L'art, dans sa beauté et sa complexité, se manifeste sous de multiples formes. Peu d'artistes ont su les exprimer avec autant d'habileté qu'Alonso Cano, figure emblématique du Siècle d'Or espagnol, dont le talent s'est décliné en peinture, en sculpture et en architecture. Au sein de la riche collection artistique du Château de Chenonceau, demeure privée qui n'entre pas, a priori, dans le cadre d'un musée mais qui abrite des trésors inestimables, figure une œuvre notable de cet artiste polyvalent : "Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle". Cette toile n'est pas seulement un témoignage de la maîtrise de Cano, mais aussi un point de rencontre entre l'histoire religieuse espagnole et le patrimoine artistique français, s'insérant dans un cadre historique d'une profondeur exceptionnelle.
L'Œuvre au Centre de l'Attention : "Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle"
La toile "Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle" d'Alonso Cano (1601-1667) occupe une place de choix parmi les peintures à sujets religieux qui ornent les murs de la Chapelle du Château de Chenonceau. Cette œuvre dépeint un moment de ferveur spirituelle, plaçant les Rois Catholiques d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ière de Castille, en présence du Christ. La composition, le traitement des personnages et l'atmosphère de piété qui s'en dégage sont caractéristiques de la période et du style de Cano, reflétant la vertu et la dévotion. L'œuvre invite à la contemplation, mêlant habilement la narration biblique à la représentation de figures historiques majeures, une pratique courante pour souligner l'importance de la foi monarchique. Elle côtoie d'autres pièces de grande valeur, comme "La Vierge au voile bleu" d'Il Sassoferrato, "Saint Antoine de Padoue" de Murillo, et une "Assomption" de Jouvenet, créant un ensemble cohérent dédié à la spiritualité.
La Chapelle de Chenonceau : Un Écrin Historique et Spirituel
L'emplacement de "Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle" dans la Chapelle de Chenonceau est en soi un élément essentiel de son histoire et de sa perception. Accessible depuis la Salle des Gardes par une porte surmontée d'une statue de la Vierge, cette chapelle est un lieu chargé d'histoire et de symbolisme. Les vantaux de cette porte, en chêne, représentent le Christ et Saint Thomas, reprenant les paroles de l'Évangile selon Saint Jean : "Avance ton doigt ici" et "Tu es mon Seigneur et mon Dieu", des inscriptions qui introduisent le visiteur dans une dimension de foi profonde avant même de pénétrer l'espace sacré.
À l'intérieur, la chapelle révèle des détails architecturaux et artistiques remarquables. Les vitraux modernes, œuvre du maître-verrier Max Ingrand en 1954, remplacent les originaux détruits par un bombardement en 1944, témoignant de la résilience du lieu. Dans la loggia, à droite, se trouve une Vierge à l'Enfant en marbre de Carrare de Mino da Fiesole, ajoutant une touche de la Renaissance italienne à cet espace. Dominant la nef, la Tribune Royale, datée de 1521, était l'endroit d'où les reines assistaient à la messe, soulignant la vocation royale de Chenonceau. Une crédence ouvragée, ornée de la devise des Bohier, les bâtisseurs du château, se situe à droite de l'autel.
Les murs de la chapelle portent des traces du passé lointain, notamment des inscriptions laissées par les gardes écossais de la Reine Marie Stuart. On peut encore lire, à droite en entrant, la date de 1543 accompagnée de la maxime "La colère de l'Homme n'accomplit pas la Justice de Dieu", et celle de 1546 avec "Ne soyez pas vaincus par le Mal". Ces témoignages historiques confèrent une profondeur supplémentaire à ce lieu de recueillement. Il est remarquable de noter que cette chapelle a été sauvegardée durant la Révolution Française grâce à la perspicacité de la propriétaire de l'époque, Madame Dupin, qui eut l'idée ingénieuse d'en faire une réserve à bois, la protégeant ainsi de la destruction.
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Alonso Cano : Un Génie Polyvalent de l'Âge d'Or Espagnol
Alonso Cano, né le 19 février 1601 à Grenade, en Espagne, au sein d'une famille d'artisans, est rapidement devenu une figure emblématique de l'art espagnol, reconnu pour son "triple talent" en peinture, sculpture et architecture. Il est considéré comme le fondateur de la "Escuela granadina de pintura", l'école grenadine de peinture, dont il a posé les bases stylistiques et thématiques. Sa capacité à exceller dans ces trois disciplines fait de lui un artiste d'une polyvalence rare et exceptionnelle pour son époque.
