Les îles aléoutiennes sont un rêve pour les kayakistes, un archipel où l'histoire de la navigation est profondément liée à l'évolution humaine. Les Aléoutes étaient certainement les plus grands kayakistes de tous les temps. Leur maîtrise de l'eau et de leurs embarcations, les kayaks, était inégalée, façonnant non seulement leur culture mais aussi leur physiologie au fil des générations. En effet, la morphologie de l’homme aléoute s’est même adaptée à la pratique du kayak, témoignant d'une symbiose remarquable entre l'individu et son environnement. Cette adaptation ancestrale et les exigences physiques qui en découlent trouvent un écho dans les analyses morpho-anatomiques modernes qui étudient l'influence des longueurs osseuses et musculaires sur la performance en kayak.
Les Aléoutes, Pionniers de la Navigation et de l'Adaptation Corporelle
Le peuple aléoute se distingue comme le seul peuple du Pacifique à utiliser une pagaie double en kayak, là où d'autres Natives se servaient d’une pagaie simple, comme pour le canoë. Cette particularité a sans doute contribué à une sollicitation spécifique du haut du corps. Des fouilles récentes effectuées à Unalaska ont révélées que l’Aléoute devait avoir les bras musclés, plus que la moyenne, aux vues des restes d’humérus découverts dans d’anciennes tombes aléoutes. Cette preuve archéologique confirme une adaptation physiologique notable, où la robustesse des bras était un atout majeur pour la survie et l'efficacité de la chasse en mer.
L'ingénierie des kayaks aléoutes, ou "birdakas", était aussi avancée que la force physique de leurs utilisateurs. Sans les bateaux légers recouverts de cuir, la chasse en mer aurait été impossible pour les Aléoutes. Un observateur russe a détaillé la construction de ces embarcations : « Les bateaux font environ deux brasses (3,6 m) de long, deux pieds de haut et deux pieds de large sur le pont, pointés vers l’avant, mais tronqués et lisses à l’arrière. À en juger par les apparences, le cadre est fait de bâtons attachés aux extrémités et séparés par des rails intérieurs. L’extérieur de ce cadre est recouvert de fourrure brune foncée, peut-être de fourrure de phoque. » Ces kayaks étaient conçus pour une efficacité maximale dans des conditions maritimes souvent extrêmes.
L'interaction entre le pagayeur et son embarcation était également unique. À deux arshins (soit environ 1,5 m) de l’arrière au-dessus de la surface se trouvait un trou circulaire, autour duquel était cousue une bande de boyaux de baleine avec un ourlet creux à travers lequel était passé un cordon de cuir. Ce cordon permettait de serrer ou de desserrer l'ouverture comme un sac. Lorsque l’Aléoute s’asseyait dans le bateau et étirait ses jambes sous le pont, il ajustait cet ourlet autour de son corps et le tenait dans un nœud, empêchant ainsi le passage de l’eau et assurant une isolation et une flottabilité essentielles. Une anecdote illustre la dextérité nécessaire : « L’Aléoute met sa main droite dans le trou du bateau et tient la rame avec son autre main ; il la porte de cette façon pour lui permettre d’entrer et de sortir de l’eau avec aisance. » Quelques modèles de kayaks fabriqués dans les îles Aléoutiennes sont même illustrés sur la planche 7 de certains ouvrages, témoignant de la diversité et de l'ingéniosité de ces conceptions.
La capacité à réparer ces embarcations en pleine mer était également cruciale. Un observateur russe a noté : « Un objet indispensable pour la birdaka (kayak) est une chambre à air ; elle était fabriquée en scellant l’estomac d’une otarie, et elle était utilisée en cas d’accident. » Une autre méthode de réparation des kayaks en mer impliquait la coopération de deux autres chasseurs en kayak, le kayak en panne étant placé entre les deux autres qui fonctionnaient comme un quai flottant. Le chasseur aléoutien transportait de la graisse animale pour étaler sur les fuites sur les coutures, et ils utilisaient des tubes en os creux pour aspirer l’eau du fond. Ces pratiques soulignent la résilience et l'ingéniosité de ce peuple face aux défis de leur environnement. Pour les passionnés, un voyage aux Aléoutiennes représente bien plus qu'une simple aventure ; c'est aussi un hommage au peuple aléoute qui fascine depuis toujours.
