La navigation à voile est un domaine où se rencontrent la rigueur technique, l'expérience empirique et, inévitablement, une dose d'humour absurde nécessaire pour dédramatiser les aléas du large. Que l'on soit un régatier chevronné en quête de sensations fortes ou un plaisancier privilégiant la sécurité et le confort, le voilier reste un objet de fascination et de débats passionnés.
La perception de la mesure et l’ingéniosité pratique
Deux blondes stagiaires dans un club de Seine et Marne ont pour tâche de mesurer la hauteur d'un mât. Elles sortent et se rendent au mât avec les échelles et les rubans à mesurer. Tour à tour, elles tombent de l'échelle ou laissent tomber le ruban à mesurer. Un ingénieur passe par là et voit ce qu'elles essaient de faire. D'un geste moqueur il tire le mât à terre et le met à plat, le mesure de bout à bout et enfin donne la mesure à une des blondes, puis il s'en va. Cette anecdote illustre une réalité souvent oubliée : face à une difficulté technique, la solution la plus simple est parfois celle que l'on ignore par excès de complexité.
La gestion du temps et des priorités est tout aussi cruciale. Une régate importante le contraignant à se lever à 6 heures du matin, le mari place bien en vue sur la table de chevet de sa femme, un mot sur lequel il écrit : « Réveille-moi à 6 heures, je dois arbitrer demain une régate de grade 4 à Viry Chatillon. » Quand il ouvre les yeux, le réveil affiche 9 heures. À ses côtés, il trouve une note manuscrite : « Il est 6 heures, lève-toi ! ». Ici, la logique du marin se heurte à la malice de l'entourage, rappelant que sur un bateau comme à terre, la communication est la clé de voûte de toute expédition réussie.
La psychologie du régatier et les sensations extrêmes
Vous êtes vous déjà demandé comment fonctionnait le cerveau d'un régatier ? « Voilà… J'aimerais faire ma 1er sortie sur un voilier mais je voudrais ressentir des sensations, pas de virements pépères que vous réservez aux touristes ! ». Il navigue de plus en plus vite mais le barreur oublie de regarder devant lui ! Il fonce droit sur la jetée ! Au dernier moment, le barreur tire sur la barre et le voilier frôle un énorme bateau habitable… Comme le type ne semble pas avoir eu peur face au bateau habitable, le barreur tente un empannage sous spi. Il tire la barre violemment, puis quitte le gouvernail pour passer à l'avant du Strale pour basculer spi sur l'autre bord. Énervé, Lionel le barreur profite d'une grosse vague pour faire un puis un deuxième looping. « J'ai cru que je n'arriverais jamais à vous faire peur ! ». « Vous n'avez pas compris ! » dit le type. « Quand j'ai dit "ça, je m'y attendais !" devant le bateau habitable, c'est parce que j'ai pissé dans mon pantalon tellement j'ai eu peur ! ».
Ce récit met en exergue la frontière ténue entre le plaisir de la navigation sportive et la terreur pure. La recherche de performance, qu'elle soit en équipage réduit ou en solo, soulève des questions de logique. Les matériaux utilisés sont bien meilleurs qu'avant, les techniques aussi (infusion, vynilester, etc.). Au près, un double safran est plus efficace puisque le safran sous le vent est plus vertical. Cependant, la technique ne remplace jamais le bon sens marin, qui consiste à savoir quand pousser la machine et quand préserver l'équipage.
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L'importance de la sécurité face à l'imprévu
La question de la sécurité est omniprésente. Pourquoi le Club Nautique de Vaires n’a plus de sous-marins ? L'histoire du porte-avions est devenue un classique de la culture maritime : Américains : « Veuillez vous dérouter de 15 degrés Nord pour éviter une collision. Canadiens : « Veuillez plutôt vous dérouter de 15 degrés Sud pour éviter une collision ». Je répète : « Veuillez modifier votre course ». Canadiens : « Non, veuillez dérouter, je vous prie ». Américains : « ICI C'EST LE PORTE AVIONS USS LINCOLN, LE SECOND NAVIRE EN IMPORTANCE DE LA FLOTTE NAVALE DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. NOUS SOMMES ACCOMPAGNÉS PAR 3 DESTROYERS, 3 CROISEURS ET UN NOMBRE IMPORTANT DE NAVIRES D'ESCORTE. JE VOUS DEMANDE DE DÉVIER DE VOTRE ROUTE DE 15 DEGRÉS NORD OU DES MESURES CONTRAIGNANTES VONT ÊTRE PRISES POUR ASSURER LA SÉCURITE DE NOTRE NAVIRE ». Canadiens : « Ici, c'est un phare. »
Cette fable souligne la nécessité d'une humilité constante en mer. Que l'on soit à bord d'un navire de guerre ou d'un voilier de plaisance, l'environnement reste le maître. Personne n'échappe à un bris d'équipement. Enrouleur qui ne fonctionne plus, étais qui décroche, ou mal de mer inopiné rendant les manœuvres impossibles… Qui peut prédire la défaillance de cette cadène haut placée ? Le marin avisé sait qu'il doit toujours avoir un plan de secours, car le « tout à la voile » peut parfois devenir un romantisme dangereux si l'on néglige l'entretien du moteur.
Le choix du bateau : Entre rusticité et haute performance
Le débat sur le choix du voilier est sans fin. Certains privilégient le confort, d'autres la vitesse pure. « Nous avons un "Char d'assaut" (c'est notre avis et nous le partageons.), il est "rustique" (argument important) : il était conforme à notre budget à l'époque ou nous l'avons acheté ! ». Un autre marin dira : « Le confort en fait partie, mais il n'y a pas que ça. Il y a même du Saint-Emilion 96 sous les planchers ».
La conception d'un voilier, comme l'a prouvé Tabarly lors de la conception de Pen Duick 6, doit toujours prendre en compte le confort de l'équipage pour dormir et manger, sachant qu'un bon sportif est un sportif bien nourri et bien reposé. Il est essentiel de ne pas tomber dans les clichés. Certains voiliers modernes ont pu ainsi tuer le bon sens marin, mais un bateau bien entretenu, c'est-à-dire surtout utilisé tout au long de l'année, reste le meilleur allié du navigateur. La tolérance à la gîte et aux rafales, un grand triangle avant, sont des caractéristiques recherchées par ceux qui visent le large.
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