Son parcours artistique a débuté dès sa jeunesse, lorsqu'il a déménagé à Séville avec sa famille. C'est là qu'il a eu l'opportunité d'étudier auprès de maîtres de renom tels que Juan del Castillo, Francisco Pacheco (le beau-père de Diego Velázquez) et Francisco Herrera l'Ancien. Grâce à l'éducation rigoureuse de son père et au soutien indéfectible de ses professeurs et mentors, Cano a développé une grande adaptabilité, lui permettant de se spécialiser dans un large éventail de formes d'art. Cette formation complète lui a donné la liberté de concevoir des autels pour des églises, comme celles de S. Paula et S. Alberto, tout en réalisant des portraits de saints, tels que Jean Baptiste et Jean l'Évangéliste pour l'église de l'université.
La Formation et l'Ascension d'un Maître : De Séville à la Cour Royale
Le destin d'Alonso Cano prit un tournant décisif lorsqu'il se rendit à Madrid en 1637. Grâce à une recommandation élogieuse de Diego Velázquez, un autre géant de l'art espagnol, Cano fut nommé peintre de la cour du roi Philippe IV. Ce mandat royal ne fut pas seulement un honneur, mais aussi une formidable opportunité pour lui de développer ses compétences au plus haut niveau. En tant que peintre de la cour, il supervisa tous les bâtiments royaux et eut l'occasion d'orner de peintures les pièces de l'Alcázar, le palais royal de Madrid.
Au-delà des commandes royales, Cano s'est distingué par son travail religieux profond. Pour des édifices sacrés comme les églises de San Isidro el Real et San Miguel, il choisit des sujets religieux qui, à travers ses pinceaux, reflétaient la vertu et la dévotion du peuple espagnol. Ses compositions se caractérisent par une capacité à transfigurer le sacré en images éloquentes, accessibles et profondément ressenties.
Malgré cette ascension fulgurante, la vie de Cano ne fut pas exempte de difficultés. Il dut faire face à de graves turbulences personnelles et à des accusations qui le forcèrent à quitter Madrid. Cependant, même dans l'adversité, Cano est resté fidèle à son art. Durant son exil volontaire, il réalisa à Valence des peintures significatives pour la chartreuse de Porta Coeli ainsi que pour les églises de San Juan de Ribera et S. Francisco, démontrant sa constance et son engagement artistique. Son retour à Grenade en 1652 marqua un autre point culminant de sa carrière. Il y fut nommé résident ecclésiastique et reçut un bénéfice du chapitre de la cathédrale, un signe de reconnaissance de son immense talent et de sa piété.
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L'Héritage Artistique et la "Escuela Granadina"
L'œuvre d'Alonso Cano se distingue par une alliance unique de rigueur dans le dessin et de grâce dans l'exécution. Cette dualité confère à ses peintures une expressivité particulière, une force tranquille qui marque les esprits. Ses créations sont aujourd'hui admirées dans des musées prestigieux à travers le monde, tels que le Museo del Prado à Madrid et la Berliner Galerie. La capacité de Cano à reprendre des motifs anciens et à les réinterpréter avec une sensibilité toute personnelle, sans jamais avoir eu l'occasion de visiter l'Italie, témoigne de son extraordinaire génie artistique et de sa capacité innée à puiser dans un imaginaire riche.
En tant que pilier de la "Escuela granadina de pintura", Cano a insufflé une nouvelle vitalité à l'art de sa région natale. Son influence s'est étendue non seulement à travers ses peintures et sculptures, mais aussi par ses conceptions architecturales. Ses disciples et les artistes qui l'ont suivi ont continué à développer les caractéristiques stylistiques qu'il avait établies, faisant de Grenade un centre artistique majeur de l'Espagne. La fusion de l'émotion et de la précision dans ses œuvres, le rendu expressif des figures, et la maîtrise des couleurs et des lumières, sont autant d'éléments qui ont façonné cette école et qui continuent d'émouvoir les observateurs.
