Le surf a le vent en poupe. Loin de son image passée de sport inaccessible, réservé aux hommes solides et intrépides, aujourd’hui, le surf, c’est une bouffée d’oxygène pour une société qui en a bien besoin. Car c’est probablement ce que le surf a de plus beau à offrir. Lorsqu’on se retrouve dans l’eau, face à soi-même, à observer les vagues qui nous sont envoyées par mère nature, on ne pense plus à rien. On fait le vide complet. Et lorsqu’on ajoute à cela les sensations de glisse procurées par notre première vague, nous voilà complètement accroc !
À quand la prochaine session ? Ce sentiment est tellement puissant que certains déménagent pour se rapprocher des spots et donner plus de place au surf dans leur vie. Pendant que d’autres rentrent se morfondre à la maison en décomptant les jours avant les prochaines vacances. Tout le monde peut apprendre le surf. On peut débuter à 30, 40, 50 ans. Et même après. La seule obligation est d’être à l’aise dans l’eau et de ne pas en avoir peur. Il ne faut par contre pas avoir de fausse peur, par exemple avoir peur des vagues. L’apprentissage du surf se fait dans des vagues minuscules. Et puis, progressivement et si tu le souhaites, tu pourras aller dans des vagues de plus en plus grosses.
L’importance de l’encadrement et de la progression
Tu souhaites commencer le surf ? Tu peux bien sûr apprendre à surfer seul. Mais sache que ce sera plus long. Prendre un cours de surf te garantit d'avoir les bons conseils au bon moment mais aussi de te tracasser uniquement de ton surf. Tu apprendras donc à surfer plus rapidement. Lorsque tu es seul, tu hésites et tu te poses des questions. Est-ce que je suis sur le bon spot ? Est-ce que j'ai le niveau ? Est-ce que c'est la bonne marée ? Est-ce que j'ai la bonne planche ? Quand tu es avec un moniteur, tu oublies tout ça et tu te concentres sur ta progression. Tu as aussi un esprit de groupe qui se crée et qui encourage le progrès.
Avec plus de 150 écoles de surf, la France est clairement un pays de surf. Certaines régions sont évidemment plus propices que d'autres, on pense par exemple aux Landes et au Pays Basque. Mais il y a aussi la Bretagne, le Pays de la Loire et la Normandie. Le surf est un sport très physique et complet. L’ensemble du corps travaille, que ce soit au niveau des muscles ou du cardio. On peut penser que les jambes travaillent peu mais c'est faux. Il n'est pas rare que j'aie des crampes aux jambes lors d'une session de surf. Après quelques sessions de surf, tes muscles vont te faire mal. C’est souvent une partie très compliquée pour un débutant : il est exténué après 30 minutes dans l’eau. Surtout à cause de la rame qui est une activité physique, surtout lorsqu’on débute et qu’on a pas la bonne technique. Arriver avec une bonne condition physique est donc un avantage indéniable. Entre 2 débutants, celui avec la meilleure condition physique profitera nettement mieux de ses premiers cours de surf et progressera beaucoup plus vite. Travaille donc ton cardio et ta musculature avant d’aller à l’eau. La nage (crawl) est le sport le plus complet et adapté pour te préparer au surf.
Comprendre l'océan : spots, marées et conditions
Avant d’apprendre à faire du surf, il faut tout d’abord être capable de choisir le bon spot pour débuter. Une des plus grosses erreurs des débutants est de se lancer sur un spot qui n’est pas adapté à leur niveau. Ce qui est dangereux pour eux car ils peuvent se blesser, avec des vagues trop grosses, des rochers, des courants, etc. et c’est aussi très dangereux pour les autres surfeurs du spot. C’est aussi un manque de respect. Il est donc important de bien te renseigner concernant les spots autour de chez toi avant de te mettre à l’eau. Renseigne-toi auprès d’autres surfeurs mais aussi des écoles. C’est d’ailleurs généralement une bonne idée : aller là où les écoles vont.
