Amélie Riou, une navigatrice talentueuse originaire de Lanmeur, près de Morlaix, en Bretagne, s'est illustrée dans divers domaines de la voile de compétition. Issue d'une famille d'agriculteurs, elle a su tracer son propre chemin dans le monde exigeant de la voile de haut niveau, participant à des compétitions prestigieuses telles que les Jeux Olympiques, SailGP et l'America's Cup. Son parcours est marqué par une détermination sans faille, un esprit d'équipe remarquable et une passion communicative pour la voile.
Les débuts d'une passion
Née à Morlaix il y a 31 ans, Amélie Riou n'était pas forcément destinée à une carrière de navigatrice professionnelle. Ses parents sont agriculteurs à Lanmeur, dans le Finistère. Cependant, avec des ancêtres originaires de l'île de Batz, un père attiré par la mer et une sœur aînée et des cousins qui pratiquent la voile, la jeune Bretonne découvre très tôt les joies de la navigation. Elle commence la voile à l'âge de 6 ans à l'école de voile de Locquirec, où elle s'initie à l'Optimist. Elle suit ensuite l'exemple de sa sœur en participant à des compétitions. Bien qu'elle n'ait pas obtenu d'excellents résultats au début, elle persévère et, grâce à sa grande taille, elle passe au Laser 4.7. Après une saison et demie, elle rejoint une section sport-études à Kerichen, à Brest, où elle passe au Laser Radial. Amélie se souvient d'un goût immodéré pour le sport à cette époque. Cet enthousiasme, associé à une grande assiduité à l'entraînement, lui ouvre progressivement les portes du haut niveau, où son caractère travailleur trouve un terrain d'expression idéal.
La voile olympique : Laser, Nacra 17 et 49er FX
Formée à l'école de la voile olympique, Amélie Riou a navigué sur différents supports tels que le Laser, le Nacra 17 et le 49er FX. Après les Jeux de 2016, elle en a eu marre du Laser. Les dernières années avaient demandé beaucoup de sacrifices et de discipline. Elle se sentait asphyxiée. Un jour, Billy Besson la contacte pour lui proposer de remplacer Marie Riou qui partait sur la Volvo Ocean Race avec Dongfeng. Une nouvelle aventure en double. Mais quelques mois après le début de leurs entraînements, elle se fracture le péroné. Elle a mis du temps à se faire opérer et après huit mois sans naviguer, Billy a fini par avancer de son côté. Par la suite, Tim Mourniac lui propose de faire équipe avec lui. C’est le début du Nacra 17 à foils. Mais il avait du mal à gérer ses études et son projet sportif, et finalement arrête. Engagée en 49erFX avec Lara Granier (9e des Mondiaux en 2021), elle espère se sélectionner pour Paris 2024. Cependant, malgré des années de travail acharné et de préparation intensive avec sa coéquipière Lara Granier, la fédération a finalement choisi un autre duo pour représenter la France aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Une déception difficile à surmonter pour Amélie, qui avait fait de ces Jeux un objectif majeur.
SailGP : Une expérience enrichissante
En parallèle de son projet olympique, Amélie Riou a intégré le circuit SailGP, une compétition de voile de haute technologie mettant en scène des catamarans volants F50. Elle a rejoint l'équipe française après avoir contacté Bruno Dubois, le team manager, et participé aux sélections en février 2021. Elle raconte que de voir ces bateaux, ça lui faisait rêver, mais c'était quelque chose d'inaccessible. Quand il y a eu cette ouverture, entre guillemets, cette mise en place de quota pour les athlètes féminines sur SailGP, elle s'est dit que ça devenait possible. Au début, elle ne figurait pas dans la short-list des candidates pouvant intégrer l'équipe française. Elle a pris les devants, elle a contacté Bruno Dubois (le team manager) et participé aux sélections en février 2021. Si elle n'avait pas décroché son téléphone, elle ne serait peut-être pas là aujourd'hui ! Sa première navigation à bord du F50 aux Bermudes a été une expérience incroyable. Elle venait du Laser (dériveur olympique), qui, on ne va pas se mentir, n'atteint pas des vitesses excessives. Sur le F50, on se fait brasser de tous les côtés. Elle se sentait comme dans un manège. Il ne faut pas avoir peur et il faut appréhender la vitesse, mais au bout de deux jours, ça va. Les premiers temps, rien que de traverser le trampoline (d'une coque à l'autre lors des changements de bord), ce n'était pas évident. Une fois qu'elle a pris ses repères, elle s'est sentie à l'aise.
Amélie occupe le poste de tacticienne au sein de l'équipe, où elle est chargée d'analyser les adversaires, leur positionnement sur le plan d'eau et de prendre des décisions rapides et précises. Elle explique que dans les prises de décision, il n'y a pas de place à l'incertitude, ça va trop vite. C'est du tac au tac. Elle doit à la fois être concentrée sur la vitesse du bateau et sur tout ce qui se passe autour. Il faut être capable de trancher, c'est le facteur numéro un. Tout cela à haute vitesse. Cela lui demande beaucoup d'effort de concentration. Après quelques mois de navigation à bord, elle se sent plus à l'aise et travaille en étroite collaboration avec Quentin Delapierre pour améliorer la communication et la coordination au sein de l'équipage. Elle est consciente de la chance qu'elle a de se retrouver face à des stars comme Ben Ainslie ou Jimmy Spithill et elle est déterminée à prouver qu'elle mérite sa place parmi ces grands noms de la voile. Participer à SailGP est une expérience hyper complémentaire à son projet olympique et elle considère que c'est une chance d'être là.
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Women's America's Cup : Un nouveau défi
En parallèle de ses engagements olympiques et SailGP, Amélie Riou a été sélectionnée pour participer à la première Women's America's Cup, qui se déroulera à Barcelone en septembre 2024. Elle fera partie de l'équipe Orient Express Racing Team et aura l'opportunité de concourir sur un circuit prestigieux et historique. Elle est très concentrée dès qu’elle régate en mer, elle ne se départit jamais de son large sourire une fois la course terminée.
Une source d'inspiration
Amélie Riou est une travailleuse acharnée, positive et appréciée de ses coéquipiers. Tous louent sa bonne humeur permanente et sa furieuse envie de gagner. Son parcours est une source d'inspiration pour les jeunes navigateurs et navigatrices qui rêvent de percer dans le monde de la voile de compétition. Elle incarne la persévérance, le courage et la passion, des valeurs essentielles pour atteindre ses objectifs et surmonter les obstacles. Elle a toujours su se faire apprécier de ses coéquipiers. Tous louent sa bonne humeur permanente et sa furieuse envie de gagner.
L'avenir : Entre JO, SailGP et America's Cup
À 31 ans, Amélie Riou est impliquée dans trois projets de très haut niveau : préparation olympique pour les Jeux de Paris 2024, stratégiste au sein de l’équipe de France de SailGP et sélectionnée au sein d’Orient Express Racing Team pour la première Women’s America’s Cup de l’histoire en septembre 2024 à Barcelone. Elle envisage l'avenir avec optimisme et détermination, en se concentrant sur ses objectifs prioritaires tout en saisissant les opportunités qui se présentent à elle. Elle rêve de participer un jour à une Coupe de l'America pour les femmes et de faire partie du projet français. Elle est consciente des sacrifices que demande la voile de haut niveau, mais elle est prête à tout donner pour réaliser ses rêves et porter haut les couleurs de la France.
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