L'Odyssée sous-marine : Histoire, Ingénierie et Avenir de l'Exploration des Profondeurs

L’exploration des profondeurs marines constitue l’un des chapitres les plus audacieux de l’aventure humaine. Depuis la cloche à plongeur archaïque jusqu’aux habitats saturés de haute technologie, l’homme n’a cessé de concevoir des solutions techniques pour défier la pression, le froid et l’isolement, transformant peu à peu l’hostilité de l’abysse en un terrain d’expertise professionnelle et scientifique.

Genèse de l'immersion : De la cloche à l’équipement autonome

Connue depuis l’Antiquité, la cloche à plongeur, qui fonctionne sur le principe du verre retourné, permet à l’air d’être emprisonné et au liquide de ne pas pénétrer. L’air n'étant pas renouvelé, l'asphyxie guette néanmoins le plongeur et l'oblige à remonter fréquemment à la surface de l’eau. Employée dans un premier temps pour un simple rôle d'observation, elle est par la suite utilisée pour la récupération d'objets engloutis puis la réalisation de constructions immergées. La cloche est ainsi le point de départ de l'aventure de l'homme sous l'eau.

Les premiers équipements sont rudimentaires. Vers 1715, un jeune garde de la Marine, Pierre-Rémy de Beauve, présente une combinaison constituée d’un casque de métal et d’un vêtement de cuir. Le casque est relié à la surface par deux tuyaux : l’un alimenté en air par un soufflet, l’autre évacuant l’air expiré. A partir de là, les expériences se multiplient et au début du 19e siècle, les premiers équipements commencent à offrir au plongeur une certaine aisance, encore toute relative. En 1806, Pierre-Marie Touboulic, lui aussi rattaché au service de la Marine, conçoit l’ichtioandre, littéralement l’homme-poisson. Son originalité réside dans le fait que c’est un équipement autonome, sans lien avec la surface. Le plongeur est enfin libre de ses mouvements.

En 1826, un certain Poulliot dépose un brevet d'invention « pour un régulateur applicable à l'art de respirer sous l'eau qui régule le débit d'air délivré au plongeur, à la pression ambiante ». Cette invention, pourtant sans lendemain, est cependant l’une des bases de la plongée professionnelle du 20e siècle. Bien d'autres s’en inspirent et, à partir de là, de nombreux brevets sont délivrés pour des équipements autonomes, comprenant une réserve d'air sous pression, associé à un mécanisme permettant d'en extraire une certaine quantité pour être consommée par le plongeur, lui permettant d'agir sous l’eau en toute liberté. Des lests largables assurent l’immersion ou permettent de rejoindre la surface et la protection contre le froid est garantie par un vêtement étanche.

Ces premières descentes dans les profondeurs font plutôt songer à une pierre qui dégringole au fond de l'eau. En dépit de cela, les recherches se poursuivent, notamment pour des équipements alimentés en air depuis la surface, à l'aide de soufflets. Certaines combinaisons sont constituées d'une armature en fil métallique recouverte d'un vêtement étanche. Elles préfigurent les premiers équipements rigides qui apparaissent au milieu du 19e siècle. Après 1850, la liste des brevets pour des appareils sous-marins est déjà longue. Joseph-Martin Cabirol y apporte de nombreuses améliorations au fil des années, comme le rajout d'un manomètre, qui permet de connaître la profondeur du plongeur et de contrôler le fonctionnement de son équipement. Il ajoute également un quatrième hublot sur le casque, au niveau du front. Le plongeur n'est plus obligé de se pencher en arrière pour voir au-dessus de lui. La soupape d'échappement d'air est aussi désormais réglable manuellement, sur le côté du casque et à portée de main. Le système de fermeture du casque sécurisé évite dorénavant l’ouverture accidentelle. Ses équipements connaissent un grand succès auprès de la Marine, des Ponts et Chaussées mais aussi auprès d’entrepreneurs de travaux sous-marins.

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L'ingénierie des habitats sous-marins : Vivre sous la pression

Dans le monde scientifique, l’idée des maisons sous-marines est une conséquence directe des études physiologiques sur la respiration en milieu sous-marin. En 1930, l’ingénieur et plongeur britannique, Robert DAVIS imagine un habitat sous-marin en forme d’igloo. Le quartier d’habitation est équipé de batteries d’air et d’oxygène comprimés et d’un dispositif pour maintenir un air pur et renouvelé pendant quelques jours. Chaque compartiment est équipé de hublots pour observer les fonds marins.

Le 28 août 1962, dans la baie de Villefranche-sur-Mer, Edwin LINK, 58 ans, plonge dans un cylindre de sa fabrication, pendant 8 heures à 18 mètres de profondeur. Peu de scaphandriers sont capables d’atteindre cette profondeur et y rester si longtemps. Mis en chantier en 1956, le cylindre, ou chambre de décompression sous-marine (« submersible decompression chamber » ou SDC), pèse 2,7 tonnes. Bien qu’elle n’ait duré que 24 h, l’expérience est un succès total et un record. Le second volet de l’expérience Man in the Sea est réalisé durant l’été 1964. Robert STENUIT est cette fois accompagné d’un plongeur de la Marine américaine Jon LINDBERGH.

