Voilier à Coque Aluminium : Analyse Approfondie des Avantages et Inconvénients

La recherche de la coque parfaite est une étape cruciale pour une expérience de navigation optimale, que vous soyez amateur de voiliers ou passionné de yachts. Les matériaux utilisés pour la construction des coques ont un impact significatif sur les performances, la durabilité et le confort de l’embarcation lors de vos sorties en mer, que ce soit pour des excursions côtières ou une croisière lointaine. Parmi les options disponibles, l'aluminium se distingue par des caractéristiques uniques, suscitant à la fois l'enthousiasme de ses partisans et des interrogations quant à ses spécificités. Cet article explore en détail les avantages et inconvénients réels d'une coque en aluminium par rapport à une coque en polyester, en se basant sur des expériences vécues et des analyses techniques.

La Construction et les Caractéristiques Fondamentales des Coques en Aluminium

La structure d’une coque de bateau en aluminium est composée de diverses plaques d’aluminium découpées, emboîtées puis soudées ou rivetées entre elles. Des tôles d’aluminium de haute qualité sont découpées selon les formes requises à l’aide de machines de découpe spécialisées. Ces tôles sont ensuite formées en utilisant des techniques telles que le cintrage et le pliage, afin de leur donner la forme courbe nécessaire pour créer la coque. Les différentes pièces de la coque sont ensuite assemblées par soudage, qui est réalisé par des soudeurs qualifiés, en utilisant des méthodes telles que le soudage à l’arc ou le soudage par points. Ce processus garantit une liaison solide entre les différentes parties de la coque. Les chantiers qui construisent des coques alu, surtout dans les techniques de soudure sous argon, ont réalisé de nombreux progrès.

Un bateau en aluminium présente la particularité d’offrir une gamme d’options d’aménagement sur mesure. Cela contraste souvent avec la production en grande série de bateaux en polyester. L'aluminium permet ainsi du sur mesure, ce qui se paye. Ces embarcations, telles que les voiliers et les yachts en aluminium, mais aussi de plus petits bateaux comme des coque-open ou des semi-rigides, sont très appréciées dans le monde de la plaisance et de la pêche. En France, plusieurs chantiers ont acquis une renommée grâce à leur expertise dans la construction de bateaux en aluminium.

L'aluminium, comparé aux coques en polyester ou en bois, est un matériau plus léger. Cette légèreté peut entraîner une meilleure vitesse, une facilité pour les manœuvrer et une meilleure économie de carburant. La superstructure de la coque lui permet d’être solide tout en restant légère. Cette caractéristique contribue également à la rigidité nécessaire pour faire un bon dériveur intégral. Pour les grandes tailles, à partir de 10-12 mètres, les deux types de technologies, aluminium et composite, sont très similaires en termes de poids, avec peu de différence in fine. Cependant, plus le bateau aluminium est petit, plus il est comparativement lourd par rapport au composite.

Robustesse et Sécurité : Les Atouts Majeurs des Coques en Aluminium

Les coques en aluminium sont connues pour leur résistance exceptionnelle. Elles peuvent résister aux chocs, aux impacts et aux conditions environnementales difficiles. L'aluminium se cabosse mais en général pas de voie d'eau par exemple après une rencontre avec un container semi-immergé ou autre Objet Flottant Non Identifié (OFNI). Les coques en aluminium sont solides : ces coques sont utilisées pour les navigateurs de grands voyages notamment ceux qui naviguent dans des zones de glace. La coque en aluminium absorbe mieux les chocs et les frottements. La principale raison d'acheter un bateau en alu est souvent la sécurité, particulièrement face aux OFNI, aux patates de corail, à l'abordage d'autres voiliers ou de cétacés ou de pontons. Pour ces rencontres inopportunes, l'alu est très supérieur au plastique ou au bois. Des expériences vécues illustrent cette robustesse : un Ovni 435 ayant heurté de nuit à 7 nœuds un container semi-immergé aux Bermudes n'a pas eu une goutte d'eau. De même, un Ovni 43 ayant talonné toute une nuit en Grèce sur une roche n'a pas eu une seule voie d'eau, nécessitant un retour en France par camion et la réparation de tout le fond. Cette solidité intrinsèque est très rassurante pour les marins.