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La Morphologie Humaine et la Performance en Kayak : Une Analyse Détaillée
La question de savoir comment la morphologie en kayak influence la performance est centrale pour les athlètes et les entraîneurs. Venant du monde de la musculation, cela faisait presque une décennie que nous nous intéressons à la morpho-anatomie, c’est à dire à l’étude des longueurs osseuses et musculaires et leurs impacts dans le développement musculaire mais aussi l’expression de la force. À l’instar d’autres activités, la question se pose : existe-t-il une morphologie idéale pour performer en kayak ? Et si l'on n'a pas ces prédispositions, est-ce pour autant foutu pour atteindre le plus haut niveau ?
La morphologie, que l’on peut apparenter aux morphotypes et/ou somatotypes, a été définie dans les années 40 par William Sheldon, un psychologue américain. Il a ainsi classé les individus selon trois morphotypes différents : l’ectomorphe, qui serait une personne avec des os fins de bases, qui aurait toutes les difficultés à grossir, notamment musculairement, et qui serait plutôt faite pour les sports “d’endurance”. Le mésomorphe, quant à lui, serait fait pour le sport, musclé de base, fort et avec des “difficultés” à prendre du gras. Ce serait, selon cette classification, la bonne morphologie en kayak. Enfin, l’endomorphe, qui aurait des gros os mais qui aurait surtout une tendance à l’embonpoint, plutôt molle de base, et amorphe physiquement. Sheldon associait même ces particularités physiques à des particularités psychologiques : l’ectomorphe serait très nerveux, introverti et sensible, tandis que l’endomorphe serait l’exemple type du “bon vivant”.
Cependant, la réalité des longueurs osseuses et musculaires est plus complexe. On pourrait imaginer que lorsque l’on a des longs segments, cela va de pair avec des muscles longs, mais c’est souvent l’inverse qui se produit. Par exemple, si l’on regarde les coureurs kenyans, leurs longs segments sont accompagnés de muscles courts pour plusieurs raisons, dont notamment celle de ne pas produire excessivement de la chaleur (le rendement énergétique de l’être humain est autour de 25%, les 75% restant étant évacués sous forme de chaleur au lieu de produire du mouvement) au vu de leurs environnements. Cela les aide à performer sur des longues distances grâce à une “meilleure thermorégulation”, mais aussi grâce à des tendons plus longs capables d’emmagasiner plus d’énergie élastique. À l’inverse, si l’on regarde les pistards, les pratiquants de cyclisme sur piste, on peut s’apercevoir qu’ils ont souvent les fémurs très courts avec des quadriceps qui leurs tombent sur le genou, autrement dit extrêmement longs, comme leurs fessiers qui ne sont souvent pas bien loin de leurs genoux, en exagérant un peu.
À partir de là, nous sommes tous un assemblage unique de longueurs osseuses et musculaires avec notre propre potentiel de base que nous allons pouvoir faire fructifier en individualisant notre entraînement. Car c’est à cela que sert l’analyse morpho-anatomique : à déterminer ce pourquoi l'on est fait et ce pourquoi on n'est pas fait, afin de réduire le risque de blessure mais aussi d’exploiter au mieux son potentiel en choisissant les bons exercices aux bonnes amplitudes. C’est en ce sens que dans de nombreux sports, dont notamment le basket, comme cela est expliqué dans le très bon livre “Le Gène du sport”, on sélectionne beaucoup sur l’envergure des jeunes joueurs.