Au début des années 1960, le Commandant COUSTEAU se demande si l’homme peut vivre sous la mer et si oui, combien de temps ? Il décide alors de se lancer, avec son équipe, dans cette nouvelle aventure. Le 14 septembre 1962, la mission Précontinent I débute. L’équipe du Commandant COUSTEAU installe un cylindre à 10 mètres de fond au large de Marseille. Albert FALCO et Claude WESLY vont vivre sous l’eau pendant 1 semaine. Malgré sa petite taille, l’engin est tout confort : télévision, radio, bibliothèque et douche. Neuf mois plus tard en mer Rouge, le projet est encore plus ambitieux : Précontinent II est un véritable petit village construit à 10 mètres de profondeur.

Ce spectaculaire village sous-marin est composé d’une grande maison en forme d’étoile de mer. Les 6 océanautes vont vivre pendant 1 mois sur la base Étoile de Mer respirant un mélange à base d’hélium. En 1965, près de Nice, l’ultime étape Précontinent III voit le jour. Par 110 mètres de fond, est placée une sphère de 5,70 mètres de diamètre, montée sur un châssis rectangulaire. Au cours des années 1960-1970, des habitats subaquatiques divers et variés voient le jour, du simple habitat aux systèmes les plus sophistiqués. La mer Baltique accueille une maison sous-marine en 1968 : BAH (pour Biologische Anstalt Helgoland) est un habitat long de 6 mètres et large de 2 mètres. Le 6 février 1978, le biologiste allemand Hans. W. FRICKE s’installe pour 12 jours dans sa maison sous-marine Neretica posée sur les fonds marins de la mer Rouge. Ce biologiste, spécialisé dans la faune sous-marine, accomplit un rêve : observer les récifs coralliens de la mer Rouge sans limite de temps.

Cadre réglementaire et professionnalisation

La France est une nation de plongeurs et plongeuses. Des côtes méditerranéennes à la Bretagne, en passant par les eaux d’Outre-mer, la pratique compte des dizaines de milliers de passionné·es. Ces textes établissent un véritable droit de la plongée, garantissant la sécurité des pratiquant·es et la qualification des encadrant·es. Selon l’article R., ces titres valent également certificat d’aptitude à l’hyperbarie et certificat de conseiller·ère à la prévention hyperbare au sens du code du travail. En d’autres termes, un ou une moniteur·rice de plongée est aussi un·e professionnel·le de la sécurité sous pression.

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Sur le terrain, chaque plongée organisée par un établissement est placée sous la responsabilité d’un·e directeur ou directrice de plongée. Le/la directeur·rice de plongée doit également disposer d’un plan de secours, de matériel d’oxygénothérapie, d’une VHF (appareil qui permet de communiquer grâce à des ondes radio hertziennes) en mer et d’un ensemble d’équipements d’assistance et de désaturation. Sa responsabilité technique et morale est considérable. En cas d’accident, il ou elle doit prouver que toutes les mesures de sécurité réglementaires ont été respectées. Pour éviter tout relâchement, le code du sport prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour toute personne enseignant la plongée sans qualification.

Sur un plan règlementaire, le Code du sport différencie deux types de milieux : le milieu naturel et la piscine. Sur le littoral maritime et le domaine public maritime, les structures qui arment des navires supports de plongée respectent les règles inhérentes au statut de leur navire, notamment la division 240 pour les navires armés en plaisance. Un navire de plongée doit signaler la présence de plongeurs à l’eau, en arborant soit le pavillon Alpha, soit un pavillon rouge à croix de St André blanche, soit un pavillon de couleur rouge portant une diagonale blanche. Dans un rayon de 100 mètres autour d’un pavillon signalant la présence d’un plongeur, il doit être maintenu en permanence une vitesse appropriée garantissant la sécurité du plongeur ; en tout état de cause, cette vitesse sera limitée à 5 nœuds. La navigation de tout navire, embarcation ou engin flottant ne participant pas aux opérations de plongée est interdite dans un rayon de 100 mètres autour d’une marque signalant la présence de plongeurs.

Le DEJEPS Plongée : Former les experts de demain

Le DEJEPS (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport) est un diplôme national de niveau bac + 2 délivré par le Ministère des Sports. Il forme des cadres experts dans les domaines du sport, de l’animation ou de l’éducation, capables de coordonner des projets et d’encadrer des publics. Le DEJEPS mention « activités de plongée subaquatique » correspond globalement au niveau d’un instructeur E3 en plongée loisir : c’est-à-dire un moniteur capable d’enseigner jusqu’à 40 mètres de profondeur et de diriger techniquement des structures de plongée.