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Lors de manœuvres hasardeuses dans un port, un choc violent contre un éperon en acier au niveau de la ligne de flottaison peut être encaissé. Des patates de corail peuvent être percutées à plusieurs reprises, que ce soit par erreur de navigation ou parce qu'elles ne sont pas indiquées sur les cartes. De nuit, des bruits violents dans la coque peuvent être entendus sans laisser de trace détectable sur l'alu par la suite. C'est vrai qu'on dort mieux sur un bateau solide !

Un autre avantage fondamental de l'aluminium est l'absence de problèmes d'osmose, phénomène qui affecte spécifiquement le polyester. Alors que le "plastique osmose", l'acier rouille, le bois pourrit, et le ferro est lourd, l'aluminium ne rouille pas, n'osmose pas, et ne pourrit pas. L'aluminium est naturellement résistant à la corrosion, ce qui en fait un choix privilégié pour les bateaux utilisés dans l’eau salée. Sa teinte peut se ternir à cause de la mince couche d’alumine grisâtre qui le protège de la corrosion, mais il présente une bonne résistance à la corrosion dans le temps. Cela étant dit, une vigilance est requise face à l’électrolyse et le contact de pièces en inox, pour lesquels des anodes sacrificielles sont placées sur la coque.

Longévité et Entretien de l'Aluminium : Atouts et Précautions Indispensables

Si les précautions sont prises au départ, notamment concernant les circuits électriques et l'isolation des autres métaux, une coque en aluminium peut avoir une très bonne longévité et même être laissée à nue. L’aluminium est un métal non poreux qui ne se tache pas et ne se décolore pas avec le temps, ce qui réduit considérablement les besoins en entretien. Il n’est pas nécessaire d’appliquer régulièrement un vernis ou une peinture sur la coque, ce qui réduit les coûts d’entretien à long terme. Cette caractéristique en fait un matériau prisé pour sa robustesse et sa faible maintenance apparente.

Cependant, l'aluminium est vulnérable à l’électrolyse, ou corrosion galvanique et électrolytique, qui peut se manifester sous forme de piqûres. C'est le seul souci. Pour se prémunir, la carène doit être protégée par un système adéquat, avec une application au préalable d’un primaire d’accroche spécifique pour les coques en Aluminium, avant de la recouvrir d’un antifouling compatible. Il est vital que les équipements de navigation et les circuits électriques soient parfaitement isolés. Si l'on oublie un outil en fond de cale, cela peut avoir des conséquences inattendues. Le conseil est d'installer un isolateur galvanique afin de se prémunir en évitant d’être relié à la terre sur un catway. L’électricité, sur un bateau aluminium, doit vraiment être du meilleur niveau, car s’il y a le moindre courant qui s’échappe, cela se traduira notamment par des trous dans la coque, ce qui n’est pas très rassurant quand on part au long cours ! Il faut remplacer les anodes vraiment régulièrement quand elles sont usées à moitié et les surveiller qu'elles s'usent, car sinon il n'y a pas de contact correct avec la coque. L'histoire d'Alain Colas, dont les coques en aluminium étaient pleines de trous, bouffées par l'électrolyse, sert de rappel sombre à cette vigilance nécessaire.

Conductivité Thermique et Gestion du Confort à Bord des Coques Aluminium

L’aluminium est un matériau très conducteur. Cette conductivité thermique signifie qu'un bateau en aluminium peut être très chaud en été et très froid en hiver s'il n'est pas isolé. Il est plus sujet aux variations de température que le polyester. Cette caractéristique engendre une forte condensation et nécessite donc une isolation très importante, au niveau de l’intégralité du bateau. Il est essentiel qu'il n’y ait aucune lisse ou aucune membrure apparente, car la condensation peut être un vrai problème.

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Les autres points caractéristiques des "boîtes de conserve" (condensation, sonorité) sont en fait facilement gérables avec une bonne ventilation ou isolation du bateau. Une bonne ventilation est nécessaire sur tout bateau. Pour ceux qui prévoient d'aller dans des zones froides, l'isolation et le chauffage seront de toute façon nécessaires, de même que sur un bateau en polyester. L'isolation à bord d'un bateau en aluminium est importante. Des gouttes de condensation peuvent apparaître lorsque la température extérieure est en dessous de zéro, mais une coque isolée réduit ces problèmes. Par exemple, à la fin de l'hiver 2004, sur un bateau isolé aux Sables d'Olonne, il était possible de dormir plus tard le matin sans recevoir un goutte à goutte sur la tête, malgré le froid qui exigeait le chauffage. L'isolation phonique procurée par ces panneaux isolants était aussi la bienvenue, notamment durant le recreusement du chenal du port.