Existe-t-il donc une bonne morphologie en kayak pour performer ? Plus qu’une question de taille, c’est une histoire de proportion. Si, à l’inverse, l'on a des longues jambes par rapport à son buste comme un kenyan, cela va être plus compliqué et le “fort” potentiel se retrouvera plus en course à pied. Cela fera, en plus, du poids en “trop” avec des jambes qui ne serviront pas autant. À partir de là, la longueur des bras est déterminante. Dans les manuels de l’ICF (International Canoe Federation) que nous citons régulièrement, ils parlent pour les hommes d’une envergure de 13 centimètres plus grande que la taille. Cela signifie que si une personne fait 1m80, “elle doit” avoir 193 cm d’envergure, ce qui est énorme et peut choquer ceux qui ne sont pas habitués à aller sur les bassins de compétitions, qui sont un vrai repère de longs bras. Côté musculaire, mieux vaut avoir des grands dorsaux et un grand rond longs pour optimiser la force de propulsion.
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L’idée n’est pas d’être fataliste quant à sa morphologie en kayak mais de compenser, si cela est possible et personne n’en sait rien jusqu’à preuve du contraire, et de voir jusqu’où cela mène. Si l'on a les “bras courts”, est-ce que l'on ne peut pas aller chercher plus devant en se penchant en avant, en compensant avec une meilleure souplesse des ischio-jambiers ? Est-ce qu’avec plus de rotation, cela fonctionne aussi ? La performance a toujours été et sera toujours multi-factorielle. Personne n’a jamais toutes les cartes en main et, pire encore, de notre expérience de coach, plus on est doué, moins on s’investit. C’est quand on n’a justement pas toutes les cartes que le “spirit” se développe. Et même quand on est morphologiquement fait pour, on se doit de se poser la question : Que dois-je faire pour m’améliorer ? Souvent, les réponses et les pistes sont multiples.
Le Kayak Aléoute : Un Voyage au Cœur d'un Environnement Impitoyable
Le voyage lui-même aux îles Aléoutiennes est une épopée. Le périple commence souvent loin, comme un long voyage de Paris à Los Angeles, où une correspondance manquée peut entraîner une nuit imprévue avant de reprendre la route vers Seattle, puis Anchorage et enfin le petit aéroport de Dutch Harbor. C'est là qu'un ami attend, après huit ans sans se voir. Les retrouvailles sont simples : « Hi Jeff ». On fait connaissance des compagnons de voyage, on se raconte deux trois trucs sur nos vies chacun à un autre bout du monde. Après une nuit d’hôtel, le départ est prévu pour le lendemain. L'ambiance est particulière, plongée dans la pénombre du saloon de l’hôtel, où se mélangent toutes les générations : pêcheurs et dockers du monde entier, touristes américains, tout ce monde, le nez dans la mousse de la bière alaskane.
Le lendemain matin, on fait les courses, chargeons les kayaks, loués à Jeff. L'hôtel, les magasins, l'aire de mise à l’eau, tout cela tient dans un mouchoir de poche. Fait gris ! Et c’est parti ! L'équipement n'est pas toujours idéal. À part deux kayaks de chez Valley (Aquanaut et Nordkapp), les quatre autres kayaks ne sont pas terribles (deux Necky modèle Looksha IV et deux Current Design modèle Storm). C’est une situation que l'on peut anticiper connaissant un peu le parc de matériel d'un ami. Tant pis, on fera avec, et puis ce n’est pas le moment de chouiner ou de faire sa chochotte. L'attachement à ces lieux est palpable : "J’aime bien l’Alaska, j’aime bien ce coin du monde, je m’y sens chez moi." Cependant, il ne faut pas se méprendre sur la nature de l'environnement : "Bon, là d’accord, c’est la mer de Béring, c’est pas une mer pour rigolos ou pour petites natures, elle a ses exigences et ses coups de gueule, avec le vent qui règne en maître. C’est lui le patron et c’est tout !"
L'objectif initial est de faire le tour d’Akutan, une grande île au Nord-Est d’Unalaska, en passant par l’Ouest de l’île. Dès les premiers jours, Unalga est aperçue, une petite île sur la route. Il faut traverser Unalga Pass ! Un souvenir d'il y a huit ans de ce chenal évoque un courant redoutable et une vague de courant qui dépasse l’imagination d’un kayakiste occidental. Mais parfois, la chance sourit : "Mais là, pétole, nous longeons Unalga par le Sud, sur un tapis roulant, tant mieux, faut pas moisir ici." Le vent peut ensuite monter, monter encore, mais parfois, il est avec les pagayeurs. Après avoir trouvé un abri pour un bivouac, la traversée vers Akutan est prévue. Au Nord d’Akutan, Jeff a indiqué des sources d’eau chaude sur la carte, un bain chaud en milieu de rando, le rêve ! À l’Est de l’île, se trouve le village d’Akutan, un village de Natives, des Aléoutes.
