L'acquisition d'un voilier pour la haute mer représente l'aboutissement d'un rêve, mais c'est également une décision technique et financière majeure qui ne s'improvise pas. Si vous vous demandez quelle taille de voilier choisir, sachez qu’avec un petit ou un grand bateau, les possibilités et contraintes ne sont pas les mêmes. Un petit voilier pourra être facilement mis à l’eau et sorti au sec, déplacé sur une remorque ou hiverné dans le jardin. S’il est envisageable de naviguer avec eux sur des lacs ou plans d’eaux fermés ou en zone côtière, la catégorie de ces voiliers restreint souvent les possibilités de navigation au large. Les voiliers de plus grande taille, eux, franchissent généralement mieux les vagues. Ils bénéficient d’une meilleure habitabilité et d’un plus grand confort en navigation. A partir d’une certaine longueur, 8 à 9 mètres, les bateaux commencent à être habitables : un carré confortable, un espace dédié à la cuisine, un cabinet de toilette avec douche ou une vraie cabine peuvent réellement faire la différence. Pensez aussi que plus grand est le voilier, plus les frais de port et d’entretien risquent d’être importants.
Analyse des architectures : Monocoques contre Multicoques
Monocoque, catamaran ou trimaran… Vous ne savez pas quel voilier choisir ? Pour faire votre choix, il est important de savoir que les différents types de voiliers n’offrent pas les mêmes conditions de navigation et de vie à bord. Les monocoques sont les plus fréquemment choisis lors d’un premier achat de voilier. Dériveurs ou quillards, ils sont les plus nombreux sur le plan d’eau ! Ils offrent d’agréables sensations, sont moins chers à l’achat que les multicoques et demandent généralement moins d’entretien.
A bord d’un multicoque, les sensations sont vraiment différentes de celles ressenties à bord d’un monocoque. Les mouvements en navigation ne sont pas les mêmes : les multicoques sont généralement plus stables. Dotés d’un tirant d’eau plus faible, ils permettent de mouiller plus près des côtes. Mais la navigation est généralement moins sportive et le plaisancier perd en sensations. Parmi les multicoques, on distingue les catamarans - voiliers munis de deux coques ou flotteurs, et les trimarans - qui en sont dotés de trois. Le catamaran offre une meilleure habitabilité, avec des espaces plus importants : l’intérieur des deux coques est aménagé, et un grand carré ou salon relie les deux éléments. Aussi, les équipages qui souhaitent vivre à bord font généralement ce choix de voilier. A bord d’un trimaran, seule la coque centrale est habitable : les deux autres flotteurs ne servent qu’à l’équilibre du voilier. On bénéficie en revanche de plus de rapidité sur l’eau, ainsi que de sensations décuplées.
Matériaux de construction et durabilité
Une coque de voilier en fibre, en bois ou en métal n’offre pas les mêmes conditions et sensations en navigation. Chaque matériau possède des avantages et inconvénients ! Les voiliers qui possèdent une coque en fibre sont les plus nombreux, les moins chers, mais aussi les plus fragiles. Les coques en métal, acier ou aluminium, sont plus solides et résistantes. Elles sont plus adaptées à la navigation hauturière et aux conditions extrêmes, mais aussi plus sujettes à l’électrolyse. Le bois quant à lui est souvent très joli, mais demande beaucoup d’entretien et alourdit considérablement le navire. Pour choisir la matière de coque d’un voilier, il faut une fois encore se projeter dans son futur programme de navigation et étudier ses possibilités financières.
Définir son programme de navigation
Le choix de votre bateau à voile dépendra principalement de l’usage que vous souhaitez en faire. Si vous envisagez de faire des sorties à la journée sur un plan d’eau protégé, un bateau “flush deck” (sans superstructure) suffit amplement. C’est ce qu’on appelle un day boat. Si vous êtes passionné de compétition et de vitesse, optez pour un voilier rapide et manœuvrable, tel qu’un dériveur léger ou un quillard de sport. Le choix de votre voilier dépendra également du nombre de personnes qui composeront l’équipage et de leur niveau d’expérience. Si vous prévoyez de naviguer en solitaire ou en équipage réduit, choisissez un voilier facile à manœuvrer et de taille modeste. De même lorsque vous êtes débutant, optez pour un voilier simple et maniable, et doté d’un gréement plus simple. Naviguer en équipage réduit avec des enfants n’est pas du tout la même histoire que de pouvoir compter sur plusieurs équipiers expérimentés.
Lire aussi: Astuces pour l'acquisition d'une voile d'occasion
Parmi les différents types de bateaux à voile, l’activité choisie orientera votre choix. Les dériveurs sont rapides et réactifs et parfaits pour apprendre les bases de la voile et s’initier à la régate. Les quillards offrent une meilleure stabilité et sont adaptés pour une navigation sur des plans d’eau plus exposés, voire au large. Les dériveurs lestés permettent de naviguer dans certaines zones avec des fonds peu profonds. Ils peuvent donc être des voiliers de choix selon l’endroit où vous comptez naviguer ou amarrer votre bateau.