La Trajectoire des Œuvres de Cano à travers l'Histoire : Collections et Catalogues
La provenance et la dispersion des œuvres d'Alonso Cano au fil des siècles révèlent la fascination qu'elles ont exercée sur les collectionneurs et les institutions. Un exemple notable est celui d'un lot de 14 tableaux, initialement sans nom d'artiste, acquis en 1810 par le maréchal Soult (1769-1851) auprès de la sœur économe du Couvent de Santa Paula à Séville. Ces œuvres, comme le stipule le reçu du 31 décembre 1810, furent rapportées en France et installées dans son hôtel de la rue de l'Université, à Paris.
Après le décès du maréchal Soult, lors de la vente de sa collection à Paris le 22 mai 1852, plusieurs tableaux attribués à Cano émergèrent. Parmi eux, le n° 46 désignait un "Saint Jean" de Cano, et le n° 47 un "Saint Jacques". Le duc de Galliera (1808-1876), un collectionneur averti, acquit ces deux œuvres ainsi que d'autres pièces de Cano, à l'exception du n° 43, une "Vision de saint Jean", qui fut achetée par Hertford et se retrouve aujourd'hui à la Wallace Collection de Londres, selon le catalogue de vente post-mortem du maréchal Soult.
Ces mouvements d'œuvres sont documentés dans des publications de référence, soulignant l'importance continue de Cano dans l'histoire de l'art. On retrouve par exemple la mention de deux œuvres d'école espagnole du XVIIe siècle, un "Saint Jean" et un "Saint Jacques", lors d'une vente à Amsterdam chez Sotheby's Mark van Waay en 1976, sous le n° 195a. La reconnaissance de Cano et de son école est également attestée par les études et catalogues de musées. Élisabeth Foucart-Walter, dans son ouvrage "Écoles espagnole, portugaise et mexicaine" pour le catalogue des peintures britanniques, espagnoles, germaniques, scandinaves et diverses du musée du Louvre (publié par les éditions Louvre / Gallimard en 2013), consacre plusieurs pages à l'artiste, notamment à la page 67, illustrée. Les catalogues du département des peintures du musée du Louvre, comme ceux de Gerard Powell et Claudie Ressort (2002) ou le "Catalogue sommaire illustré des peintures" de Brejon de Lavergnée et Dominique Thiébaut (1981), incluent également des références à Cano. Jeannine Baticle a spécifiquement exploré "Deux tableaux d'Alonso Cano au musée du Louvre" dans "La Revue du Louvre et des musées de France" en 1979, proposant un "Essai de reconstitution d'un retable" sur les pages 123 à 134. Ces publications académiques soulignent l'importance de son corpus et le travail de recherche qui lui est consacré.
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Le Château de Chenonceau : Écrin d'Art et d'Histoire
Le Château de Chenonceau, souvent surnommé le "Château des Dames" pour avoir accueilli et été marqué par de nombreuses femmes influentes de l'histoire de France, constitue un cadre exceptionnel pour des œuvres d'art telles que celle d'Alonso Cano. Cette magnifique demeure du Val de Loire, bien que privée, offre une immersion profonde dans l'histoire et l'art. La visite, telle que celle effectuée un samedi 31 octobre, ou le 25 février 2009, permet de saisir l'ampleur de son patrimoine.
Construit au XVIe siècle par Thomas Bohier, Chenonceau se présente d'abord par un grand parc, précédant la Tour des Marques. Cette tour, bâtie dans un style Renaissance, ne sert plus aujourd'hui qu'à la vente de souvenirs, mais son passé est riche. L'avant-cour, qui reproduit le plan de l'ancien château médiéval délimité par les douves, conserve à côté de la Tour des Marques, un puits orné d'une chimère et d'un aigle, emblèmes de la famille des Marques. En s'avançant vers le château, édifié sur les piles de l'ancien moulin fortifié, on découvre la porte d'entrée monumentale. D'époque François Ier, cette porte en bois sculpté et peint arbore à gauche les armes de Thomas Bohier et à droite celles de son épouse Katherine Briconnet - les constructeurs de Chenonceau. Elles sont surmontées de la salamandre de François Ier et de l'inscription "François, par la grâce de Dieu, Roi de France et Claude, Reine des Français", marquant ainsi le lien intrinsèque entre la royauté et la construction de ce joyau architectural.