Le départ d’Unalga se fait plein Nord, avec un arrêt aux Babies Islands, un archipel colonisé par les oiseaux, notamment plusieurs espèces de macareux. Au large de chez nous, à Trégastel, les Sept Îles accueillent chaque année une colonie de macareux, choyée et jalousée par les ornithologues locaux. L'imagination s'emballe : "J’imagine la tête de ces derniers, s’ils avaient pu assister au spectacle, qui se déroule, là, devant nos yeux de ces dizaines de milliers d’oiseaux, planant au-dessus de nos kayaks, à hauteur de pagaie." La traversée jusqu’à la pointe Sud de l’île, Cape Morgan, est courte, à peine deux milles. La mer est calme, le vent nul, et, incroyable, il y a du soleil. Devant, Akutan et son volcan sont masqués par les nuages.
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Soudain, une barre blanche apparaît au large à l’Ouest, ça mousse ! C’est super loin ! Il n’y a rien sur la carte qui justifie une vague à cet endroit, pas de hauts fonds, c’est peut-être un effet d’optique dû au fort courant d’Unalga. Par réflexe, un alignement est pris au cas où. Deux minutes s’écoulent, et l'on est persuadé que la barre avance. "Non ce n’est pas possible, ces choses là n’existent pas. Nous sommes dans un pays qui connaît jusqu’à 40 tremblements de terre par an de toutes magnitudes, un tsunami ? Un tsunami ne mousse pas à cette distance de la côte. C’est quoi ce truc ?" Les autres sont prévenus, tous les regards se tournent vers l’Ouest. La mer commence à s’agiter, les kayaks suivent le mouvement, et le kayak d'Anne se soulève sur la houle de plus en plus haut. La barre avance, vers nous ! La carte donne environ 20 fathoms de profondeur, soit plus de 40 mètres de fond. "Une vague qui mousse par 40 mètres de fond, je n’imagine même pas la hauteur du monstre. S’il vient sur nous, je ne sais pas quelle dernière image nous aurons en touchant le fond." Tout le monde est mis en radeau. À peine à un mille de l’île d’Akutan, on pourrait y être en un quart d’heure facile. La barre de mousse semble se rabattre sur l’île, tout le long de la côte Sud. Le courant semble alors pousser loin d’Akutan, alors qu’un courant y menait 15 minutes plus tôt. La décision est prise : "Ok, on fait demi-tour. Et on pagaie, pour foutre le camp. Ma décision est sans appel." C’était la bonne décision ; si un refuge avait été cherché au plus court, vers Akutan, les kayaks auraient été broyés contre l’île. Retour sur Unalga. Enfin à terre ! "Tout à l’heure j’ai bien cru que tout allait basculer. Je ne sais toujours pas ce qu’était ce phénomène maritime. À vue de nez la vague devait avancer à la vitesse de 15 à 20 nœuds." Jeff, à leur retour, n'a pas pu fournir d'explications claires, et ce mystère restera pour les six voyageurs.
Bloqués plusieurs jours sur Unalga, les tentatives de traversée sont contrecarrées par le vent et la mer. Les jours défilent au rythme de la météo et de l’état de la mer. Entre Sedanka et Unalga, Udagak Strait est emprunté, un étroit couloir qui permet d’aller saluer le Pacifique. Les îles aléoutiennes s’étendent sur 2 500 kilomètres, le nombre d’îles est incalculable. Le temps qu'il faudrait pour visiter un tel terrain de jeux, avec un engin mû par une pagaie lui donnant une vitesse moyenne de 3 nœuds, est inimaginable. Et le vent, omniprésent, peut ralentir ou stopper la progression. L’hiver, ici, les claques de vent dépassent parfois les 90 nœuds. Tout ici est fantastique, démesuré. Inhospitalier ? Pas sûr, si l'on s’adapte, si l'on accepte la rudesse du pays.
