Sur le littoral audois, Port Mahon se révèle être un site touristique à part entière, offrant une confluence unique entre une histoire millénaire et une nature préservée. Situé près de Sigean, dans l'Aude, ce lieu enchanteur s'étend sur une vaste superficie de 5500 hectares, formant un écrin paradisiaque propice à l'évasion et à l'activité physique. Le site de Port Mahon est implanté au cœur d'une lagune naturelle, elle-même nichée au centre de l'immense Parc naturel régional (PNR) de la Narbonnaise en Méditerranée. Mais son unicité ne réside pas seulement dans sa splendeur naturelle ; le lieu est également aménagé au centre d’un ancien site romain, dont la construction remonte, elle, au 3e siècle avant J-C, soit il y a plus de 2200 ans, témoignant d'une richesse historique peu connue du grand public.
Port Mahon : Un Berceau d'Activités Nautiques et de Randonnée, Ancré dans l'Antiquité
Près de Sigean (Aude), et ce, toute l’année, il est possible de s'adonner à différents sports nautiques aux abords de Port Mahon. La base nautique, jouxtant les lagunes, est ouverte toute l'année, proposant une multitude d'activités pour tous les goûts. Parmi les sports nautiques praticables, on retrouve le catamaran, le canoë, le kayak, le paddle et le wingfoil. Cet espace sportif, ouvert au public depuis de nombreuses années, permet de profiter pleinement du plan d'eau splendide qu'offre la région.
Mais l'attrait de Port Mahon ne se limite pas aux seules activités nautiques. Le site est également un vaste espace naturel où il est possible de profiter à l'infini pour crapahuter sur d'interminables randonnées pédestres ou à VTT, entouré par de splendides paysages naturels. De très nombreux sentiers sont ouverts, offrant des panoramas à couper le souffle. Parmi eux, la boucle dite des Garrigues ou de Sigean s'étend sur 13 kilomètres. Sur ce sentier en boucle, les promeneurs profitent du calme de cet espace de loisirs et peuvent aussi prendre le temps de découvrir la faune et la flore environnantes. Ce parcours ne présente aucune difficulté majeure, le rendant accessible à un large public. Le hameau du Lac aux canards peut servir de point de départ et d'arrivée pour cette boucle, offrant un spot particulièrement prisé à l'heure du lever comme du coucher de soleil pour son côté dépaysant. Les photographes en herbe s'y donnent d'ailleurs régulièrement rendez-vous pour immortaliser ces instants uniques.
Ce qui rend Port Mahon d'autant plus fascinant est son lien profond avec l'Antiquité romaine. Encore aujourd’hui, les jeunes Audois utilisent un débarcadère aménagé lors de la création du lieu par les Romains, il y a plus de 2200 ans. Ce fait souligne la remarquable pérennité des infrastructures et la sagesse des ingénieurs antiques qui ont su concevoir des aménagements perdurant à travers les siècles. Le site a peu évolué au fil des siècles et s’étend toujours sur près de 5500 hectares, conservant ainsi une grande partie de son authenticité et de son caractère historique.
L'Odyssée en Kayak : Une Immersion au Cœur de la Narbonnaise Antique et Naturelle
Pour les amoureux de la nature, une balade accompagnée en kayak de mer sur la lagune de Sigean (Aude) est une expérience inoubliable. Située à seulement 22 kilomètres au sud de Narbonne, la base nautique de Port-Mahon est le point de départ de ce fabuleux voyage sur l'eau, offrant l'assurance d'un dépaysement total. Entre étangs, îles sauvages, observation des oiseaux, et la perspective d'un apéro pour finir, l'invitation est alléchante. Au départ de Sigean, jolie bourgade au charme typiquement languedocien où l’on aura pris soin de faire ses emplettes au marché traditionnel (tous les mardis et vendredis matin), on s'engage à travers un camaïeu de garrigues et de vignobles, véritable carte postale de vacances, en empruntant une petite route, direction Port-Mahon.
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En quelques minutes à peine, au détour d’un virage, le panorama change et s'ouvre sur les étangs que l’on longe désormais. On est immédiatement immergé dans un décor 100% nature, 100% préservé, celui du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée. Entre terre et mer, en plein cœur d’une nature encore sauvage, c'est parti pour une aventure dont on se souviendra. Arrivé à la base nautique de Port-Mahon, un petit port paisible avec ses pontons en bois, quelques habitations, et les îles sauvages qui se dessinent au loin composent le décor. L'accueil chaleureux et souriant de Jean-Luc, guide de la Base Nautique de Sigean, met tout de suite à l’aise. Il commence le briefing d'usage, abordant la sécurité, le parcours, et quelques "teasing" pour le plaisir. Son enthousiasme à faire découvrir les lieux est palpable et attise la curiosité.
