Le surf est bien plus qu'une simple activité physique ; c'est un sport nautique d'origine polynésienne qui consiste à se laisser ramener au rivage sur la crête d'une lame qui vient y déferler, debout sur une planche conçue à cet effet. Par métonymie, le terme désigne également la planche elle-même. Ce sport merveilleux et périlleux reste la spécialité de ceux qui vivent au bord des plages où déferlent de grosses vagues, comme à Hawaii où elles atteignent 9 ou 10 mètres, hauteur limite pour la pratique du surf. Par analogie, le mot désigne aussi une danse d'origine américaine, de rythme voisin du rock, dont les mouvements rappellent ceux effectués dans l'exercice nautique du même nom. Pour comprendre le monde du surf, il faut savoir que si vous voulez apprendre à surfer, vous devez commencer à vous immerger dans la langue aussi bien que dans l’eau. Après tout, le surf est un style de vie, pas seulement un sport, et chaque sous-culture a son jargon.
Les fondamentaux de l'environnement : Spot, houle et vagues
Avant de se lancer, il est essentiel de comprendre l'espace dans lequel le surfeur évolue. Un « spot » désigne un endroit spécifique où le surf est pratiqué, chaque lieu possédant ses propres caractéristiques : type de vagues, nature du fond marin (sable, roche ou corail) et conditions idéales. La houle, ou swell, est un train de vagues régulier, de longue période, non généré par le vent local mais plutôt par le vent soufflant sur une grande étendue de mer sans obstacles. Elle se déplace dans l'océan sur de longues distances et donne naissance aux vagues en arrivant sur la côte.
Le « line-up » est la zone au large où les surfeurs attendent les vagues. C’est un espace stratégique régi par une certaine hiérarchie. Lorsqu'une série de vagues se dirige vers la plage, le surfeur cherche le « peak », le point le plus élevé de la vague qui va déferler en premier. Les vagues peuvent être classées selon leur sens : une droite « déroule » vers la droite du point de vue du surfeur, tandis qu'une gauche part à l'inverse. Une vague « A Frame » possède deux épaules, permettant à deux surfeurs de partir dans des directions opposées. À l'inverse, un « close-out » est une vague qui s'arrête partout en même temps, empêchant de surfer le long de la pente. Enfin, le « tube » représente le graal, ce cylindre d'eau formé par la lèvre de la vague que le surfeur peut traverser de l'intérieur.
La technique : Maîtriser l'interaction avec la vague
Progresser en surf demande la maîtrise de manœuvres précises. Le « take-off » est l'action cruciale de se lever sur la planche pour commencer à glisser. Pour atteindre le large, il faut parfois pratiquer le « canard » ou « duck dive », technique consistant à plonger sous la vague avec sa planche pour éviter d'être repoussé vers le rivage. Une fois debout, le « bottom turn » est la manœuvre fondamentale réalisée en bas de la vague pour prendre de la vitesse et changer de direction.
Pour les surfeurs confirmés, le répertoire s'élargit avec le « roller », virage radical au sommet de la vague, le « cutback », qui permet de revenir vers la partie déferlante après s'être éloigné de l'énergie principale, ou encore l'« aerial », qui consiste à sauter au-dessus de la lèvre. Ces mouvements demandent une gestion fine du centre de gravité et de la posture. Selon la morphologie du surfeur, on parlera de « regular » (pied gauche en avant) ou de « goofy » (pied droit en avant). La réussite de ces figures dépend aussi de la qualité du vent : un vent « offshore » (venant de la terre) sculpte la vague et la rend plus creuse, tandis qu'un vent « onshore » (venant du large) a tendance à dégrader les conditions.
Lire aussi: Aventures aquatiques : des films de surf avec des acteurs renommés
Le matériel : Anatomie de la planche et façonnage
Le « shape » est le façonnage des planches de surf, un métier devenu un art à part entière. Des dimensions et des formes légèrement modifiées peuvent conduire à des résultats radicalement différents. Une planche se compose de plusieurs parties : le « nose » (partie avant), le « tail » (partie arrière), le « rail » (bord de la planche), le « deck » (partie supérieure) et le « stringer », petite bande de bois incorporée tout le long, agissant comme une colonne vertébrale.
Le choix de la planche dépend du niveau et du type de vagues :
- Le « longboard » ou « malibu », d'une longueur de 8 à 12 pieds avec un nez rond, est idéal pour un style fluide, souvent comparé à de la « danse » sur l'eau.
- Le « shortboard » est une planche courte et étroite, manœuvrable pour des figures radicales.
- Le « fish » est une planche courte et large, parfaite pour les petites vagues.
- Le « gun » est une planche étroite et pointue, spécialement conçue pour le surf de grosses vagues (Nazaré, Mavericks).
- Les planches en mousse sont privilégiées pour les débutants dans les écoles de surf pour leur stabilité.
Il ne faut jamais oublier le « leash », cette cordelette reliant la cheville à la planche, indispensable pour éviter de la perdre lors d'une chute, ainsi que la « wax », paraffine étalée sur le deck pour garantir l'adhérence.
La culture surf : Au-delà du sport
Le style surfeur est devenu une icône de mode et une référence culturelle. Il combine depuis quelques années une volonté de retour aux sources, de communion naturelle avec les éléments, et une spontanéité propre à la côte. Historiquement, le surf a gagné en popularité dans les années 1960 en Californie, fusionnant dans les années 1970 avec le mouvement du « free love ». Aujourd'hui, les marques de glisse comme Quicksilver, Roxy ou Billabong sont intégrées dans le vestiaire quotidien. Le style privilégie des coupes « loose », des vêtements détente et des imprimés naturels. L'aspect unisexe est central, avec des pièces classiques comme le bermuda effiloché ou le petit haut en macramé, très marqué années 1970.
Le surf influence également la philanthropie et l'engagement. Des figures comme Steve-O, après avoir connu la célébrité avec « Jackass », utilisent désormais leur statut pour l'activisme environnemental. De même, Lewis Hamilton a décrit le surf comme la meilleure sensation qui soit, mettant en avant son amour pour ce mode de vie. Anthony Kiedis, leader des Red Hot Chili Peppers, souligne régulièrement les effets calmants et positifs du surf sur le corps, l'esprit et l'âme. Des acteurs comme Adam Sandler ou Cameron Diaz se sont également tournés vers ce sport, parfois pour les besoins de films, mais souvent par passion personnelle, rejoignant des fondations comme « Life Rolls On » qui aident les personnes en situation de handicap à accéder à l'océan.
Lire aussi: Johnny Weissmuller: Plus qu'un simple Tarzan
#
Lire aussi: Soul Surfer : une leçon de courage au cinéma