Les Origines du Château et la Marque des Bâtisseurs
La Salle des Gardes, première pièce où le visiteur pénètre, était autrefois le lieu où se tenaient les hommes d'armes chargés de la protection royale. La cheminée du XVIe siècle y est ornée des armes de Thomas Bohier. Sur la porte en chêne, également du XVIe siècle, sous les figures de leurs saints patrons (Sainte Catherine et Saint Thomas), on peut lire la devise de Thomas Bohier et Katherine Briconnet : "S'il vient à point, me sowiedra", signifiant "si je parviens à construire Chenonceau, on se souviendra de moi". Aux murs, une suite de tapisseries des Flandres du XVIe siècle dépeint des scènes de la vie de château, une demande en mariage ou une scène de chasse, illustrant la vie quotidienne de l'aristocratie. Les coffres, mêlant styles gothique et Renaissance, contenaient au XVIe siècle l'argenterie, la vaisselle et les tapisseries qui accompagnaient la Cour lors de ses déplacements. Le plafond à solives apparentes porte les deux "C" entrelacés de Catherine de Médicis, tandis que le sol conserve des vestiges d'une majolique du XVIe siècle.
Les Demeures de Dames Illustres
Le château est indissociable de l'histoire des femmes qui l'ont habité. La Chambre de Diane de Poitiers fut la pièce de la favorite du Roi Henri II, à laquelle il avait fait don de Chenonceau. Après la mort d'Henri II en 1559, sa veuve Catherine de Médicis se fit restituer le château, offrant en échange Chaumont-sur-Loire à Diane. La cheminée de Jean Goujon, sculpteur français de l'École de Fontainebleau, ainsi que le plafond à caissons, portent les initiales d'Henri II et Catherine de Médicis : H et C, entrelacées de manière à pouvoir former le D de Diane de Poitiers, un hommage subtil et complexe. Le lit à baldaquin, du début du XVIIe siècle, et les fauteuils Henri II, recouverts de cuir de Cordoue, reconstituent l'ambiance de l'époque. Sur une magnifique table Renaissance en marqueterie, un bronze du XIXe siècle de la "Diane d'Anet" évoque le souvenir de la favorite. Un portrait du XIXe siècle de Catherine de Médicis par Sauvage orne également la cheminée. Deux tapisseries monumentales des Flandres du XVIe siècle y sont exposées : "Le Triomphe de la Force", avec la Force sur un char tiré par deux lions, entourée de scènes de l'Ancien Testament, et "Le Triomphe de la Charité", où la Charité, sur un char, tient un cœur et montre le soleil, cernée d'épisodes bibliques. Ces tapisseries portent des devises latines aux significations profondes, invitant à la piété et à la vertu. Une "Vierge à l'Enfant" de Murillo et une toile de l'École italienne du XVIIe siècle, "Le Christ dépouillé de ses vêtements" par Ribalta, le maître de Ribera, complètent cette pièce. Sous cette dernière, une bibliothèque renferme les archives de Chenonceau, dont un exemplaire exposé permet de reconnaître les signatures de Thomas Bohier et Diane de Poitiers.
Le Vestibule du Second Étage a conservé intactes les restaurations effectuées au XIXe siècle par l'architecte Roguet, disciple de Viollet le Duc. On y découvre une tapisserie de Neuilly du XIXe siècle symbolisant le Cher, avec une gondole vénitienne, réellement transportée à Chenonceau par Madame Pelouze. "Le Château de Chenonceau" de Pierre Justin Ouvrié, ainsi que des crédences et un pavage du sol Renaissance, enrichissent cet espace.
La Chambre de Louise de Lorraine est empreinte d'une atmosphère pieuse et funèbre. Après l'assassinat de son époux, le Roi Henri III, par le moine Jacques Clément le 1er août 1589, Louise de Lorraine se retira à Chenonceau pour une vie de recueillement et de prière. Entourée de religieuses, elle fut surnommée "la Reine Blanche", toujours vêtue de blanc selon l'étiquette royale du deuil. Sa chambre, reconstituée autour du plafond d'origine, s'orne d'attributs de deuil : larmes d'argent, cordelières des veuves, couronnes d'épines, et la lettre grecque lambda, initiale de Louise, entrelacée au H de Henri III. Un Christ à la couronne d'épines et une peinture religieuse sur bois du XVIe siècle ornent la cheminée, tandis que le mobilier est également du XVIe siècle.