Il est "étonnant" de n'isoler que du pont à la ligne de flottaison pour certains. À ma connaissance, Alubat utilise des panneaux isolants en mousse rigide (PS ou PUR, sous réserve des règles d'inflammabilité) qu'ils coincent dans la structure de la coque, à partir de la ligne de flottaison jusque sous le pont. Cela a l'avantage de laisser l'accès libre aux fonds du bateau, de se démonter facilement si besoin, et est suffisant dans 99 % des cas. Cependant, pour le très petit nombre de bateaux qui vont naviguer dans les glaces et des températures de l'eau voisines de zéro, ce n'est pas suffisant. Jimmy Cornell, suite à ses expéditions en Alaska et en Antarctique, regrette dans son livre de ne pas avoir isolé les fonds du bateau. Il faut aussi penser à isoler la structure de la coque, par exemple les couples, pour annuler les ponts thermiques. L'isolation de l'épontille est un plus indéniable, sinon il y a un point froid métallique et un risque de ruissellement.

Concernant le bruit, certains témoignages indiquent que, bien qu'il soit possible d'entendre le clapot de l'eau dans les coffres arrières, il n'y a aucun problème à l'intérieur car l'équipement, les meubles, les coussins et les bouteilles de rhum dans les fonds absorbent les sons. De plus, il n’y a pas de grincement lors des navigations. Un avantage souvent cité est que l’aluminium ne dégage pas d’odeur. En été, il est difficile de poser ses pieds nus sur un pont en teck ou sur la plage, et la coque en alu peut être très chaude.

Réparabilité : Une Question de Contexte et de Compétence

En cas de choc ou de problème, il est souvent affirmé qu'il suffit de ressouder une tôle. Cette facilité de réparation est un argument souvent avancé en faveur de l'aluminium. Cependant, la complexité de l’aluminium réside dans la difficulté à trouver de bons soudeurs. Souder de l’aluminium, opération qui se fait parfois sous argon ou hélium, n’est pas simple ni maîtrisé par tout le monde. En Patagonie, trouver un soudeur capable de réparer une coque en aluminium est très difficile. La difficulté d'entretien est plus problématique dans ces contrées, car trouver de l'alu et des soudeurs alu ne court pas les rues.

À titre de comparaison, dans n’importe quel coin du monde, il est aisé de trouver un chantier qui pourra réparer du composite, donc éventuellement de réparer une coque éraflée ou abîmée suite à un choc, même si dans le pire des cas, il devait y avoir un trou. La réparation des coques en polyester est généralement plus facile que celle des coques en aluminium. Les bateaux en aluminium sont extrêmement minoritaires dans certaines zones où passent beaucoup de bateaux de voyage, et les autres matériaux ne semblent pas rencontrer tant de difficultés que ça.

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Le Coût : Un Facteur Déterminant pour l'Aluminium

Les bateaux avec des coques en aluminium coûtent environ 20% plus cher que ceux avec des coques en polyester. Cette différence est notamment due aux frais de production. Les voiliers de grand voyage tout aluminium, ou associant coque aluminium et pont composite pour des questions de réduction de coût, sont donc plus chers que des bateaux en full composite, à gamme équivalente bien entendu. L'aluminium est cher, et il doit y avoir une raison autre que la mode. Ce n'est pas l'option la plus coûteuse, mais revenir dessus plus tard peut représenter un sacré boulot. Le choix du matériau dépend aussi du budget et du programme de navigation.