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Connaître le spot n’est pas suffisant car les conditions sur celui-ci peuvent changer radicalement en fonction des prévisions météo. La taille en mètres est assez parlante et compréhensible par tout le monde. Mais l’autre critère hyper important à ne pas négliger est la période qui peut complètement transformer le spot. La période représente la distance en secondes entre 2 vagues. Une période de 5 à 8 secondes reste petite et donnera des vagues de taille annoncée. Mais dès qu’on dépasse 10 secondes de période et plus ce chiffre augmente, plus la taille des vagues va augmenter significativement ainsi que leur puissance. Donc 1m de vague et 8s de période n’a rien avoir du tout avec 1m et 16 de période. La 2ème combinaison te donnera probablement des vagues de plus de 2m. L’orientation de la houle est également importante car cela peut faire qu’un spot fonctionne ou pas du tout. La houle de nord-ouest rentre peut-être parfaitement sur ton spot mais pas du tout si elle est orientée sud. Le vent peut lui aussi transformer un spot et le rendre plus ou moins dangereux. Un vent fort onshore (qui vient de la mer) va faire grossir les vagues et faire casser plus vite. Un vent offshore (de la plage) va ralentir les vagues, les creuser et elles vont donc déferler plus tard. Enfin, autre critère primordial: la marée et son coefficient. Ton spot fonctionne peut-être à marée haute mais pas du tout à marée basse ou inversement. Peut-être qu’à marée descendante, un courant important et dangereux se crée. Peut-être que des rochers apparaissent à marée basse, et ainsi de suite. On ne connait pas un spot après y avoir été une fois avec son école. Un spot évolue en permanence en fonction de nombreux paramètres.
Tu dois bien comprendre aussi le type de spot sur lequel tu te rends et comment s’y forment les vagues. Une vague est de l’énergie qui se propage et avance dans l’eau, elle va prendre de la hauteur, se former et déferler en fonction des fonds marins. Lorsque la vague s’approche du bord, elle va être confrontée à un fond qui va complètement impacter la vague : forme, taille, vitesse de déferlement, etc. C’est donc le type de fond qui va déterminer le type de spot. Beach break: un spot avec un fond sableux. Reef break: un spot sur fond de rocher ou de corail. Est-ce que les vagues formées sont des gauches ou des droites ? C’est important car cela va déterminer si tu vas surfer en frontside ou backside : face à la vague ou dos à la vague. J’ai parlé dans le paragraphe précédent de frontside et backside. Cela implique que tu sais si tu es regular ou goofy et donc comment tu vas te tenir debout sur ta planche. Vas-tu mettre ta jambe gauche devant (regular) ou ta jambe droite (goofy) ? Attention, ce n’est pas parce que tu es regular ou goofy en snowboard, skateboard, surfskate, wakeboard ou autre que tu auras le même type en surf. Si tu ne sais pas encore si tu es regular ou goofy, fais ce rapide test : ferme les yeux et demande à une personne derrière toi de te pousser délicatement vers l’avant. Quel pied poses-tu naturellement en premier ? Si c’est le gauche tu es regular sinon goofy. Pour répondre à cette question, tu peux aussi monter des escaliers.
L’équipement : le choix de la planche et les accessoires
Mal choisir sa planche de surf est l’erreur numéro un de tous les surfeurs. Et pas seulement des débutants. Il est important d’avoir une planche adaptée à son niveau sinon cela rend l’apprentissage beaucoup plus long et difficile. Le plus important pour un débutant est de choisir une planche très stable sur laquelle il flottera très bien. Qu’il soit couché ou debout dessus. Cela lui permettra de ramer plus vite et plus facilement, de prendre des vagues plus facilement, de se lever plus facilement et de rester plus facilement debout sur sa planche. Le seul inconvénient est qu’une grande planche de débutant est plus compliquée à porter et à transporter (tu ne t’imaginais pas utiliser un shortboard dès ta première session n’est-ce pas?).
