Le bouton, petit objet généralement rond et plat, constitue un élément fondamental de notre vestiaire quotidien. Au-delà de sa fonction utilitaire, il témoigne d'une riche évolution historique et technique, s'inscrivant au cœur de la mode et du savoir-faire artisanal. Dans l'univers de la couture, la maîtrise des attaches, et notamment de la bride, représente une compétence essentielle pour allier esthétique et praticité.
L'évolution historique du bouton en France
C'est sous Louis XIV que l'usage du bouton se répand en France, où il devient un accessoire de mode luxueux en s'agrémentant de joyaux ou de peintures traitées en miniatures. Au milieu du XIXe siècle apparaît le bouton de porcelaine, selon le procédé « Prosser » de pressage à sec. D'abord développée par la manufacture britannique Mintons, cette technique connaît son essor grâce à une invention de Jean-Félix Bapterosses, qui industrialise le procédé en utilisant une pâte plus plastique qui permet de presser jusqu'à 500 boutons à la fois.
Sous la monarchie de Juillet et le Second Empire, l'importance des uniformes militaires va entraîner un accroissement de l'industrie française du bouton. Au XIXe siècle, c'est une des spécialités de la France où naissent des entreprises qui se spécialisent dans ce savoir-faire. C'est le cas de la maison Trelon Weldon Weil (TWW), née en 1845 ou de la maison Anglade Massé & cnie (AM&C), née en 1853. Ces maisons fournissent non seulement les forces armées françaises mais celle d'autres pays du monde mais aussi les administrations ou encore les équipages de vénerie. À son apogée, l'industrie française emploie 30 000 personnes.
Dans les années 1900, sous le règne du Britannique Édouard VII, pour les vestes masculines la mode est à quatre boutons positionnés assez hauts, avec de petits revers. Dans les années 1850, lassés de voir les pointes de leurs cols virevolter, des joueurs de polo britanniques auraient décidé de les faire fixer, ajoutant donc des boutons au col de leurs chemises.
Les codes de boutonnage et les usages sociaux
Les vêtements des femmes portent les boutons à gauche et les boutonnières à droite, ce qui fait donc un boutonnage à droite ; pour les hommes, les boutons sont cousus à droite et les boutonnières à gauche. Cet usage se serait établi au cours du XVIIe siècle et serait justifié par les faits suivants : les femmes étaient le plus souvent habillées par leur servante alors que les hommes s'habillaient eux-mêmes, le valet de chambre n'intervenant que pour préparer les vêtements et pour les ornements finaux. Les boutons étaient donc cousus pour que les servantes puissent boutonner plus facilement. Par ailleurs, les hommes portaient l'épée à gauche pour dégainer avec la main droite. Le boutonnage du vêtement devait ne pas gêner l'accès à l'arme.
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La bride en couture : définition et fonctions
En couture, la bride est une boucle brodée au point de boutonnière. La bride de couture permet de réaliser une boutonnière sur un vêtement, sans avoir à faire un trou dans le tissu. Vous obtiendrez alors une petite boucle qui ressort du bord du tissu. La bride est souvent utilisée pour la fermeture des cols Claudine mais est utilisée dans de nombreux ouvrages. La bride ne sert pas uniquement pour attacher un bouton et fermer un col. La bride, en couture, peut aussi servir d’accroche pour un torchon, de passant pour faire tenir une ceinture, etc.
La bride ronde, également appelée « queue-de-rat », est un lien tubulaire que l’on trouve en finition des ceintures de robe ou de pantalon. Sauf exception, on utilise pour la confection de ces brides le même tissu que celui de l’ouvrage. Les vêtements et les ouvrages de décoration nécessitent souvent la pose d’attaches pour maintenir en place deux pièces indépendantes. Il convient donc de choisir la technique la plus adaptée. Pour ce qui est des brides rondes, il en existe de trois sortes : « queue-de-rat », brodée et brodée au point de poste.
Techniques de réalisation des brides
La bride brodée est une méthode employée sur des ouvrages délicats, comme les pièces de lingerie. Choisissez le fil en fonction de la nature du tissu. Fixez l’extrémité de l’aiguillée entre les deux épaisseurs de la patte de boutonnage. Faites trois ou quatre arceaux parallèles au premier. Arrêtez l’aiguillée à la base de la bride, par deux points arrière traversant l’épaisseur de la patte de boutonnage.
