Guide complet pour optimiser les performances et le confort de votre voilier

La quête de la performance et du confort à bord d'un voilier est une démarche qui allie technicité, discipline et art de vivre. Que nous naviguions à la journée, ou le temps d’une croisière d’une semaine, la vitesse n’est pas notre priorité, pourtant, il est toujours utile d’améliorer les performances de notre voilier, pour gagner quelques dixièmes de nœuds, voire plus. Le confort est un terme que chacun interprète très différemment, mais il ne réside pas seulement dans l'espace disponible : le comportement en mer, la facilité d'utilisation et les performances de navigation sont également déterminants.

La carène : le socle de la performance

La priorité pour gagner en vitesse sur un voilier est de conserver une carène propre. Ceux qui ont déjà navigué sur un bateau resté à son poste de longs mois connaissent l’importance de la propreté de cette carène. La part de la résistance au frottement dans la résistance totale varie entre 20 et 80 pour cent selon le type de bateau et la vitesse. Il vaut donc toujours la peine de réduire les frottements en obtenant une surface hydrauliquement lisse. L'avant de la coque d'un yacht doit être plus lisse que l'arrière, ou les quilles et les gouvernails à l'avant doivent être plus lisses qu'à l'arrière. L'utilisation d'un antifouling dur à couche mince, bien nivelé par ponçage à l'eau, est une solution éprouvée.

Par ailleurs, les perturbations à l'avant du bateau influencent l'écoulement sur l'ensemble de la coque, c'est pourquoi un propulseur d'étrave ouvert est considéré comme un tueur de puissance extrême. Seuls les modèles rétractables sont vraiment performants, bien qu'ils soient trois fois plus chers et plus lourds. Concernant l'hélice, le passage à une hélice repliable permet un gain allant jusqu'à un demi-nœud par rapport à une tripale rigide, tout en améliorant le comportement sous voile. Enfin, la retouche du profil de la quille et du gouvernail pour obtenir un profil adapté au bateau est une excellente chose, notamment en affinant le bord de fuite jusqu'à environ trois millimètres.

Optimisation du gréement et réglages des voiles

Les voiles sont le moteur du voilier. La vitesse dépend de la capacité de ces voiles à créer de la puissance et à équilibrer le bateau. Des voiles bien réglées vont vous permettre de gagner, réellement, un ou deux nœuds. Le fonctionnement d'un yacht dépend de la qualité de son équipage : l'entraînement est l'une des mesures les plus efficaces. Les rubans de réglage (penons) sont la plus efficace des mesures de réglage et devraient être obligatoires sur tous les voiliers. Ils indiquent avec une extrême précision si le courant est appliqué sur la voile.

L'utilisation de voiles à membrane (aramide ou carbone) constitue l'un des changements les plus perceptibles. Ces voiles ne s'étirent pratiquement plus et conservent leur profil aérodynamique même dans les rafales, ce qui entraîne moins de gîte et plus de propulsion. En termes de poids, la membrane présente également de nets avantages, avec un gain significatif par rapport au Dacron. Pour le réglage, il est essentiel de maîtriser le hale-bas : plus vous bordez le hale-bas, plus la bôme descendra et la voile sera plate. Au portant, il doit être relâché. N'oubliez pas le chariot de génois, primordial pour ajuster l'angle d'écoute, et l'usage de barber-haulers pour affiner le réglage de la voile d'avant vers l'intérieur.

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La chasse au poids et le centrage des masses

Pour gagner en vitesse, vous allez devoir faire la chasse aux poids. Matthias Bröker du bureau de design Judel, Vrolijk & Co quantifie l'effet sur un exemple de yacht de dix mètres : 300 kilogrammes de chargement coûtent 3,5 secondes par mille nautique. Alléger le bateau passe par une meilleure rationalisation de ce que nous emportons. Si l'on doit utiliser du poids, il est préférable de le faire de manière à ce qu'il réduise le moins possible les performances de la voile : arrimez tout ce qui est lourd le plus bas et le plus centralement possible.

Le stockage dans les coffres de cockpit ou dans le triangle avant est une erreur car le bateau sera mal équilibré et aura tendance à taper dans les vagues. Pensez également à ne remplir les réservoirs d'eau et de diesel qu'en fonction des besoins réels. Sur de nombreux yachts de série, le réservoir d'eau à l'avant sert également de poids de trim, mais l'augmentation de la résistance due à l'assiette sur l'arrière peut ralentir le bateau. Enfin, le remplacement des jeux d'outils universels par une sélection adaptée aux vis présentes à bord permet d'économiser jusqu'à 10 kg.

Organisation de l'espace et vie à bord

Un bateau impose une logique d'organisation radicalement différente de celle d'un logement terrestre. Les volumes sont fractionnés et les rangements rarement standardisés. L'optimisation de l'espace doit être pensée dès la préparation du départ. Les sacs souples, étanches ou semi-rigides, s'intègrent plus facilement dans les coffres. Les sacs de compression manuels permettent de réduire le volume des vêtements volumineux tout en les protégeant de l'humidité.

La communication est un point de tension récurrent en croisière. Il est conseillé de détailler par le menu l'action à venir et le rôle de chacun, en privilégiant la communication par gestes ou l'usage d'intercoms. Pour le confort de l'équipage, la règle des 3 F est essentielle : se prémunir de la Faim, du Froid, de la Frousse. Une pharmacie bien organisée et l'anticipation des besoins (chapeaux, crème solaire, plaids) sont indispensables. Prendre soin de l'équipage, c'est avant tout partir en mer reposé et amariné, en impliquant les plus jeunes dans les manœuvres pour rendre l'expérience ludique et formatrice.

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