Une Collection Artistique Éclectique
Au-delà de l'œuvre d'Alonso Cano et des pièces déjà mentionnées, Chenonceau abrite une collection d'art d'une richesse remarquable, illustrant la diversité des goûts et des époques. La Librairie, par exemple, expose au-dessus de sa porte une "Sainte Famille" d'Andrea del Sarto, représentant la Vierge à l'Enfant avec Jean-Baptiste enfant. On y trouve également deux scènes de la vie de Saint Benoît par Jacopo da Ponte, dit Jacopo Bassano : "St Benoît au Mont Cassin" et "St Benoît dans son ermitage". Le Corrège est représenté par une "Martyre".
Le Cabinet vert abrite un grand nombre de peintures, dont des œuvres de Jacopo Robusti, dit Il Tintoret ou Le Tintoretto ("La Reine de Saba", "Portrait d’un Doge"), Jacob Jordaens ("Silène ivre"), Hendrick Goltzius ("Samson et le Lion"), Jean Jouvenet ("Jésus chassant les marchands du Temple", "Héliodore chassé du Temple", "Assomption", belle esquisse), Bartholoméus Spranger ("Scène allégorique"), Paolo Caliari, dit Paolo Véronèse ("Étude de tête de femme"), Nicolas Poussin ("La Fuite en Égypte"), Antoon van Dyck ("L’Enfant aux Fruits"), Jose de Ribera, dit Il Spagnoletto ("Trois évêques"), Giovanni Antonio Bazzi, dit Le Sodoma ("Le Christ et St Thomas"), Ludovico Carracci ("Femme au bain") et Luis Tristan ("Tête de Moine"). L'École italienne du XVIIe siècle présente "Le Christ dépouillé de ses vêtements", tandis que l'École française du XVIIe siècle offre "L'Enlèvement d’Hébé" et "L'Enlèvement de Ganymède".
La Chambre de François Ier expose les œuvres de Jan van Ravenstein ("L’Homme à la Collerette", "L’Homme à la Barbe rousse", "L’Homme à la Barbe grise"), Francesco Primaticcio, dit Le Primatice ("Portrait de Diane de Poitiers en Diane chasseresse"), Antoon van Dyck ("Autoportrait"), Ambroise Dubois ("Portrait de Gabrielle d’Estrée en Diane chasseresse"), et Francisco de Zurbarán ("Archimède"). J.-Baptiste van Loo propose "Les Trois Grâces" (1765), et Hyacinthe Rigaud, un somptueux "Portrait de Louis XIV" dans un énorme cadre doré sculpté par Lepautre. Pierre-Paul Rubens y est présent avec "L’Enfant Jésus et Jean-Baptiste enfant", acquis en 1889 à la vente de la collection du roi d’Espagne Joseph Bonaparte. On retrouve également un "Portrait du roi Louis XV" de J.-Baptiste van Loo, et des portraits de J.-Marc Nattier ("Portrait de la princesse de Rohan", "Portrait de Mme Dupin"). Caspar Netscher est représenté par le "Portrait de Chamillard, ministre de Louis XIV" et un "Portrait d’homme". Une œuvre de l'école allemande du XVIIe siècle représente "Deux évêques". Au premier étage, la Chambre des Cinq Reines abrite "L’Adoration des Mages" de Rubens, une étude pour le grand tableau du Prado, et le "Portrait de la duchesse d’Olonne" de Pierre Mignard. Le Corrège y est présent avec "L’Éducation de l’Amour", avec Vénus et Mercure (une réplique se trouve à la National Gallery de Londres). Le cabinet d'estampes expose une importante collection de dessins et de gravures du château. La Chambre de César de Vendôme est ornée d'un "Portrait de St Joseph" de Bartolomé Esteban Murillo. La Chambre de Gabrielle d'Estrée, quant à elle, présente "Enfant à l'Agneau" de Francisco Ribalta. Une école non identifiée propose un ensemble de peintures, gravures et sculptures, dont des sculptures en bronze, plus grandes que nature, représentant des couples enlacés, dans une forme d'art que d'aucuns peuvent trouver répétitive mais toujours techniquement maîtrisée.
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