Une fois équipé, on embarque. Le soleil peut taper fort, même au printemps ou en automne, surtout avec la réverbération sur l'eau, d'où l'importance de la crème solaire. On se laisse glisser au son des clapotis du kayak, tout en s'imprégnant du spectacle qui se déploie. C’est apaisant. Les îles qui semblaient lointaines se rapprochent, et le paysage prend alors une toute autre dimension. Sous l'eau transparente, entre deux coups de pagaie, on aperçoit une flottille de poissons. Les flamants roses, indifférents au passage, nous entourent, tandis que goélands et autres oiseaux marins nous survolent. On réalise à quel point ces lieux sont intacts et sauvages.
Chaque coup de rame nous rapproche de la prochaine étape : l’île de l’Aute. Le complexe lagunaire est composé de nombreuses îles, et l'on file sur l'eau, ressentant l'envie de se dépasser, d'accélérer et de prendre de la vitesse. L'effort est agréable, le vent et les gouttes d’eau projetées sur le visage par les pagaies rafraîchissent. Il est temps de faire une pause et d'accoster sur l’île de l’Aute, une île chargée d’Histoire comme en témoignent des vestiges archéologiques qui y ont été trouvés. Jean-Luc se fait un plaisir de partager ses anecdotes et sa connaissance du passé de ce lieu aujourd’hui inhabité. Tout en explorant cette île, on en apprend les secrets. Les Romains avaient installé sur cette île un débarcadère où les navires transbordaient leurs marchandises, ce qui met en lumière l'importance stratégique de ce site antique pour le commerce maritime. On apprend aussi qu’une fleur rare pousse sur cette terre sauvage, et la balade se veut aussi respectueuse de l'environnement, incitant à ne rien toucher, à préserver ce patrimoine naturel et historique. Confortablement installés sur le sable d'une plage déserte, alors que le pique-nique bat son plein, le guide fait la surprise de sortir un vin bio local de son panier. L’ambiance est agréable et détendue, propice au partage et au bien-être, pour continuer à échanger sur le vin, la nature, l’histoire. Les yeux se posent sur les paysages environnants, les rayons du soleil chauffent la peau. Il est maintenant l’heure de repartir. La traversée retour se fait dans le calme. Les batteries sont rechargées, et on se sent bien, apaisé, reconnaissant d'avoir pu vivre cette expérience. De retour à la base nautique, c'est l'heure des au revoir. En fonction du niveau des participants, des séances découverte ou perfectionnement sont proposées sur l’un des nombreux parcours qu’offre le fleuve Aude, la séance s’adaptant aux aspirations de progression technique ou de découverte de l’Aude en toute sécurité. Une flottille adaptée aux différents gabarits des jeunes publics est disponible, élément indispensable pour une séance pédagogique réussie. Du plan d’eau au petit parcours de 3 kms en passant sur des séances de 6 à 9 kms, l’environnement nautique du fleuve Aude répondra, quelle que soit la période et les niveaux d’eau, aux exigences sécuritaires et ludiques des jeunes publics. Les séances encadrées et les parcours réalisés s’effectuent essentiellement sur le fleuve Aude.
L'Héritage Millénaire de Narbonne et son Port : Un Poumon Commercial de la Gaule Romaine
L'importance de Port Mahon et de la Narbonnaise prend tout son sens lorsqu'on la replace dans l'histoire plus vaste de Narbonne, une cité dont l'aspect a agréablement flatté la vue, « cité recommandable par les campagnes qui t'environnent, par tes murailles, par tes citoyens, par ton enceinte, par tes édifices, par tes portes et tes portiques, par ton forum, ton amphithéâtre, tes temples, ton capitole, tes monnaies, tes thermes, tes arcs de triomphe, tes greniers publics, tes marchés, tes prairies, tes fontaines, tes îles, tes salines, tes étangs, ta rivière, ton commerce, ton pont, et enfin par la mer qui t'avoisine ».
