s’entassent statuettes religieuses, peluches, vaisselles, sarongs et autres marchandises importées du continent. Le nom de la ville témoigne de son long passé colonial, venant d'Archibald Blair, de la Compagnie anglaise des Indes orientales.

L'archipel révèle une société avec des caractéristiques uniques : il est presque surprenant de ne voir aucun mendiant, aucun laissé pour compte, un contraste frappant avec l'Inde continentale. L'école est gratuite et obligatoire, contribuant à l'un des taux d’alphabétisation les plus élevés d’Inde. Les soins médicaux ne sont pas payants, et il y a des hôpitaux et des dispensaires très convenables. Ici, pas de phénomènes de castes ; Sikhs, Musulmans, Chrétiens, Hindous, descendants des anciens bagnards et autres « combattants de la liberté » vivent ensemble sans problème. Une gestion environnementale stricte est également en place : on ne coupe pas un seul arbre sans demander une autorisation spéciale, et l’élevage et la culture restent des entreprises familiales. Ces éléments contribuent à l'image des îles Andaman comme un petit paradis bien protégé.

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