Une planche est stable car elle a un grand volume et donc une grande taille. Plus une planche est volumineuse, large et longue, plus elle sera facile à utiliser. Le volume est déterminé en litres tandis que de manière historique (le surf est originaire des USA), les tailles sont données en pieds et en pouces. En plus de sa taille et de son volume, un débutant doit absolument s’orienter vers une planche sécurisante, à savoir une planche en mousse. Ces planches sont couvertes de mousse, ce qui les rend beaucoup moins dangereuses pour le surfeur et les personnes autour. Car la majorité des accidents en surf ont lieu lorsqu’une personne perd le contrôle de sa planche et qu’elle fonce sur quelqu’un d’autre. Pour certaines planches en mousse et pour toutes les planches en dur, tu vas devoir apprendre à mettre de la wax. Cette cire permet à ta planche de ne pas glisser sous tes pieds. Sans elle, c'est la glissade assurée ! Tu vas également devoir utiliser un leash, cette fameuse corde que tu attaches à ta cheville et à ta planche.
Les dérives jouent un rôle crucial dans la pratique du surf et ont un impact significatif sur la stabilité, la maniabilité et la performance globale du surfeur. Elles permettent au surfeur de contrôler la direction de sa planche. Le nombre, la taille et la forme des dérives affectent la maniabilité de la planche. Les surfeurs peuvent choisir des configurations d'ailerons en fonction de leur style de surf et des conditions de vagues. En ajustant les dérives en fonction des vagues, les surfeurs peuvent optimiser leur performance.
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Maîtriser le take-off et la rame
Surfer une vague dite verte (qui n’a pas encore déferlé), ce n’est clairement pas pour les débutants. Cela demande des tonnes de compétences que tu n’as pas encore mais que tu vas acquérir un jour à force d’expérience. Non, un débutant lui il commence par surfer les mousses. Cela veut dire qu’il surfe une vague qui a déjà cassé, qui s’est transformée en mousse et qui continue à avancer vers la plage. Cette mousse propose toujours suffisamment d’énergie que pour permettre à un surfeur de la surfer. Et surtout, c’est beaucoup plus facile de surfer une mousse car on ne doit pas se tracasser de la lecture de vague et du timing. Avec une mousse, il suffit de se placer devant et dans le bon sens (le nez de la planche de surf vers la plage), de ramer pour prendre une peu de vitesse puis cette mousse va naturellement nous rattraper pour nous pousser et nous faire prendre de la vitesse. Le surfeur peut alors effectuer son fameux take off pour se mettre debout sur la planche et lâcher son premier cri de joie (qu'on entendra jusqu'à la plage) !
Mais se mettre debout est optionnel. On peut très bien continuer à surfer en restant coucher, apprécier les sensations et commencer à comprendre comment la planche de surf se comporte lorsqu’on met plus de poids sur l’avant, l’arrière, un côté, etc. C’est d’ailleurs pour cette raison que c’est très intéressant de commencer sa carrière de surfeur par du body board (boogie board) et donc de rester couché sur la planche. Cela permet de se concentrer sur l’énergie de la vague sans vouloir absolument faire son take off et du coup oublier de faire attention à tout le reste.