Dès le VIe - IIIe siècle av. J.-C., la première tribu, ou confédération de tribus, ayant laissé son nom en Narbonnaise est celle des Elisyques, mentionnés par les historiens antiques. La culture de ce « peuple », aux origines peu connues, est comparable à celle du monde ibérique. Il s’agissait d’une société cohérente et fortement hiérarchisée qui semble avoir contrôlé le littoral de l’Aude et commercé avec les marchands et navigateurs grecs, étrusques et phéniciens. Au milieu du VIe siècle av. J.-C., une puissante capitale connue dans l’Antiquité sous le nom de Naro ou Narbo est établie, en premier lieu sur l’oppidum de Montlaurès, au nord de l’actuelle Narbonne. Un autre oppidum se trouvait à proximité de Sigean, à « Pech Maho », qui était à la fois un relai maritime, une halte commode pour les navires pratiquant le cabotage le long des côtes, une place de commerce et une forteresse.
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C'est cependant au IIe siècle av. J.-C. que Narbonne acquiert une importance capitale. En 118 av. J.-C., après avoir vaincu le peuple celte des « Volques », le général Domitius fonde la colonie de Narbo Martius. Cette cité, la première créée hors d’Italie, permettait à Rome de contrôler la route vers l’Espagne, conquise depuis peu sur les Carthaginois. Narbonne était alors déjà un site commercial et un port de premier ordre. Cette importance économique et cette position stratégique au carrefour de la voie d’Aquitaine et de l’axe Italie-Espagne ont conduit les Romains à choisir Narbonne comme capitale de leur province fraîchement conquise en Gaule. L’action et la civilisation romaine ont transformé la ville et ses alentours. La via Domitia (reliant l’Italie à l’Espagne) fut créée et bornée à partir de Narbonne. Cette voie a également servi d’axe de base à la cadastration de la campagne narbonnaise, où de nombreuses villas exploitaient méthodiquement les richesses agricoles, notamment la vigne. La Cité de Narbo Martius, modelée par le génie romain, a atteint son apogée aux Ier et IIe siècles après J.-C., devenant l’un des premiers ports de la Méditerranée occidentale et comptant alors presque autant d’habitants qu’aujourd’hui (40 000 habitants). Narbonne, à l’instar de Marseille, était une grande ville de l’Antiquité.
Pourtant, malgré cette grandeur passée, l’importance et l’organisation de son dispositif portuaire romain restent méconnues. Pour y remédier, la Région Languedoc-Roussillon, l’Université de Montpellier, l’INRAP et le CNRS ont lancé un programme de recherche de quatre ans, doté de 2,6 millions d’euros. La zone étudiée se trouve au Nord du grand étang de Bages/Sigean, au lieu-dit Port-la-Nautique, qui accueille aujourd'hui le port de plaisance de Narbonne. Cette zone se trouvait dans l'Antiquité au fond d'un golfe relié à Narbonne par un ancien bras de l'Aude, fleuve devenu aujourd'hui le canal de la Robine.
Ainsi, sur le site de la Nautique, les prospections géophysiques ont permis de repérer un canal d'une soixantaine de mètres de long qui se dirige vers de vastes entrepôts à dolia. Ces dolia étaient des vases de très grande taille, pouvant contenir jusqu'à 1200 litres, où l'on stockait le vin, l'huile ou les céréales. L'aménagement du site suggère que du vin en vrac était amené par bateaux citernes et déchargé dans des docks spécialisés, témoignant d'une logistique commerciale avancée. Les dernières fouilles ont en outre mis en évidence une énorme quantité de coquillages, dont les chairs ont pu être exportées sous forme de salaisons, révélant une facette de l'économie locale antique.
Sur le site du Castelou, non loin de là, plusieurs sondages ont mis en évidence deux jetées servant au déchargement des marchandises. Érigées dans un environnement très marécageux, les anciens Narbonnais les ont construites en apportant divers matériaux, dont des galets, des gravats, mais aussi des fragments de monuments démantelés. Un tel recyclage est illustré par des blocs de corniche, provenant d’un temple démantelé, retrouvés dans le soubassement d’une chaussée, qui faisait probablement partie du réseau de voies reliant la cité à son port. Ces structures s’avançaient dans d’anciens marais, qui, dans l’Antiquité, devaient être impraticables à pied. Leur vocation portuaire, qui ne fait guère de doute, est confirmée par la présence de pierres étrangères à la géologie locale, tels le basalte ou l'ophiolite, roches denses et lourdes utilisées comme lest dans les navires. Une véritable aubaine pour les archéologues, les chercheurs ont aussi retrouvé des structures en bois intactes, car restées dans l’humidité et à l’abri de l’air et de la lumière. Ces structures comprennent plus de 200 pieux constituant les renforts latéraux de chaussées ou d’appontements, ainsi que les ancrages d’une machine élévatrice, offrant des indices précieux sur les techniques de construction et de manutention de l'époque.
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