Arbitrage entre neuf et occasion
Acheter un bateau neuf permet souvent au plaisancier de sélectionner différentes options : il peut choisir son aménagement, les matériaux utilisés, le niveau de finition apporté au voilier… Comme pour une voiture, être le premier propriétaire peut être gratifiant et renforce le sentiment d’exclusivité. La possibilité de bénéficier de garanties est également un avantage majeur de ce type d’achat. Déjà doté d’une ou plusieurs expériences de navigation, le bateau d’occasion aura, lui, quelque peu perdu de sa valeur. Le choisir permettra souvent de réduire le coût de l’achat ! A l’occasion de la transaction, le vendeur pourra aussi vous parler de son expérience à bord et du comportement du navire, pour vous aider à prendre en main le voilier.
Attention cependant : si le prix de nombreux bateaux diminue au fil des années, ce n’est pas le cas pour tous les voiliers. La valeur de certains modèles de voiliers de voyage, par exemple, ne diminue pas vraiment avec le temps. Il faut aussi penser qu’au fur et à mesure des années, les voiliers peuvent demander davantage d’entretien, et donc qu’un bateau plus âgé peut générer des frais supplémentaires. Si vous envisagez d’acheter un voilier d’occasion, le marché peut receler de bonnes affaires, mais vous devrez alors être particulièrement attentif à l’état du bateau et prévoir d’éventuels travaux de rénovation ou de maintenance. Un suivi d’entretien sérieux par le vendeur sera un plus indéniable. L’idéal est de disposer d’un historique traçable.
Équipements, gréement et sécurité
Le type de voilure et le gréement influencent la facilité d’utilisation et la performance de votre voilier. Les sloops, équipés d’une grand-voile et d’un foc, sont les plus courants et les plus faciles à manœuvrer. Le gréement en tête est le plus répandu et le plus simple à utiliser pour les débutants. Les gréements fractionnés, avec une voile d’avant qui ne monte pas en tête, sont souvent plus techniques et fragiles. C’est un élément essentiel pour la stabilité du voilier.
Les voiliers à quille fixe offrent une meilleure stabilité et sont adaptés aux navigations hauturières. Plus la quille est profonde, plus le bateau sera raide à la toile. Les voiliers à dérive pivotante ou relevable sont plus polyvalents, mais nécessitent un mécanisme et donc une surveillance spécifique. Pour les débutants, un équipement de base comprenant un compas, une VHF et un GPS suffit amplement. L’électronique peut vite coûter cher, et il est classique de tomber dans le piège du suréquipement afin de rechercher une sensation de sécurité. A vous de déterminer si vous souhaitez disposer de plus de fonctionnalités, en vous équipant alors, par exemple, d’un pilote automatique, d’un traceur, d’un AIS ou d’un radar. Ne tombez pas dans le piège ! N’achetez pas un bateau pour son électronique.
Lire aussi: Comment choisir une planche à voile ?
Gestion du budget et coûts cachés
Le prix des voiliers augmente généralement avec leur taille, donc plus vous choisirez un grand bateau, plus vous devrez prévoir un budget conséquent. Un bateau plus grand entraînera également des coûts plus élevés pour l’entretien, l’assurance et la place de port. Il est essentiel de prendre une décision d’achat en toute connaissance de cause. Une fois signé, un contrat de bateau ne doit pas se transformer en gâchis, vous faisant perdre toutes vos économies et la paix familiale. C'est pourquoi une étude approfondie du marché du bateau, des marques et des bateaux disponibles, des concessionnaires ou des courtiers dignes de confiance est une condition sine qua non.
Pour un voilier de 8 à 10 mètres des années 80, comptez 12 000 à 22 000 €. Le prix dépend surtout du moteur et des voiles. Une remotorisation dépasse généralement 8 000 €. Un jeu de voile neuf peut atteindre 4 000 à 6 000 €. Pour vivre à bord, privilégiez volume, hauteur sous barrot et espace intérieur. Comptez environ 10 % du prix d’achat par an en frais de fonctionnement. Pour un voilier de 10 mètres, cela inclut place de port, assurance, antifouling, entretien moteur. En France, la place varie de 2 000 à 4 000 € selon le port. Un moteur diesel bien entretenu peut durer 10 000 heures.
Méthodologie de recherche et inspection
Pour éviter de vous retrouver avec un bateau trop petit, trop grand, trop compliqué et exigeant ou qui ne correspond pas à vos besoins personnels, il est essentiel de vous débarrasser de vos rêves irréalistes et de vous concentrer sur la réalité de votre future carrière de navigateur. Beaucoup d’acheteurs ont tendance à opter pour un yacht qui correspond à une vie de marin, ce qui est plutôt un souhait.
Lors de l’achat d’un voilier d’occasion, les conseils et l’avis d’un professionnel, expert dans le domaine, sont précieux. C’est lors de la sortie d’eau du bateau que l’expert peut examiner l’état du bateau sous la ligne de flottaison (œuvres vives) : coque, safran, quille, dérive. Ensuite, une visite poussée permettra de noter les éventuels problèmes au niveau des œuvres mortes : accastillage, pont, cockpit, voiles, etc. Acheter seul est risqué : si vous n’êtes pas un expert, faites-vous aider par un professionnel ou un yacht broker spécialiste des voiliers à vendre. Ignorer l’historique est une erreur : un bateau sans document d’entretien est un nid à problèmes. Sous-estimer la place de port est également imprudent. Oublier l’essai en mer est proscrit : un navire peut paraître superbe sur une belle photo d’annonce, mais se révéler décevant une fois sur l’eau. Enfin, ne négligez jamais l’osmose : sur une coque en fibre de verre, des bulles peuvent apparaître. C’est le cancer du plastique.
#
Lire aussi: Tout savoir sur le surf des neiges