Comparaison avec le Polyester : Une Perspective Nécessaire

Les matériaux composites sont constitués de résine, souvent en polyester comme matrice, et d’un renfort en fibre de verre. La fabrication d’une coque de bateau en polyester est un processus complexe qui implique plusieurs étapes, à partir de la fabrication d'un moule jusqu'à la stratification de la résine et des fibres de verre, suivie du séchage. Les coques de bateau en polyester ont eu beaucoup de succès dès les années 60 et ont gagné du terrain face aux coques en bois et en métal. Cette matière a permis aux chantiers navals de construire de nombreux bateaux de série, ce qui explique la présence de nombreux modèles d’occasion dont la coque est en polyester, tels que le Beneteau Océanis 45, le Jeanneau Sun Odyssey 36 I ou le Bavaria 46 Cruiser.

Le polyester offre une bonne isolation thermique et acoustique, ce qui peut contribuer à un meilleur confort à bord du bateau. L'absence d'électrolyse est aussi un point très important pour le composite, un sujet très sensible sur les bateaux en aluminium.

Cependant, la durabilité des coques en polyester est moyenne à cause de la dégradation chimique des résines, un phénomène connu sous le nom d’osmose. L’eau finit par traverser le gel coat, causant des dommages à la résine dont les composants chimiques libèrent une substance acide. Cet acide exerce une pression sous le gel coat et fait apparaître des cloques. La fibre de verre absorbe alors l’humidité comme une éponge. L’osmose doit être traitée rapidement, et la mise à nu du gel coat de la coque doit être réalisée. Des chantiers spécialisés utilisent principalement les techniques d’hydro gommage ou de rabotage. Le processus dure environ six mois pour permettre à la coque d’expulser l’acide. Il est possible d’effectuer un traitement préventif contre l’osmose avec des produits spécifiques, que ce soit à l’achat d’un bateau neuf ou d’une vieille coque.

En revanche, le polyester est vulnérable à la corrosion et peut nécessiter des soins et un entretien réguliers pour prévenir les dommages causés par l’eau salée. Les bateaux en polyester peuvent être plus sujets aux fissures, aux éraflures et aux dommages causés par les impacts par rapport aux bateaux en aluminium, qui sont généralement plus résistants aux chocs. Un exemple concret montre qu'après un choc sur les roches de Pantelleria, le trou était juste un peu plus gros sur le polyester que sur l'aluminium. On voit régulièrement des bateaux en plastique qui sont en aussi bon état que les autres, et d'ailleurs il y a plastique et plastique. Un premier gros voilier (10 mètres) de construction Lanaverre navigue toujours 40 ans après, étant allé récemment au Spitzberg, et sa coque n'a pas bougé, bien que tout le reste ait été changé plusieurs fois.

Aluminium et Grande Croisière : Un Choix Débattu

L’aluminium est un matériau qui vient immédiatement à l’esprit quand on parle de voilier de grand voyage. Néanmoins, la majorité des voiliers de grand voyage, toutes technologies d’appendices confondues, sont principalement construits en d'autres matériaux. Les avantages du composite par rapport à l’aluminium dans le domaine des voiliers de grand voyage ou "Blue Sailing" sont nombreux. Tout d’abord, au niveau des réparations par exemple, en cas de choc, il est aisé de trouver un chantier pour réparer du composite dans n’importe quel coin du monde. Cela n'est pas le cas pour l'aluminium, où trouver des soudeurs qualifiés est un défi. Qui dit bateau de tour du monde, dit bateau qui peut parfois aller dans des endroits reculés, dangereux.

Autre avantage du composite par rapport à l’aluminium, l’isolation. L’aluminium est un matériau très conducteur qui engendre une forte condensation et nécessite donc une isolation très importante, au niveau de l’intégralité du bateau, exigeant qu’il n’y ait aucune lisse ou aucune membrure apparente. Ce n’est pas le cas du composite. Un point très important aussi est l’absence d’électrolyse sur le composite.

Les bateaux en aluminium sont très souvent des dériveurs intégraux. Cela signifie en général qu'ils ne sont pas très doués au près (par exemple, essayer de remonter la Mer Rouge à la voile avec un dériveur intégral). Il faut donc compter sur un bon moteur, ce qui les rapproche plutôt des "fifty" (motor-sailers). Ils sont très bien conçus sur le plan électrique, avec de nombreux rangements. Il faudrait comparer le type de bateau associé à l'aluminium à des bateaux équivalents en polyester, qui ne sont pas très fréquents dans les grandes tailles. Certains trouvent qu'ils sont surcotés par rapport à leurs avantages.

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