Un autre blocage survient à la sortie de Beaver Inlet, à cause du vent de face. La mer n’était pas trop formée, en apparence, mais les kayaks sont lourds et la progression en est d’autant plus lente. On attend. Après 24h à terre, une tentative de départ vers Dutch Harbor est faite. Il y a de la houle, la mer est convexe. C’est un truc qui reste de l'enfance, quand les marins parlaient d’une mer « ronde » et que « c’était pas bon ». Là, la mer est convexe, et la brume ne donne pas une vision exceptionnelle de ce qu’il y a devant. Mais au vu de la carte et des pressentiments, mieux vaut faire marche arrière. Il y a une pointe à passer juste devant, et avec cette brume, pas question de naviguer au large ; pagayer à la côte est trop hasardeux, ça pète de partout. L'équipe atterrit sur une grande plage de sable, au surf, pour la minute « sensations ». Il y a du soleil, la plage est couverte de pierres de toutes les tailles et de toutes les couleurs.
Le lendemain, la progression est correcte, dans une belle houle. Marc est habitué à ce genre de mer, ça se voit. Marc habite Bayonne, et la houle en Atlantique, il connaît, il se sent à l’aise. Cape Sedanka, là où c’était mauvais la veille, est plus calme aujourd’hui, mais pas question de s’approcher de la côte, ça tape trop et n’importe comment. L'équipe reste au large, pas question non plus d’atterrir. La progression est rapide, donc tout va bien. Devant, Unalga Pass ! Wouaahhh ! Il est difficile de mettre des mots sur ce que l’on voit, sur le vacarme occasionné. C’est ÉNORME. Un courant de marée de près de 1 mille de large qui lève des vagues de plusieurs mètres sur plusieurs milles de long. Un torrent monstrueux, dans lequel aucun bateau connu ne pourrait se maintenir. Pourvu qu’on puisse longer la côte ! Ça passe, en rase cailloux, dans pas beaucoup d’eau, mais ça passe, avec en bruit de fond le grondement de Unalga Pass. C’est marée basse, et l'on se retrouve enfin au calme, à l’abri au milieu d’une multitude d’oiseaux, de loutres et de phoques.
À l’aller, le bivouac avait été établi sur la plage de Constantine Bay, une jolie plage, accueillante. Derrière cette plage, un grand lac traverse Cape Kalekta jusqu’à l’autre côté de la montagne. L'idée est de tenter de traverser Cape Kalekta par le lac. Des kayaks qui traversent la montagne ? Qu’à cela ne tienne. On débarque au Sud de Cape Kalekta, un petit portage, et hop, on se retrouve sur un lac d’eau douce. À l’abri du vent, il fait chaud, on se passe de l’eau sur le visage. Le bonheur ! De l’autre côté, un petit portage dans les grandes herbes, et l'on se retrouve à Constantine Bay, comme au départ. Le lendemain, bivouac à quelques milles de Dutch Harbor à Summer Bay. Il y a du bois, de l’eau mais il y a aussi une route. Enfin une piste. Dix kilomètres de mauvaise piste à travers la montagne. Mais c’est là que les gens de Dutch Harbor viennent passer le dimanche après-midi. Sur la plage de Summer Bay. Pas pour se baigner, l’eau est à peine à 8 degrés, juste pour passer le dimanche sur la plage, avec chien et ballon. Faut bien s’occuper ! Les tentes sont plantées, là, sur leur plage de villégiature. C’est particulier !
Les Aléoutiennes regorgent d’oiseaux de mer, avec de très nombreux macareux, comme dit plus haut, mais aussi des aigles à tête blanche, présents partout. Les Aléoutiennes sont une des réserves ornithologiques les plus importantes au monde. La faune marine, en général, y est abondante. La loutre est partout présente, tout comme le lion de mer, et ceux rencontrés à Cape Kalekta étaient très impressionnants. Les Aléoutiennes sont une partie de l’Alaska, mais tellement différente du reste de l’Alaska, offrant un terrain de jeu unique pour les kayakistes adaptés à ses rudes conditions.