Une fois couché sur sa planche, le surfeur n’a qu’une solution s’il souhaite avancer : ramer. Et avancer en surf, c’est indispensable ! Pour se placer au bon endroit sur le spot, pour prendre de la vitesse avant de se lancer sur une vague (sinon la vague est beaucoup plus rapide que nous, nous soulève et continue sa route en nous laissant derrière). Bien ramer est donc primordial. Mais c’est aussi l’étape qui dégoute beaucoup de débutants car elle est éprouvante physiquement. On est couché sur sa planche à faire aller un bras puis l’autre pour progressivement gagner de la vitesse, tout en ramassant de l’eau salée dans le visage et les yeux. Essaie de retenir que pour bien ramer il faut rester décontracté, ne pas trop se crisper. Enfoncer ta main droite ou gauche dans l’eau devant toi mais pas trop loin, un peu plus haut que ta tête. Ensuite c’est tout ton avant bras qui rentre dans l’eau, tu le positionnes bien perpendiculaire à la surface de l’eau et tu tires ensuite ton bras vers l’arrière pour le faire sortir de l’eau à hauteur de tes fesses. C’est ensuite l’autre bras qui fait le même mouvement et ainsi de suite. Il est aussi important de faire attention à la résistance que tu appliques dans l’eau. Si tu es trop sur l’arrière de ta planche, elle se cabre et résiste beaucoup plus, tu avances donc moins vite. Si tu rames avec une jambe qui traîne dans l’eau, pareil, tu avances moins vite.
Pour pouvoir se lever, il est indispensable d’avoir bien choisi sa planche, assez grande, stable et volumineuse. Ensuite il faut choisir la technique de popup la plus adaptée à son niveau et l'entraîner chez soi à la maison, au sol. Il en existe 4 : le glisser des genoux, le pompage, le chicken wing et le popup standard. Entraîne-toi au sol et choisis la technique qui te semble la plus facile pour toi et la plus adaptée à ton physique (force, souplesse, douleurs, etc). Le glisser des genoux est la technique la plus lente mais ce n’est pas grave. Un débutant ne doit pas faire un take off rapide. Il doit avant tout arriver à se lever et prendre du plaisir. Avec la technique du chicken wing, on se met d’abord en position cobra en s’appuyant sur ses mains et en cambrant le dos. Attention tout de même, essaye d’avoir une bonne position de surf au final et pas la position « pause caca » (pooman). On ne doit pas être complètement de côté sur la planche avec le buste incliné vers l’avant et les fesses vers l’arrière.
L’étiquette et la vie sur le spot
Le surf est un savant mélange entre sortir de sa zone de confort et connaître ses limites. À première vue, le surf peut sembler entièrement axé sur la liberté et l'expression de soi. Mais ne vous y trompez pas : des règles strictes s'appliquent dans l'eau. C'est ce qu'on appelle l'étiquette du surf. La règle principale est que le surfeur le plus proche du point où la vague déferle (le pic) a toujours la priorité. Lorsque vous sortez de l'eau, essayez d'éviter la zone où la plupart des gens attendent et choisissez un itinéraire plus calme. À certains endroits, il y a un tronçon où les vagues ne se brisent pas et où vous pouvez facilement sortir en ramant. C'est ce qu'on appelle un canal. Si quelqu'un s'approche de vous pendant que vous ramez, allez vers la partie brisée de la vague.
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Les vagues qui se brisent autour d'une vaste étendue de sable produisent généralement de longues vagues dans une direction, mais s'accompagnent souvent de beaucoup d’effort pour ramer et d'une longue attente avant d'atteindre son tour. Pour les surfeurs de vagues débutants, un beach break est le meilleur endroit pour apprendre à surfer sur les vagues. Le fond d'une plage est relativement mou et comme les vagues se brisent souvent tout le long de la plage, il y a plus de place pour surfer. Si le line-up (l'endroit où la plupart des gens attendent les vagues) est bondé, vous pouvez choisir un endroit plus calme en dehors du line-up.
Aucun débutant n’a envie de s’embrouiller avec les gars et les filles sur le spot. Ça va probablement te faire rire mais certaines personnes ont tendance à se crier dessus dans l’eau et pagayer jusqu’à la plage pour se taper dessus à cause d’une vague. Pour les gens qui n’ont pas l’habitude ça ressemble une scène de film un peu drôle mais n’oublions pas que ce n’est pas nécessaire et complètement évitable quand on se comporte bien. Souviens-toi comment te comporter dans l'océan et au line-up. Souviens-toi de qui a le droit d’y aller et d’être amical pour éviter les conflits quand des erreurs se produisent.
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