En tant que moniteur DEJEPS, vous pourrez encadrer des plongées jusqu’à 40 m de profondeur et diriger des sorties en autonomie. Le titulaire est habilité à enseigner et encadrer la plongée sous-marine jusqu’à 40 mètres de profondeur, à l’air ou au nitrox, pour tout type de public. Il peut prendre la responsabilité de Directeur de Plongée (DP). Concevoir et planifier des programmes d’animation, d’initiation ou de perfectionnement en plongée, coordonner la mise en œuvre de projets dans une structure de plongée, et gérer la logistique d’un centre font partie intégrante de ses fonctions. Avec le certificat complémentaire, il pourra même tutorer des stagiaires professionnels et encadrer des plongées jusqu’à 60 m de profondeur.

L’accès à la formation est soumis à des exigences préalables strictes. Âge minimum de 18 ans, PSE1 à jour, permis mer côtier, et une expérience de plongée justifiant d’au moins 100 plongées en milieu naturel, dont 30 plongées à 30 mètres de profondeur minimum, sont requis. Le niveau technique requis est le plongeur autonome à 40 m (PA-40) a minima. Les candidats qui ne sont pas titulaires du niveau 4/Guide de palanquée doivent réussir des tests d’exigences préalables (TEP) incluant des épreuves de sauvetage en plongée libre, la gestion d’un accident de plongée en scaphandre et des épreuves théoriques. La formation s’effectue sur 10 à 15 mois en alternance, totalisant 1200 à 1300 heures de cours et de pratique, validées par 4 unités de compétences (UC).

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Mythologie et imaginaire des profondeurs

Les cités englouties ont-elles réellement existé ou sont-elles le fruit de l’imagination des hommes ? Le vrai nom de cette cité fut oublié alors que l’on continuait à la désigner par sa particularité topographique. Cette cité engloutie est l’une des plus connue de Bretagne. Tout commence avec un personnage légendaire, le Roi Gradlon. Pour contenter la demande de son enfant Dahud, Gradlon lui fait construire la plus belle et la plus opulente ville de toute l’Armorique ; une magnifique cité protégée de la mer par des digues et des écluses dont le roi garde la clé. On l’appelle la ville d’Ys. Un jour un prince rouge se présente au palais de Dahud. Il obtient de la princesse la clé des écluses qu’elle a dérobé au cou de son père. La marée est à son plein quand le prince rouge ouvre les portes.

La ville d’Ys est simplement sous les eaux, les habitants continuent d’y vivre et des messes y sont célébrées. Elle subsisterait, enchantée au-dessous des flots, sous une voute. Cette cité contient des campagnes étendues où poussent des arbres et des plantes étranges, qui tiennent de la flore terrestre et marine. En Basse-Bretagne, lorsque les marins cèdent à la séduction des Marie Morgane, ils arrivent dans un palais de nacre et de cristal où les attendent des plaisirs de toutes sortes. Le roi des Poissons, qui dans les contes populaires, parle comme une personne, semble être un homme métamorphosé ou un génie. Le dieu-dragon réside dans un palais au fond de la mer. Nyai Rara Kidul, la Reine des Mers du Sud, érige un palais au fond de la mer, gardé par une armée d’esprits, gardiens de la côte. Upagutta, un saint bouddhiste très populaire en Birmanie, vit au fond de la mer, dans un palais d’or.

Projets de plongée et accomplissement personnel

Lors de la conférence au salon de la plongée en janvier 2020, il s’agissait de voir comment réaliser son projet de plongée. Vivre de sa passion est risqué et effrayant. En tant que passionné de plongée sous-marine nous avons cette chance extraordinaire de voir notre vie guidée par cette activité qui nous procure du plaisir. Il existe de nombreuses possibilités d’inclure sa passion de la plongée dans sa vie. Que ce soit au travers de l’implication dans une association par exemple de défense des océans. Ou comme photographe sous-marin. Ou encore en devenant biologiste marin.

On est là dans le moment présent exactement comme un enfant occupé à jouer dans son monde à lui ce monde que vous ne pouvez même pas appréhender. L’enfant ne se demande pas si son jeu est parfait ou s’il devrait faire plus comme ceci ou plus comme cela. Le monde change et évolue. Avec lui de nouveaux métiers vont apparaître. Il existe une multitude d’idées qui peuvent déboucher sur de nouveaux projets de plongée. Albert Jacquard disait qu’il y a de la place pour tout le monde. Ne négligez donc pas votre réseau. La confiance en soi est finalement comme un muscle : plus vous allez agir, plus vous allez avoir confiance en vous. Pour faire grandir sa confiance en soi, il faut oser se lancer, passer dans l’agir. Plus vous allez rêver en grand, plus vos projets vont être extraordinaires. Cela en cultivant la joie et l’optimisme. Participation à l’évolution du monde de la plongée en apportant vos nouvelles idées. Arrêter de se comparer et ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre. Soyez fier de ce que vous êtes et de ce que vous faites. Le temps est peut-être ce que nous avons de plus précieux, car jamais plus il ne reviendra.

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