Pour la bride réalisée à partir de fils de couture, la première étape consiste à prendre les mesures afin que la bride fasse la taille adéquate pour le bouton. En effet, si la boucle est trop grande, le bouton risque de se détacher facilement et régulièrement. Si la boucle est trop petite, vous ne pourrez pas mettre le bouton dans la bride et il faudra tout recommencer. Pour commencer, choisissez donc l’endroit où placer la bride. À cet endroit, posez le bouton de sorte que son diamètre soit posé sur le bord du tissu. Autrement dit, une moitié du bouton doit se trouver sur le tissu et l’autre moitié en dehors du tissu. Une fois le bouton bien posé, marquez au stylo ou à la craie la taille du bouton. Ces deux marques seront les points de couture.
Une fois l’aiguille passée au premier point, piquez au second point, mais cette fois en piquant endroit vers endroit. Ce point traverse le tissu doublé. Afin de faire la bonne taille pour votre bride, laissez un doigt dans la boucle. Vous pouvez également utiliser un stylo que vous pouvez glisser dans la boucle. Repassez ensuite le fil au premier point en réalisant le même point que ce que vous venez de faire. Vous avez désormais une boucle à deux fils. Il faut cependant faire tenir cette nouvelle boucle ou bride. Pour cela, en partant du premier point, faites passer l’aiguille autour de la boucle sans pour autant traverser le tissu. Passez ensuite le fil sur l’envers et faites deux petits points superposés.
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La bride en tissu ou « queue-de-rat »
Taillez dans le biais du tissu autant de rectangles que de brides désirées. Chaque rectangle doit mesurer 2 cm de largeur et la longueur doit être égale au diamètre du bouton + 2 cm. Retournez le biais en fixant une aiguillée à l’une des extrémités et en la glissant à travers le canal formé. Engagez l’aiguille du côté du chas et poussez avec le dé. Posez la bride sur l’endroit du tissu, extrémités de la bride vers l’extérieur. Pour la bride « queue-de-rat », terminez l’une des extrémités en évasant légèrement la piqûre vers l’extérieur. Même avec un tissu fin et léger, cette précaution reste de rigueur tant le canal formé pour la bride est étroit.
Les brides de boutonnage sont une excellente alternative aux boutonnières. On les retrouve généralement sur les vêtements pour femmes et elles apportent beaucoup de charme. Pour faire ces brides, prenez un morceau de tissu de 5 cm de long et de 2,5 cm de large coupé dans le biais. Pliez-le en deux dans le sens de la longueur, endroit contre endroit. Piquez à 1 cm du bord. Retaillez la marge de couture puis retournez. Une autre option consiste à créer des brides brodées en marquant le placement de la boucle du bouton le long du bord, puis en réalisant une boucle avec le fil et l’aiguille.
Choix et entretien des boutons
Le bouton est un accessoire à la fois décoratif et fonctionnel. Choisissez-le selon la nature du textile et de l’effet désiré. Les boutons à garnir (ou à recouvrir) sont constitués de deux parties que l’on emboîte après avoir recouvert la partie du haut (ou calotte) avec le tissu choisi, dont les bords se trouvent ainsi emprisonnés à l’intérieur du bouton.
Pour les manteaux, privilégiez les boutons de 25 mm et plus. En couture décoration, l’usage de gros boutons est fréquent sauf pour la fermeture des taies d’oreiller. Pour ces dernières, choisissez les petits boutons à quatre trous utilisés pour la lingerie. Lors de l’achat, renseignez-vous sur la composition des boutons. Certains sont interdits de lavage ou de nettoyage à sec. C’est le cas des boutons réalisés en galon de passementerie, des boutons recouverts de fourrure, de certains boutons métalliques, des boutons en bois non verni. Avant le lavage ou le nettoyage, il vous faudra découdre ces boutons et les recoudre ensuite. Réservez ces articles à des ouvrages ne nécessitant pas un entretien fréquent.
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